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24 mai 2012

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Nom : Brynhild Paulsdatter Storset, puis Belle Sorenson, puis Belle Gunness
Surnom :"Dame Barbe Bleue"
Née le : 11 novembre 1859 - Selbu, près de Trondheim - Norvège
Morte le : date inconnue - Etats-Unis (sans doute...)

Les Victimes :

Caroline Sorenson
Première fille de Belle Gunness.
Décédée en 1896, de coliques. Certainement empoisonnée.

Alex Sorenson
Premier garçon de Belle Gunness.
Décédé en 1898, de coliques. Sans doute empoisonné.

Mads Sorenson (38 ans)
Premier mari de Belle Gunness
Décédé le 30 juillet 1900. Empoisonnement à la strychnine.

Peter Gunness (45 ans)
Second mari de Belle Gunness
Décédé le 16 décembre 1902. Fracture du crâne "accidentelle" ?

    Jennie Olsen
    Fille adoptive de Belle Gunness
    Disparue en 1906
    Peu d'indices, sans doute empoisonnée à la strychnine.




Olaf Lindbloe
Ouvrier agricole
Disparu durant l’été 1904

Henry Gurholt
Ouvrier agricole
Disparu en août 1905

John Moo
Fermier, prétendant
Disparu en 1906

Ole Budsberg
Fermier, prétendant
Disparu fin avril 1907

Quatre autres hommes, des "prétendants", jamais identifiés mais dont les noms peuvent concordés :

- George Barry, sans nouvelle depuis juin 1905.
- Herman Konitzer, disparu.
- Abraham Phillips, disparu.
- Emil Tell, disparu.

Un adolescent fut trouvé enterré près de Jennie Olsen. Jamais identifié.
Des habitants dont le boucher de La Porte l'ont aperçu. Il a disparu durant l’été 1907

  Andrew Helgelein
  Fermier, prétendant
  Disparu en janvier 1908




Deux femmes, dont les corps calcinés n'ont pu être dentifiés dans l’incendie de sa ferme. Le cadavre de l'une fut décapité afin de faire croire à la mort de Belle Gunness.

  Myrtle Sorenson (11 ans)
  Fille de Belle Gunness
  Décédée dans l’incendie de la ferme de La Porte, le 28 avril 1908.
  Empoisonnée à la strychnine ?





  Lucy Sorenson (9 ans)
  Fille de Belle Gunness
  Décédée dans l’incendie de la ferme de La Porte, le 28 avril 1908.
  Certainement empoisonnée à la strychnine.





    Philip Gunness (5 ans)
    Dernier enfant de Belle Gunness.
   Décédé dans l’incendie de la ferme de La Porte, le 28 avril 1908.
   Certainement empoisonné à la strychnine.

 

Il est également possible que Belle Gunness ait assassiné :

 

