Friedrich Haarmann

Nom : Friedrich Haarmann (Fritz) 
Né le : 25 octobre 1879 à Hanovre, Allemagne
Mort le : 15 avril 1925 (45 ans)
Surnom : " Le vampire de Hanovre "
VICTIMES :24 (certainement beaucoup plus)

Fritz Haarmann fut l'un des plus fameux tueurs en série du XXe siècle. Entre septembre 1918 et juin 1924 il a assssiné 24 personnes d'âges et de sexes différents, à l'aide de son complice Hans GRANS. Ses victimes étaient de jeunes garçons. Détailler ses crimes c'est pénétrer l'horreur primaire.
Il décapitait et coupait les corps en morceaux puis jetait ce qui lui déplasait dans la Leine, une rivière qui traverse la ville d'Hanovre.
Il opérait dès la nuit tombée, errant dans la gare où il interpellait de jeunes gens qu’il jugeait désoeuvrés ou en recherche de compagnie. Il les accostait en prétextant qu'il était de la police et effectuait des contrôles d'identité. Si ceux-ci étaient démunis de papiers, Haarmann les invitait chez lui sous des prétextes fallacieux. Grans s’éclipsait pour ne pas effaroucher la victime potentielle et Haarmann s’occupait minutieusement de sa nouvelle «conquête». Bien peu échappait au piège car il lui était difficile de retenir les pulsions meurtrières qui se manifestaient pendant ses rapports sexuels. C'est au moment de jouissance, en plein extase, qu'il étranglait ses compagnons de jeux jusqu'àu dernier soupir.Ensuite, il se laissait aller dans un repos récupérateur, soulagé et serein. A son réveil, il trouvait un corps inerte à ses côtés, souvent déjà froid dans sa rigidité cadavérique.
L'horreur commence dès le réveil, sitôt le café tranquillement dégusté, car Haarmann varie peu dans son quotidien, Installant la victime à même le sol, il se met à l'ouvrage en ouvrant le ventre et en incisant entre les côtes à l'aide d'un couteau de boucherie. Toutefois, les yeux exorbités de terreur qui le contemplent, alors qu'il oeuvre à sa tâche, l'incommodent tellement qu'il couvre alors la face du mort d'un chiffon. Afin d'accéder au coeur, aux poumons et autres organes qui l'intéressent, il écarte la cage thoracique qui cède dans un craquement macabre. Il arrache les abats puis démembre, désosse et réduit la viande en petits morceaux cubiques. Le surplus est caché sous le lit et les os jetés dans un sac. Il scalpe ensuite la tête, découpe le cuir chevelu en bandes uniformes puis achève la découpe du corps et du crâne à coups de hâchoir.
Haarmann, qui a profité d'un marché noir florissant, a loué en avril 1918 un local comprenant boutique et arrière-boutique au 27, Kellerstrasse, dans la vieille ville. Comme il a été pourvoyeur en viande d'un bon nombre d'habitants du quartier, et pas des moindres, ceux-ci feignent d'ignorer ses étranges allées et venues où il descend de lourds sacs dans sa boutique. Il se débrouille assez bien dans ce domaine et fournit souvent le restaurant de la mère ENGEL. Certains voisins s
'interrogent tout de même sur ces trafiques et quelques rumeurs se répandent. Parfois il déverse dans les marmites des cuisines de la Röte Reihe de la viande précoupée dont personne ne connaît la provenance . La viande est curieuse d'apparence et de goût mais , en période de fin de conflit, c'est une denrée rare. D'ailleurs il fait aussi d'excellentes terrines et sa spécialité est le fromage de tête.
Haarmann propose même parfois de la cervelle à ses meilleurs clients...
Les crimes se multiplient et la police commence à découvrir des crânes humains alentour. Le voisinage de Haarmann trouve de plus en plus bizarre ses déplacements répétitifs. Il effectue en effet plusieurs fois les mêmes trajets vers la rivière en portant de gros sacs. En vérité ce sont les os qu'ils transportent pour les jeter dans les égouts ou dans la Laine. Deux commerçants déposent à la police sur les agissements du "boucher", indiquant les visites incessantes de jeunes garçons, le vacarme nocturne (produit par la scie et les coups de hâchoir), et les déménagements de sacs volumineux, jetés discrètement dans la rivière, qu'ils ont observés à plusieurs reprises. La police ne tient pas compte de ses déclarations qui auraient sans doute sauvées quelques vies. Pourtant elle enquête depuis plusieurs mois déjà et l'affaire s'est ébruitée dans le pays. Des restes humains sont toujours et encore retrouvés.
Devant la léthargie des collègues de Hanovre, Berlin prend l'affaire discrètement en main et découvre assez vite que Haarmann a été vu en compagnie de plusieurs jeunes hommes juste avant leur disparition. Les autorités envoient deux jeunes inspecteurs qui, se faisant passer pour des vagabonds, errent dans la gare centrale en espérant découvrir une piste. Bingo !

