27 mai 2012
Bonne fête Auguste de Cant.

Site mis à jour le
24 mai 2012

Plan du site

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Cliquez pour imprimer cette page
Précédent - Retour - Suivant

 

Crim.vacher portrait inedit5

 

 Nom :  Joseph VACHER

 Surnom :  Le Tueur de bergers, L’Eventreur français, Le Jack l’Eventreur du Sud-Est.

 Né en :  16 novembre 1869, Isère, FRANCE

 Mort le :  31 décembre 1898, guillotiné à Bourg-en-Bresse

 Victimes :  Condamné pour 1 seul  mais

 31 au moins et 8 tentatives de meurtres (sans doute beaucoup +)


 

 

Il aurait dit :

" Je suis un pauvre malade innocent, dont Dieu a voulu se servir pour faire réfléchir le monde, dans un but que nul humain n’a le droit de sonder "  Joseph Vacher.

" Il y a des moments où je n’étais pas maître de moi, et où je courrais comme un fou à travers le monde, droit devant moi, me guidant sur le soleil, et ne sachant où j’ai erré. Ce n’est pas ma faute si on m’a empoisonné le sang "  Joseph Vacher.

 

" A chaque fois, je suis pris d’une espèce de fièvre, d’un tremblement nerveux, je ne veux pas tuer, ni violer, mais il faut que je le fasse "  Joseph Vacher.

" J’embrasserai Jesus Christ tout à l’heure. Vous croyez expier les fautes de la France en me faisant mourir. Cela ne suffira pas, vous commettrez un crime de plus. Je suis la grande victime de cette fin de siècle "  Joseph Vacher, s'adressant au prêtre lui demandait de confesser ses péchés avant de monter sur la guillotine.

 

 

Quatorzième enfant d'une famille en comportant 16, son frère jumeau mourût étouffé dans son berceau... il avait 1 mois. Le mysticisme et la superstition régnaient dans cette famille paysanne. Bien qu'élevé dans la dignité, Joseph démontrait d'étranges réactions. Son caractère sournois et violent apeurait ses frères et soeurs et ses camarades de classe en faisaient souvent les frais car il saccageait tout ce qui se trouvait à sa portée lors de ses crises de violence. 

- 1884 : Joseph Amieux, 10 ans, fut étranglé dans une grange à Eclose, dans l’Isère. Les témoins mentionnent un vagabond d’une quinzaine d’années qui rôdait alentour au moment du crime. Joseph Vacher avait cet âge et les enquêteurs pensent qu'il pourrait s'agir du tout premier meurtre d'une longue série, le concernant.

- Octobre 1887 : Il est renvoyé de chez les Frères maristes (Saint-Genis-Laval) car il " masturbait ses camarades".

- Juin 1888 :  Beaufort, il tente d’abuser de Marcellin Bourde, un jeune valet de ferme, pendant la coupe des foins.

- Fin juin 1888 : Le corps d’une inconnue d’environ 35 ans, est découvert près de Joux. Le cadavre est pratiquement décapité et l'arme du crime semble être un couteau.

- Septembre 1888 : Olympe, prostituée et soeur de Joseph, le fait embaucher dans une brasserie de Grenoble. Le contact de ces "dames" lui vaut une sévère maladie "vénérienne" qui lui coûtera l'ablation d'une partie de l’un de ses testicules. Il n'a que 20 ans et cette castration le traumatise au point qu'il en devient docile et que son frère, où il s'est expatrié quelques jours à Genève, à peine à le reconnaître. Il en profite pour questionner Joseph qui, bizarrement lui avoue "des envies de tuer". Il lui confie : " Je suis comme possédé. Si je rencontrais quelqu’un, je crois que je ne pourrais pas m’empêcher de lui faire du mal".

Jusqu'en novembre 1890, il se fait oublier à LYON. A-t-il tué pendant cette période ? Il découvre alors l'anarchie et les concepts violants et révolutionnaires de ces "aventuriers" l'imprègnent fortement.

- 29 septembre 1890 : Olympe Buisson est égorgée, éventrée et mutilée, à Varacieux, dans l’Isère. On sait que Joseph errait vers le 2 octobre à Lyon, pas très loin de Varacieux.

- Le 16 novembre 1890 il part à l'Armée à Besançon. Devant les brimades de ses camarades, il les menace Crim.vacher sous officierd'un rasoir. Il sera évincé de l'Infanterie pour cause "d'inaptitude au commandement", selon les sergents-instructeurs, il était pourtant quatrième de sa promotion à l’école des élèves caporaux, Sans doute un nouveau traumatisme car il tentera de se trancher la gorge. Premier examen mental.

Jugé apte au grade de caporal. Puis rapidement nommé sergent ? Il tombe amoureux de Louise Barrand. S'ensuit alors des émotions contradictoires, surexcitation excessive, phases dépressives, crises de violence, il tente de se suicider en se jetant par la fenêtre. Il est mis en congé...

