14 décembre 2017
Bonne fête Odile

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13 décembre 2017

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TEXTES

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Le bonheur c'est ce moment de grande sérénité où l"on est capable de voir la beauté dans la laideur ! Aiguail
 
Tenter de Comprendre :

Pour comprendre il faut savoir mais pour comprendre et savoir il faut aussi raisonner en acceptant l'improbable et l'irrationnel justement. (Aig)

 

La France a proposé et accepté d'accueillir les immigrés (juifs pour la plupart) après la 1ère guerre mondiale. Les Européens ont provoqué ce conflit par une colonisation excessive et douteuse.
Pourquoi, comme beaucoup d'hommes luttant contre toutes formes d'esclavagisme et de privations de libertés, je ne veux pas de guerre : Ces gens n'ont rien demandé !
Clemenceau, comme Gladstone, était opposé à l'impérialisme et à la colonisation.

Amicalement et libre à toi de connaître la réalité historique. Pas contraignant.car trop intéressant. Au moins , porter un jugement ou établir un constat sera plus aisé !

 

Aig

 

Ici tu auras quelques preuves, tirées de Wilkipédia, d'archives nationnales et de documents officiels, pourtant accessibles au Monde entier, sauf dans les régimes totalitaires, évidemment :

PATIENCE

HÔPITAL; Droits des patients :

http://www.allodocteurs.fr/actualite-sante-droits-des-patients-refuser-une-eleve-infirmiere-_4229.html

 

http://www.alain-benajam.com/page/5

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

- 15 novembre1884 : Début de la conférence de Berlin, à l'initiative du Portugal et organisée par Bismarck, qui marquera la collaboration européenne quant au partage et à la division de l’Afrique. Cette conférence se terminera le 26 février 1885.

  • L’Allemagne
  • l’Autriche-Hongrie
  • la Belgique
  • le Danemark
  • l'empire ottoman
  • l’Espagne
  • la France
  • la Grande-Bretagne
  • l’Italie
  • les Pays-Bas
  • le Portugal
  • la Russie
  • la Suède-Norvège
  • et les États-Unis y participèrent.

Avant la conférence de Berlin des débats houleux sur la conquête des Congos furent le prélude du début des luttes coloniales. La conférence de Berlin permit d'édicter les règles officielles de colonisation et des traités européens furent signés à vau-l'eau.

Longtemps le continent africain fut méprisé par les puissances européennes qui se contentèrent d'y établir des escales et des comptoirs commerciaux.

- 1867 : Découverte des mines de diamants du Transvaal.

- 1880 : La colonisation européenne s'intensifie en Afrique et des tensions se développent entre les différentes puissances.

- 1881 : La France occupe la Tunisie, les territoires constituant l'actuelle République du Congo.

- 1882 : Le Royaume-Uni s'empare de l'Égypte, une province de l'Empire ottoman avant d'occuper le Soudan et l'actuelle région du Somaliland (que les colonisateurs dénommeront en 1884 Somalie britannique).

- 1884 : La France s'empare de la Guinée. L'Allemagne prend possession du Togo, du Cameroun, du Sud-Ouest africain (l'actuelle Namibie).

- 1885 : L'Italie prend possession d'une partie de l'Érythrée et l'Allemagne de l'Afrique orientale allemande.

- 1874/1877 : Exploration du bassin du Congo par Henry Morton Stanley, qui efface l'une des dernières terra incognita de la carte du continent et conduit à l'organisation de la conférence de Berlin.

- 12 au 19 septembre 1876 : Conférence de géographie de Bruxelles, organisée par le roi des Belges Léopold II, afin d'envoyer des expéditions au Congo pour les motifs présumés d'y abolir la traite des Noirs maintenue par les arabes et, selon ses propres termes, de « civiliser » le continent africain. Elle aboutit à la création de l'Association internationale africaine.

- 1878 : Le roi Léopold II profite de la traversée du continent par H.M Stanley pour l'inviter à se joindre aux travaux de la nouvelle association.