Haarmann (Top - Front Centre) proved a jovial prisoner who enjoyed his outings with the police. He is pictured here (Left, in prison uniform) at Hannover Prison, where he was housed on death row.
Dénoncé, suite à une dispute, par un dénommé Kurt FROMM, sa dernière conquête, Haarmann est arrêté le 23 juin 1924. Fritz Haarmann est un mouchard et, malgré ses appuis dans la police , la déposition du jeune homme qui l'accuse de lui avoir mis un couteau de boucher sur la gorge , le menaçant de mort s'il ne se soumet pas à ces caprices sexuels, est prise en considération. Haarmann ne pourra empêcher une perquisition à son domicile où l'on va retrouver des vêtements et objets appartenant aux victimes et reconnus par les familles. Il nie alors que le plancher de son habitation est imprégné du sang des malheureux qu'il a supprimés. La police de Hanovre craint d'être soupçonnée de négligence dans cette sordide affaire. La population réclame la tête de Haarmann et, de peur qu'on ne l'accuse d'avoir couvert ses activités criminelles, celle-ci va passer à tabac le boucher dans l'anonymat d'une cellule sordide. Bourré de purgatifs, privé de sommeil et de soins, il va entrer dans des crises de délire et de convulsions, suivies de périodes d'abattement et d'exaltation mystique. Les habitants du quartier vont l'accabler de témoignages à charge ainsi que les personnes qu'il a humiliées de son mépris. Le pasteur qu'il a souhaité refuse de l'entendre en confession et la police l'abandonne entièrement à son sort.
Alors, épuisé, il va tout avouer. Il ne se souvient pas combien de personnes il a tué et découpé en morceaux mais il annonce une quarantaine probable... Stupéfaits, les enquêteurs entendent comment il faisait les saucisses. Il mime la longueur des morceaux de chairs humaines qu'il découpait et la façon d'arracher des poumons. Il avoue même que lors d'une arrestation en 1919, pour attentat à la pudeur, la tête d'une jeune victime était cachée derrière le poële mais que son domicile n'avait pas été perquisitionné. Il prend de l'assurance et va s'égarer en conseillant sur l'usage, la préparation et les recommandations de la qualité des abats dans le choix. C'est à vomir.

C'est suite à ces aveux que Hans Grans est arrêté le 8 juillet 1924. Le procès des deux hommes se tient en décembre 1924 où deux cents témoins environ vont paraître devant la Cour ; deux cents personnes qui ont certainement goûté aux terrines de Haarmann... Certains perdront connaissance pendant les auditions.
Vingt-quatre meurtres ont été retenus et quand Haarmann en vient aux descriptions, le silence est maître dans la salle. Chacun redoute mais veut entendre les horreurs qu'il raconte sereinement avec détails et précisions qui donneront la nausée à beaucoup. La narration saignante, suivie de la description des préparations culinaires entendues par une certaine assistance qui peut ce jour témoigner des saveurs ensencées à l'époque, est abominable, abjecte, horrifique.
La salle d'audience est abasourdie, assommée devant ce sadime dévoilé avec cette tranquillité obscène.
- Je suis sain de corps et d'esprit, déclara Haarmann lors du procès. Il m'arrive seulement d'avoir des lubies de temps en temps. Je demande à être décapité. Ce n'est qu'un mauvais moment à passer. Après, j'aurai la paix.
Le 19 décembre, son vœu exaucé ... vingt-quatre fois.
Le 19 décembre 1924, il fut condamné à mort par décapitation, sentence qui fut exécutée à l'aube du 15 avril 1925 dans la cour de la prison de Hanovre et dans la plus grande discrétion.
Peut-être fut-il transformé en pâté pour chien ?

Sa tête a été confiée pour la recherche à la disposition des scientifiques. Elle se trouve aujourd'hui à Göttingen. Quatre morceaux de son cerveau se trouvent à Munich.