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NOM : Yvan KELLER

Né le :

Mort le :

Surnom : " Le tueur à l'oreiller " ou le " tueur aux vieilles dames " et "l'Araignée" pour son entourage.

Victimes : 23 (officielles) femmes âgées en Alsace , peut-être 30. Lui s'en accorde 150

Période : entre 1991 et 2000

Keller, malgré un métier bien peu rémunéré, semble mener grande vie. Joueur invétéré, il dépense parfois jusqu'à 50.000 par soirée. Il fréquenre des casinos connus : Baden-Baden, Luxeuil, Gérarmer et est assidu des hippodromes : Chantilly entres autres. Il ne se prive de rien, fréquentant les plus grands hôtels et restaurants huppés comme " la Tour d'argent " à Paris où il dépense parfois 20.000€ par week-end.

- Année 1994 :   Burnhaupt-le-Haut (68)

Plusieurs vieilles dames meurent l'une après l'autre dans des pavillons attenants les uns aux autres. La curiosité de la police est éveillée car les mamies sont retrouvées étendues dans leurs lits qui semblent avoir été faits "au carré". Pas un pli... Rien à bouger dans les pavillons d'après l'inspection des familles. Seul l'argent liquide a disparu. Un sac à main est retrouvé ouvert... C'est tout ! Etonnant encore, ces maisons soient fermées de l'intérieur, la chaînette d'arrêt est engagée et il faut entrer par un vasistas pour découvrir les corps. Plus tard, la famille constatera des retraits inhabituels, effectués sur certains comptes.

L'enquête mène à soupçonner une bande de petits malfrats dont Yvan KELLER aime à s'accoquiner.

L'inspecteur constate que des échelles sont laissées appuyées sur le rebord de fenêtres entrebaillées ou que l'enclenchement de soupiraux est omis...

Dans le quartier, Keller est surnommé " l'araignée ", car il escalade à peu près tout, des arbres au façades d'immeubles avec une facilité déconcertante. Son travail exige quelques aptitudes physiques mais tout de même. Il ouvert une petite entrprise de travaux de jardinage : L'ALSA-JARDIN et toute sa clientèle ne peut que vanter son travail. Madame K... l'une de ses clientes le décrit comme assidu, recommmmandable, fiable, excellent travailleur et d'une extrème courtoisie. Un saint quoi ! ...

Ceci n'empêche pas l'inspecteur Poirier d'avoir de sérieux doutes et sa ténacité va lui donner raison.

- Année 2000 : Keller est entendu pour une série de cambriolages dans des zones pavillonaires.

- Année 2003 : L'enquête débute officiellement suite à des dénonciations mettant Keller en cause sur une série de 3 meurtres.

- 20 septembre 2006 : Dans le cadre d'une enquête pour vols en région mulhousienne, Yvan Keller est interpellé en même temps qu'une quinzaine de personnes appartenant au milieu des vanniers. Paysagiste, ou «jardinier», ou«débroussailleur», selon les versions, on imagine qu'il a profité de sa profession itinérante pour repérer ses victimes présumées. Ou peut-être était-il «informé par les uns et par les autres».«Vous savez, on est dans le milieu vannier», des gens du voyage sédentarisés, dit le procureur, laissant entendre que l'information y circule vite : «Le souci, c'était de trouver une personne âgée seule, parce qu'il se disait qu'elles avaient toujours des économies.»

- 21 septembre 2006 : Interpellation et arrêstation de Yvan KELLER. Après trois années d'enquêtes, l'inspecteur Gilles Poirier va enfin rencontrer celui qu'il soupçonne depuis le début.

- 22 septembre 2006 : Keller se pend avec ses lacets de chaussures, dans une geôle du palais de justice de Mulhouse, alors qu'un juge d'instruction vient de le mettre en examen pour " homicides volontaires et vols ". Me Pierre Peter, son avocat ne comprend pas "que l'on ait laissé son client dans une cellule sans surveillance et avec ses lacets de pataugas. " On peut aussi trouver hasardeux que cette cellule soit munie d'un crochet au plafond ?

