Nom : Guy Rampillon puis Guy Georges 
Né le : 15 octobre 1962 à Vitry-le-François, Marne
Mort le : En perpétuité
Surnom : " Le Tueur de l'Est Parisien "
Victimes : 7 mais au moins 20 reconnues
Le juge Thiel l'a accueilli ainsi le jour de son arrestation : " Je lui ai demandé s’il était bien Guy Georges en citant des affaires d’agressions sexuelles pour lesquelles il avait déjà été condamné ". Il a répondu :
“ J’ai déjà payé pour ça ! ” Je lui ai alors dit : “ Je viens pour le solde. ” (…)
Il s’est évanoui. » C’est Elisabeth O. , l'une des victimes, qui lui fera reprendre ses esprits.
Ses victimes :
Roselyne D.
Agressée en automne 1976. (sœur adoptive)
Christiane D.
Agressée le 31 mars 1978. (sœur adoptive)
Pascale C.
Agressée le 6 février 1979.
Jocelyne S.
Agressée le 5 mai 1980.
Nathalie L.
Agressée, violée et laissée pour morte le 16 novembre 1981 (affaire classée sans suite en 1982).
Roselyne C.
Agressée le 16 mai 1980.
Violette K.
Agressée et violée le 7 juin 1982, dans un parking sous-terrain.
Pascale N.
Agressée et violée le 27 février 1984, dans un parking sous-terrain.
 | Pascale Escarfail (19 ans)
Violée et assassinée dans son appartement, le 24 janvier 1991
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Eléonore D
Agressée sous son porche, le 22 avril 1992
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 | Catherine Rocher
Violée et assassinée dans sa voiture, dans un parking sous-terrain, le 7 janvier 1994
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Annie L
Violée sous son porche, le 13 janvier 1994
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 | Elsa Benaby
Violée et assassinée le 8 novembre 1994 dans sa voiture, dans un parking sous-terrain
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 | Agnès Nijkamp (33 ans)
Violée et assassinée le 10 décembre 1994, à son domicile.
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Elisabeth O.
Agressée dans son appartement le 16 juin 1995. Elle parvint à s'enfuir.
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 | Hélène Frinking (27 ans)
Violée et assassinée le 8 juillet 1995, dans son appartement.
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Mélanie B.
Agressée dans son appartement le 25 août 1995
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 | Magali Sirotti (19 ans)
Violée et assassinée le 23 septembre 1997, à son domicile.
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 | Valérie L.
Agressée dans son escalier, le 28 octobre 1997
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Estelle Magd (25 ans)
Violée et assassinée le 16 novembre 1997, dans son appartement. |
Guy Rampillon puis Guy Georges dès l'âge de 4 ans, surnommé : "Le tueur de l'Est Parisien" a été condamné à la réclusion criminelle à perpétuité assortie d'une période de sûreté de 22 ans...
Enfant non désiré d'une femme aux moeurs légères, Hélène RAMPILLON, et de George Cartwright, un soldat noir américain travaillant comme cuisinier sur une base de l'OTAN en banlieue parisienne, Guy ne connaîtra jamais son père et pratiquement pas sa mère. Dès sa naissance, ce petit métis est rejeté de tous. Découvrant son teint basané, ses grands-parents l'ignorent totalement et sa mère l'abandonne à une nourrice sans plus de remords... La nourrice alerte la DDASS et l'enfant atterrit dans le "service départementale de l'Aide à l'enfance" du Maine-et-Loire qui lui trouve une famille d'accueil : les "MORIN". C'est dans la Banlieue d'Angers que vit la famille qui a déjà cinq autres enfants âgés de trois à treize ans. L'administration prend alors une décision stupide, en 1968, la DDASS "transforme" son identité. Le nom de RAMPILLON est gommé pour devenir GEORGES et son lieu de naissance est cité comme ANGERS alors qu'il est né à Vitry le François. La raison d'après le service, est dans la perspective de son adoption. A six ans, Guy Georges devient orphelin, ignorant qu'il a une mère, un nom de famille et un lieu réel de naissance. Malgré tout, il sera accueuilli par les Morins qui ne furent pas vraiment ravis de cette arrivée, bien qu'il fut assez calme : "Ce petit était doux, gai, farceur, affectueux, intelligent, attachant, poli"... Mais, tous les enfants qui l'entourent sont de race blanche et il est élévé entouré de jeunes filles ce qui le rend solitaire. Plus tard, il se sentira exclus de la société, étant rejeté de toutes parts et privé d'identité.
Une transformation s'opère.
Il s'ennuie et les bois alentour l'attirent. Il s'adonne au braconnage mais se sent vite attiré par la traque et le guet des animaux, il se prend pour Joe l'indien du roman de Marc Twain, "Tom Sawyer" paru en 1876. Plus tard dans les squats, il deviendra Jo le killer... Dès ses 10 ans, il dérobe un couteau pour aller chasser. Il passe des journées entières, seul, à observer et poursuivre les bêtes sauvages. Dès qu'il réintègre le logis, il retrouve l'autorité sévère mais juste de Jeanne Morin. Celle-ci, n'est pas d'une affection démonstrative mais reste bienveillante. Un examen psychologique, établit alors que Guy Georges avait douze ans, montre tout de même que Mme Morin n'adhère pas du tout au fait que "ses" garçons deviennent de "vrais" mâles, d'où son éducation. Elle élève jusqu'à 13 enfants confiés par les DDASS. La sexualité est d'ailleurs un sujet tabou dans la maison où l'autorité et l'ordre règnent sans distinction. Guy change, il semble vénérer la violence. Vers l'âge de 11 ans il vole de l'argent à sa mère adoptive. Son intégration au collège est un désastre et il manifeste une violente agressivité. L'adolescent boulimique est désormais seul avec six filles et il supporte de moins en moins l'autorité de Madame MORIN.
En novembre 1976, il a alors 14 ans, il tente d'étrangler par surprise Roselyne, l'une de ses sœurs adoptives qui est attardée mentale, mais elle se défend et parvient à le faire fuir. Les époux Morin tentent de minimiser l'évènement bien que Guy affirme ne pouvoir expliquer ce geste. Dès lors on se méfie de lui, certains l'évitent et son isolement s'accentue. Il devient rebelle à toute autorité et son agressivité augmente. Il mesure 1m80 à 14 ans et sa stature est déjà impressionante. De la traque d'animaux à celle de jeunes filles, il n'y a qu'un pas...