Louise Barrand s'éprend d’un autre soldat. Vacher le découvre et il en devient fou hystérique, brisant tout, bavant, hurlant, menaçant ses camarades avec sa baïonnette. L’Armée le renvoie dans ses foyers.

Mais Joseph retrouve Louise et exige qu’elle l’épouse. Devant son refus il tire trois coups de feu, mais ne l’atteint pas. Il dirige l'arme sur lui et se tire trois balles dans la tête. Pas très adroit,  il survit. Tous ces états n'arrangent pas sa santé mentale et du dernier acte il lui restera des séquelles physiques et psychologiques. Il est paralysé du côté droit de son visage, l'œil droit est sanguinolant et énorme par rapport à l'autre, l'oreille suppure et un rictus déforme sa bouche dès qu'il parle.

- 16 juin 1893 :  Internement à l’asile de Dôle. Sujet à des crises jugées graves et répétitives, bouffées délirantes, hallucinations visuelles et auditives.

- 12 septembre 1893 : Le docteur Guillemin, psychiatre, conclut :  "Le sieur Vacher Joseph est atteint d’aliénation mentale, caractérisée par le délire des persécutions". Paranoïa quoi !

- 21 décembre 1893 : Transféré à l’asile de Saint-Robert, dans l’Isère, pour trois mois. 

- 1er avril 1894 : Le Docteur Dufour le déclare guéri et le laisse sortir malgré ses maux de tête perpétuels.

Le constat est le même que de nos jours : 1 mois et 1/2 après :

19 mai 1894 : 1er meurtre avoué. Eugénie Delomme, 21 ans, est étranglée, mutilée et violée à Beaurepaire, dans l’Isère.

Muni d'un grand sac et d'un gourdin, un très long vagabondage commence...

Drôme, Isère, Rhône, Allier, Puy de Dôme, Nièvre, Saône-et-Loire, Var, Ardèche... Il vagabonde en solitaire, mais, dans le Tarn, on le vit plusieurs fois avec un compagnon, un certain Gautrais qu’il tua accidentellement à Lacaune. La tête toujours recouverte d'un chapeau et parfois protégé d'un parapluie car il craint le soleil, une réelle hécatombe criminelle jalonne un parcours où des acalmies incompréhensibles viennent pourtant morceler, comme des chapitres, son histoire meurtrière. En trois ans et demi, il massacre pas moins de 20 victimes des deux sexes, certainement plus. Ce sont souvent des adolescents mais quelques veuves qui l'avaient hébergé ont fait les frais de son violent caractère. Il les tue à l'aide d'un objet tranchant ou les étrangle, les poignarde, les égorge, les éventre. Il viole la plupart du temps, post mortem, et mutile les organes sexuels. Il reprend sa route ensuite, dormant à la belle étoile où dans des abris précaires comme des refuges campagnards ou des cabanons de bergers.

Il est important de noter qu'il n'évite pas les rencontres avec des villageois et, après chaque crime, des témoins ont toujours rapporté la venue d'un vagabond sale et repoussant aux alentours des lieux où étaient découverts les corps meurtris. La communication entre les différentes préfectures est loin d'être parfaite en cette période et, malgré l'affaire de Jack the ripper, peu d'entres elles se partagent des informations sur des meurtres commis à si long éloignement.

Seul Monsieur Fonfrède, Procureur de la République en poste à Dijon, fera le rapprochement entre plusieurs crimes pourtant éloignés. Celui de Busset dans l’Allier, en septembre 1896, et celui de Varennes-Saint-Honorat en Haute-Loire, en octobre 1896, vont, et c'est surprenant pour l'époque, attirer son attention. Avec une intuition remarquable, il rapprochera d’autres crimes identiques dont celui du Bois du Chêne, dans le département de la Côte-d’Or en 1895. Il fit même rédiger une circulaire qu’il adressa même aux différents parquets des départements du sud-est de la France, une circulaire où il préconisait de rechercher dans les archives criminels, des affaires irrésolues présentant des caractéristiques proches ou des similitudes avec les crimes répertoriés.

- Fin 1896,  plusieurs crimes furent considérés comme possédant des similitudes probantes :
Olympe Buisson, le 29 septembre 1890.
Augustine-Adèle Mortureux, le 18 mai 1895.
Mme Morand, le 24 août 1895.
Victor Portalier, le 31 août 1895.
Pierre Massot-Pellet, le 29 septembre 1895.
Marie Moussiet-Lorut, le 10 septembre 1896.
Rosine Rodier, le 1er octobre 1896.

Mais comment retrouver un coupable meurtrier parmi les milliers de vagabonds qui hantent la France industrialisée de l'époque.... FONDREDE soupçonne plusieurs assassins car les crimes sont trop nombreux et cela va lui ôter l'honneur de découvrir l'identité de l'horrible "Jack l'éventreur du Sud-Est " de ce temps-là !