Olaf Jensen 

Christian Hinckley
Charles Nieburg
Tonnes Lien

E.J. Thiefland
John E. Bunter

Ce qui représente 26 victimes

Son enfance est morne, la pauvreté étant lot quotidien dans sa famille. Adolescente, Brynhild était triste, bien enveloppée et plutôt laide, avec un caractère détestable et revêche. Toutefois, son intelligence est aigüe et elle devient bien vite manipulatrice. Sa soeur, Anna, qui est partie "en Amérique" constate que sa petite soeur s'ennuie en Norvège. Elle l'invite à Chicago. Brynhild se précipita alors joyeusement vers le "Nouveau Monde" en 1881, à 21 ans.
Brynhild "américanise" son nom en devenant "Bella" Storset, puis "Belle". Elle se débrouillera pour
toujours rester  en contact avec des Norvégiens. En 1884, elle rencontra un émigrant norvégien nommé Mads Sorenson, elle l'épouse. En 1896, après 12 années de mariage, elle s'ennuie. Son existence médiocre et terne lui rapelle son enfance. Le couple ouvre un magasin qui, très vite, périclite. En 1897, le magasin brûle lors d’un incendie provoqué, selon Belle Sorenson, par l’explosion d’une lampe à kérosène. Bien qu’aucune lampe n’ait été trouvée dans les ruines fumantes, la compagnie d’assurance paye. Durant la même période, la fille la plus âgée du couple, Caroline, décède de  "coliques aiguës". L’enfant, jamais malade, décède brusquement, laissant une mère apparemment éprouvée. La vie de Caroline avait été assurée, tout comme le magasin, et les "SORENSON" touche de l’argent après le décès de la fillette. Ils achètent une grande et belle demeure qui s'enflamme en 1898 pour ne laisser que des cendres. La compagnie d'assurances intervient encore. Peu de temps après, c'est Alex, le fils aîné  qui meurt de "coliques aïgues" mais il était bien sûr... assuré. Le médecin qui diagnostiqua les "coliques aïgues" n'a jamais remarqué que les symptômes étaient réellement ceux d'un empoisonnement. Il est vrai qu'il est difficile de supposer qu'une mère assassine ses enfants. L'achat d'une nouvelle maison étant programmé, l'argent de l'assurance tombe à point nommé. Le 30 jullet 1900, Mads Sorenson qui souffrait d'une maldie de coeur, meurt soudainement. Les symptômes sont classiques d'un empoisonnement à la stychnine mais curieusement le fameux médecin de famille signera le permis d'inhumer sans même pratiquer d'autopsie. Il attestera qu'il pensait sincèrement que son patient avait été victime d'une crise cardiaque. Belle admit avoir donné à son mari « une poudre » pour l’aider à « faire passer son rhume ».

 *strychnine

Le jour même du décès de Mads Sorenson, deux assurances sur la vie ont été contractées à son nom, ce qui a doublé leur valeur... 8.000 $ de l'époque, ce qui est énorme !

La veuve quitte alors Chicago pour s’installer à La Porte, dans l'Indiana, avec les trois enfants restants : Deux sont ses filles naturelles : Myrtle, née en 1897 et Lucy, née en 1899. La dernière, Jennie Olsen, est une enfant adoptée. Elle fait l'acquisition d'une vieille ferme en bordure de forêt avec un grand verger. Courageuse, elle transforme la masure en une belle propriété.

Avril 1902, Belle Sorenson a 43 ans. Elle épouse un fermier d’origine norvégienne, appelé Peter Gunness.
Il débarque avec un petit garçon issu d’un précédent mariage, mais le bébé contracte bien vite une maladie et meurt. Peter Gunness travaille dur pour combler son chagrin. Malheureusement, Peter Gunness décède seulement huit mois après s'être marié.

Le 16 décembre 1902, un lourd broyeur de saucisses "tombe" de l’étagère où il était posé. Il percute directement le crâne de Peter. Belle Gunness reçoit bien sûr et à nouveau de l’argent d’une compagnie d’assurance. Philipp, naquit malgré tout de leur brève union, en 1903.
Malgré les soupçons du shérif, l'enquête conclut à l'accident, faute de preuves.

Belle Gunness, veuve pour la seconde fois, ne peut travailler à ce dur labeur sans un homme. Elle embauche donc des ouvriers. Etrangement ceux-ci travaillent quelque temps puis semblent partir sans raison apparente. Plus personne ne les voit. Belle ne semble pas étonnée et pourvoit à ces manquements en diffusant des annonces dans les "rubriques de rencontres" d’un journal de langue norvégienne diffusé dans tout le Midwest. Elle reçoit alors à la ferme une pléiade de prétendants éventuels au mariage. Curieusement aucun ne semble lui convenir puisqu'aucun ne sera revu par la suite.

1906 : Jennie Olsen disparait corps et âme. Volatilisée... Quand des voisins s'inquiètent, Belle répond que sa fille adoptive se trouve  : « en Californie, dans une école spécialisée ».

Toutes ces disparitions inquiètent sans inquièter.  La suspicion reste en rade car Belle Gunness est une femme appréciée. Elle correspond aux critères de beauté de l'époque et l'attirance  exercée sur les hommes certifie l'enthousiasme des prétendants qui, après tout, peuvent être retournés d'où ils venaient sans plus d'éclats ? La perte de deux maris et de deux enfants lui attirait la sympathie. 