- 1878 : La Belgique créé l'Association internationale du Congo, dans un objectif économique, mais reste toutefois en relation avec l'Association internationale africaine qui lui offre un paravent philanthropique. Stanley est chargé de retourner au Congo avec la mission secrète d'établir le futur État indépendant du Congo et d'en prendre le commandement au nom de l'Association internationale africaine.

- 1881 : La région intéresse la France : l'officier Pierre Savorgnan de Brazza remonte le bassin du Congo pour fonder Brazzaville. Le Portugal, s'appuyant sur des traités antérieurs signés avec l'Empire Kongo, revendique une souveraineté sur ces mêmes territoires.

- 02 février 1884 : Le Portugal passe un accord avec le Royaume-Uni pour bloquer l'accès de l'océan Atlantique à l'Association internationale du Congo. Le Portugal conçoit alors l’idée d’une conférence internationale pour le partage de cette région. L’idée fut immédiatement reprise par l’Allemagne avec le chancelier Bismarck qui convoqua la Conférence de Berlin le 14 novembre 1884.

Bismarck se pose en médiateur de la crise, profitant de l'occasion pour affirmer un peu plus le rôle central de l'Allemagne dans le concert des nations. Quatorze puissances participent aux débats : Allemagne, Autriche-Hongrie, Belgique, Danemark, Empire ottoman, Espagne, États-Unis, France, Grande-Bretagne, Italie, Pays-Bas, Portugal, Russie, Suède. Les peuples et les rois africains sont tenus à l'écart de toutes les discussions. La conférence présente un ordre du jour plus important que la simple question congolaise. On y parle principalement de la liberté de navigation et de commerce ainsi que des modalités d'installation sur les côtes.

Deux conceptions s'opposent. D'un côté, Bismarck entend garantir la liberté de navigation et de commerce dans toute la zone. De l'autre, le Portugal, soutenu par le président du conseil français Jules Ferry, conçoit les colonies comme un monopole commercial détenu par la métropole. Au final, la conférence établit une liberté de commerce étendue dans les bassins du Congo et du Niger, mis à part dans le domaine du transport d'armes.

Les frontières du nouvel État sont fixées : au total, Léopold II de Belgique reçoit, à titre personnel, deux millions et demi de kilomètres carrés qui deviendront plus tard l'État indépendant du Congo5. Au nord-ouest de l'État ainsi formé, 500 000 km2 reviennent à la France (bientôt baptisé Congo-Brazzaville). La France se voit aussi attribuer la partie intérieure du Niger dont le Royaume-Uni contrôle le delta. Du côté allemand, on espère que les concessions territoriales faites à la France atténueront le ressentiment né de la perte de l'Alsace-Lorraineà la suite de la guerre franco-prussienne de 1870. Le Portugal abandonne ses prétentions au nord de l'estuaire du Congo, sauf en ce qui concerne l'enclave de Cabinda.

Réglementation

Acte général

Son « acte », le 23 février1885, établit les points suivants :

  • Toute puissance européenne installée sur la côte peut étendre sa domination vers l'intérieur jusqu'à rencontrer une « sphère d'influence » voisine. Mais le traité exclut le principe de l'hinterland qui permet l'annexion automatique de l'arrière-pays par un État maîtrisant son littoral.[réf. nécessaire]
  • Il ne peut y avoir annexion que par l'occupation effective du terrain et les traités conclus avec les populations indigènes doivent être notifiés aux autres nations colonisatrices.
  • Liberté de navigation sur les fleuves Niger et Congo et liberté de commerce dans le bassin du Congo.
  • Interdiction de l'esclavage.
  • La Conférence a, enfin, pris acte de l'existence de l'État indépendant du Congo en tant que puissance souveraine6, territoire appartenant en propre au roi Léopold II de Belgique (et qui deviendra une colonie belge en 1908). La France obtient la reconnaissance de son autorité sur la rive droite du Congo et de l’Oubangui.