- Avril 1897, dans l’Ain, le juge Emile Fourquet prend ses fonctions à Belley. En consultant les affaires en cours, il reste stupéfait devant  les horreurs qui ont provoqué la mort du jeuneVictor Portalier, deux ans auparavant. Il examine et analyse avec détails et précision d'autres enquêtes et, constatant des ressemblances, il obtient un résultat identique au procureur Fondrede : trop de similitudes rapprochent tous ces crimes !

- 18 juin 1897 : meurtre du jeune Pierre Laurent, 13 ans. Devant le rapport d’autopsie, Fourquet se conforte à son intuition qu'un unique assassin écume le Sud-Est de la France. Déjà on surnomme ce sanguinaire meurtrier comme le "Jack l’Éventreur du Sud-Est".  Sa décision est soudaine et hargneuse : Il va mettre fin aux agissements de ce tueur fou !

Il s'organise et consulte toute la papasserie relative aux crimes non élucidés. Il trie, élimine et se pose les bonnes questions.

Pourquoi, malgré une description fort précise, personne ne s'est investi à sérieusement le rechercher ?

Pourquoi et comment a-t-il pu faire autant de victimes ?

Pourquoi l’assassin échappe-t-il, semble-t-il, aussi facilement aux recherches ?

Les réponses le conduisent à douter de la réelle efficacité de la police et de la gendarmerie, de l’inorganisation de la magistrature, et de la nonchalance à mener les enquêtes. La confirmation que chaque investigation s'arrêtait aux limites territoriales de chaque commune et donc du juge d'instruction concerné, le conforta de l'impuissance de ces méthodes et de ces lois devenues obsolètes, sinon archaïques. Il faut souligner qu'un maire avait à l'époque des pouvoirs de police et était donc directement concerné par un crime commis sur sa commune. Il en déduisit qu'à chaque changement de circonscription de l'assassin, dû à son errance, celui-ci était, même inconsciemment, assuré d'une tranquillité judiciaire.
Il établit un "portrait type", d'après les ressemblances recueillies lors des enquêtes, qu’il adressa sous forme de commission rogatoire aux parquets du Centre et du Sud-Est et cela va payer puisque Vacher sera reconnu, suite à une agression, en août 1897.

- Août 1897 : C'est en Ardèche que Joseph Vacher vagabonde. Alléché par les formes respectueuse d'une jeune femme, il la menace d'un couteau, puis tente de la violer.  Mais la bougresse est leste et ne se laisse pas faire, elle hurle à l'attention de son époux qui accourt, se jette sur l'individu et le maîtrise.  Il est conduit par le couple aux gendarmes. Arrêté, il est jugé pour "outrage aux bonnes mœurs" et écope de
3 mois de prison, mais le juge d’instruction local fait le rapprochement avec le physique correspondant au signalement du fameux "Éventreur du Sud-Est", recherché par le Juge Fourquet. Deux gendarmes l'interpellent à sa sortie de prison pour le conduire à BELLEY. Le juge est un filou et il laisse croire à Vacher que l'interrogatoire qui va débuter n'a pour but que la narration du vécu des vagabonds. Comme tout flatteur prend des notes aux dépens de celui qui se confie, Fourquet dévore les récits des errances de Joseph Vacher car celui-ci, heureux de cet intéressement, ne flaire pas la flagornerie. Il raconte  presque tout, depuis sa démobilisation en 1893 jusqu'à 1897 mais, sa méfiance chronique reprenant le pouvoir quand son esprit s'alarme, il évite d'indiquer les lieux où se sont déroulés les crimes, ne mentionnant que les régions et villes de son périple. Il fallait donc jouer plus serré pour obtenir des indices ou , but ultime, des aveux... C'est la carte de la franchise que va choisir le juge en lui demandant directement s'il était déjà allé à Bénonces. Bénonces est ce village où fut mutilé et égorgé à mort le jeune adolescent de 16 ans, Victor Portalier le 31 août 1895. Vacher, dont la méfiance est maintenant en éveil, réfute le fait et niera jusqu'au bout malgré l'affirmation des témoins ayant formellement constaté sa présence sur les lieux le jour du crime. Ce mutisme qui le paralyse, il ne va plus en sortir...

