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NOM :  EmilCrim. LOUIS Emile5e LOUIS  DrapeauFRA

Né le : 21 janvier 1934  près d'Auxerre

Mort le : En vie

Surnom : 

VICTIMES :7 ou plus...

 

 

 

 Pas vraiment un petit père tranquille !

 

Né le 21 janvier 1934 à Pontigny dans l'Yonne


Cette affaire est d'une extrême complexité, si l'on mélange le cocktail sadisme/plaisir/lâcheté à la mixture commerce/perversité/intérêt. De mon humble avis, il faut pour bien analyser l'enquête, soit décider que c'est l'oeuvre d'un vulgaire criminel, violent et lâche, soit considérer l'ensemble comme un juteux commerce où le meurtrier ne serait qu'un pion dans les filets d'un groupe de sado-masos qui, non content d'assouvir ses fantasmes cruels, aurait monté un trafic prolifique, joignant ainsi le plaisir barbare au profit facile, (tout en présentant un bouc émissaire ? ). Le choix est bien plus malaisé qu'il n'y paraît tant différentes affaires s'entrecroisent dans une trame délicate....

A vous de "penser" !

  

Engagé volontaire dans la légion étrangère, Emile LOUIS participe durant deux années à la guerre d'Indochine,  dans la marine. S'illustrant aux ordres donnés, il va sans relâche rechercher et transporter les cadavres des soldats tués au front, ce qui lui vaudra plusieurs décorations. A 20 ans il se marie. 24 ans d'une vie commune où il deviendra père de 2 filles et de 2 garçons. Les années filent, il quitte son emploi à la base militaire de Varennes près d'Auxerre pour venir travailler dans une société de transport "Les Rapides de Bourgogne".  Il rencontrera pendant cette période les 7 futures disparues :

Ce sont de jeunes femmes, pupilles de la DDASS, atteintes d'un léger déficit mental.
- Christine Marlot (16 ans), disparue le 23 janvier 1977.
- Françoise Lemoine (19 ans), disparue en été 1977 à Auxerre.
- Bernadette Lemoine (21 ans), disparue en 1978 à Auxerre.
- Jacqueline Weiss (18 ans), disparue le 4 avril 1977 à Auxerre .
- Madeleine Dejust (22 ans) , disparue en juin 1977 à Auxerre.
- Chantal Gras (18 ans), disparue le 22 avril 1977 à Villefargeau.
- Martine Renault (16 ans), disparue début 1979.

Françoise LEMOINE : née le 1er décembre 1948 à Chablis (Yonne). Volatilisée courant 1975, elle avait 26 ans. Recueillie par la DDASS à quatre ans et demi, son dossier administratif mentionne une jeune fille "incapable de se diriger seule". A partir de sa majorité, elle occupe plusieurs petits boulots, et accouche en 1972 d'une fille. Emile Louis a affirmé avoir été son amant.

Christine MARLOT : née le 26 mai 1961 à Avallon (Yonne), a disparu en janvier 1977, à l'âge de 15 ans. Prise en charge par la DDASS à neuf ans, elle est scolarisée à l'institut médico-éducatif (IME) de Grattery à Auxerre. Elle est décrite par l'administration comme une adolescente ayant "d'importants problèmes affectifs encore accentués par la mort de sa mère". Elle a fugué à plusieurs reprises de ses familles d'accueil.

Jacqueline WEIS :
née le 7 août 1958 à Esch-sur-Azlet au Luxembourg, a disparu en avril 1977, à l'âge de 18 ans. Elevée par sa grand-mère jusqu'à son décès en 1973, elle est ensuite placée chez l'épouse d'Emile Louis, Simone Delagneau, où elle revient un an avant sa disparition. Elle est alors employée de maison. Son dossier administratif fait état d'une "jeune fille réservée", "d'un niveau intellectuel normal" et "faisant montre d'une certaine crainte de l'adulte".

Chantal GRAS : née le 19 janvier 1959 à Paris, a disparu à l'âge de 18 ans, en avril 1977. Elle a été confiée en famille d'accueil dès l'âge de 4 ans. En 1974, elle est scolarisée à l'IME Grattery en section repassage. Elle est décrite par les institutions comme une jeune fille "incapable de discernement". Selon plusieurs témoins, elle avait une grande admiration pour Emile Louis qui la conduisait au centre médico-éducatif.