28 Avril 1908 : La ferme des Gunness est ravagée par le feu. Le voisinage tente l'impossible pour éteindre l'incendie et tenter de pénétrer à l'intérieur pour sauver Belle Gunness et ses trois enfants, mais les flammes créent un mur impénétrable. En peu de temps, tout a disparu, TOUT !
Quatre corps carbonisés sont retrouvés à la cave. Trois corps d'enfants. et celui d'une femme décapitée, considéré comme étant celui de Belle Gunness. Pauvre Belle Gunness, pauvre Myrtle, Lucy et Philip...

Tout le monde pense à un meurtre, le Sherif Al Smutzer et ses adjoints, Leroy Marr et William Antiss, le juge local , le pasteur, les journaux locaux, les habitants de la ville, les voisins de Belle Gunness en sont persuadés. Les soupçons se portent alors sur un seul et même homme, Ray Lamphere.
Presque tout le monde a déjà entendu Lamphere proférer des menaces contre Belle Gunness depuis qu’elle l’a renvoyé de sa ferme. C'était en février de la même année. Ils s'entendaient très bien depuis plusieurs années qu'ils travaillaient ensemble. Il s’était vanté d’avoir "séduit" Belle , souhaitant même l'épouser. Mais, comme souvent, un autre homme, un certain Andrew Helgelein d’origine suédoise attirait la Belle. Lamphere avait été limogé et sa chambre récupérée pour y installer Helgelein jusqu’à leur mariage. Mais, Helgelein disparait ! Belle se plaint alors et prétend qu’il a « profité d’elle » avant de l'abandonner et partir.
Interrogé par les forces en place, Lamphere, qui n’a pas d’alibi, est arrêté et conduit en prison pour y être inculpé. Il a beau jurer de son innocence, tout le monde est persuadé de sa culpabilité. Les menaces proférées peu avant pèsent lourd dans la balance. Il fait un coupable idéal mais il reste à prouver que le corps retrouvé décapité est bien celui de Belle GUNNESS. En effet, les gens qui connaissaient Belle ne retrouvent pas dans le cadavre présenté la morphologie de la veuve. La corpulance arrondie de la Gunness n'avait rien à voir avec ce corps rabougri et bien trop petit.

Les doutes s'installent, les questions affluent, les interrogations se posent !

Pourquoi tant de prétendants étaient venus et avaient disparus en laissant leurs effets personnels sur place ?
Pourquoi Belle portait-elle dans les champs le long manteau de l’un d’eux ou le chapeau d’un autre ?
Où était la petite Jennie ?

Pourquoi l’école où elle devait se trouver,  ignorait tout d’elle ?
Où Belle Gunness trouvait-elle tout son argent ? Les maigres revenus des récoltes ne suffisaient pas à ce train de vie...

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Début mai 1908 : La fouille des gravas à la ferme fait apparaître des montres d’hommes, des boutons de manteaux, des portefeuilles vides. Puis les découvertes se font plus macabres : une cage thoracique d’homme, récemment enterrée, est mise à jour, l'os d'un bras et enfin, un squelette complet.
Le Shérif Al Smutzer est consterné. Les habitants se signent pour détourner le démon qui hante les ruines.

Le frère d’Andrew Helgelein soudain apparaît. Il sait que son frère a courtisé Belle Gunness au grand dépit de Lamphere, puis a curieusement disparu.
C'est un petit homme, Asle Helgelein, et il sait que son frère Andrew était arrivé à La Porte en janvier 1908, pour retirer tout l’argent de son compte en banque « avec Belle Gunness à ses côtés ». Il sait aussi que la ferme de Gunness a brûlé et, pour lui, ce ne sont pas des coïncidences. Son frère a disparu et il est venu enquêter...  à La Porte.
Asle expliqua que son frère avait répondu à une annonce de rencontres et que Belle et lui s’étaient Andrew Helgeleinécrit des dizaines de lettres en six mois. Belle Gunness avait demandé à Andrew de la rejoindre à La Porte, pour l’épouser. Asle trouvait étrange qu’après une correspondance si longue, et après qu’Andrew ait donné à Belle tout son argent (environ 1800 dollars), il soit parti sans laisser de nouvelles. Ça n’avait pas de sens.