Ramené en prison, le juge Fourquet va décider de visiter quotidiennement le prévenu afin de regagner sa confiance. Il fera rechercher toutes les personnes ayant croisé la route de Vacher depuis son adolescence. Les commissions rogatoires sont incessantes afin d'identifier tous les témoins. tout semble prendre consistance quand une décision va enrayer la machine judiciaire :

Médecin officiel de la prison de Belley, le docteur Bozonnet affirme soudainement que Joseph Vacher est "FOU" : « Vacher est atteint de débilité mentale, d’idées fixes voisines des idées de persécution, de dégoût profond pour la vie régulière. Il présente une otite suppuré, une paralysie faciale consécutive à un coup de feu. Il affirme aussi avoir deux balles dans la tête. La responsabilité de cet individu est très notablement diminuée ».
Fourquet renie cette opinion d'un psychiatre qu'il juge sans expérience. Il considère que Vacher est conscient de ses actes et qu'il était sain d’esprit au moment de ces crimes. Il est déterminé à le confondre et le 7 octobre, douze témoins triés sur le volet, affirment reconnaitre en Vacher le vagabond soupçonné deux ans auparavant. Vacher nie avec véhémence jusqu'à la fin de cette journée où, subitement, il avoue... il avoue soit-disant car le procès-verbal de l’interrogatoire de cette confrontation ne mentionne aucun aveu. Bizarrement, suite à ce procès, le juge tombera en disgrâce.

 

-

 

Le lendemain Vacher adresse un courrier à la France, où il admet : « tous les crimes que vous m’avez reprochés, commis dans des moments de rage». D'un orgueil prononcé, sans doute voulait-il faire la une des journaux car personne n'a jamais vraiment compris ce revirement soudain ? Le 9 octobre, Vacher marchanda l'interrogatoire que Fourquet voulait lui faire subir, suite à cette lettre. Il ne parlerait que si sa lettre était publiée dans "Le Petit Journal", "La Croix", "Le Progrès" et "Lyon Républicain" ! L'accord topé, Vacher se dévoila totalement, pour la première fois de sa vie, heureux qu'un notable s'intéresse à lui. Il s'accusa même de crimes qui ne lui étaient pas imputés mais nia obstinément le meurtre d’Olympe Buisson (9 ans), commis le 29 septembre 1890.  Il refusait d'être  catalogué comme  tueur d’enfants, ce meurtre sadique étant de plus d'une sauvagerie extrème.

Il reconnût entres autres, celui d’Eugénie Delhomme (21 ans), violée, étranglée et mutilée le 19 mai 1894 ; celui d’Aline Alaise (16 ans), égorgée et éventrée le 23 septembre 1895 ; celui de Claudius Beaupied (14 ans), égorgé, violé et mutilé fin mai 1897 ; et celui de Louise Marcel (13 ans), étranglée, égorgée et mutilée le 20 novembre 1894. Malgré ses aveux, la Presse s'acharna pour lui attribuer d’autres meurtres commis dans les Vosges. Celui d’une fillette de 9 ans, Adrienne Reuillard, le 18 mars 1897, étranglée et violée, et d’une adolescente de 14 ans, le 1er mai 1897, étouffée et violée. Vacher les réfuta, il refusait absolument de reconnaître les crimes suivis de viols perpétrés sur des fillettes alors qu’il reconnaissait les viols et les meurtres de garçons, d’adolescentes ou de femmes, simplement, comme si la gravité des faits étaient moindres ! Il s'ensuivit une bataille d'opinions visant la responsabilité réelle et mentale de VACHER. Fourquet s'opposait rageusement à ce que le criminel fût reconnu de folie. Le Procureur Général reprocha au juge d’avoir fait publier la lettre de Vacher dans les journaux et, surtout, lui expliqua dans un courrier, sa conviction que : « l’auteur de cette lettre est, à ne pas en douter, un simulateur ou un fou ». Fourquet refusa de prononcer l’irresponsabilité de Vacher. Il refusait que ce sadique fût aliéné pour tomber dans l'oubli général alors que ce sadique méritait une punition à hauteur de ses horribles méfaits. Un éminent professeur abonda dans ce sens,  Alexandre Lacassagne, qui le déclara... sain d’esprit. Pour le médecin, l'homme était bien sadique mais pas fou, donc responsable de ses crimes et la peine de mort, son juste châtiment. En vérité, le médecin a occulté  d’examiner objectivement l’accusé, se contentant de croire aux déductions analytiques du juge.

Surprenant puisque Vacher était reconnu comme souffrant de délire paranoïaque, persuadé d'être persécuté par le monde entier. Cependant, le docteur Lacassagne n’était pas psychiatre, il pratiquait en médecine légal et était l’un des fondateurs de l’anthropologie criminelle, partisan convaincu que la peine capitale était le bon remède aux maux de l'humanité. L'époque était politiquement instable et la "chasse aux sorcières" battait son plein. Les "traînes savates" étaient pourchassés et accusés de tous les maux.

Vacher était muré dans un silence total, même devant les insinuations accablantes du juge qui, de ce fait, conclut à une approbation de ses dires et à un consentement aux suggestions de culpabilité. Les interrogatoires terminés le 03 décembre, le juge désigna les experts commis à l'examen mental de l'inculpé :  le professeur Lacassagne, directeur du laboratoire de criminologie de Lyon, et les docteurs Rebatel et Pierret, collègues de Lacassagne, (anthropologie criminelle), et convaincus que Vacher n'était pas fou.