La Conférence de Berlin rappelle l’interdiction de la traite et invite les signataires à contribuer à son extinction.

La notion de « sphère d'influence » apparaît pour la première fois dans un traité international à cette occasion.[réf. nécessaire]

Découpages bilatéraux

  • Portugal - Royaume-Uni : le gouvernement portugais présente un projet connu sous le nom de « Carte rose » dans lequel les colonies de l'Angola et du Mozambiqueétaient réunies sur un axe est-ouest. Tous les pays réunis, à l'exception du Royaume-Uni, sont prêts à entériner ce projet. En 1890, le gouvernement britannique, en violation du traité de Windsor et du traité de Berlin lui-même, lance un ultimatum demandant que les Portugais se retirent de la zone située entre les deux colonies. Cet espace sera une dizaine d'années plus tard occupé par la Rhodésie de la BSCA britannique.
  • France - Royaume-Uni : une ligne courant depuis Say au Niger jusqu'à Baroua, sur la côte nord-est du lac Tchad, détermine la zone dévolue à chacun des deux pays. La France se voit doter du territoire situé au nord de cette ligne et le Royaume-Uni la zone au sud de la limite. Le bassin du Nil reste la propriété des Britanniques. De plus, entre le onzième et le quinzième degré de longitude, la frontière passera entre le royaume du Ouaddaï, qui sera français, et le Darfour au Soudan, qui sera britannique. En réalité, une zone tampon de 200 kilomètres est mise en place entre le vingt-et-unième et le vingt-troisième parallèle. Le contentieux sera levé en 1898à l'issue de la crise de Fachoda.
  • France - Allemagne La zone située au nord de la ligne formée par l'intersection du quatorzième parallèle et Miltou est considérée comme française, celle située au sud-est allemande.
  • Royaume-Uni - Allemagne La ligne de démarcation entre les colonies des deux pays est formée par une ligne passant par Yola, sur la rivière Bénoué, Dikoa, en remontant jusqu'au lac Tchad.
  • France - Italie L'Italie se voit attribuer la zone comprise dans le quadrilatère formé par le Tropique du Cancer, le quinzième parallèle et les dix-septième et vingt-et-unième méridiens.

Conséquences

La conférence de Berlin n'a pas partagé l'Afrique entre les puissances coloniales, elle ne fait qu'établir les règles de ce partage. Mais elle n'a pas pu empêcher les conflits entre colonisateurs, comme le montrent la crise de Fachoda en 1898 et les crises marocaines de 1905 et 1911.

Bibliographie

  • Adam Hochschild, Les fantômes du roi Léopold - La terreur coloniale dans l’État du Congo, 1884-1908, Tallandier, 2007
  • Henri Wesseling, Le partage de l’Afrique - 1880-1914, Folio Histoire Gallimard, 2002

Filmographie

  • Joël Calmettes, Berlin 1885, la ruée sur l'Afrique, 2010 (IMDb)

Notes et références

  1. La Conférence géographique de Bruxelles (1876).
  2. Le pays du Congo fut divisé en trois parties, précisément : le Congo Léopoldville pris par les Belges, le Congo Brazzaville pris par la France et l’Angola qui appartenait historiquement au Portugal. Toutes ces régions formaient l’ex-royaume du Congo.
  3. Le 12 mai, le traité du Bardo fait de la Tunisie un protectorat français.
  4. Le Rwanda ne sera découvert par les Européens qu'en 1894.
  5. Toutes charges et toutes responsabilités sont déclinées par la Belgique, comme le confirmera l'article 62 de la Constitution votée, les 28 et 30 avril 1885, par la Chambre des représentants belge. Léopold II lèguera toutefois ce territoire à la Belgique en 1908.
  6. La reconnaissance de l'AIC est le produit d'une série de traités bilatéraux signés entre le 22 avril 1884 et le 26 février 1885 entre celle-ci les différentes puissances coloniales. Pour la question de la "reconnaissance" de l'AIC en tant que puissance souveraine, voir J. STENGERS, Congo, Mythes et réalités, Bruxelles, Racine, 2005, pp.93-96

Lien externe

Ce modèle comprend treize des quatorze puissances présentes, l'Empire d'Autriche-Hongrie, disparu depuis de l'échiquier, étant dépourvu de colonies d'outre-mer.

