Ciudad Juárez, dans l’Etat de Chihuahua, à la frontière avec les Etats-Unis. Population, 1 300 000 habitants dont 400.000 femmes qui subissent quotidiennement la violence des "hommes". Un monde de brutalité et de drogue où le meurtre est devenu si banal qu'il est quotidien ou vice-versa !
Beaucoup d'hypothèses ont déjà été proposées concernant les raisons du carnage meurtrier de près de 600 femmes mexicaines....
- Les cadavres retrouvés sont défigurés, mutilés et l'acharnement est tel que certains enquêteurs refusent de regarder les corps. Les victimes ont fait l'objet d'un sadisme et d'une barbarie extrème, quelle en est la raison ? Certains ont suggéré des rituels sanguinaires de rites sataniques, d'autres des orgies perverses organisées par des narcotrafiquants ? La thèse de vendeurs d’organes a aussi été évoquée. Des sacrifices humains pour le tournage de "snuff movies", ces films-réalité où l'actrice élue est violée, torturée puis réellement tuée devant la caméra ? L'oeuvre de déséquilibrés qui se copient mutuellement et sont entrés dans une sorte de compétition horrifique ? Une violence primaire, sorte d’émulation misogyne relative aux excès de drogues et d'alcools qui poussent des hommes à une extermination raciste de la gente féminine dans une frénésie obsessionnelle et criminelle ?
Depuis 1993, environ 600 femmes y ont été enlevées, violées et assassinées. Elles avaient toutes un profil commun : issues de milieux pauvres, souvent ouvrières, minces et menues, brunes avec des cheveux longs. Peu d'entres elles ont pu être identifiées, toutes ont été victimes de violences sexuelles, de mutilations au visage et, sans exception, elles furent toutes étranglées... Depuis 2008, il y a eu 28 nouvelles victimes, des adolescentes pour la plupart. Malgré l'arrestation de nombreux suspects, le ou les responsables perpétuent ces crimes atroces. Le narcotrafic à Ciudad Juàrez occasionne en moyenne dix cadavres par jour, une banalité extrème s'est désormais incrusté dans la région, tout comme à la cour américaine des droits de l'homme de l'OEA où l'on semble se désintéresser totalement de cette ville mexicaine et des drames qui s'y jouent.. Le gouvernement mexicain est un allié des Etats-Unis, est-ce la raison de cette indifférence ?
De l'été 1993 à 1998, pas moins de 121 meurtres de femmes en moins de cinq ans, pour la plupart mutilées ou ayant subies des morsures profondes au sein gauche. Des cadavres sont retrouvés quotidiennement dans le désert, vers Lote Bravo. Un sérial killer est en chasse. Un colosse de 1m86, du nom de Sharif, fut soupçonné et arrêté le 03 octobre 1995, mais pendant son incarcération, 66 meurtres sont commis et le modus operanti s'est modifié, ce qui tend peut être à prouver l'existence de plusieurs assassins. Puis c'est "El Diablo" et sa bande d'ivrognes qui rejoignent le présumé coupable. Des cadavres ont été trouvés en plein centre-ville, d’autres découverts dans des terrains vagues de banlieue, des corps sont retrouvés aux limites du désert mais les enquêteurs sont persuadés qu'elles ont été tuées ailleurs, après avoir été parfois séquestrées parfois plusieurs semaines.... Le modus operandi des assassins est identique à celui des tueurs en série, les meurtres se succèdant à un rythme "stupéfiant". Ces massacres se ressemblent, les sévices étant semblables et seul l'âge différencie ses victimes (Adultes, adolescentes, et fillettes de 10 ou 12 ans). Quatre personnes sur dix assassinées au Mexique sont des femmes.