 

Le procès de Vacher révéla le malaise du  conflit entre la justice et la psychiatrie.
Fourquet ignora de savoir si Vacher était ou non responsable de ses actes, pas plus que ses "acolytes d'ailleurs. Il fallait un coupable, c'est ce que ressentait le public présent au palais de justice. Quatre ans auparavant, le docteur Dufour avait laissé sortir de l’asile de Saint-Robert, Vacher « sain et responsable »...

Toutefois, le juge Fourquet n’avait pas les pouvoir d'instruire officiellement tous les crimes. Vacher ne fut juger que pour l’assassinat de Victor Portalier, dans l’Ain, le seul qui fût dans son arrondissement.

Le procès s’ouvrit le 26 octobre 1898 à Bourg-en-Bresse. Vacher entra dans le palais de Justice, portant une pancarte où était inscrit : « J’ai deux balles dans la tête » et il chantait « Gloire à Jésus ! Gloire à Jeanne d’Arc ! ».
Son comprtement fut intolérable durant les trois jours de débat. Parfois terrifiant, faisant pitié ensuite, on vit un bouffon pantelant et gesticulant lors des réquisitoires. Il écumait parfois de rage et se montrait menaçant, outrancier, il bavait même comme un idiot et tout à coup horrifiait l'assistance de sa démesure.

 

 

Crim.Vacher3

 

La légalité des débats fut contestée par l’avocat de la défense qui attaqua aussi l’acte d’accusation, contestant les expertises, mais l’indifférence des jurés semblait intraitable.
Reconnu coupable de meurtres avec préméditation, sans aucune circonstance atténuante, à l’unanimité des douze jurés, Vacher fut guillotiné le 31 décembre 1898, il avait 29 ans.
La presse nationale, mais aussi britannique et américaine, était présente. Vacher ne fut jamais jugé pour les autres crimes qui restent ainsi irrésolus :

Joseph Amieux (10 ans)
Étranglé le 18 juillet 1884, à Eclose, dans l’Isère.
Découvert 3 jours plus tard.

Une inconnue (environ 35 ans)
Fin 1888, à Joux, dans le Rhône. on découvrit le corps de cette femme dissimulé dans un bois, la tête sectionnée du cou.

Clémence Grangeon (14 ans)
Égorgée le 1er juillet 1888 à Chambérac, en Haute-Loire.

Augustine-Mélanie Perrin (23 ans), prostituée.
Étranglée le 30 juin 1890 à Moirans, dans l’Isère.

Olympe Buisson (9 ans)
Égorgée, éventrée et mutilée le 29 septembre 1890 à Varacieux, dans l’Isère.

Eugénie Delhomme (21 ans)
Étranglée, égorgée, frappée, violée et mutilée, le 19 mai 1894 à Beaurepaire, en Isère.
1er meurtre avoué par Vacher.

Deux tentatives de meurtres sur des ouvrières agricoles les 17 et 18 juin 1894, à Beaurepaire, en Isère.

Tentative de meurtre sur un jeune garçon
Près de Belley, dans l’Ain, en juillet 1894.

Louise Marcel (13 ans)
Étranglé, égorgé, éventré et mutilée à Vidauban, dans le Var, le 20 novembre 1894.
(avoué par Vacher)

Les époux Honorat (septuagénaires)
Battus à mort à coups de barre de fer, le 6 décembre 1894, à Châteaudouble, dans le Var.

Tentative de meurtre et de viol d’une marchande d’oranges À Dijon, en Côte-d’Or, le 14 avril 1895.

Adèle Morureux (17 ans)
Étranglée, égorgée, mutilée à Etaule, au Bois-de-Chêne, en Côte-d’Or, le 12 mai 1895.
(avoué par Vacher)

Mme Morand (58 ans)
Étranglée, égorgée et violée à Saint-Ours, en Savoie, le 24 août 1895.
(avoué par Vacher)

Victor Pourtalier (16 ans)
Égorgé, éventré, mutilé à Bénonces, dans l’Ain, le 1er septembre 1895.
(avoué par Vacher)

Francine Rouvray (30 ans)
Égorgée près d’Autun, en Saône-et-Loire, dans la nuit du 6 au 7 septembre 1895.

Madeleine Martelat (64 ans)
Le crâne fracassé par une pierre le 22 septembre 1895, à Four, en Isère.

Une femme inconnue (septuagénaire)
Assassinée à Hauterive, dans la Drôme, fin septembre 1895.

