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   Nom :    Sid Ahmed REZALA 

   Né le : 13 mai 1979  à El Biar, Algérie

   Mort le : 28 juin 2000 à Lisbonne, 2009

   Surnom " Le tueur des trains "

   Victimes :  3 au moins

 

"Le tueur des trains"

 

Sid Ahmed Rezala : premier viol perpétré à 15 ans, mort à 21 ans. Entre temps, le jeune homme a vécu l'enfer entre les viols, la drogue, l'alcool, la violence et la prison. Il parcourt la France en trains, où il est soupçonné d'avoir tué au moins trois femmes. En 1999, il est aux abois, recherché par la police, il s'enfuit au Portugal, où il sera appréhendé en 2000. Bien qu'il n'ait pas fourni des aveux officiels pendant les interrogatoires de police, il a décrit et avoué au moins trois de ses crimes à un journaliste du Figaro venu le visiter. Sid Ahmed Rezala refusa son extradition et trouva la mort peu après, intoxiqué par les émanations de fumée qui s'échappaient du matelas qu'il avait enflammé..



- Année 1995 : 1ère condamnation de Sid Ahmed pour viol et vol, il écope de à 4 ans de prison dont 18 mois fermes et 30 mois de mise à l’épreuve

- 1997 : Condamné à 100 heures de travail d’intérêt général pour avoir été mêlé à un trafic de montre volée
- 1998 : Agression d’un agent de la SNCF à l’arme blanche, arrestation et mise en détention provisoire
- 1999 : Condamnation à 1 an de prison ferme, incarcération au centre des jeunes détenus de Luynes (Bouches-du-Rhône)
- 29 juin 1999 : Libération et départ pour Amiens afin de rendre visite à son ex petite amie Nadia et à leur petite fille

 

 

13 octobre 1999: Assassinat au couteau et par strangulation d’Isabel Peake, 20ans, dans le train Limoges Paris

 

 

- 29 octobre 1999 : Déclaration officielle de disparition d’Emilie Bazin
- 14 décembre 1999 : Assassinat de Corinne Caillaux, dont le corps est lacéré de 14 coups de couteau à bord du Paris Vintimille

- 17 décembre 1999 : Le corps d’Emilie Bazin est retrouvé en décomposition dans la cave de Rezala
- 20 décembre 1999 : Le portrait robot de Rezala est publié en France, un avis de recherche est diffusé dans toute l’Europe ainsi qu’au Maghreb
- 12 janvier 2000 : Arrestation de Rezala à Lisbonne, interrogatoire et incarcération dans la prison hôpital de Caixas
- 28 juin 2000 : Suicide de Sid Ahmed Rezala qui meurt d’asphyxie après avoir mis le feu à son matelas de cellule.


 

Il a une fillette de 18 mois avec Nadia qui habite dans une petite cité-dortoir au sud-est d'Amiens. Il est brouillé avec elle et a parfois la garde de son enfant qu'il promène dans les rues bourgeoises d'Amiens. Considéré comme un charmeur, beau gosse et sympa. Il loge en colocation chez Yasmina, 27 ans. Ce point de chute convient à Ahmed Sid Rézala qui voyage sans cesse du Nord au Sud, en évitant de payer ses titres de transport SNCF. Quarante deux P.V. non payés à son actif. Il étudie dans le but de décrocher un brevet de serveur en hôtellerie au centre de formation professionnelle pour adultes (FPA) d'Amiens. Le quartier Saint-Leu, au bord du fleuve, dans les cafés près des facultés est l'un de ses lieux de pause où il aime traînasser...

13 octobre : Isabelle Peake, une jeune Anglaise de 20 ans, est découverte sur une voie SNCF. Le corps de la pauvre femme est dans un tel état que l’autopsie ne permettra pas de déterminer avec précision les causes de la mort. Elle a été éjectée du train Brive-Paris, à moitié déshabillée, le sac à main arraché.

12 octobre : Ahmed Sid Rézala est contrôlé par un agent de la SNCF (la veille), sur la même ligne, mais dans le sens inverse, et se voit contraint de descendre à Limoges. A 3h08 du matin, un témoin a vu la jeune Britannique attendre sur le quai le Corail pour Paris, en compagnie d'un jeune homme  "très agité", coiffé d'une casquette, qui ressemble à Rézala.