Madeleine DEJUST :
quatrième d'une fratrie de 15 enfants, elle est née le 1er octobre 1955 à Saint-Romain-le-Preux (Yonne), et disparaît en juillet 1977, à l'âge de 21 ans. Confiée à l'âge de 5 ans au foyer de l'enfance d'Auxerre, elle est scolarisée à l'IME Grattery en 1970. Elle est perçue comme une jeune fille "très renfermée" et "influençable". Elle travaillait dans un centre d'aide par le travail, au moment de sa disparition.

Bernadette LEMOINE :la soeur de Françoise Lemoine est née le 22 novembre 1958 à Tonnerre (Yonne), avant-dernière d'une fratrie de neuf enfants. Elle disparaît courant 1978, à l'âge de 19 ans. Elle est placée en foyer à Auxerre à 14 ans, parce qu'elle se "prostituait", selon une source judiciaire, avant d'être scolarisée à l'IME Grattery. Cette jeune fille, décrite comme "réservée", épouse Jean-Pierre Gay-Para en 1977, avec qui elle aura un fils.

Martine RENAULT :
née le 19 février 1963 à Auxerre, elle disparaît en septembre 1979, à l'âge de 15 ans. Recueillie par la DDASS en 1965, elle connaît plusieurs placements en familles d'accueil. Des témoins évoquent une adolescente "mal dans sa peau" et "naïve". L'année de sa disparition, elle est scolarisée en seconde spécialisée. "Une enquête préliminaire, effectuée à l'époque mais non retrouvée, aurait conclu à une disparition suspecte", selon une source judiciaire.


Les disparitions recensées à l'époque ne semblent pas inquiéter outre mesure les autorités compétentes !


Résidant à Seignelay où il est conseiller municipal, il est arrêté une première fois en 1981 et condamné  pour attentats à la pudeur sur des mineures de la DDASS, qui étaient confiées à sa compagne.

En décembre 1981, il est inculpé et mis en examen pour le meurtre de Sylvianne Lesage, 23 ans, une jeune femme élevée par la concubine d’Émile Louis. Le corps est retrouvé à 10 km au nord-est d'Auxerre, à Rouvray, l'un des lieux de pêche coutumiers d'Émile Louis. Pourtant condamné à 4 ans de prison,  il va bénéficier d'un non-lieu et recouvrer la liberté dès février 1984.

Le 17 mars 1983, il est condamné par le Tribulal Correctionnel d'Auxerre pour attentat à la pudeur sur mineure de moins de 15 ans par personne ayant autorité. Il est condamné à 4 ans de prison.

A la même époque, des amis proches d'Emile LOUIS, Claude et Monique DUNAND, sont inculpés pour commerce proxénète, sado-masochisme et barbarie, perpétré à Appoigny, bourg à une dizaine de Km au nord-ouest d'Auxerre.

 

Les investigations mènent alors les enquêteurs à faire le rapprochement entre l'affaire des disparues et une affaire de torture survenue à Appoigny en 1984. 

Le 22 janvier 1984 en effet, une jeune femme prénommée Huguette, est examinée à l'hôpital d'Auxerre. Elle confie avec douleur au personnel le calvaire qu'elle vient d'endurer : violée et torturée pendant plus de trois mois après avoir été enfermée dans la cave d'un pavillon d'Appoigny près d'Auxerre. Les autorités se rendent sur place où ils libèrent une autre victime, emprisonnée depuis une semaine. Ils découvrent avec effarement une véritable salle de torture et une terrifiante indication, des tarifs réservés à une clientèle très spéciale : 600 francs pour une brûlure de cigarettes. L'enquête révèle que les époux Dunant se livrent depuis une quinzaine d'années à des activités sado-masochistes dans leur cave. Ils découvrent un fichier où figurent une centaine de noms, dont toutes les coordonnées d'une clientèle d'habitués résidant sur tout l'hexagone. Claude Dunant sera condamné à perpétuité en 1991. Les suppositions vont alors bon train car des éléments troublants semblent lier ces deux affaires.

 

Les noms de nombreuses femmes et jeunes filles issues de la DDASS apparaissent  et le réseau de clientèle semble rassembler une classe spécifique de la population régionnale et nationnale.

1984 : Le gendarme Christian Jambert  adresse au parquet d’Auxerre un rapport mettant en cause Emile Louis dans les affaires des disparues de l’Yonne.