 Malgré les convictions de Smutzer relative à la bonne moralité de Belle Gunness, Asle Helgelein ne fut pas convaincu par les arguments du Shérif. Il sut que des fouilles étaient entreprises à la ferme de Belle Gunness et quand il apprit  que des objets (montres, portefeuilles...) avaient été trouvés dans la propriété, il fut convaincu qu’il pourrait trouver là un objet appartenant à son frère. Se présentant à Joe Maxson et Daniel Hutson, il offrit de les aider.

 

                                               Andrew HELGELEIN

Il demande aussitôt si un trou a été creusé récemment par la veuve ? Une cavité pour y enterrer des détritus ou des cendres et ce, depuis janvier, arrivée de son frère à La Porte ? Maxson répondit par l’affirmative. Une large fosse à ordures trônait en effet derrière la maison, près de l’enclos à cochons.
A l'aide d'une pelle, ils commençèrent à creuser à l’endroit désigné. Des boîtes, des bottes, des cageots et des détritus. et, une odeur immonde : Une toile cirée et de sacs de jute. La puanteur devint plus forte ; la toile est soulevée, un bras apparait. Ils déterrent le corps décomposé d’un homme. Asle a palit, c'est son frère... ou presque !
Le cadavre d’Andrew Helgelein a été démembré et les morceaux ont été emballés hâtivement dans des sacs de farine et autres tissus.
Arrivée du Shérif, les fouilles reprennent. En fin de soirée, les chercheurs déterrent quatre autres corps, deux hommes et deux femmes, démembrés et empaquetés comme Helgelein. La jeune Jennie Olsen, la fille adoptive de Belle Gunness, n’était pas partie en Californie.

La Meute envahit la petite bourgade si tranquille...

Les langues se délièrent alors, chacun faisant marche arrière quant à la gentillesse de Belle. Ainsi, on se demande enfin où peut bien se trouver Ole Budsberg ? un "futur époux potentiel" qui avait retiré 1800 dollars de son compte le 26 avril 1907, Belle Gunness à ses côtés, et avait ensuite disparu.
Où est passé Olaf Lindbloe ? Arrivant de Norvège, la trentaine, embauché durant l’été 1904. Il s’était installé chez elle... puis avait disparu. Elle avait affirmé qu’il lui avait fait faux bond et qu’il était finalement parti pour Saint Louis.
Où est Henry Gurholt ? Les commerçants  se souviennent à présent de sa gentillesse et de sa courtoisie sur le marché, lorsqu'il se faisait commerçant. Arrivé au printemps 1905, il s’était installé à la ferme en août. Belle avait dit à un voisin que Henry Gurholt était parti travailler avec un vendeur de chevaux...
La brièveté du passage de certains prétendants et ouvriers était complètement passé inaperçue aux regards des habitants.  Un adolescent avait travaillé à la ferme durant l’été 1907 et était venu à La Porte plusieurs fois avec Madame Gunness, puis s'était volatilisé, confirme le boucher.

Et il y en a eu d’autres...

Les fouilles avançent et certains des hommes "disparus" sont découverts, démembrés aussi.
Parmi eux, on reconnait Budsberg, Gurholt et Lindbloe. Le fermier John Moo. Un adolescent était enterré à côté de Jennie Olsen, sans doute le jeune inconnu aperçu par le boucher.
Des chaussures de femme, un sac à main vide et un corset appartenant probablement à la femme décapitée et non identifiée découverte avec les enfants de Belle Gunness, sont retrouvés.
Il y eut une controverse sur le nombre exact de corps découvert. Le coroner de la ville identifia 10 hommes, deux femmes... et de très nombreux fragments d’os : on pense que Belle Gunness nourrit ses cochons avec les morceaux de corps d’autres victimes. Les hommes étaient enterrés ensemble dans la vase de l’enclos des cochons, et les femmes étaient dans un jardin tout proche. Il est possible que le total des victimes approchât en fait de 30 ou 40...