- 31 mars 1978 : il tente, avec une barre de fer, d'étrangler une autre de ses sœurs adoptives, Christiane. Celle-ci se débat et le mord à sang. Madame Morin retrouve l'adolescent prostré, les yeux révulsés, dans un état second. Quand elle lui demande plus tard d'expliquer son attitude, Guy la toise, n'exprimant ni regret ni émotion. Madame Morin prend peur et demande à la DDASS de récupérer Guy Georges. Il a 15 ans et demi et est aussitôt placé en foyer spécialisé où bizarrement il se montre sous un tempérament doux et aimable d'avril à novembre 1978. Il est tolérant et sans agressivité envers les autres pensionnaires, pourtant il passera bientôt son temps à effrayer le personnel féminin de l'établissement avec "un plaisir maladif". Les tentatives d'apprentissage sont des échecs et il est placé le 15 novembre dans un foyer plus apte à son état. Rien ne change vraiment et c'est en exclu qu'il va passer les week-ends chez les Morins, où il dort seul dans une caravane.
- 6 février 1979 : il agresse la jeune Pascale C. Il la suit jusqu'à un bois, la plaque au sol, demande de l'argent, puis tente de l'étrangler alors qu'elle se met à hurler. Il prend peur et s'enfuit. Les gendarmes l'interpellent moins de trois heures plus tard. Guy Georges se retrouve pour une semaine en prison.
Rejeté complètement par sa famille d'adoption, Guy Georges commence à boire et vit de différents larcins. Il vole surtout des motos et à l'étalage ou à la roulotte... Il est toujours en possession d'une arme blanche à chacune de ses arrestations.
- 5 mai 1980 : quatrième agression : Jocelyne S., 24 ans, rentre chez elle, le soir, lorsque Guy Georges lui arrache son sac. Il la plaque contre l'ascenseur, la pousse à l'intérieur et la frappe sauvagement au visage puis s'enfuit avec son "butin". Les recherches ne donnent rien et Guy Georges regagna tranquillement le foyer.
- 15 mai 1980 à Angers : il agresse Roselyne C., 33 ans, dans l'ascenseur. La menaçant de son couteau, il lui arrache son sac mais Jocelyne se débat. Guy Georges lui plante sans hésiter son couteau dans la joue. La jeune femme hurle et il s'enfuit. Reconnu par un témoin deux jours après, il est arrêté à la gare d'Angers, buvant en compagnie de clochards. Il écope d'un an de prison pour les agressions commises à Angers, et ressort gaillard le 10 février 1981. Il part alors pour la capitale et s'installe chez un ami. Il va vivre de vols mais surtout de prostitution homosexuelle. Il niera farouchement cet épisode de sa vie, sans doute par honte ou par orgueil.
- 16 novembre 1981, Paris 14ème : il agresse Nathalie L., 18 ans, enceinte, dans le sous-sol de son immeuble. Il entra avec elle dans l'ascenseur et la poignarde dans la poitrine et au cou. Il la traîne dans un recoin du sous-sol et l'oblige à une fellation puis la frappe une troisième fois au ventre. La jeune femme supplie, alors qu'il découpe sa robe et son soutien-gorge entre les deux bonnets, sans le dégrafer. Il la viole et lui assène encore un coup de couteau dans le cou puis, croyant l'avoir achevée, il détale avec son sac. (Il niera les faits, mais Nathalie L. l'a formellement reconnu d'après photos). La pauvre blessée réussit à se traîner jusqu'à l'ascenseur et à alerter les secours. L'enquête qui sera menée pour un simple "vol avec violences" n'aboutit pas et, le 23 juillet 1982, l'affaire est classée sans suite alors que le viol est prouvé ,
- Février 1982 : Guy Georges est condamné à 5 mois de prison pour vol.
- 7 juin 1982, Paris 16ème : A peine désincarcéré, il agresse Violette K. qui rentre à son domicile. Il se jette sur elle et la pousse sous le porche en la menaçant de son couteau. Il la courbe au sol et tente de lui imposer une fellation, mais elle le repousse. Vexé qu'elle se rebelle, il la poignarde alors au cou par deux fois, puis tente de l'étrangler. Elle le repousse de ses pieds avec vigueur et réussit à s'enfuir. Les hurlements alertent un gardien de sécurité qui lance son chien sur l'agresseur. Le chien agrippe alors la sacoche de Guy Georges qui détale affolé, celle-ci contenait son billet de sortie de Fleury-Mérogis. La probante réactivité du chien permet d'appréhender Guy Georges vingt jours plus tard. Malgré sa dénégation, il est condamné le 10 février 1983 à 18 mois d'emprisonnement pour "attentat à la pudeur commis avec violence". Une fois de plus personne ne retient "l'agression sexuelle" !!! Direction l'Est de la France !
- mai 1983 : il est transféré à Ecouvres, en Meurthe-et-Moselle.
- 27 février 1984 Nancy : obtention d'une permission de sortie pour "bonne conduite". Il se rend en ville par le car.
Au soir, il pénètre dans un parking sous-terrain pour soit-disant casser des voitures. Pascale N., une étudiante de 22 ans, s'installe dans le même temps dans son véhicule. Dès qu'elle est assise au volant, il ouvre la portière et la menace avec un couteau. Il lui impose une fellation et la poignarde à la gorge. L'obligeant à se glisser vers l'arrière de la voiture, il commençe à l'attacher et à la bâillonner, dans le but de la violer. La jeune femme réussit à se libérer de ses liens. Elle ouvre la portière côté passager et s'enfuit du plus vite qu'elle peut. Sitôt dehors, elle se met à hurler. Guy Georges la rattrappe, couteau à la main, le visage défait. Soudain, une voiture entre dans le parking, Guy Georges se volatilise ! Pascale N. donne un signalement très précis de son agresseur à la police et celui-ci est arrêté dans la soirée. Reconnaissant l'agression, il prétend qu'il était ivre et qu'il n'en a aucun souvenir. L'éthylotest, négatif, prouvera qu'il mentait.
- 5 juillet 1985 : il est condamné à dix ans de réclusion pour "viol commis sous la menace d'une arme" et est emprisonné à Caen, un établissement spécialisé pour agresseurs sexuels. Seul 12 ù des incarcérés acceptent de suivre un traitement. Georges se considère comme un détenu modèle et ne comprend pas porquoi on veut le soigner. Il se trouve normal et refuse tout traitement.
- 8 janvier 1991: Il obtient un régime de semi-liberté (il doit rentrer à la prison le soir pour y dormir). Le 18 janvier, Guy Georges ne revient pas, il est en route pour Paris.