Christian Jambert, qui avait démasqué Emile Louis a été retrouvé mort en 1997 à Auxerre avec deux balles dans le crâne et ce serait (DIT-ON) un suicide ?

ARCHIVES :

NOUVELOBS.COM | 22.10.2008

Une partie du crâne du gendarme Christian Jambert, qui avait démasqué Emile Louis et qui a été retrouvé mort en 1997 à Auxerre avec deux balles dans le crâne, a disparu, a-t-on appris mercredi 22 octobre de source judiciaire. La mâchoire inférieure et une partie de l’os orbital gauche n’auraient pas été trouvées lors de la deuxième exhumation du corps en décembre 2007, afin de procéder à une confrontation entre les experts qui n’étaient pas d’accord sur les circonstances du décès du gendarme.

23 novembre 1989, Emile Louis qui a quitté sa région natale pour le sud de la France, est condamné par le tribunal correctionnel de Draguignan à 5 ans de prison dont 1 an de sursis et 3 ans de mise à l’épreuve, pour attentat à la pudeur commis avec violence. Emile LOUIS semble incontrôlable. Il est à nouveau en liberté le 18 avril 1992.

L’association de défense des handicapés de l’Yonne dépose plainte au juge d’instruction, Benoît Lewandowski, le 3 juillet 1996, pour enlèvements et séquestrations. Sous prétexte que les faits sont trop anciens, la réouverture du dossier est refusée en février 1997 par le juge d’instruction et le procureur de la république d’Auxerre.

Le 03 octobre 1997 suivant, des fouilles sont tout de même effectuées dans un champ par une équipe de la gendarmerie dirigée par le juge Lewandowski et le procureur Jacques Cazais. Rien de probant ne sera découvert, juste une chaussure...
Le 12 décembre 2000, Emile Louis est placé en garde a vue :  il va avouer,  pendant cette garde à vue, l'assassinat de sept fragiles jeunes filles qui furent portées disparues dans les années 1970 et va indiquer le lieu où il aurait enterré des corps. Deux squelettes sont retrouvés, celui de Jacqueline Weis, une jeune fille de la DDASS qui a vécu chez lui à titre de famille d'accueil, et celui de Madeleine Dejust, l'une de ses maîtresses. Il se rétractera le mois suivant, argumentant qu'il croyait les faits prescrits. Il raconte que sa première victime est Françoise Lemoine, disparue en 1977. Il dit l'avoir assassinée alors que la jeune femme était sa maîtresse depuis un an, après avoir fait l'amour avec elle sur une petite plage en bordure du Serein, une rivière où il avait l'habitude de pêcher. Il aurait ensuite enterré le corps à proximité. Il récidive avec Christine Marlot, 16 ans en janvier 1977 qu'il enterre à proximité de sa précédente victime. Trois mois plus tard, en avril 1977, il tue, successivement, Jacqueline Weiss et Chantal Gras. La première parce qu'elle menaçait de révéler leur liaison à sa femme, la seconde pour : "assouvir des pulsions qui me forçaient à faire du mal lors des rapports sexuels". 

En juillet de la même année, c'est au tour de Madeleine Dejust, tuée alors qu'il la conduisait à son C.A.T.,   puis un an plus tard c'est à celui de Bernadette Lemoine.

Enfin, en septembre 1979, il s'attaque à Martine Renault.

 

ARCHIVES :
Le Nouvel Observateur, Semaine du jeudi 25 avril 2002

Le vrai roman noir des disparues de l’Yonne Pour Jambert, cela ne faisait pas de doute : Claude Dunand et Emile Louis avaient des amis communs. Tous deux ont vécu dans le même village, à Migennes, puis travaillé au même endroit, à la gare routière d’Auxerre. Et des enquêteurs de l’époque affirment aujourd’hui que « les clients de Dunand sont les mêmes que ceux qui manipulent la justice auxerroise ». Derrière Emile Louis et Claude Dunand, des notables, des gens bien installés au cœur des institutions, qui tiennent à leur place et qui participent, au moins par leur silence, à l’impunité. Emile Louis l’a lui-même répété à plusieurs reprises au cours de ses auditions : « On veut me faire porter le chapeau, mais à Auxerre, il se passe de drôles de choses... »

Le 13 décembre, Chantal Paradis, la seconde épouse d'Émile Louis, porte plainte contre lui à Draguignan pour viol et tortures horribles. Sa fille Karine, âgée de 14 ans, aurait été sous l'emprise de médicaments administrés indépendemment de sa volonté, tout comme elle, entre 1992 et 1995. Karine a déposé plainte en janvier 2000 contre son beau-père pour agressions sexuelles. Émile Louis reconnaît les faits devant les enquêteurs puis nie tout en bloc et clame son innocence. Il est écroué le 14 décembre.

