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NOM : Louis POIRSON

Surnom :« RAMBO »,Le tueur de vieilles dames, le tailleur de pierres de Mantes.

Né à Madagascar en septembre 1962


Louis Poirson est un homme tatoué de petite taille, mince mais musclé. Il pratique la musculation et est fasciné par Rambo. Aîné de quatre enfants, son enfance est normale. Les gens qui l'ont côtoyé à diverses périodes le décrivent comme   un élève " motivé", un employé " exemplaire", un compagnon " prévenant".

Toutes les personnes interrogées et témoins au cours de ces périodes sont unanimes : Aucun rapprochement ne peut-être fait entre l'enfant ou le jeune homme qu'elles ont connues et l'homme qui se trouve dans le boxe des accusés. Le directeur du lycée (LEP) mentionne "un élève très motivé et agréable à fréquenter". En 1980, il réussit un CAP de navigation et devient marinier sur un pousseur du Rhin. Louis est heureux dans ce travail. Son employeur affirme d'un comportement "exemplaire" et d'un travail "efficace et sérieux".
Il attend de faire son " armée " avec impatience. Sans doute pour s'identifier un peu plus à Rambo, son idole. Il veut être para mais le sort va en décider autrement. Un accident va lui occasionner une fracture sévère du péroné juste avant l'appel. En 1982, il effectue son service national, fortement déçu : "J'adore l'armée et je voulais devenir para-commando, pour les voyages, le sport et le combat".
Au tribunal, l'une de ses petites amies. Micheline, qui a partagé sa vie durant quelques mois, est surprise des faits qui lui sont reprochés :" Ce n'est pas la même personne qui s'est présentée à moi ". Chantal, sa dernière compagne, ne reconnaît pas non plus l'homme qui est jugé et le décrit comme un homme "prévenant qui ne la laissait jamais porter les courses ".

- Janvier 1985 : Louis Poirson commet sept viols et agressions dans la région de Strasbourg, entre 1983 et 1984. Arrêté en janvier 1985, a 22 ans, il est incarcéré, jugé et condamné à 15 ans de prison ferme en décembre de la même année.

-  juillet 1994 : Libération après 9 ans et 6 mois de détention. Il devient tailleur de pierres en région parisienne.  

- 30 août 1995 : Dans un bar de Chauffour, Louis Poirson boit un café. Depuis plusieurs minutes les aboiements d'un chien l'agacent et la tension monte petit à petit. Soudainement, hors de lui, il quitte le bar bien décidé à se venger du dérangement subit. Il prend la direction du cimetière  animalier de Douains pour y passer sa colère en cassant quelques " tombes". 

"   Un petit roquet s'est mis à aboyer, aboyer…et cela a commencé à me saouler doucement. Comme ça m'énervait, j'ai voulu casser des tombes. Je ne comprend pas que l'on dépense autant d'argent pour enterrer son chien. "  déclarera-t-il devant la Cour d'Assise d'Evreux le lundi 23 septembre 2002.

Une fois sur place, il saccage quelques sépultures mais décide qu'un outil lui serait utile pour parfaire son forfait. Justement,  un  local où sont entreposés des outils, se trouve à proximité. Il brise une vitre lorsqu'il entend des voix féminines. Deux femmes, occupées au souvenir de leur petite chienne, Babette, enterrée là, ont observé le manège et lui demandent d'arrêter, menaçant d'alerter les gendarmes. " GENDARMES ". Le mot qu'il ne fallait pas prononcer. Jeanine Villain, une retraitée de 67 ans, et sa fille Monique, une aide-soignante de 44 ans, domiciliées à Saint-Vincent-des-Bois dans l'Eure vont rencontrer l'enfer en la personne de Louis POIRSON le tailleur de pierres :

" Je reconnais entièrement les faits. J'ai fait une grosse connerie. Ca n'aurait jamais dû arriver. C'est parce que la plus jeune a voulu prévenir les gendarmes que ça a dégénéré . Si la plus jeune n'avait pas insisté, il ne se serait rien passé. On ne peut pas dire que c'est la faute de la victime, mais si elle avait calmé le jeu ça ne se serait pas terminé comme ça ".