Aline Alaise (16 ans)
Égorgée, éventrée à Truinas, dans la Drôme, le 23 septembre 1895.
(avoué par Vacher)

Une femme inconnue (septuagénaire)
Assassinée à la Baume-d’Hastum, dans la Drôme, le 23 septembre 1895.

Pierre Massot-Pellet (14 ans)
Égorgé, éventré et violé à Saint-Etienne-de-Boulogne, en Ardèche, le 29 septembre 1895.
(avoué par Vacher)

Marie Ageron (70 ans)
Égorgée, tête séparée du tronc et coeur arraché à Parnans, dans la Drôme, le 29 octobre 1895.

Tentative de viol et de meurtre de la jeune Alphonsine Derouet
Le 1er mars 1896, au Mans, dans la Sarthe.

Maria Clément (17 ans)
Assassinée à coups de pied, violée et noyée, à Reims, dans la Marne, le 24 août 1896.

Marie Moussier-Lorut (19 ans)
Étranglée, égorgée, mordue et violée à Busset, dans l’Allier, le 10 septembre 1896.
(avoué par Vacher)

Mme Charlot (septuagénaire)
Le crâne fracassé, à Moux, dans la Nièvre, le 26 septembre 1896.

Rosine Rodier (14 ans)
Égorgée, éventrée et mutilée à Saint-Honorat, en Haute-Loire, le 1er octobre 1896.
(avoué par Vacher)

Louradour (un jeune homme)
Au cours d’une rixe, à Brive, en Corrèze, dans les premiers jours de novembre.

Tentative de viol d’une jeune femme
À Brioude, en Haute-Loire, en décembre 1896.

Célestin Gautrain (40 ans)
Frappé à coups de pierre, à Lacaune, dans le Tarn, le 23 février 1897.

Adrienne Reuillard (9 ans)
Étranglée et violée à Belfort, le 18 mars 1897.

Geneviève Cadet (70 ans)
Égorgée, la tête sectionnée du tronc, à Condrieu, dans le Rhône, le 11 avril 1897.

 

Tentative de viol et de meurtre de Léonie Soyer (17 ans)
Saisie par le cou par un individu armé d’un tranchet à Greffigny, dans la Haute-Marne, le 26 avril 1897.

Tentative de viol et de meurtre de Blanche-Marie Humbert (16 ans)
A Daillecourt, dans la Haute-Marne, le 1er mai 1897.

Tentative de viol et de meurtre Jeanne Henrion (14 ans)
À Vrécourt, dans les Vosges, pas loin de Daillecourt, le 1er mai 1897.

Claudius Beaupied (14 ans)
Égorgé, éventré, mutilé et violé à Tassin-la-demi-Lune, fin mai 1897. Le corps a été découvert dans un puits, réduit à l’état de squelette.
(avoué par Vacher)

Tentatives de viol dans la Drôme, l’Isère et le Puy-de-Dôme.

Pierre Laurent (13 ans)
Égorgé, mutilé et violé à Courzieu, dans le Rhône, le 18 juin 1897.
(avoué par Vacher)

Mme Lagier (60 ans)

Éventrée à Volvent, dans la Drôme, dans la nuit du 4 au 5 juillet 1897.

Mme Laville (61 ans)
Violée, étranglée et égorgée, la tête séparée du tronc, à Coux, dans l’Ardèche, le 24 juillet 1897.

 

 bar2

Crime et criminels (A propos de l’affaire Vacher)

titre-crimes-et-criminels

Article de Thomas Grimm paru initialement sous le titre

« Crime et criminels » dans Le Petit Parisien du 26 décembre 1897

La répression criminelle est devenue l’objet, depuis une dizaine d’années, des études les plus profondes. On commence à considérer l’action sociale de la justice sous son vrai jour.
Déjà, la réforme introduite dans l’instruction criminelle par le Sénat et la Chambre les députés constitue une preuve du besoin que tous les esprits éclairés et justes éprouvent de soustraire notre législation pénale aux principes surannés, durs et parfois barbares qui la régissent.
Une idée principale domine ce mouvement rénovateur tout entier. C’est que tout délinquant, si légère ou si atroce que paraisse sa faute, a en lui une part d’irresponsabilité.
Que cette irresponsabilité envahisse la conscience toute entière, c’est une exagération dont on a trop souvent abusé pour en déduire des arrêts véritablement empreints d’une dangereuse indulgence.
Mais que dans chaque crime ou délit, même dans celui qu’a précédé une préméditation intelligente et froide, il y ait néanmoins une part à faire aux impulsions natives, aux circonstances qui ont poussé le criminel à mésuser si étrangement de ses facultés, c’est aujourd’hui un principe admis par les écoles les plus opposées.
L’homme le plus sain, le mieux garanti par l’éducation contre les surprises de l’instinct sanguinaire et bestial, ne commet jamais une faute sans qu’on puisse invoquer en sa faveur une certaine irresponsabilité, due aux tendances aveugles et irrésistibles qui travaillent sourdement notre organisme.
La science justifie, en somme, la parole de Jésus-Christ sur la femme adultère : « Que celui d’entre vous qui est sans péché lui jette la première pierre. » Actuellement, une connaissance plus approfondie de la tare originelle que chacun de nous porte en soi nous a ramenés à l’indulgence qu’exprime cette belle pensée. Nous nous savons tous plus ou moins, atteints par le mal héréditaire, la propension aux brutalités de l’âge primitif. Et cela suffit pour nous faire regarder avec plus de pitié et moins de rigorisme hypocrite les défaillances de l’homme dont la vie eût été honnête si les débuts n’en avaient été abandonnés à la misère et à la contagion de l’exemple.