Nuit du 24 au 25 janvier 1991 : Pascale Escarfail, étudiante en lettres de 19 ans, est violée et sauvagement assassinée à son domicile de la rue Delambre, dans le XIVe arrondissement. Guy Georges est sorti pour traquer une proie. Son terrain de chasse est immense et "giboyeux". Il est installé à la terrasse d'un café où la vue est intéressante pour observer les piétonnes. Pascale Escarfail marche dans la rue, il la remarque et cela fait "tilt", il "flash" sur elle : c'était une belle jeune femme blonde... qui avait l'air heureuse. Il la suit jusqu'à la porte de son immeuble et entre à sa suite, avant que la porte ne se referme, il monta les escaliers, la dépassant même. La jeune femme ne semble pas inquiète. Arrivée au 6ème et dernier étage, elle réalise que l'individu est là et l'attend. Elle lui demande ce qu'il veut. "Toi", lui répondit-il, en sortant un couteau, un Opinel n°12. Sous la menace de cette arme, ils entrent tous deux dans le studio de la jeune femme et Guy Georges pousse Pascale sur le lit. Il lui ligotte les poignets avec du chatterton puis découpe ses vêtements, tranche son soutien-gorge entre les deux bonnets et son slip sur les côtés. Elle ne se débat même pas lorsqu'il la viole. Sans doute paralysée par l'angoisse, elle ne lui donnera qu'un coup de pied. Il la frappe alors de trois coups de couteau dans le cou dont l'un, mortel, atteint la carotide gauche. Guy Georges se lave les mains, boit une bière puis choisit tranquillement quelques objets pour les revendre : un appareil photo, une montre, une chaîne en or, un walkman.
Ce crime fut considéré à l'époque comme premier meurtre du "tueur de l'est parisien". Six autres meurtres suivront où l'on constatera l'usage de la même arme, un Opinel n°12, et les méthodes similaires pour attacher la victime et trancher les sous-vêtements. Les traces d'ADN, trop superficielles, resteront inexploitables pour solutionner ce meurtre. D'une manière particulière, l'assassin avait coupé le soutien-gorge entre les bonnets et avait tailladé ses vêtements en forme de "Z", ce qui révélera le modus operanti d'un tueur en série sans nul doute possible....
- 17 février 1991 : Guy Georges se constitue prisonnier. Réincarcéré à la prison de Caen, personne ne va tenter de recomposer son emploi du temps pendant l'évasion ! Etrange ? Le juge d'application des peines est tout bonnement heureux d'avoir récupéré le fuyard et cela lui suffit !!!
- décembre 1991 : Guy Georges est transféré à la prison de Coutances.
- 4 avril 1992 : Il est libéré sans avoir purgé totalement sa condamnation à dix années de prison...
- Avril 1992 : Retour à Paris. Il squatte en vagabond et devient populaire dans ce triste milieu où il semble être respecté par ses colocataires de misère. Il devient "Joe", un fêtard sympathique qui tient la route en matière d'alcool.
- 22 avril 1992 : Soit 18 jours après sa sortie de prison, il agresse Eléonore P., une jeune étudiante. Il est aux alentours de minuit et celle-ci va retrouver son ami, boulevard Malesherbes à Paris. Scénario devenu rituel, il se jette sur la jeune femme dès qu'elle entre dans l'immeuble. Il la menace avec son Opinel n°12, la plaquant au mur le couteau entaille la gorge d'Eléonore. Il exige une fellation, menaçant de l'éventrer si elle ne se soumet pas. La jeune fille est terrorisée mais tente un dialogue d'apaisement ce qui provoque la colère du violeur qui la jette violemment au sol. La fille hurle, il s'allonge sur elle pour lui prouver sa supériorité, sa possessivité. La jeune femme est en panique et ses cris horrifiés s'amplifient. Elle se croit perdue lorsque soudainement une lumière s'allume. Des habitants ont entendu ses cris et se précipitent vers le lieu de l'agression. Comme à son habitude, Guy Georges décampe mais la concierge est une femme consciencieuse qui, avant de s'exposer, a alerté police secours. Une fois n'est pas coutume, ou étaient-ils dans les environs, somme toute, les policiers sont déjà sur les lieux et interpellent aisément l'agresseur.
Une fois de plus, Georges n'est condamné que pour des faits de tentatives de vol avec arme, la justice écartant le caractère sexuel de l'agression. Aucun lien n'est donc fait entre les différentes affaires criminelles. Condamné à cinq ans d'emprisonnement dont trois avec sursis, il est libre en novembre 1993...
- 5 novembre 1993 : libéré, Guy Georges trouve abri chez des "amis". Il reprend la prostitution mais avec une toute autre clientèle, bien plus aisée à présent
- 7 janvier 1994 à Paris 12ème : Le corps de Catherine Rocher, une assistante en marketing de 27 ans, est découvert dans le parking sous-terrain du 70, boulevard de Reuilly. Le patron de la jeune femme s'est inquiété de son absence et , comme il lui prêtait un box de parking, il est descendu voir si sa voiture s'y trouvait. Ainsi, il a retrouvé son employée le lundi suivant dans le véhicule. La jeune femme avait subi des violences sexuelles et était décédée suite à de sauvages coups de couteau. Le modus operandi est semblable à l'affaire Pascale Escarfail : le soutien-gorge est tranché entre les bonnets et les vêtements tailladés en forme de "Z". La signature du tueur est bien réelle. La jeune fille terrorisée, pensant que son agresseur se contenterait d'argent, a livré le code de sa carte de crédit et Guy Georges a pu sereinement retiré 3800 francs (580 euros) au premier distributeur rencontré.
Guy Georges est accepté en tant que bénévole pour l'association Saint-Vincent-de-Paul et est officiellement domicilié au siège de cette association catholique qui devient sa boîte postale. Il profite du RMI.
SIX jours se sont écoulés depuis la mort de Catherine Rocher...
- 13 janvier 1994 : Annie L., animatrice radio, est agressée en rentrant tardivement chez elle. Comme souvent, il a prit la jeune femme en filature et s'est jeté sur elle dès son entrée dans l'immeuble. Plaquée au sol, elle est menacée du même couteau que les précédentes victimes. Elle hurle alors qu'il lui demande son sac. Il la forçe ensuite à une fellation. Dans l'immeuble, tout est silencieux. Il lui ordonne alors d'ouvrir son appartement mais Annie le déstabilise en lui apprenant que quelqu'un se trouve à l'intérieur du logement. De dépit, il jette la veste de la victime au bas des escaliers. Annie ne bouge pas. Alors que Georges descend pour récupérer le vêtement, elle s'engouffre dans son appartement et s'y enferme. Guy Georges est penaud puis furieux et décampe impuissant. Annie alerte évidemment la police mais les recherches resteront vaines.
- 1994 : Guy Georges fréquente Sandrine L. et réside dans un squat de la rue Didot avec d'autres jeunes vagabonds. Il travaille à la ville de Paris pendant quelques mois en tant que balayeur. Selon les dires de la jeune fille, il n'était pas violent et il ne l'avait gifflé qu'à une seule reprise, le jour de leur séparation. Il était gentil et attentionné. Tout le monde le trouvait d'ailleurs sympathique, réservé, calme, équilibré, solidaire...
Devant un ami qui l'hébergeait parfois, Guy Georges insulte ce "salaud de tueur" de l'Est parisien.