ARCHIVES :
L’Yonne Républicaine, 11 oct 2003

Disparues de l’Yonne : l’enquête enterre les fantasmes Persuadé que les faits étaient prescrits, dès lors que l’on pouvait établir que des meurtres avaient été commis, Emile Louis a désigné les endroits où il avait enterré les jeunes femmes. Il pensait que le juge d’instruction allait ordonner que les fouilles commencent immédiatement, ce qui permettrait de découvrir les squelettes et donc à la prescription pour crime de s’appliquer. Devant l’attitude du magistrat remettant à plus tard le début des opérations, Emile Louis était entré dans une rage folle. Conscient de s’être fait floué, il était ensuite revenu sur ses aveux et avait indiqué qu’il n’était pour rien dans cette histoire.

Il reconnaît des sévices sur Jacqueline Weis mais se rétracte aussitôt et dénonce à présent l'existence d'un "réseau" mêlant notables et proxénètes afin d'atténuer sa responsabilité, sinon de tenter de se disculper. 

Le 26 mars 2004, il est enfin jugé et condamné en première instance à 20 ans de réclusion criminelle assortie d’une période de sûreté des deux tiers, par le Tribunal correctionnel de Draguignan pour viols avec actes de torture et de barbarie sur sa seconde épouse et viols sur sa belle-fille.

Le 23 novembre 2004, Émile Louis reconnaît le viol et la séquestration d'Anne-Marie Ziegler, rencontrée en 1980. La pauvre femme n'avait pas osé porter plainte à cause de ses enfants.


Les familles des jeunes victimes vivent des moments encore plus tragiques lorsque la menace de prescription se précise. La prescription pour le viol et le meurtre intervient 10 ans après la majorité des victimes, si aucun fait nouveau ou complément d'enquête n'est produit devant le juge et cela fait 20 ans que les jeunes femmes sont portées disparues.

Auxerre est en ébullition, les notaires, le procureur, le juge, le président de l’APAJH de l’Yonne sont soupçonnés et accusés. Le silence sur l'affaire de viols mettant en cause Pierre et Nicole Charrier, directeur et employée de IME (où étaient  les disparues) est dévoilé à grands cris :

 

Le 12 février 1982, alors que le chauffeur de car de l'APAJH est mis en examen pour «attentat à la pudeur» sur les trois fillettes placées chez sa compagne, Nicole Charrier se porte témoin de moralité et déclare qu’il est comme un père pour les handicapées.

 

 

 

  

 

En octobre 1989, Nicole Charrier est devenue conseillère municipale d'Auxerre, élue sur les listes de Jean-Pierre Soisson, quand son époux est surpris par une patrouille de police municipale en train de violer une handicapée mentale de 22 ans à l'arrière de sa voiture, tandis qu'un jeune garçon était assis à l'avant. La même séance se répétait depuis près d'un an. Il échappe mystérieusement à la cour d’assises et est condamné en correctionnelle à six ans de prison.

 

 

 

 

ARCHIVES :
Le Monde, 09 nov 2004

Les services sociaux mis en cause dans le procès d’Emile Louis La cour a rappelé que Pierre Charrier avait été condamné à six ans de prison pour des abus sexuels sur une jeune handicapée en 1989, et que Nicole Charrier avait témoigné en faveur d’Emile Louis lors d’un premier procès pour des abus sexuels sur des fillettes en 1983. "Mon métier, c’est directeur d’établissement, pas gendarme, a déclaré Pierre Charrierà la barre.

 

 Marylise Lebranchu, garde des sceaux, intervient : la prescription n’a pas lieu. Un courrier officiel retrouvé fait date d'avant la prescription. Ce courrier, rédigé en 1993 par Bertrand Daillie, substitut du procureur d'Auxerre, qui s'est enquis du sort de quatre jeunes femmes disparues auprès des services sociaux du conseil général de l'Yonne, est considéré par la Cour de cassation comme un acte d'enquête interruptif de la prescription.  Emile Louis reste en prison. L'enquête démontrera le long parcours criminel d'un sadique pervers, obsédé sexuel et sans pitié.