Ce qui rend malheureusement la tâche de la justice fort difficile dans les questions de responsabilité, c’est que depuis le fou avéré jusqu’à l’homme d’une volonté solide et d’une conscience claire, toutes les gradations du crime existent dans la société et se présentent journellement devant les tribunaux.
Ne pas tenir compte, en justice, de ces criminels, ce serait faire œuvre vaine, car la répression n’amenderait aucun coupable.
Pour juger sainement les délinquants et criminels, il ne faut donc pas se placer au point de vue d’une justice absolue, hors de notre portée, mais procéder à une étude minutieuse de chacun d’eux, examiné dans sa nature physique, son état mental et moral, ses antécédents héréditaires, son éducation, son milieu social.
Tous les citoyens sont appelés à prononcer un jour ou l’autre, de redoutables verdicts. Il est surprenant que les jurys, composés d’hommes tout à fait étrangers aux choses du droit, commettent si peu d’erreurs. Une voix issue de la conscience populaire semble dicter leurs arrêts qui frappent si rarement à faux. C’est par une sorte d’intuition, et non par une analyse raisonnée, que bien souvent le juré, mis pendant plusieurs jours en face d’un accusé, finit par se faire une opinion.

Des faits innombrables ont prouvé et prouvent encore tous les jours que des individus naissent avec des prédispositions irrésistibles au crime. Nous allons citer quelques exemples qui constituent la démonstration rigoureuse de cette vérité.
Il y avait, ces dernières années, dans un asile d’Angleterre, un individu dont l’histoire est, à ce sujet, des plus connues parmi les savants.
Dès sa première enfance, il torturait les animaux domestiques. Entre autres méfaits, il entraîna un jour un garçon plus petit que lui, le dévêtit et se mit à le fouetter avec une branche de saule, à l’égratigner, à le mordre. Peu après, les voisins remarquaient que leurs poules disparaissaient et plusieurs trouvèrent leurs chevaux avec des blessures à la gorge.
On le surprit enfin, lorsqu’il venait de couper la gorge d’un cheval. Il avoua alors le vol des poules qu’il tuait et qu’il cachait. On le condamna à un an de prison, mesure absolument insuffisante, comme on va le voir par la suite.
Après sa sortie de prison, il essaya d’étrangler son jeune frère. Puis, un autre jour qu’on avait laissé un bébé endormi dans la maison, il l’emporta dans sa chambre et le recouvrit d’une pile d’habits pour l’étouffer. Enfin, il vola à son père une somme d’argent considérable. On l’enferma alors dans un pénitencier, pendant sept ans. A sa sortie, il s’engagea dans un régiment de cavalerie. Soldat, il conduisit un jour son cheval dans un marais, le fit s’engager dans la vase à force de coups et l’y fit périr. Il déserta ensuite et revint dans sa famille. Un soir, son père, pelant une pomme, se coupa le doigt. A la vue du sang, il devient pâle et nerveux, s’échappe de la maison et, s’introduisant dans une ferme voisine, coupe la gorge à un cheval. Ce coup fait, il se sauve dans les bois et attaque une jeune fille. On le condamne alors à la prison perpétuelle. Mais on le gracie au bout de six ans. De retour dans son pays, il s’empara d’un cheval de haras, l’attacha à un poteau télégraphique et se mit à le taillader affreusement.
On se décida alors à l’interner dans un asile ; ce qui, du reste, n’arrêta pas le cours de ses exploits. Après cinq ans de réclusion, il s’échappe et tente encore de tuer une jeune fille, A l’asile même, il s’était rendu redoutable par ses accès de folie sanguinaire. Il tuait tous les animaux qui lui tombaient sous la main.
N’est-ce pas là l’histoire de cet horrible Vacher l’éventreur qui, lui, exerçait sur l’espèce humaine ses instincts sanguinaires et bestiaux ?
On se demande, véritablement, en face de pareils êtres, si la société n’a pas le devoir strict et rigoureux de les séquestrer dès leur apparition et de les condamner à un régime particulier, jusqu’à la fin de leur vie.