- 8 novembre 1994 à Paris 13ème : Elsa Benady, 22 ans, est violée et assassinée à coups de couteau dans sa voiture qui était garée dans un parking sous-terrain du boulevard Auguste-Blanqui. Elle travaille dans un bureau de presse. Après un dîner avec son fiancé et des amis, elle est agressée dans le parking de son immeuble. La similitude avec le meurtre de Catherine Rocher en début de cette même année est évidente : toutes deux ont été violées, puis bestialement poignardées assez tard dans la nuit, dans un parking sous-terrain et à l'intérieur même de leur voiture. Le soutien-gorge est coupé entre les bonnets et les vêtements tailladés en " Z ". Ce ne peut être une coïncidence... . C'est le frère qui découvrira le cadavre à l'arrière de sa voiture.
Un mois après...
- 9 décembre 1994 à Paris 11ème : Agnès Nijkamp, une hollandaise de 33 ans, architecte d'intérieur, est violée et égorgée dans son duplex, rue du Faubourg-Saint-Antoine, près de la Bastille. Guy Georges remarque la jeune femme, la file et pénètre à sa suite dans l'immeuble. Il la rejoint en haut des escaliers mais la jeune femme, sans se douter de quoi que ce soit, referme sa porte au nez de Georges. La lumière s'éteint dans le couloir et celui-ci décide d'attendre. Elle finira bien par ressortir, se persuade-t-il. L'attente se prolonge jusqu'au moment où la sonnerie du téléphone résonne. Georges se précipite pour coller l'oreille à la porte et entend Agnès répondre qu'elle "arrive immédiatement". Au bout du fil, c'est le compagnon de la jeune femme, Claude, qui lui indique l'adresse d'un restaurant où se retrouver pour dîner entre amis. Il se place en position d'attaque et se jette sur elle dès l'ouverture de la porte, la menaçant de son couteau pour la faire reculer dans la pièce. Il la baillonne, la viole et la poignarde à plusieurs reprises dans la gorge. Alors qu'il entreprend une fouille de l'appartement, le téléphone sonne et le répondeur s'enclenche : C'est Claude, le compagnon de la victime, qui s'inquiète, vue la proximité du restaurant et le temps conséquent écoulé. Georges se dit qu'il est temps de décamper. Il n'oublie pas d'emporter le sac de la victime. Claude M. arrivera quelques minutes trop tard. Agnès est retrouvée en travers de son lit, baillonnée, vêtue simplement d'un blouson de cuir, la jupe et les sous vêtements arrachés. Le sperme recueilli permettra d'isoler l'ADN du violeur et sans doute du meurtrier. L'ADN est malheureusement inconnu puisque aucun fichier n'est encore fonctionnel à contenir l'ADN de tous les détraqués sexuels reconnus.
- avril 1995 : Guy Georges se sépare d'une amie, Sandrine, et en reste très affecté, ce qui le pousse à boire et fumer de nouveau. Il fréquente le quartier des Halles et Saint-Denis où il rencontre Edwige D. qu'il surnommera "petite sœur" et avec qui il écumera les supermarchés.
- 16 juin 1995 à Paris 4ème : Élisabeth O., une psycho-motricienne de 23 ans est prise en filature, dès sa sortie d'une boîte de nuit, par Guy Georges. Arrivé à son appartement de la rue des Tournelles, alors qu'elle ouvrait sa porte du rez-de-chaussée, "un homme" surgit, un couteau à la main et la bouscule en la rejetant à l'intérieur de son duplex. Peu agressif au début, il lui confie qu'il est en cavale et qu'il veut se reposer. Mais le naturel revenant au grand galop, il l'entrave sur le lit. Bizarrement, quelque chose l'intrigue. Une lueur parvenant de l'étage l'inquiète car elle pourrait attirer l'attention ? Il monte donc à l'étage du duplex pour éteindre cette lumière génante. Elisabeth a l'esprit vif et profite pleinement de ce probable ultime instant de répit. Dans cette tentative désespérée, elle parvient à se libérer. Elle saute dans la rue par la fenêtre du rez-de-chaussée et arrive à entrer dans un café sur le point de fermer. La police constate que Guy Georges s'est envolé en emportant le sac d'Elisabeth. Une empreinte génétique sera retrouvée sur un mégot mais le portrait robot que fournira la jeune femme ne se révèlera pas d'une redoutable efficacité. Interrogée par les enquêteurs, Élisabeth O. décrit son agresseur comme tel : "un homme jeune, "foncé comme un Indou", et parlant français "sans accent", costaud, avec des cheveux noirs rasés et de gros sourcils". Le premier portrait robot établi ressemblait très peu à Guy Georges car il représentait un "nord-africain"... Ce portrait robot incita la police à arabiser le genre de suspect recherché. A l'inverse, les analyses génétiques démontrèrent un unique agresseur dans les affaires d'Élisabeth O. et d'Agnès Nijkamp. Une piste se révèlait enfin ! Elisabeth dut visionner plus de 2500 photos aux fins d'identification et sa collaboration avec les enquêteurs fut parfaite, elle sillonna même Paris dans les rondes effectuées par les policiers mais cela fut vain.
- 8 juillet 1995 à Paris 10ème : Hélène Frinking, 27 ans, est violée puis poignardée à plusieurs reprises dans son appartement. Hélène, qui revenait de fêter l'enterrement de vie de jeune fille de l'une de ses amies, est accostée par un homme qui lui demande une cigarette. D'après la gardienne de l'immeuble, il était 4 heures du matin lorsqu'elle aperçut Hélène discuter avec un homme brun et à la peau sombre sous le porche de l'immeuble. Gentiment, la jeune femme offrit une cigarette à Guy Georges qui lui confia comme à Elisabeth, son histoire de cavale, lui promettant qu'il ne lui ferait aucun mal et qu'il voulait simplement se reposer un moment chez elle. La gardienne pensant qu'ils se connaissaient est rassurée et vaque à son labeur. Guy Georges brandit alors son couteau, menaçant. Hélène Frinking tente de l'amadouer, de le calmer mais Georges sait ce qu'il veut. Dans son appartement, il la bâillonne et l'attache, la viole et la transperce à plusieurs reprises à l'aide de son couteau. Avant de détaler, il vole divers objets, la routine quoi !!!
Hélène est retrouvée par son petit-ami, les vêtements arrachés et découpés, les mains attachées. Mais cette fois-ci, outre son empreinte ADN, le meurtrier laisse derrière lui un indice troublant, la marque de son pied dessinée sur le sol dans le sang d'Hélène Frinking. Cette trace présente une singulière caractéristique : le deuxième orteil apparait plus long que le pouce. C'est la caractéristique du "pied égyptien".
L'empreinte de sang prélevée dans l’appartement d’Hélène Frinking est bien celle de Guy George , c'est prouvé à ce jour.