Beaucoup d'associations contre la violence sont nées suite aux premiers meurtres de femmes. Mme Esther Chávez Cano est directrice de l'une de ces associations contre la violence domestique. Elle est persuadée que ces meurtres ne cesseront pas tant l’incompétence et le laxisme des autorités est évident. Un nouveau présumé coupable a été arrêté, ainsi que la bande de « Los Chóferes », accusés d’être les assassins. C'est un individu du nom de Jesús Manuel Guardado Márquez, alias « El Tolteca ». Pourtant, Mme Chávez reste sceptique : « C’est un leurre. Ça ne change rien à la situation, les crimes vont continuer comme après l’arrestation de la bande de Los Rebeldes. A l’époque, on nous avait dit que c’étaient eux, les meurtriers. On a cru qu’on en avait fini avec ce cauchemar. Et regardez, on continue de trouver des cadavres de femmes violées, torturées... » En1995, déjà, un chimiste d’origine égyptienne, Abdel Latif Sharif Sharif, avait été accusé des horreurs de Juàrez et condamné à trente ans de réclusion. Peu après ce fut une bande de jeunes malfrats, Los Rebeldes, des complices supposés de Sharif. Celui-ci est d'ailleurs toujours emprisonné, dans la prison de Chihuahua, pour le meurtre d’Elisabeth Castro García, une adolescente. Son procès, une bouffonade, est en cours de révision.
Beaucoup de profilers et criminologue se sont intéressés à cette mystérieuse série de meurtres odieux qui n'en finit pas. Parmi eux, Oscar Máynez reste persuadé qu'au moins 60 assassinats, commis entre 1993 et 1999 ont été conçus « sur le même modèle » et qu'ils ont été exécutés par deux tueurs en série distincts. Puis, en 1998, c'est le célèbre profiler Robert K. Ressler, as du FBI, inventeur de l’expression « serial killer » et de la technique du « profilage » des tueurs en série, qui est venu à Ciudad Juárez enquêter sur ces crimes. Dans son rapport, Ressler affirme que la plupart des meurtres de femmes sont bien l’oeuvre de deux serial killers qui ne seraient pas mexicains. Selon son analyse ils seraient probablement espagnols... ou chicanos des Etats-Unis. En 1999, ce fut l'experte mondiale en criminologie, Candice Skrapec, de l’université de Californie, qui confirma la thèse des deux tueurs en série pour au moins 90 des meurtres. Elle avança même le nom d'Angel Maturino Reséndez, le fameux « assassin des chemins de fer », comme coupable possible. Fin 1999, des cadavres de femmes et de fillettes furent retrouvés près de ranchs appartenant à des trafiquants de cocaïne. Parmi les suspects, Alejandro Máynez, membre probable d’une bande de criminels et de trafiquants de drogue, issu d’une famille aisée et propriétaire d'un réseau de boîtes de nuit. Il n’a évidemment jamais été inquiété.
Pourtant, entre 1992 et 1998, Màynez était le protégé du gouverneur de l’Etat de Chihuahua, M. Francisco Barrio Terrazas, du parti d’action nationale (PAN), période durant laquelle les meurtres de femmes se sont multipliés. A l’époque, M. Barrio Terrazas dénonçait la responsabilité des femmes qui se baladaient dans les rues sombres affublées de mini-jupes bien trop aguichantes, déclarant que ces meurtres n’avaient donc rien de surprenant ! Pourtant, la plupart des victimes était des ouvrières ; elles ont été surprises alors qu’elles se rendaient à leur travail ou retournaient chez elles ; parfois des étrangères, mais le profil reste identique :
Une étudiante néerlandaise de 18 ans, Hester van Nierop, enlevée le 20 septembre 1998, fut retrouvée morte douze heures après sous le lit d’une chambre de l’hôtel Plaza. Elle avait été violée, torturée et étranglée.
Lilia Alejandra García Andrade, 17ans, mère de deux enfants, disparut le 14 février 2001 en sortant de l’usine. Son cadavre fut retrouvé sept jours plus tard dans un terrain vague en face du centre commercial Plaza Juárez. Il était à moitié nu et enveloppé dans une couverture. L’autopsie révéla que la jeune femme était morte le 19 février. Avant d’être étranglée, elle avait été violée, torturée, mutilée pendant cinq jours...