Le tueur en série présumé s'est accusé de meurtres en Alsace, en Suisse et en Allemagne. Combien ? Au moment de passer aux aveux, il aurait avancé le chiffre de 150. Les enquêteurs y voient une figure de style, manière de dire qu'il allait vider son sac, et que celui-ci était lourd. «Mais on arrivera assez vite à la trentaine», selon une source proche du dossier. Keller a été mis en examen, avant son suicide, pour cinq décès : trois à Burnhaupt-le-Haut (Haut-Rhin) en 1994, deux plus récemment dans le Bas-Rhin. Puisqu'il a donné «des détails concordants» sur les trois cas les plus anciens, on le juge «crédible» pour les autres meurtres avoués. Huit crimes, dont trois aujourd'hui prescrits, pourraient déjà lui être imputés. Et, tous les jours, une demi-douzaine d'enquêteurs épluchent des «remontées d'informations». Ils sont désormais épaulés par une cellule de la Division nationale pour la répression des atteintes aux personnes et aux biens.

Deux complices du " tueur à l'oreiller " ont été mis en examen pour « complicité de meurtre » au début de l'été 2008 par la juge d'instruction Marie-Blanche Régnier au tribunal de Mulhouse. Il s'agit de Marina Passant, l'ex-compagne d'Yvan et de Pierre Keller, frère aîné du tueur et ferrailleur. Ils ont été laissés libres.

Le jardinier repérait ses proies avant de les étouffer dans leur lit sous un coussin. " Je leurs pinçais le nez " avouera-t-il aux gendarmes. J'appliquais le coussin quelques secondes puis le retirais et j'appuyais de nouveau jusqu'au comas de la victime." Puis, il les bordait, faisant croire ainsi à une mort naturelle comme ce fut le cas pour les trois personnes âgées retrouvées décédées dans le village de Burnhaupt-le-Haut en 1994. Keller a agi pendant dix ans, en toute impunité, malgré plusieurs dénonciations restées sans suite.

Cette mise en examen constitue malgré tout un rebondissement dans l'affaire. Le parquet de Mulhouse plaidait en effet jusqu'à présent pour un non-lieu général en raison du suicide de Keller. La juge emble pencher pour plusieurs agresseurs. Yvan Keller n'a pu agir seul aussi longtemps. Marina PASSANT  a déclaré : " Je reconnais que je l'ai accompagné une fois. C'était à Altkirch ou Dannemarie. Je ne sais plus. Je n'ai pas participé au meurtre, j'étais dans la pièce à côté", inscrit dans le procès-verbal devant la juge d'instruction. Elle avait 18 ans à cette époque  et vivait totalement sous l'emprise d'Yvan Keller décrit comme « un fou ». Elle ajoute qu'il la forçait à se prostituer à Mulhouse. La police avait déjà relevé ce fait qui avait permis  l'interpellation d'Yvan Keller en septembre 2006. Marina avait avoué : avoir peur du clan Keller, une famille de gens du voyage, des vanniers.

Pierre Keller a déclaré au juge qu'il " n'avait rien à f…  de sa mise en examen ". Il affirme avoir,  dès le 24 juin 2003, dénoncé Yvan. Il cite même l'officier : Daniel H., un officier de police de la brigade anticriminalité du commissariat local. Un contact sera établi entre la brigade criminelle de Mulhouse et la PJ, menant à une enquête qui aboutira trois ans plus tard et où il sera établi que  les gendarmes d'Illzach soupçpnnaient déjà en 1991. Aucune suite du parquet.