Son dernier séjour en prison à laissé une douloureuse blessure dans sa mémoire et Louis Poirson ne veut pas y retourner. Il tentera lors de l'audience de convaincre les jurés qu'il a tout fait pour calmer Monique, la plus jeune des deux femmes, afin qu'elle le laisse partir. Celle-ci, imposante devant la frêle stature de Louis, ne veut rien entendre et provoque plutôt qu'elle ne cherche à éviter l'altercation. Les menaces effrayent Poirson qui pris de panique brandit un couteau: " Je  voulais juste leur faire peur, mais la jeune insistait toujours." Il coince alors les témoins et réussit à les ligoter. Paniqué, il n'hésite pourtant pas longtemps à décider de les enfermer dans le coffre de leurs voiture, une  Bx. Il les kidnappe. Il veut s'éloigner de l'endroit et il conduit, roulant "au hasard  "pour chercher un endroit tranquille où les relâcher".

Il vit vraiment ce qu'il commente aux jurés et au tribunal, semblant inconscient des faits qu'il décrit. D'ailleurs il se tourne parfois vers son avocat comme pour lui demander si il parle bien... Cependant, ce n'est plus sur le même ton qu'il explique que : " si la vieille ne disait rien, la jeune insistait, insistait. Elle était butée...".Il  s'emballe alorsquand il décrit la façon dont il les a tuées : Après les avoir fait sortir de la voiture dans un champ isolé, il les plaque au sol et avoue sereinement qu'il a fait taire directement  celle qui " ne voulait rien comprendre" en lui couvrant la tête d'un sac plastique. Il maintient le sac, l'étouffant jusqu'à ce que mort s'ensuive. La mère voyant ou s'imaginant ce qui se passe, panique et se débat. Il lui assène un violant coup de bâton puis  l'étrangle, simplement. Il va chercher un bidon dans son garage non loin de là et revient, une heure a passée, pour finir le travail. Il asperge la voiture et les deux corps d'essence avant d'y mettre le feu pour effacer ses empreintes. Il expliquera ces actions meurtrières en décrivant comme incontrôlable : " Une montée de tension. Un enchevêtrement s'est produit dans ma tête entre ces deux mots-clé, gendarmes et prison. Une personne sensée ne se serait pas énervée. J'ai réagi à l'inverse de ce qui aurait dû être".

Quelques jours après, les corps sont découverts par deux promeneurs. L'enquête est bâclée (une fois de plus), et les recherches bien limitées. D'ailleurs, Louis ne sera pas même soupçonné, un jeune homme de 24 ans, Christian, va dénoncer son père comme étant le coupable. Michel VILLAIN, 47 ans, est le fils et le frère des deux victimes et c'est le coupable idéal, alors il sera mis en examen immédiatement. Il va être incarcéré pendant trois ans en détention provisoire, trois années où il hurlera son innocence...

Pour Louis, la vie continue...

- Juin 1996 : Poirson travaille dans une ferme des yvelines. Il enlève et séquestre 3 auto-stoppeuses. Il est condamné à trois années de prison. "Il était si gentil, mais après sa deuxième sortie de prison, il n'était plus le même, il avait changé". dira sa compagne au tribunal.

- Janvier 1997 : Condamné à 3 ans de prison ferme pour les enlèvements ci-dessus.

- Juillet1998 : Libération.

- Avril 1999 : Disparition de Lucie Phan, 73 ans. Cette dernière n'a plus réintégré sa maison de retraite de Mantes-La-Jolie.

- Septembre 1999, Pacy-sur-Eure : On retrouve le cadavre de Charlotte BERSON, 79 ans, assassiné pour avoir " tapoté le capot de sa voiture ".