Quand Anne Gautier, la mère d'Hélène Frinking, appelle sa fille sur un pressentiment, elle trouve un pompier au bout du fil, qui lui annonce que sa fille ne peut lui parler. Affolée, Anne Gautier se précipite à Paris où elle apprend la terrible nouvelle. En état de choc, elle n'assistera pas à l'enterrement de sa fille et il lui faudra deux mois avant de pouvoir réaliser ce drame. Dès ce jour, elle va remuer ciel et terre pour identifier et faire appréhender le détraqué qui a martyrisé son enfant. Anne Gautier va harceler en permanence juge et enquêteurs, exigeant que toutes les pistes, mêmes les plus insignifiantes, soient explorées. Elle fait sa propre enquête et réalise toutes les lacunes et erreurs de l'enquête officielle. Les habitants du quartier où réside sa fille n'ont pas même été interrogés ??? !!! Ils n'ont pas enquêté sur le lieu de travail d'Hélène .
"Même s'il a souvent été irrité par la pression exercé sur lui par Anne Gautier, le juge Thiel reconnaît que la pugnacité et la douleur de cette mère ont eut le mérite de maintenir en éveil permanent toutes les personnes qui s' occupaient des crimes du tueur inconnu". (id)
Les enquêteurs de la brigade criminelle parviennent, grâce à l'ADN, à établir un lien direct entre les meurtres d'Agnès Nijkamp et d'Hélène Frinking, et l'agression d'Élisabeth O. L'idée du "serial killer" se fait plus précise !
Les policiers piétinent car ils ont un portrait-robot plus que litigieux, un ADN "inconnu" mais commun à deux meurtres et une agression, et une empreinte de pied "égyptien". Le tragique de cette situation est qu'ils cherchent un éventuel "nord-africain" et non pas un métis noir...
- août 1995, Paris 19ème : Guy Georges quitte son squat de la rue Saint-Sauveur. Il trouve un emploi à la ville de Paris, un contrat emploi-solidarité comme éboueur, payé 3 500 francs par mois, pour une durée de un an. Il s'installe dans une petite chambre d'hôtel, dans le 18ème arrondissement.
Guy Georges a des pulsions plus conséquentes à cette période !
- 25 août, dans la quartier du Marais : Mélanie B., 20 ans, est agressée dans l'escalier de son immeuble. Guy Georges la menace de son couteau et lui ordonne d'ouvrir la porte de son appartement. Elle obtempère, sachant qu'une énorme surprise attend le métis. Son compagnon, qui regarde la télévision, vient l'accueillir. Le ciel tombe sur la tête de Georges lorsqu'il voit l'homme s'approcher et il détale comme un lapin, sans demander son reste. Si vite que, dans sa précipitation, il perd ses papiers. dont un billet de sortie de la prison de Fleury-Merogis. Mélanie B. et son compagnon récupèrent le portefeuille et se rendent au poste pour déposer plainte. Le lendemain, l'incroyable se produit ! Guy Georges, naïf ou inconscient, se présente au commissariat pour déclarer la perte de ses papiers...
- 9 septembre 1995 : Guy Georges est arrêté ! il nie l'agression et prétend qu'une autre personne a ramasser le porte-feuille là où il l'a vraiment perdu. Tout cela n'est pas clair, aussi l'intervention de Mélanie B. en tant que témoin-plaignante, va éclairer la situation. Elle reconnaît Guy Georges comme étant son agresseur. Devant l'irréfutable, Georges est obligé d'avouer mais en prétendant que sa motivation unique était le vol.
Invraisemblable ! Il est condamné à trente mois de prison. Le caractère sexuel de l'agression n'est toujours pas retenu ! Le sursis de 1992 n'est pas appliqué puisque personne ne le mentionne ni ne l'évoque !
Une fois de plus tout le monde judiciaire n'y a vu que du feu ! Guy Georges passe encore entre les mailles du filet !
Il se prête à un prélèvement qui est effectué par le laboratoire de Nantes et qui ne donne rien, concernant les deux meurtres commis dans les parking sous-terrain (Catherine Rocher et Elsa Benady), mais qui se révèle positif pour ceux des appartements.
Guy Georges nie farouchement les agressions des parkings.
Sa chambre d'hôtel dans le 18e arrondissement est perquisitionnée : une paire de ciseaux aux extrémités recourbées est trouvée dans son sac à dos, "c'est pour ouvrir les voitures" , explique -t-il !. Bien plus troublant sont ces trois rouleaux de sparadrap de marques différentes. Cet indice dirige les enquêteurs à faire le rapprochement avec le "tueur en appartement". L'idée est bien sûr qu'il soit reconnu. Ils mélangent alors la photo de Georges parmi d'autres et présentent le tout à Élisabeth O. dont l'agression est récente. Une fois encore, l'impensable se produit, elle ne le reconnait pas ! Celle-ci, sans doute toujours persuadée d'avoir été violentée par un maghrébin, n'hésite ni ne manifeste aucune émotion devant la photo de Guy Georges ??? (Pourtant, Jacky, un SDF qui fut entendu comme témoin à l'époque des faits, avait mentionné avec précision et assurance à la police qu'il avait vu l'agresseur comme un noir métis. Son témoignage ne fut pas pris en compte...).
Les policiers vérifient si Guy Georges a le «pied égyptien» : NON. ???
L'explication"anatomique" est connue aujourd'hui : Guy Georges n'a pas un doigt de pied plus long que le gros orteil. C'est le point d'appui de ce dernier, très en retrait, qui avait donné cette impression sur l'empreinte relevée chez Hélène Frinking.
Les enquêteurs ne demandent donc pas de comparaison entre Guy Georges et le mystérieux "ADN inconnu" recueilli dans les appartements. Son dossier est malheureusement écarté de celui des suspects dans cette affaire. Si un fichier national des empreintes ADN relatifs aux délinquants sexuels avait existé en France à cette époque - comme c'était le cas en Grande-Bretagne depuis plusieurs années - son inculpation pour meurtres eut été certaine. Guy Georges réintégre donc tranquillement sa cellule, le 19 septembre, pour purger sa légère peine de trente mois.
Invraisemblable... et oui !!!
En prison, c'est un détenu à la conduite exemplaire, considéré comme étant paisible et affable bien que solitaire.
Pour ses potes de squat, il purgeait une peine relative à l'agression d'un videur de boîte raciste, auquel il avait donné un coup de couteau.... Etrangement, Il méprisait les pointeurs" (nom donné aux violeurs en prison).
- 6 juin 1997 : Libéré, il quitte la centrale de Châteaudun après avoir bénéficié de 2 permissions, en mars et avril !
Il est sans doute des enquêteurs plus observateurs, plus consciencieux que les autres. Certains constatent que le tueur en série n'a pas frappé en 1996. Quelle en est la raison ? Qu'est-il devenu ? Le commissaire Martine Monteil, la patronne de la Crim', ordonne que les enquêteurs vérifient les arrivées dans la Légion, les hôpitaux psychiatriques, les prisons, et que soit même consulté le fichier médico-judiciaire de l'Hôtel-Dieu. RIEN.