Catégories :

Affiche pour l'Exposition coloniale de 1906 à Marseille.

D'autres pays européen ont partagés cet Eldorado mais c'est bien la cause de la première guerre mondiale...

Le partage de l'Afrique désigne le processus de compétition territoriale entre les puissances européennes en Afrique, partie du mouvement général de colonisation de la fin du XIXe siècle (principalement entre 1880 et la Première Guerre mondiale). Les principaux pays européens concernés étaient la France et le Royaume-uni ; l'Allemagne, l'Italie, le Portugal, la Belgique et l'Espagne y ont aussi participé, mais de façon moins importante et souvent plus tardive.

Ce processus est appelé Scramble for Africa («ruée vers l'Afrique») en anglais. Ce terme insiste sur la concurrence entre les puissances coloniales alors que l'expression française met plus en avant les conséquences africaines. Ces dénominations montrent la variabilité des points de vue historiographiques sur la question.

C'est durant ces quelques années qu'ont été formalisés dans leurs grandes lignes de nombreux territoires africains actuels. Cette division a été souvent symbolisée par la Conférence de Berlin (1884-1885), même si cette conférence n'a fait que fixer des règles et n'a pas procédé au partage2. La division a souvent repris des tracés antérieurs, dont elle a changé la signification3.

La seconde moitié du XIXe siècle, à partir de 1877, a vu la transition d'un impérialisme informel, caractérisé par une influence militaire et une dominance économique, vers une gouvernance centralisée, une domination directe4.

Le partage de l'Afrique est considéré comme une des causes principales de la Première Guerre mondiale5.

Cecil Rhodes : projet du chemin de fer Le Cap-Le Caire. Fondateur de la compagnie De Beers, une des premières compagnies mondiale du diamant, Rhodes était aussi le propriétaire de la British South Africa Company, qui s'est approprié la Rhodésie. Il voulait « peindre de rouge britannique la carte », une de ses déclaration célèbre : « Toutes ces étoiles… ces mondes immenses qui restent hors d'atteinte. Si je le pouvais, j'annexerais les autres planètes »

Le « lobby colonial »

Dans ses balbutiements, l’impérialisme correspondait à l'action d'explorateurs seuls ou de commerçants aventuriers. Plusieurs hommes politiques comme Gladstone se sont opposés à la colonisation dans ses premières années. Pourtant, durant son second mandat (1880-1885) il ne put résister à la pression du lobby colonial, et c'est pour cette raison qu'il n’accomplit sa promesse électorale de se retirer d'Égypte. Même si Gladstone s'opposait personnellement à l'impérialisme, les tensions sociales causées par la Grande Dépression (1873-1896) l'ont fait changé en faveur du chauvinisme : les impérialistes étaient devenus les "parasites du patriotisme"6. En France, le radical Georges Clemenceauétait alors farouchement opposé à l'impérialisme, exception parmi le spectre politique français à cette époque. Il disait que la colonisation était une dérive de la "ligne bleue des Vosges", un sentiment de rancune et une urgence patriotique celle de réclamer l'Alsace-Lorraine perdue avec le Traité de Francfort de 1871. Par la suite, en 1885, après l'Affaire du Tonkin, Georges Clemenceau obtient une victoire sur l'impérialisme, le gouvernement de Jules Ferry doit démissionné et la politique expansionniste française est remis en cause durant une décennie. Selon Hannah Arendt, dans Les Origines du totalitarisme (1951), cette expansion illimité de la souveraineté national dans des territoires extérieurs menace l'unité de l'état-nation. Ainsi, une tension entre la nécessité de respecter les droits de l'homme des populations colonisés, qui devez être considérés comme citoyens de l'état-nation, et les pulsions colonialistes prônant l'exploitation des populations considérés comme inférieures commença a apparaître. Dans les métropoles, certaines voies sont apparus pour dénoncer la cruauté inutile de l'administration coloniale, décrite par exemple dans le roman de Joseph Conrad, Au cœur des ténèbres (1899) ou dans Voyage au bout de la nuit (1932) de Louis-Ferdinand Céline. Face à cette opposition, les lobbies furent érigés progressivement afin de légitimer le partage de l'Afrique et autres aventures expansives à l'étranger. En Allemagne, en France et au Royaume-uni, la bourgeoisie demanda des normes politiques fores afin d'assurer la croissance du marché économique. En 1916, Lénine publie L'Impérialisme, stade suprême du capitalisme pour expliquer ce phénomène. En Italie (puissance mineure), Enrico Corradini réclame un "lieu au soleil" pour les nations "présumés prolétaires", renforçant le nationalisme et le militarisme dans un prototype anticipé du fascisme.