Beaucoup ont semble-t-il dénoncé KELLER à multiples reprises :

En 1993, c'est un ami d'enfance, lui aussi complice et mis en examen dans ce même dossier, qui le dénonce à de multiples reprises. En vain. Même scénario en 2000, c'est encore Pierre Keller qui « balance » son frère aux gendarmes et le met en cause dans six cambriolages dans le Bas-Rhin. Une procédure close par un non-lieu à Saverne. « Ces mises en examen permettront enfin de rechercher la responsabilité pénale des complices car Yvan Keller n'a pu agir seul aussi longtemps. (Source Le Parisien)

Maître Didier Seban, l'avocat de Nicolas Roecklin, le petit-fils d'Augusta Wassmer, tuée en 1994, dénonce cette procédure et s'indigne sur le fait que les familles des victimes ont le droit de connaître la vérité. "Une faute a été commise en laissant le suspect en capacité de se suicider ", s'indigne-t-il. 

 

Affaire Yvan Keller Sa compagne indemnisée

Plus de deux ans après le suicide d’Yvan Keller dans les geôles du tribunal de grande instance de Mulhouse, sa petite amie a touché 10 000 € de dommages et intérêts. Une décision choquante pour les familles des victimes de ce tueur présumé.

 

L’affaire avait fait grand bruit après le 22 septembre 2006. Ce jour-là un Mulhousien — après 48 h de garde à vue et une mise en examen pour de nombreux meurtres — avait mis fin à ses jours dans les geôles du tribunal correctionnel de Mulhouse. Yvan Keller avait effectué d’effroyables déclarations : devant les enquêteurs de la brigade criminelle et de la police judiciaire, il avait déclaré avoir tué une centaine de personnes âgées lors de cambriolages nocturnes, avant de revenir à des dizaines devant un juge d’instruction. Comme il n’avait pas obtenu « des garanties concernant des demandes qu’il avait formulées au juge », rappelle son ancien avocat M e Pierre Peter, il s’était pendu à l’aide de lacets de chaussures accrochés à un crochet au plafond.
Malgré ce suicide, le juge d’instruction avait décidé de poursuivre l’enquête concernant ces crimes présumés — « ses aveux, il ne les a jamais signés et il s’est même rétracté », remarque Pierre Peter — et le procureur de la République Régis Delorme avait ouvert une information judiciaire contre X pour homicide involontaire par imprudence, inattention ou négligence concernant la mort de Keller. La cour d’Appel de Colmar avait confirmé, en octobre 2007, une décision de non-lieu dans cette affaire : pénalement, on ne pouvait reprocher à personne la mort de Keller.
« Nous avons donc décidé d’assigner l’État au civil pour faute lourde », soulignent Olivier et Pierre Peter. Fin février 2009, la première chambre civile du tribunal de grande instance de Mulhouse a rendu son verdict : l’État devra verser à la compagne d’Yvan Keller, Séverine Bauer, 10 000 € de dommage et intérêts au titre du préjudice moral.
« C’est une accumulation de fautes légères qui donnent finalement une faute lourde, expliquent Olivier et Pierre Peter. Les magistrats ont simplement appliqué la jurisprudence de la cour de cassation. Mais cette procédure n’a rien à voir avec l’affaire. »
Cette décision a, en effet, provoqué des réactions d’indignations de la part des familles des victimes présumées d’Yvan Keller. Elles ne comprennent pas pourquoi la compagne d’un tueur présumé perçoit de l’argent, alors qu’eux ne touchent rien. « Ce sont deux choses différentes, déclare Régis Delorme. Les avocats ont assigné l’État du fait du dysfonctionnement de la justice et une chambre civile a statué sur cette demande. Quant au dossier d’instruction concernant les meurtres présumés, l’enquête est longue. Le souhait de la justice n’est pas de s’arrêter aux six victimes identifiées au départ, mais d’établir une vérité malgré le décès d’Yvan Keller. »
Il semblerait pour l’instant que l’on approche la trentaine de victimes dans ce dossier. Quant à l’indemnisation au titre du préjudice moral, même Pierre Bodein — condamné à la perpétuité — en a dernièrement touché une.

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