- 03 mai 2000 : <poirson enlève une jeune fille et tente de la séqustrer à la ferme où il travaille mais, surpris par sa patronne, il s'enfuit. La jeune femme, habitant Mantes la Jolie,  est sauve. Il est arrêté dans les heures qui suivent et incarcéré à Bois d'Arcy. Les gendarmes ont alors des doutes sur le gaillard. Il est interrogé sérieusement et , au cours d'une de ces nombreuses auditions, il va avouer beaucoup de choses. Avouer n'est pas le terme juste car il va plutôt " se confier" et, relater les crimes de Jeanine Villain et de sa fille ainsi que celui de Charlotte Berson.


- C'est ainsi que Michel Villain ne devra sa libération de prison qu'aux propres aveux de Louis Poirson.

- Janvier 2001 :  Louis avoue le meurtre d'une quatrième femme, Lucie Phan, 73 ans.  Cette femme marchait au bord de la route lorsque Poirson l'a pris en stop. La vieille femme lui a demandé au bout d'un moment de s'arrêter car elle voulait uriner. Lorsque Louis a enfin daigné arrêter le véhicule, elle n'avait pu se retenir et s'était laissée aller sur le siège. La colère a envahit le tailleur de pierres qui l'a étranglé pour punition.

 

- Janvier 2001 : Les ossements de Lucie PHAN sont retrouvés dans un champs situé sur la commune de Chaufour-les-Bonnières (Yvelines). Les gendarmes de Versailles ont recueillis les renseignements au cours des interrogatoires de Louis POIRSON.


Le procès de Louis Poirson (40 ans) s'ouvre le lundi 23 septembre 2002 devant la Cour d'Assise d'Evreux. L'accusé doit répondre d'un double meurtre commis en août 1995 sur une retraitée et sa fille dans la ville de Douains.

L'avocate de l'inculpé, Me Guylène Grimaud, déclare que son client est "un être à double facette, tantôt gentil, tantôt effroyable". L'expertise psychiatrique constate quelqu'un de spontané, direct, mais sans déficience intellectuelle. Les deux spécialistes en psychiatrie sont en accord pour affirmer que l'accusé, "qui a fait la preuve de sa dangerosité criminogène", ne souffre pas de "troubles psychiques majeurs".
- Docteur Jean-Marc Villon : une incapacité pour Louis Poirson à éviter "les situations très anxiogènes pour lui-même".

- Docteur Roland Coutenceau : Il ne tue pas "par plaisir" mais, à la suite "d'un conflit relativement banal qui dégénère (…) Louis Poirson présente tout de même d'importants troubles de la personnalité. Pour lui, le passage à l'acte est un exutoire à ses fantasmes, ses pulsions".


- Louis Poirson, quant à lui, n'est pas perturbé par l'entité que représente le Tribunal : les mains dans le dos, il s'exprime avec une grande facilité devant les juges, mais sa voix s'endurçit quand il évoque une éducation stricte des parents qu'il déteste ; son père surtout qu'il décrit comme très violent. " Mon père ne cherchait pas à me comprendre. Avec lui, cela se réglait par des coups. Ma mère était une femme soumise...

- Le Président évoque alors la période 83/84 où Louis a commis des viols et des vols. Poirson est décontenancé et se refuse presque à reconnaître des faits établis comme les agressions commises sur des femmes dans des parkings.

- Le ministère public requiert la réclusion criminelle à perpétuité assortie d'une peine de sûreté de 22 ans. Il explique aux jurés "qu'ils devaient juger l'auteur d'un crime odieux" contre "des victimes qui n'ont eu qu'un seul tort, d'agacer et d'irriter Louis Poirson". Le  magistrat ajoute que le pire est que TOUT "cela est parti d'un aboiement de chien et d'une vitre brisée".


- Réquisitoire aisé pour l'avocate générale, Aude Le Guilcher,  qui insiste sur le lourd passé judicaire de l'accusé, sur sa dangerosité ainsi que sur le risque important de récidive : "Il est rare de voir comparaître devant une cour d'assises un accusé au parcours judiciaire aussi chargé que celui de Louis Poirson".