- 2 juillet 1997 à Paris 11ème : Estelle F., 24 ans, monteuse pour le cinéma, est agressée dans son immeuble. Guy Georges est sorti depuis à peine un mois et déjà, il traque une victime. Il la suit à l'intérieur du bâtiment, la plaque contre le mur en la menaçant avec son couteau puis l'entraîne dans la cour en la poussant devant lui. Estelle hurle de terreur et des voisins se manifestent. Guy Georges prend ses jambes à son cou. La jeune femme s'en tire bien. Elle dépose plainte et décrit son agresseur comme : "un homme pas très grand, athlétique, de type nord-africain, avec des cheveux courts"... Une fois de plus, personne parmi la police ne pense à rapprocher le signalement et l'agression avec les deux meurtres et les précédentes attaques.
La police classe l'affaire sans suite "parce que l'agression ne présente pas de caractère sexuel".
- août 1997 : Guy Georges travaille comme manutentionnaire dans un supermarché.
- septembre 1997 : Guy Georges est hébergé chez un ami, dans le 19ème à Paris, qui lui trouve également un petit boulot de distribution de prospectus.
- 23 septembre 1997 à Paris 19ème : Magali Sirotti, une étudiante de 19 ans, est violée et assassinée dans son appartement. Même modus operandi mis à part le fait que ce fut la seule victime attaquée en plein jour. Guy Georges la suit de près dans la rue, pénètre dans son immeuble derrière elle, l'escorte dans les escaliers et la pousse brutalement quand elle ouvre son appartement. Il la ligote avec des lacets de chaussures trouvés sur place, la bâillonne, puis la viole. Il pose ensuite un oreiller sur son visage et la poignarde à la gorge avec un couteau trouvé dans la cuisine. Vers 19 heures, il quitte l'appartement sans omettre d'emporter ce qui lui plaît dans le logement. C'est son fiancé Stéphane, avec qui Magali partageait les lieux, qui découvrira le corps. Il devait l'épouser le 4 juillet 1998.
Nul ADN mais une empreinte digitale qui se révèlera identique à celle retrouvée sur la scène de l'un des meurtres perpétrés en 1994/1995. Le modus operandi est par contre scrupuleusement respecté et il ne fait aucun doute que c'est l'oeuvre du même criminel, la mise en scène parle d'elle-même : coups de couteau assénés à la gorge, mains entravées, vêtements découpés. Guy Georges s'est protégé d'un préservatif qu'il a emporté, ainsi que la culotte de Magali Sirotti, afin de ne pas dévoiler de traces d'ADN. Le juge Thiel, chargé de l'enquête, refuse la diffusion dans les médias du portrait robot de 1995 qu'il juge trop ancien. De plus il ne veut ni alerter le suspect, ni provoquer une psychose dans la capitale car il ne faut pas oublier que les parisiens sont toujours ignorants en juillet 1998 (???) qu'un tueur en série opère à Paris et que six jeunes femmes ont déjà été égorgées.
- 28 octobre 1997 à Paris 6ème : Valérie L., responsable commerciale de 25 ans, est agressée au couteau dans l'escalier de son immeuble. Guy Georges, qui l'a traquée et a pénétré dans le bâtiment à sa suite, comme il en a prit l'habitude, la menace de son arme et lui ordonne de faire silence. Valérie ne se soumet pas et dans un réflexe de protection, elle s'accroupit en haut de l'escalier, juste devant la porte de sa voisine, cache son visage entre ses mains et hurle avec l'énergie du désespoir. Devant cette situation et comme toujours en pareil cas, Georges détale aussitôt... Valérie L. s'enferme chez elle ; elle est en état de choc et tremble de tout son corps. Ses cris n'ont pas eu l'effet attendu relatif à une intervention de tiers : personne ne se manifeste dans l'immeuble. Elle n'ose évidemment pas regarder à l'extérieur et elle s'oblige à reprendre son calme, à s'auto-suggestionner qu'elle est en sécurité et qu'il faut très vite avertir la police. On lui demande de décrire son agresseur et elle en dresse ce portrait : "un métis d'une trentaine d'années à la peau foncé, costaud, assez grand et le crâne rasé." Personne ne l'aidera vraiment psychologiquement suite à l'agression et l'enquête, comme pour Estelle F., sera bâclée... Pourtant, la police devrait être en état d'alerte, et savoir qu'un violeur/meurtrier récidiviste rôde dans Paris ? (En 1998, après l'arrestation de Guy Georges, Valérie L. le reconnaîtra formellement.)
- 15 novembre 1997 à Paris 11ème : Vers 03H00 du matin, Estelle Magd, une secrétaire de 25 ans, est violée et assassinée dans son appartement. Guy Georges la suit dans son immeuble, la menace de son couteau et l'oblige à ouvrir son appartement. Il lui entrave les mains à l'aide de lacets, lacére ses vêtements et, finalement, la tue avec son couteau. Il s'enfuit avec le sac d'Estelle Magd et sa carte de crédit. Le corps est retrouvé deux jours plus tard par les parents d'Estelle. L'appartement est passé au peigne fin et les enquêteurs de la police scientifique vont faire une énorme découverte : Du sang est retrouvé sur un sweat-shirt et ce sang est celui du meurtrier. L'ADN est isolé et il s'avère qu'il est identique à celui retrouvé lors des meurtres d'Agnès Nijcamp et Hélène Frinking, et sur les lieux de l'agression d'Élisabeth O.
La colère des familles est à l'acmé de son paroxisme et le fait qu'elles s'expriment devant la Presse alerte l'opinion publique. Les journaux titrent : le "tueur de l'Est parisien" et Paris et la France sont désormais alertés de l'existence du "serial killer". C'est la Maman de Magali Sirotti (assassinée à peine deux mois auparavant) qui, la première, avertira les médias en exprimant justement les raisons de sa colère et en rassemblant les familles concernées. La police, la justice se bougent enfin et des dossiers apparaissent à des fins d'analyse comme par magie. Le monde judiciaire semble prendre seulement compte des horreurs et des erreurs passées ! Le rapprochement d'affaires semblables est enfin réalisé et certains admettent tout de même qu'il est prouvé que l'auteur de meurtres pour lesquels ils possédaient un ADN est unique : trois meurtres, même ADN (Agnès Nijkamp, Hélène Frinking et Estelle Magd), deux meurtres au modus operandi identique (Pascal Escarfail et Magali Sirotti), et deux meurtres où la seule différence fut qu'ils soient exécutés dans des parkings sous-terrain (Elsa Benadi et Catherine Rocher). Si la police se remue, la Presse aussi et, de causes à effets, le conseil municipal de la ville de Paris demande au préfet de police des résultats, des inspecteurs supplémentaires sont affectés spécialement sur cette enquête, le juge Thiel se voit contraint d'autoriser la publication du fameux portrait-robot, la brigade criminelle ressort près de 1800 dossiers relatifs à des agressions sexuelles ce qui provoque les interpellations d'une cinquantaine de suspects au profil adéquat, même des "profilers" sont appelés en renfort !!! Evidemment cette horrible information provoque une psychose dans la capitale et la police reçoit des milliers d'appels concernant le tueur.