On apprit par la suite que même la petite Myrtle savait que sa mère avait assassiné son beau-père. Elle l’avait murmuré à l’un de ses camarades de classe, qui avait promis de garder le secret pour lui... jusqu’à ce que Myrtle meurt.

Le coroner, poussé par le juge, le maire, le shérif et les habitants, écrivit son rapport final le 20 mai, déclarant que Belle Gunness était décédée "des mains d’une personne inconnue". Bien que sa tête n'ait pas été retrouvée.

Mais... et Ray Lamphere dans tout cela ? Du fond de sa cellule, il continue à hurler son innocence. Il jure que Belle Gunness est encore de ce monde.

Le 28 avril, explique-t-il, "après que Belle ait mis le feu à sa ferme, je l'ai conduite à la gare de Stillwell, dans l’Indiana."

Des familles du Minnesota, du Wisconsin, de la Virginie, de la Pennsylvannie, du Kansas et d’autres états contactèrent le Shérif Smutzer et le maire de la ville pour leur demander s’ils pouvaient leur indiquer ce qu’était devenu un fils, un frère, un père qui était parti rencontrer une "fiancée" à La Porte, dans l’Indiana.
George Barry avait quitté sa maison en juin 1905 pour « aller travailler chez une Madame Gunness ». Il portait 1500 dollars sur lui... et n’avait plus jamais été revu.
Herman Konitzer avait retiré 5000 dollars de sa banque avant de se rendre à La Porte « pour épouser une riche veuve ». Il avait disparu.
Abraham Phillips, un contrôleur de train à la retraite, avait pris 500 dollars et une bague en diamant avant de partir « épouser une veuve ». Sa famille n’avait plus entendu parler de lui depuis, mais une montre à gousset de contrôleur avait été découverte dans les gravas de la ferme Gunness.
Emil Tell avait retiré 5000 dollars de son compte en banque et avait pris le train pour La Porte pour y « rencontrer une veuve ». Il avait disparu.


Et la liste continuait. D’autres hommes avaient dit à leurs familles ou amis qu’ils allaient à La Porte : Olaf Jensen (un immigrant norvégien), Christian Hinckley (originaire de Chetek, dans le Wisconsin), Charles Nieburg (de Philadelphie), Tonnes Lien (de Rushford, dans le Minnesota), E.J. Thiefland (de Minneapolis), John E. Bunter (de McKeesport, en Pennsylvanie)...

 

Le PROCES du SIECLE :

Un avocat volontaire, Wirt Worden  commence le "procès du siècle" face au juge J. C. Richter.

Ray Lamphere plaide non coupable... et le combat commençe dans un tribunal plein à craquer. Si l’avocat prouvait que Belle Gunness était toujours en vie, les arguments de l’accusation s’effondreraient et son client ne pourrait être accusé de meurtre.
Wirt Worden parvint à distiller le doute dans l’esprit des jurés.

ARGUMENTATION :

Les enfants pouvaient être morts d’un empoisonnement plutôt qu’asphyxiés par la fumée. La femme sans tête pouvait , elle aussi, avoir été empoisonnée et elle pouvait ne pasêtre Belle Gunness. Les dents trouvées dans les débris pouvaient ne pas être celles de Belle Gunness.
Le témoignage le plus intéressant fut celui d’un voisin de Belle Gunness, John Anderson, un homme fort respecté à La Porte, qui affirmait avoir vu Belle Gunness avec une autre femme 48 heures avant que la ferme ne brûle. La femme, une inconnue, assez corpulente, mais moins que Belle Gunness, avait été conduite à l’intérieur de la ferme par la veuve. Anderson ne l’avait plus revue. Le 26 novembre, Ray Lamphere fut reconnu coupable d’incendie volontaire mais pas des meurtres, suggérant que les jurés avaient pensé que la mort de Belle n’avait pas été prouvée "sans qu’aucun doute ne persiste". Le jugement fut en fait un compromis, afin de satisfaire tout le monde...
Lamphere ne passa qu’un an en prison (il mourut de maladie le 30 décembre 1909), ne parlant que de l’affaire, accusant Belle Gunness de 49 meurtres qui lui avaient permis d’amasser 100 000 dollars (une fortune à l’époque) de ses victimes entre 1903 et 1908.
La femme sans tête aurait été rencontrée dans un saloon, embauchée pour soi-disant travailler à la ferme et assassinée pour faire croire à la mort de Belle. Cette dernière avait promis à Lamphere qu’elle le contacterait après s’être installée dans une autre ville, mais il semblait qu’elle avait changé d’avis.