On apprendra qu'Isabelle a rencontré Sid Ahmed Rezala sur le quai de la gare de Limoges. Enjôleur, il a sut convaincre la jeune femme de faire le voyage ensemble et ils sympathisent assez vite. Tous deux se rendent à Paris. Pendant le trajet, les pulsions du garçon se réveillent et il devient trop pressant. Isabelle le repousse sans doute, c'est une supposition, et il se fait alors menaçant, tentant de la violer. Elle se débat, se défend,  il est rejeté et ne parvient sans doute pas à ses fins. Ce refoulement l'agace, cette indifférence l'outrage et ce refus va peut-être déclencher une colère meurtrière. Une lutte s'engage pendant laquelle il réussit à ouvrir la porte du wagon ( à moins qu'elle ne soit assommée) et il pousse la jeune fille hors du wagon. La jeune femme est aspirée car la vitesse du train est élevée et le cadavre sera découvert si disloqué que l’autopsie ne permettra pas de déterminer précisément les causes de la mort.

A ce moment, on n’en sait donc pas plus. Toutefois, plus tard, Rezala aurait dit à un proche : " C’est comme un flash […] C’est comme un ordre qu’on te donne en image… Après, tu l’exécutes. "

Octobre 1999 : le corps désarticulé d’une jeune britannique, Isabel Peake, est retrouvé sur le remblai de la ligne de chemin de fer, près de Châteauroux.

- Vendredi 29 octobre : Emilie Bazin qui a 20 ans, s'amuse avec ses amis de sociologie dans un foyer d'étudiants. Un ami Franck, surpris de ne pas l'avoir aperçu depuis un long moment s'étonne : " Ce n'est pas son genre, elle a disparu de la soirée, sans saluer ses amis", se confie-t-il." Elle était trop douce, trop gentille, elle ne savait rien refuser à quiconque." Elle vit chez ses parents à Camon, à côté d'Amiens et n'a pas téléphoné ce soir-là comme à l'accoutumée quand elle s'attarde.

- samedi 30 octobre : La maman d'Emilie signale sa disparition à Franck.

- Lundi 13 décembre : Ahmed Sid Rézala est de retour à Amiens. Il s'arrête devant un distributeur et retire de l'argent avec sa Carte bleue. Il prend le train à Longueau, une des gares du district, à 22h35. Corinne Caillaux, une jeune femme de 36 ans, sera du voyage. Elle monte dans le même train Calais-Vintimille, en compagnie de son fils de 5 ans et s'installe dans le compartiment-couchettes 46. Un policier de Dijon dira avoir remarqué un individu très agité, portant une casquette retournée, fumant un joint et se montrant agressif envers les voyageurs. Ahmed Sid Rézala est verbalisé par un  contrôleur auquel il présente ses papiers d'identité. Le voyage se déroule quand  des voyageurs remarquent Rézala quitter sa place, juste avant l'arrêt de Dijon. Il est aux alentours de trois heures du matin. Corinne Caillaux sera découverte quinze minutes plus tard, égorgée dans les toilettes de la voiture 46, une casquette ensanglantée gisant à ses côtés. 

- Vendredi 17 décembre : Emilie Bazin est retrouvée morte dans la cave du 56, rue Jules-Lefebvre. Les témoignages et certains faits mène la PJ de Lille a suspecter lourdement Ahmed Sid Rézala. Un témoin affirme les avoir vus ensemble la nuit de sa disparition. 

Un avis de recherche est lancé contre un " individu dangereux, Français, né le 13/05/79 à El Bar (Algérie) ", connu pour violences avec arme blanche et viols. Après divers larçins, il est emprisonné en 1998 à la maison d'arrêt de Luynes (Bouches-du-Rhône) pour l'agression d'un homme au couteau. Incarcéré au centre des jeunes détenus, Rézala travaille à l'entretien des locaux. Les surveillants s'en méfient et l'ont classé "sujet à risque": " Très agressif envers le personnel, il refusait toute remontrance. Imprévisible, il semblait dangereux " relate un gardien. 

- 29 juin 1999 : Ahmed Sid Rézala est libéré. Après son échappée du train de nuit à Dijon, il s'est réfugié chez ses parents, dans le quartier Belle-de-Mai à Marseille.