Guy Georges se sentant traqué, est très mal dans ses chaussettes. Lui qui se sentait invincible devient une bête apeurée. Il se cache donc chez "un ami" jusqu'au mois de janvier 1998.
- Janvier 1998 à Paris 13ème : Il est interpellé pour avoir volé un scooter, s'étant blessé le nez lors d'une chute dans des poubelles. Il est photographié par l'identité judiciaire mais ressort pourtant libre !!!
- Février 1998 à Saint-Germain-en-Laye : Il est encore arrêté lors d'une bagarre mais est relâché aussitôt !!!.
Pendant ce temps le juge Thiel, bien que très discrètement, est au labeur et n'est pas resté inactif. Malgré les difficultés rencontrées, il a décidé d'employer les grands moyens. Le 24 novembre, le magistrat missionne tous les laboratoires privés (Bordeaux, Strasbourg, Nantes et Grenoble) et publiques (police technique et scientifique) afin de comparer le fameux "ADN masculin inconnu" à ceux déjà contenus dans leurs fichiers. IMPOSSIBLE ! s'insurgent pratiquement tous les laboratoires, les fichiers ADN étant interdits. Le juge Thiel demande qu'à défaut, ils comparent cet ADN à ceux qu'ils archivent. Certains laboratoires privés s'emploient à cette mission dès la mi-décembre mais les fonctionnaires de la police technique et scientifique s'appuient sur la loi pour refuser. Le juge Thiel, déterminé, exige alors qu'ils consignent ce refus par écrit, ainsi le document sera versé au dossier judiciaire communiqué aux familles des victimes. Après un temps de réflexion, la police technique et scientifique accepta de réaliser les analyses !!!
- 23 mars 1998, à 19 heures, le patron du laboratoire de Nantes crie "EUREKA, nous avons trouvé" ! Le Dr Olivier Pascal joint immédiatement le juge Thiel, le directeur de la PJ parisienne, Patrick Riou, et la commissaire Martine Monteil, de la Crim' : Le "tueur de l'est parisien" se nomme Guy Georges.
Les empreintes génétiques de Guy Georges étaient archivées au laboratoire nantais (le prélèvement de sang consenti après son arrestation pour l'agression de Mélanie B.)depuis 1995. Malheureusement, le fichier informatisé des empreintes génétiques (FNAEG), il permet aujourd'hui de centraliser toutes les traces génétiques relevées sur les victimes et les personnes condamnées pour des infractions sexuelles, n'existait pas à l'époque. Le laboratoire de Nantes a fourni un travail gargantuesque pour comparer les 3500 échantillons d'ADN à la main !
La chasse est ouverte dès le lendemain mais Guy Georges est introuvable. Tous les possibles lieux connus où il peut apparaître sont sous surveillance. La police est aux aguets quand l'improbable se produit : Au journal de 7 heures, le lendemain matin, alors que le monde policier en planque est sur le qui vive, RTL révéle sereinement que le tueur en série est identifié et donne même son nom. La fureur du juge et des policiers est sans borne ! Ils craignent à présent que cette indiscrétion stupide ne provoque la fuite de Guy Georges. Dès 7 heures ce jour là, le branle-bas de combat mobilise tous les services en urgence. 3 000 photos du tueur sont distribuées. Paris est quadrillé. Vers 10 heures, un responsable des Équipes Saint-Vincent appelle la brigade criminelle en précisant que Guy Georges vient de quitter les locaux du centre. Colère des policiers car l'information est bien trop tardive. C'est à son arrivée et non pas dès le départ de Guy Georges que l'informateur aurait du prévenir.
- Interpellation le 26 mars 1998 : vers 13 heures, Bernard Basdevant et El-Karim, inspecteurs à la PJ du quartier de la Goutte-d'Or, reconnaissent Guy Georges sortant de la station de métro Blanche. Son arrestation se fait "en douceur" bien que le meurtrier soit armé d'un couteau dont il ne fait pas usage.
- Il s'est écoulé 85 mois entre le premier meurtre et l'identification de son ADN
- Guy Georges a passé 55 mois en prison dans le même temps !
Tout de même sept ans d'impunité pour ses sept assassinats. Pourtant il faut admettre que deux meurtres auraient sans doute pu être évités sans le laxisme de quelques fonctionnaires de police, les enquêtes mal ou non réalisées suite aux plaintes déposées, une dispersion de procédures policières et une succession de négligences judiciaires
Bien que la justice n'ait jamais fait le rapprochement entre Georges et le meurtrier, il faut préciser à décharge, que Guy Georges était un vagabond sans emploi et SDF et qu'il ne correspondait pas du tout au portrait-robot diffusé en novembre 1997.
- 36, quai des Orfèvres : Guy Georges est placé en garde à vue. Pendant son interrogatoire il avoue spontanément au juge Thiel les meurtres de Pascale Escarfail et de Magali Sirotti. Il nie tous les autres meurtres.
- 2 avril 1998 : Il est incarcéré à la prison de la Santé. 
- 2 avril 1998 : Interrogé à nouveau par les juges Thiel et Deparis, il nie tous les meurtres, même ceux précédemment avoués. Il demande qu'un seul juge soit nommé concernant tous les meurtres pour lesquels il est mis en examen, refusant obstinément de parler dans le cas contraire. Pas moins de trois juges d'instruction sont en effet désignés : Olivier Deparis, (pour le meurtre de Magali Sirotti), Martine Bernard (en charge du dossier Pascale Escarfail), et Gilbert Thiel (pour Catherine Rocher, Elsa Benady, Agnès Nijcamp et Hélène Frinking). Quant à l'affaire Estelle Magd, elle était encore en "flagrance", sous la direction d'un substitut du procureur, en attendant la nomination d'un juge d'instruction ! Le juge Thiel demande à ses collègues de se dessaisir des dossiers, mais ceux-ci refusent.
La situation est invraisemblable comme beaucoup de choses depuis le premier meurtre. Le parquet tente une médiation auprès des juges et demande au juge Deparis de se dessaisir au profit du juge Thiel, mais celui-ci refuse et se dessaisit au profit... du juge Bernard ??? Celle-ci demande alors au juge Thiel (qui était tout de même en charge de QUATRE affaires sur sept) de se dessaisir à son profit ! Elle adresse une convocation à Guy Georges... Celui-ci dut avoir mal au ventre devant cette burlesque plaisanterie...