Belle Gunness aurait été aperçu dès le 29 avril, six jours avant que les autres corps ne soient découverts. Le conducteur, Jesse Hurst, était certain que Madame Gunness était montée dans un train à la gare de Decatur, dans l’Indiana. Elle était allongée sur une civière et semblait malade.

Alors qu’il allait voir un ami de Belle Gunness, Almetta Hay, le 30 avril , un fermier de La Porte affirma qu’il vit Gunness assise, prenant tranquillement un café. Lorsqu’Almetta Hay mourut en 1916, des voisins vinrent chez elle et fouillèrent un peu. Ils découvrirent un crâne de femme coincé entre deux matelas. Malgré tout, cette piste ne fut pas suivie et des questions ne furent pas posées...

D’après les rapports officiels, d’autres personnes affirmèrent avoir vu Belle Gunness. En 1917, un homme qui avait été son voisin durant son enfance la reconnut à l’hôpital South Bend où il travaillait comme élève infirmier. Il appela la police mais Belle Gunness disparut avant que les enquêteurs n’arrivent.
En 1931, un procureur de Los Angeles écrivit au shérif de La Porte, expliquant qu’une certaine Esther Carlson -accusée d’avoir empoisonné August Lindstrom, 81 ans, pour son argent- pouvait être Belle Gunness. Esther Carlson portait sur elle des photographies de trois enfants qui ressemblaient à ceux de Belle, mais la ville de La Porte ne pu se permettre d’envoyer son shérif à Los Angeles durant cette période (la Grande Dépression) et la suspecte mourut de tuberculose avant son procès, laissant la question en suspend.
En 1935, des abonnés à un magasine de roman policier assurèrent que la photographie de Belle ressemblait beaucoup à la tenancière d’une maison close dans l’Ohio. L’un des lecteurs était allé voir la vieille femme et l’avait appelée "Belle". La dame eut une véhémente réaction et le mit dehors. Il en parla à ses amis, qui lui conseillèrent de laisser tomber. Ce qu’il fit.

Si Belle Gunness a effectivement "survécu à sa mort", elle fait partie (avec Bella Kiss) du très petit nombre de tueurs en série qui, bien qu’identifiés et devant faire face à de nombreuses preuves de leurs crimes, sont parvenus à échapper à la police et à continuer à vivre, dans l’anonymat.
Elle n’a laissé derrière elle que des rumeurs et des chansons populaires.

 GAZETTE :

"N’envoyez aucun argent liquide par la banque. On ne peut pas faire confiance aux banques de nos jours. Changez tout votre argent en billet, la plus grande valeur possible, et cousez-les fermement à l’intérieur de vos sous-vêtements. Faites attention et cousez-les bien, et n’en dites rien à personne, même pas à vos proches. Que cela soit un secret entre vous et moi, et personne d’autre. Nous aurons probablement bien d’autres secrets, ne pensez-vous pas ?" : Belle Gunness, dans une lettre à Andrew Helgelein.

 

Personne ne sait aujourd'hui qui était la seconde femme, enterrée avec Jennie Olsen, ni qui était l’adolescent enterré à côté de Jennie. Des "curieux" que Belle Gunness aurait assassinés pour éviter d’être dénoncée ? ? ?

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