Toutes les polices de France recherchent un serial killer et la police est sur sa piste. La police tend ses filets  dans les faubourgs de Marseille, mais une indiscrétion des médias l'alerte et il prend la fuite. Recherché aussi dans 13 pays de l’Union, il l'est également dans 3 pays du maghreb. On le soupçonne de fuir vers la Belgique car c’est le pays d’origine de sa mère. Il avait été arrêté par le service des douanes un mois avant le meurtre de Corinne Caillaux, possesseur d'une bombe lacrymogène, d'un poignard et de 20 grammes de cannabis. Bien que son ADN figure déjà dans la base de donnée policière, il avait été relâché, faute d’identification formelle.  Sa cavale le mène en Espagne, où il est arrêté pour un délitsid-ahmed-rezala_wikipedia.1197969488.jpg mineur, le vol d'un sac à main. Alors qu’un avis de recherche très détaillé circule dans tous les pays d’Europe, il est pourtant relâché, personne ne fait la relation avec l'homme le plus recherché de France à l'époque ?  La collaboration est habituellement très fiable entre ces deux pays.

Finalement, il quitte l’Espagne pour le Portugal et se réfugie dans une banlieue de Lisbonne où il est logé par un contact.

En France, la police n'avance pas, la tension est en hausse tout comme  la psychose populaire. Les parents de Rézala lance un appel publique lui demandant de se constituer prisonnier, cela ne donne rien et il est toujours introuvable. Les enquêteurs n'abandonnet pas , il est vrai qu'ils ont le temps et les moyens. Une traque policière classique va aboutir à repérer Rezala. Celui-ci appelle régulièrement la mère de sa fille pour prendre des nouvelles et ses appels sont bien entendu interceptés, puis identifiés. Rezala est arrêté le 12 janvier 2000 par la police portugaise renforcée d’un agent français. Il s’apprêtait à prendre un vol de Madrid pour les îles Canaries, et est appréhendé son billet en poche.

- 12 janvier : interpellation de Rézala dans la banlieue de Lisbonne, au Portugal. Plusieurs heures de silence défileront avant qu'il avoue son nom.

Rezala reconnaît ses crimes, mais les policiers français, qui ne sont pas à l'aise avec la procédure portugaise, ne parviennent pas à obtenir des aveux circonstanciés. Il met alors à profit cette indécision policière et se mure dans un mutisme déroutant, repoussant toute déclaration, il n'avoue aucun de ses crimes.  Il refuse également son extradition, ce qui bloque l'enquête et surprend la routine policière car ce refus est appuyé par le gouvernement portugais qui a devoir de protéger les prisonniers qui encourent une peine plus lourde dans leur pays d’origine. Rezala est est placé en isolement. Il subit des interrogatoires officiels et difficiles mais se confine dans son silence.

- 20 mai 2000 : Le Figaro Magazine publie sa confession dans l’édition du jour. On découvre alors qu’un journaliste, nommé Aziz Zemouri, a réussi à s’infiltrer dans l'entourage du prisonnier en s'identifiant comme son beau-frère aux yeux de la police portugaise. Plusieurs rencontres se succèderont d'où ressortira l’aveu des 3 meurtres, des explications sur son parcours, et la confession d’un viol dont Rezala aurait été victime à l’âge de 9 ans mais qu'il a toujours caché. Lors de ces entretiens, il relate ses états pré-meurtriers, les décrivant ainsi : " C’est comme un flash, tu la vois morte, c’est comme un ordre qu’on te donne en image et après tu l’exécutes". Beaucoup y verront  une tentative à prouver la thèse de l'irresponsabilité par un essai de manipulation,

 - 28 juin en soirée : Grande soirée football avec le match Portugal/France. Toute la prison, et d'ailleurs tout le pays et toute l'Europe, a les yeux rivés au petit écran. Dans sa cellule, Rezala met le feu à son matelas. Ce soir-là les esprits sont occupés et les secours seront bien trop longs à arriver. Beaucoup trop longs. Il meurt asphyxié...  dans la prison hôpital de Caxias. Ainsi Sid Ahmed Rezala ne sera jamais jugé pour les 3 crimes dont on l’accuse. Des aveux, de sérieux indices et quelques traces d’ADN retrouvés sur les victimes ne laissent aucun doute quant à sa culpabilité. La PJ le soupçonne d'ailleurs aussi d’être ’auteur de plusieurs agressions commises dans les trains.

La presse l’a déjà baptisé « Le tueur des trains ».

Le matelas s'est allumé, l’action publique s'est éteinte, laissant nombre de questions en suspens....

Le mari de Corinne Caillaux, obtiendra, quatre ans plus tard, condamnation de la SNCF pour "manquements à ses obligations de sécurité"et l’entreprise se verra contrainte de lui verser la somme de 223.000 euros, à titre de dédommagements.

 

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