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Me Guylène Grimault, l'avocate de l'accusé, a dénoncé un réquisitoire sévère : "C'est la peine capitale d'aujourd'hui, le maximum prévu par la loi. La peine demandée est manifestement excessive". Mon client est : " un homme capable de bonté, attachant et qui souffre de troubles", les jurés devant s'interroger pour : " comprendre ce qui s'est passé pour que l'accusé en arrive là".

Parmi les affaires personnelles de Poirson a été retrouvée la photo d'une femme nue, accroupie dans un bois et terrorisée. Interrogé, Louis POIRSON dit avoir trouvé cette image photographique. Les gendarmes n'en sont pas convaincus et pensent qu'il pourrait s'agir d'une autre victime du meurtrier.

 

- À nouveau jugé en 2005 pour les meurtres de Lucie Phan et de Charlotte Berson, il est condamné à la réclusion criminelle à perpétuité, assortie d’une peine de sûreté de 22 ans.

 

Le 09 février 2005 :

Trois heures de délibéré ont été nécessaires aux jurés avant de condamner Louis Poirson à la perpétuité, assortie d’une période de sûreté de 22 ans. Les réquisitions de l’avocate générale Marie-Thérèse de Givry ont donc été suivies conformément à sa demande :  « l’intention criminelle » de l’ancien tailleur de pierres, « un criminel aguerri », un homme qui voulait « effacer l’image de la mère », mais qui a été obligé d’avouer après avoir été piégé « dans la toile d’araignée tissée par les gendarmes de la section de recherche », avait-elle ponctué.

Les faits criminels perpétrés par  Louis Poirson ont été rappelés : « des actes criminels volontaires » commis avec « beaucoup de sadisme pour voir naître la peur dans les yeux de l’autre ». La représentante du ministère public a souligné être persuadée que Poirson connaissait ses victimes avant de s’interroger sur un certain « rituel qui aurait satisfait son plaisir et sa jouissance ». Notifiant aussi que : l’accusé est « rationnel, conscient de ses actes » et aurait agi « de façon délibérée ». « C’est un être extrêmement dangereux » et qu'il convient donc « devant une récidive possible de protéger la société contre la barbarie des actes commis par Louis Poirson »

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Michel Villain, injustement suspecté du meurtre de sa mère et de sa sœur était partie civile dans ce procès. Il demande réparation et justice pour les trois années passées alors qu'il était innocent. "Aujourd'hui, je suis libre, l'autre a avoué. J'attend que la justice aille jusqu'au bout, le condamne et venge ma mère et ma soeur".

" L'enquête a été bâclée depuis le début. Il leur fallait un coupable, c'était moi . A l'époque, je faisais un peu de trafic de voitures. J'avais des problèmes d'argent, j'étais le coupable idéal" 

Sa compagne Jacqueline l'a soutenu pendant ces trois terribles années. Elle n'a jamais douté de son innocence et est toujours à ses côtés :"De toute façon, ma vie a été brisée. Ces années de prison, je n'oublierai jamais et ça personne ne me les rendra" ressasse Michel avec juste raison. Vient s'ajouter l'odieuse dénonciation de son propre fils Christian. Lui aussi est partie civile dans ce procès. " Oui, mon fils m'a dénoncé pour une histoire d'héritage. Il voulait me soutirer de l'argent et à l'époque j'ai refusé". Pas un regard n'a été échangé lors de l'audience, les deux hommes se sont totalement ignorés : " Mon fils n'existe plus. Mon fils est mort " avoue Michel Villain.

- Son avocat compte demander un million d'euros à la commission d'indemnisation.

Après deux jours de débats et deux heures et demie de délibération, les jurés ont condamné Louis Poirson à la réclusion criminelle à perpétuité mais ils ne l'ont pas assortie de la peine de sûreté réclamée par le parquet.

- Jugé en 2005 pour les meurtres de Lucie Phan et de Charlotte Berson, il est condamné à la réclusion criminelle à perpétuité, assortie d’une peine de sûreté de 22 ans.

 

 

 

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