 

La conférence d’Évian
Que faire des juifs en 1938 ?

 

Henti BERENGER :

Il est chargé de représenter la France, comme délégué principal, lors de la Conférence d'Évian (1938). Ces débats sont organisés à l'initiative du président des États-Unis d'Amérique, Franklin D. Roosevelt et dans le but de résoudre le problème des juifs d'Allemagne.


Pourquoi tant de Juifs se sont-ils laissés prendre au piège, pourquoi n’ont-ils pas émigré devant le péril nazi ? demande-t-on souvent...
La triste réponse est illustrée par ce titre d’un journal allemand à l’issue de la Conférence d’Evian sur les réfugiés : "Juifs à céder à bas prix - Qui en veut ? Personne !"

Dès l’arrivée d’Hitler au pouvoir, en 1933 et les premières manifestations antisémites – boycottage des commerces juifs, "exclusion des fonctionnaires juifs" des Juifs commencent à quitter l’Allemagne, peu nombreux il est vrai, 25 000 en 1933.
Ce mouvement s’accentue après les lois raciales de Nuremberg (15/9/1935) et plus de 200 000 Juifs émigrent.
Le problème des réfugiés préoccupe, dès 1933 la Société des Nations (S.D.N). Elle crée un Haut Commissariat pour les réfugiés (Juifs et non Juifs) qui se heurte à des difficultés immenses, bloquant toutes ses actions :

 

 

 

  • Les Etats-Unis ont conscience de l’acuité du problème des réfugiés, mais prétendent que la conjoncture économique ne leur permet pas.
  • La France, qui accepte la moitié des réfugiés, décide qu’elle ne peut faire d’avantage, "Les temps étant durs pour tous".
  • La Hollande, la Pologne, la Tchécoslovaquie affirment qu’elles n’ont ni l’espace, ni l’argent nécessaire pour recevoir davantage.
  • Les pays d’Amérique du Sud se renvoient la balle et n’apportent aucune réponse positive.
  • La Grande-Bretagne déclare que l’Europe est "saturée" de réfugiés et qu’il faut trouver une solution outre-mer.

 

 

 

Lorsqu’en mars 1938, l’Allemagne annexe l’Autriche, le problème s’aggrave. L’application immédiate, en Autriche, des lois anti-juives de Nuremberg, suscite un afflux de Juifs terrorisés, devant l’ambassade des Etats-Unis, à la recherche d’un visa d’émigration. D’autres essaient d’obtenir des visas pour la Suisse ou l’Amérique latine.
Le président des Etats-Unis, Franklin D. Roosevelt, devant la détérioration de la situation et la pression exercée par une partie de l’opinion publique, mais désirant éviter un brusque afflux de réfugiés aux Etats-Unis, se résout, le 22 mars 1938, à organiser une conférence intergouvernementale sur le problème des réfugiés.