Violeta Mabel Alvidrez Barrio, 18ans, fut enlevée le 4 février 2003. Son cadavre fut retrouvé, avec celui de deux autres jeunes filles, âgées de 16 et 17 ans, quinze jours après. Mais sa mort ne remontait qu’à trois ou quatre jours, ce qui veut dire qu’elle était restée à la merci de bourreaux sadiques et psychopathes pendant plus de dix jours...
L'enquête est en cours, aussi vaut-il mieux ne pas rapporter les rumeurs sans preuves probantes et attendre un résultat officiel.
Record : Avec 215 meurtres à son actif, Harold Shipman porte le flambeau des tueurs en série les plus actifs. Ce brave médecin de famille a détrôné de sinistres meurtriers bien plus atroces mais, il est vrai, moins prolifiques.
Luis Alfredo Garavito, dit `le monstre de Genova´, condamné en mai 2000 à Bogota en Colombie, a écopé de 835 années de prison pour un total de 189 meurtres établis.
Pedro Lopez Monsalve, condamné en 1980 en Equateur, a tué et violé une soixantaine de fillettes et jeunes garçons. Les corps des enfants découverts ont permis de le traduire en justice et de dénombrer ce triste et sanglant palmarès, mais il reste soupçonné d'au moins 300 meurtres.
Entre 1978 et 1990, Andreï Tchikatilo, le "boucher de Rostov", cumule 52 meurtres sexuels au compteur de l'horreur. Ces massacres ont été principalement perpétrés sur des enfants et des adolescents.
Javed Iqbal, a été condamné à mort en mars 2000 pour le meurtre de 100 enfants au Pakistan.
Jeffrey Dahmer, "le boucher de Milwaukee", a tué et massacré à 17 reprises entre 1978 et 1991. Il a dévoré la chair de trois de ses proies.
En France, le "tueur de vieilles dames" Thierry Paulin, a ôté la vie à 21 personnes âgées à Paris, entre 1984 et 1987.
Les tueurs en série dans l’histoire mondiale.
Locusta, une empoisonneuse professionnelle qui tuait aussi "pour le plaisir", pourrait être considérée comme le premier « serial killer » figurant dans les archives de l’horreur. Au nombre inconnu de ses nombreuses victimes, figurent l’Empereur Claudius et de son fils Britannicus. L’empereur romain Galba la fît exécutée en 69 après JC pour ses crimes.
L’esclavage sévissant, de nombreux méfaits furent ignorés ou non consignés car le Maître avait droit de vie et de mort sur sa « cour ». Aussi faut-il attendre près de 400 ans pour retrouver traces d’un tueur en série reconnu.
Au Yemen, dans le courant du Vème siècle, un riche propriétaire nommé ZU SHENATIR, était déjà considéré comme un pédophile très actif. Profitant de sa grande fortune, il appâtait de jeunes garçons en leur promettant argent, gîte et couvert. A l’intérieur de sa vaste demeure, il les violait puis les défenestrait du plus haut de son habitation. Les archives ne précisent pas le nombre de ses victimes mais il est noté qu’il fut mortellement poignardé par l’une d’elles.
En l’an 1440, Gilles de RAIS, baron et compagnon de Jeanne d’Arc, apparut comme l’un des premiers tueurs en série Européen. On peut donc noter que cette folie rongeait autant la noblesse que les manants. Il organisait des rituels sataniques dont la perversité dépasse l’entendement. Ses crimes sont au nombre de 140 et ses victimes étaient de jeunes enfants des deux sexes mais peu de cadavres et d'ossements ont en réalité été retrouvés pour affirmer réellement ce chiffre. Il fut pendu et brûlé vif en 1440. Complot politique ou religieux, Gilles de RAIS était rebelle au Roi (anglais) de France et hérétique pour l'Eglise ? Il fut curieusement réhabilité par le Sénat en 1992 ? Sans doute eût-il mieux valu en faire l'histoire...