C'est grand-guignolesque ! Cette pantalonnade est grotesque et irrespectueuse dans la considération de la souffrance des familles des victimes car ces "gamineries" dureront tout de même plusieurs semaines. Egocentrisme, jalousie, orgueil mal placé, c'est une bien triste image que la justice donne d'elle-même. Les familles sont offensées, outrées par l'absurde obstination des juges. Les avocats vont alors demandés à la chambre d'accusation de désigner le juge Thiel comme seul et unique juge.
- 30 avril 1998 Paris : la présidence du tribunal décide enfin de confier tous les dossiers au juge Thiel.
- 29 mai 1998 : confondu par son ADN, Guy Georges avoue les meurtres d'Agnès Nijkamp, d'Hélène Frinking et d'Estelle Magd. Il refuse de regarder les photos du corps des victimes que lui présente le juge Thiel.
- 27 octobre : Guy Georges nie catégoriquement toute participation dans l'agression de Annie L., Estelle F. et Valérie L., bien que toutes l'aient formellement reconnu !
- 17 novembre : Les interrogatoires se multiplient. Guy Georges avoue le meurtre de Catherine Rocher. Il donne aussi des détails correspondant précisément au meurtre d'Elsa Benady puis avoue être également le meurtrier de la jeune femme.
- 14 mars 1999 : Le juge Thiel demande l'examen psychiatrique du tueur en série. Il déclare lui-même être frappé par la froideur de l'accusé et son manque évident de remords. Les médecins le décrivent comme : "quelqu'un de tellement normal et cordial qu'il les mettaient mal à l'aise. Il présente une sorte de personnalité double, comme si ce n'était pas à lui que l'on reproche d'avoir assassiné sept jeunes femmes." Mais, conclurent les psychiatres : " Guy Georges n'est absolument pas fou. Il est totalement sain d'esprit et extrêmement dangereux."
- 14 mars 1999 : Guy Georges est reconnu pénalement responsable de ses actes.
- 26 décembre 2000, prison de la Santé : mardi 5 heures du matin, tentative d'évasion de Guy Georges. Deux gardiens qui effectuaient leur ronde, un peu en avance, intercepte Georges et deux autres détenus alors qu'ils tentaient de fuir après avoir scié les barreaux de leur cellule. Guy Georges est placé à l'isolement. Il s'enferme dans un total mutisme mais nie les meurtres qui lui sont reprochés. (Il affirma même qu'on cherchait à le "faire tomber" parce qu'il possédait des documents secrets compromettants concernant la mort de l'ancien Premier ministre Pierre Bérégovoy.) Son procès est prévu dans trois mois.)
- Lundi 19 mars 2001 : Ouverture du procès de Guy Georges. Il affirme : "Je voudrais dire que je n'ai rien à voir avec les faits qui me sont reprochés". Sourire aux lèvres, il nie systématiquement tous les meurtres, malgré les preuves accablantes présentées contre lui, pendant toute la première semaine. Il joue avec les familles des victimes, promettant d'avouer puis se rétractant et ainsi de suite. Cruauté, perversité, méchanceté, il observe la réaction des familles, pendues à ses lèvres et souffrant de son indécision à reconnaître les faits, alors qu'elles espèrent des remords.
Les avocats ne le lâche pas et il perd souvent le contrôle de lui-même, s'emmêlant dans ses réponses.
- Deuxième semaine du procès : Mardi, Guy Georges reconnait les sept assassinats de jeunes femmes dont il est accusé mais nie trois des quatre agressions sexuelles qui lui sont aussi imputées. Il semble plus disposé que la semaine passée et son sourire s'est évanoui. Lorsque son avocat lui demande : "Avez-vous tué Pascale Escarfail, Cathy Rocher, Elsa Benady, Agnès Nijkamp, Hélène Frinking, Magali Sirotti, Estelle Magd ?", il répond à chaque question un "oui" à peine audible, avant de fondre en larmes pour la première fois. Guy Georges est enfin troublé !
Un peu plus de quatre heures sera nécessaire à la cour d'assises de Paris pour reconnaître Guy
Georges coupable des sept assassinats commis de janvier 1991 à novembre 1997. Elle le condamne aussi pour la tentative d'assassinat de Élisabeth O., le viol d'Annie L., et l'agression de Valérie L. Elle l'acquitte en revanche de l'agression sur Estelle F., en juillet 1997 : celle-ci, qui ne l'avait jamais reconnu formellement, n'était pas venue au procès.
Guy Georges est condamné à la prison à vie, avec une peine de sûreté de 22 ans.
Il déclara alors qu'il ne "ferait pas cette peine" car il préférait se suicider. On attend toujours !
Entretien avec le juge Gilbert Thiel, paru dans L’Express, le 24 octobre 2002
C'est à la suite de cette affaire que Élisabeth Guigou, alors ministre de la Justice, fit voter la création d'un fichier national regroupant les empreintes génétiques des délinquants et criminels sexuels condamnés et les traces retrouvées sur les victimes.
La Brigade criminelle a imaginé aussi la création d'un outil informatique de rapprochement systématique des affaires criminelles, qui viserait à collecter tous les renseignements sur des scènes de crime, des disparitions suspectes et des cadavres non identifiés, afin de détecter des tueurs en série
Expertise médico-psychologique datée de février 1999 : Les quatre spécialistes qui lui ont fait passer des tests de personnalité, constatent : " Il y a aussi quelque chose de la faiblesse, de l'inconsistance de sa personnalité, qui ne lui permet pas de maintenir avec force sa position face à des interlocuteurs variés. Il est trop honteux pour confirmer un aveu, trop fier pour reconnaître ce qui lui a échappé. Il ne s'agit pas de contradiction mais d'ambivalence : s'il partage la reconnaissance d'un crime avec autrui, il en est dépossédé et en perd la maîtrise, son omnipotence avec elle."
Guy Georges à l'instinct du prédateur chassant une proie, sans aucune émotion ! Il présente toute les caractéristiques du psychopathe et d'un "pervers narcissique" dénué de toute émotion. " Il n'a pas de colère ni d'agressivité apparente, pas de haine. Il est focalisé sur la cible. Il traite ses victimes comme des objets qui n'éprouvent rien. Il s'agit d'une conduite qui provoque un bénéfice psychique effrayant : un sentiment de maîtrise et d'omnipotence absolue", a ajouté l'un des experts. Pour lui, la victime n'est qu'une chose, un objet. Lors de ses interrogatoires, Guy Georges ne reconnaissaît pas bien les photos de ses victimes, il mélangeait les visages. En revanche, il reconnaissaît parfaitement chaque lieu. Il a totalement dépersonnalisé ses victimes et n'a aucun remords puisqu'il n'a pas l'impression d'avoir tué un être humain. Les médecins ont également relevé que Guy Georges est un homme "timide, intelligent, qui n'exprime aucune haine envers personne".
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