 

Le 2 novembre 2004, second procès à Auxerre, concernant les disparues de l'Yonne. L'accusé nie tout en bloc. Un des moments fort des auditions, sera le témoignage accablant de sa fille aînée Marilyne Vinet qui déclare devant la cour d'assises : que son père n'était "pas un être humain".  Elle narre le souvenir des viols dont elle fut victime quand elle avait cinq ans puis raconte avoir vu son père éventrer une jeune femme quelques années plus tard. Elle s'est tu jusqu'en l'année 2000 craignant qu'il n'en fît de même à sa mère. 

 

Plusieurs femmes vont suivre et témoigner à la barre des abus sexuels et des séquestrations, sous l'emprise de drogues, dont elles furent victimes lorsqu'il était dans le Var.

 

 

Le 25 novembre 2004 : Emile Louis est reconnu coupable de l'assassinat des sept jeunes femmes.

Il est condamné à perpétuité dont 18 ans incompressibles.

Il a fait appel de cette condamnation.

 

Le mardi 27 juin 2006, après neuf heures de délibérés, c'est l'énoncé du verdict :

Emile Louis, jugé en appel à Paris pour les assassinats de sept jeunes femmes disparues entre 1975 et 1979 dans l'Yonne, est condamné à la réclusion criminelle à perpétuité, avec une peine de sûreté de dix-huit ans.

Il ne lui reste que la cassation et il n'a  que cinq jours pour y pourvoir.

L'accusé n'a pas cillé, son visage n'a trahi aucune émotion. Il s'est penché vers ses avocats en murmurant quelques mots.

"Je n'ai jamais commis aucun crime de ma vie"

furent ses ultimes paroles avant la délibération des jurés.

 

 


* L’ancien « tortionnaire d’Appoigny », Claude Dunand, qui fut condamné à perpétuité en novembre 1991, bénéficie depuis le 1er juin dernier d’un régime de semi-liberté pour bonne conduite...

Réclusion criminelle à perpétuité pour avait sévi sur des handicapées, dans une commune de l’Auxerrois. Ce fait divers avait deffrayé la chronique quand les faits furent connus :  Trois jeunes femmes, séquestrées dans le pavillon de Dunand, ont subi les pires sévices. Actes de barbarie, viols et autres atrocités insoutenables. Esclaves sexuelles d’un monstre qui leur a infligé ce calvaire pendant plusieurs mois. Les jetant en pâture, il les vendait à une trentaine de clients dont la perversité n'égalait que le pouvoir de soumettre à leurs sadiques désirs cette marchandise offerte. Seulement deux de ces tarés du sexe seront inquiétés par la justice.

Claude Dunand avait noté les noms de ses complices sur des carnets qui ont mystérieusement disparus. Il ne les dénoncera jamais. Une expertise psychiatrique pratiquée sur l'accusé a démontré pendant le procès  "une perversité sadique et une intelligence normale". Les épouvantables et nombreux instruments de torture présentés à l'audience ont convaincu la Cour de la nécessité d'incarcérer l'accusé à la centrale pénitentiaire de Mulhouse. De nombreux collaborateurs et curieux de l'enquête ont eu vite fait de faire le rapprochement avec l’affaire des disparues de l’Yonne. Deux des victimes de Dunand  étaient des pupilles de la DDASS, tout comme l'étaient les disparues de l'Yonne. L'indice est mince mais le lien est réel. Même si aucune preuve, aucun témoin, n'autorise ce rapprochement, certains trouvent ces coïncidences probantes.

Selon son avocate Me Léa Wettle, Claude Dunand mérite ce traitement de faveur au vue d'une "conduite exemplaire" au sein de sa prison. Il a, paraît-il, mis ses talents de musicien au service d’actions caritatives. Aujourd’hui, au bout de seize années d’incarcération, on aurait presque tendance à le plaindre en écoutant Me Wettle affirmer que Claude Dunand n'aspire qu'à l’oubli. Sans doute devrait-elle l'apprendre aux familles des victimes... Quant à  ses complices, leur place dans la hiérarchie française, c'est un secret de Polichinelle, doit-être d'un niveau hautement convainquant...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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