Voici un autre cas, non moins frappant, que les lecteurs du Petit Journal peuvent se rappeler. C’est celui d’un jeune Parisien de seize ans, condamné en 1889 aux travaux farces à perpétuité pour une tentative d’assassinat. Recueilli dans une famille d’ouvriers qui lui donnait la table et le logement, il frappa, un jour, d’un coup de couteau la jeune femme de son hôte; endormie à côté de son enfant. Arrêté, il déclara, sur un ton de défi, qu’il avait voulu tuer la mère et l’enfant. Il n’était pas cependant dépourvu d’intelligence ni d’aptitude au travail. Son père adoptif lui avait appris un métier qui lui faisait gagner 4 francs par jour. Mais il avait pris le travail en horreur : « Bon pour les imbéciles », disait-il. Il s’était mis à fréquenter les rôdeurs et les souteneurs qui lui avaient enseigné « tous les trucs ».
En prison, dans un récit de sa vie qu’on l’avait engagé à faire, il a écrit lui-même : « Quant à mes idées, les voilà en un mot : tuer, voler et massacrer, faire pleurer le plus de monde que je peux. Du reste, tuer quelqu’un a toujours été mon idée fixe.
Il a d’ailleurs donné lui-même la raison de là perversion repoussante, qu’il étale :
« Abandonné de bonne heure à faire toutes mes volontés, dit-il, ça ne doit pas paraître drôle que je n’aime pas le travail, j’ai suivi le principal défaut de mon père celui de boire de l’absinthe ».
C’était, en effet, le fils d’un alcoolique. Une chose remarquable et qui prouve que cette tare originelle est bien due à l’alcoolisme, c’est que le criminel en question avait deux frères aînés. Le plus âgé est parfaitement honnête, laborieux et rangé. Sa naissance remonte à l’époque où le père, encore jeune, n’avait pas glissé dans l’ivrognerie.
Le second, à dix-sept ans, a été condamné pour incendie volontaire. Premier effet de l’alcoolisme du père.
Quant au troisième fils dont nous nous occupons, il est né évidemment à une heure où le père traversait une crise violente de folie alcoolique.
Evidemment, la fatalité héréditaire est pour beaucoup dans la criminalité de certains individus. Mais il importe d’ajouter que la part de l’éducation est énorme aussi, et qu’en plusieurs cas la responsabilité des parents devrait être mise en cause avec autant et même plus de raison que la perversité du sujet.
La police arrête chaque année dans Paris en moyenne 36 533 délinquants, et dans sa banlieue 5 097, en tout, plus de 41 600. Dans ce nombre, 2 116 sont des mineurs au dessous de seize ans, et 10 082 des mineurs de seize à vingt et un ans.
Presque tous les enfants condamnés l’ont été une première fois pour un fait insignifiant, un vol de bonbons à un étalage, une peccadille dont le châtiment, si on le compare aux suites terribles qu’il entraîne, paraît atrocement inique. Une fois la première condamnation passée, l’enfant, chez lequel les impressions sont très vives, mais très fugaces, perd le sentiment de la dignité personnelle, la crainte de la prison et devient un professionnel du crime. Si la famille lui manque, s’il ne reçoit point d’elle des leçons quotidiennes d’honnêteté et des exemples salutaires, c’en est fait de lui à un âge où cependant on ne songerait pas à concevoir que tant de vice fût possible.
La responsabilité des parents est donc extrême. Mais elle devrait être, entre les mains de la justice, un instrument d’amélioration sociale et non pas un simple prétexte à regrets inutiles.
Chaque fois qu’un enfant est condamné, il conviendrait de vérifier le degré de surveillance auquel il a été soumis de la part de ses parents, et ceux-ci devraient expier pénalement leur incurie, leur mauvais vouloir et souvent, hélas leurs calculs basés sur la corruption enfantine.
Tout père de famille, quelque pauvre qu’il soit, a les moyens d’empêcher son fils de devenir un voleur. Si l’hérédité n’est pas là pour contrecarrer ses efforts, il y réussira certainement.
Son devoir le plus élémentaire et le plus facile à remplir est, en tout cas, d’interdire à ses enfants le vagabondage, cette source inévitable de la misère et du crime.
Car ils sont rares, les gamins qui pourraient répondre, comme celui dont parlait dernièrement un de nos avocats les plus distingués de Paris :
- As-tu été condamné pour vol ? lui demandait l’avocat.
- Pas encore, réplique l’enfant qui avait subi cependant vingt condamnations pour vagabondage.
Ce « pas encore» si naïf et si profond est à lui seul, la critique de notre législation actuelle qui pèse de tout son poids sur l’enfant léger et inconscient, tandis qu’elle épargne le père et la mère, insoucieux de l’avenir moral de leur fils et lâches devant leur devoir.

Thomas GRIMM

 

 

 

 

 

 

Page précédente Page suivante