Margaret Davey, une cuisinière anglaise, empoisonnait ses employeurs sans raisons apparentes. Elle fut ébouillantée vivante en 1542.
En Europe la lycanthropie fit son apparition et beaucoup furent accusés de crimes horribles et condamnés pour sadisme et cannibalisme au 16ème siècle. Certains profitèrent sans doute de la frayeur que suscitaient les « loups-garous » pour assouvir leurs horribles instincts.
Erzébeth Bathory
Erzébeth BATHORY, comtesse Hongroise, fut condamnée en l’année 1661 à être emmurée vivante pour sadisme. Son passe-temps favori consistait à torturer des jeunes filles et cela l’amusait beaucoup.
A la même époque, mais en France, une célèbre empoisonneuse sévissait. Marie de Brinvilliers assassinait des invalides à vau l’eau. Impunie, elle exerça alors ses morbides talents sur son propre père, ses amis et ses voisins. Elle fut exécutée en 1676.
En 1680, le scandale de la "chambre ardente", impliquant la maîtresse du Roi Louis XIV et un prêtre catholique qui avaient tué des dizaines de bébés dans des meurtres rituels, déchaîna des émeutes parmi la population de France.
En 1719, la barre devient très haute. En Italie, une femme surnommée « La TOFANIA » est accusée d’avoir empoisonné plus de 600 personnes…. Elle sera livrée aux autorités et exécutée.
Au 19e siècle, l’Allemande Gessina Gottfried, sera décapitée en l’an 1828 pour avoir empoisonné 20 personnes en 13 ans.
En Angleterre, la même année, les "résurrectionnistes" Burke et Hare ont tué 11 personnes. Exhumant depuis quelque temps des cadavres dans les cimetières pour fournir des médecins anatomistes peu scrupuleux qui payaient rubis sur l’ongle, ils trouvèrent moins éprouvant d’assassiner directement des gens afin d’éviter de creuser la nuit. La police anglaise mit fin à leur pratique en 1828.
Un Autrichien nommé SWIATEK, mendiant de son état, assassina en 1850 six jeunes enfants afin de nourrir sa famille en lui présentant à déguster la chair de ses victimes.
La célèbre Bretonne Hélène JEGADO, cuisinière de l’horreur, fut exécutée un an plus tard, accusée d’avoir empoisonné 60 personnes en 20 ans.
Précurseur de l’éventreur, Joseph Phillipe assassina des prostituées françaises vers 1860.
La « baby farmer » britannique Amelia DYER, littéralement "fermière de bébé", fut condamnée en 1896 pour les meurtres d’au moins 15 nourrissons.
Joseph Vacher, meurtrier de 14 personnes en 3 ans, et malheureusement bien d’autres, viendront grossir les rangs de ces meurtriers sanguinaires dont les limites dans l’abject et l’horrifique semblent illimitées.
Je ne pense pas, comme le souligne certains, que le pourcentage de sérial killers ait augmenté. Le fait d'une population plus dense et plus concentrée suit simplement l'évolution du nombre de meurtriers par rapport au nombre d'habitants. Le nombre de prédateurs par rapport au nombre de proies ? Non, pas exactement. Il faut juste souligner qu'il est normal que l'on trouve une augmentation dans telle ou telle catégorie suivant l'accentuation de l'ensemble. De plus, l'inaccessibilité de certaines campagnes rendaient bien plus aisées les besoins morbides d'individus qui avaient notoriété et jouissance sur leurs contemporains. La population pauvre ne relatait qu'à voix basse les disparitions pour quantité de raisons mais surtout par peur et par superstition. C'est humblement que je donne mon avis sur un sujet qui me passionne car les raisons irrationelles de ces tordus du cervelet restent imputrescible au mien.