Hitler, apprenant ce projet, s’écrit avec cynisme, en avril 1938 :
"J’espère que le reste du monde qui a une telle sympathie pour ces criminels, aura suffisamment de générosité pour convertir cette sympathie en aide effective. Pour nous, nous sommes prêts à mettre ces criminels à la disposition de ces pays, et même sur des bateaux de luxe, peu importe" (Discours de Königsberg, avril 1938).

La conférence internationale convoquée à l’initiative du Président Franklin D. Roosevelt, se tient à Evian, en Haute Savoie, à l’hôtel Royal, du 6 au 15 juillet 1938. Elle a pour but de discuter de l’émigration et de l’installation dans des pays d’accueil des réfugiés politiques et des personnes persécutées en raison de leur race ou de leur religion.
31 pays parmi lesquels les Etats-Unis, la France, la Suisse, la Belgique, les Pays Scandinaves, la Grande-Bretagne et ses dominions, les Etats d’Amérique du Sud envoient des délégués.

L’Italie, l’Irlande, l’Afrique du Sud et le Salvador refusent d’y participer.
L’URSS et la Tchécoslovaquie n’y sont pas représentées, la Hongrie, la Roumanie et la Pologne ont envoyé des observateurs. [La Pologne (cf. Le Temps du 8/7/1938) "vivement intéressée à l’émigration de la population juive de Pologne suivra avec attention les travaux de la conférence d’Evian" !]
L’Allemagne et les pays d’Europe centrale et orientale n’ont pas été invités. En plus des délégués des gouvernements, 33 organisations humanitaires ou religieuses (dont l’Agence juive représentée par Golda Meir et Arthur Ruppin) envoient des délégués qui prendront la parole au cours des débats. Presque toutes les organisations juives internationales sont représentées.
Les yeux du monde sont braqués sur Evian, la majorité des journaux de l’époque envoient des comptes-rendus quotidiens (ils sont d’ailleurs notre source essentielle d’information).
D’abord, lueur d’espoir, la conférence ne sera bientôt, pour les Juifs, que désillusion, déception et ... désespoir.

Dès son ouverture, les Etats-Unis proposent trois axes d’action :

 

  • Chaque pays, membre de la conférence, doit connaître "les qualités et les catégories d’immigrants qu’il est prêt à accueillir".
  • Un comité sera chargé d’établir un plan de répartition des réfugiés.
  • Exiger de l'Allemagne que les réfugiés puissent emporter tout ou partie de leurs biens, ce qui permettrait de résoudre le problème financier d’accueil.

 

conference

 

Il faut souligner que pendant les 10 jours que dura la conférence, le problème des réfugiés est évoqué avec émotion par tous les délégués.
Dans le quotidien Le Temps du 8/7/1938, le "Bulletin du jour" qui lui est consacré, écrit : "le drame juif est un des plus douloureux de l’histoire contemporaine".
Cependant, si les délégués expriment leur sympathie pour ces familles, victimes de "gouvernements autoritaires" aucun gouvernement, sauf la république de Saint Domingue qui est prête à accepter 100 000 réfugiés, n’est prêt à faire réellement un effort pour les accueillir.
Les Etats-Unis acceptent 27 000 à 30 000 émigrés par an, la Nouvelle-Zélande est prête à examiner des demandes individuelles, la Colombie ne peut accepter que des travailleurs agricoles, l’Uruguay veut bien accepter des immigrants agricoles mais à condition qu’ils possèdent quelques ressources, quant à l’Australie, elle a cette réponse sublime : "jusqu’à présent, elle n’a pas eu de problème racial, elle ne veut pas risquer d’en connaître avec l’arrivée des Juifs".
Les pays d’Europe occidentale sont tous "saturés".
 

Henry Béranger dira :
"La France est arrivée au point de saturation qui ne permet plus d’accueillir de nouveaux réfugiés sans une rupture d’équilibre pour son corps social. La limite est depuis longtemps dépassée chez nous".
Dans La Croix (14/7/1938), on peut lire sous la plume de Robert d'Hencourt dans un article intitulé : le douloureux problème des émigrés :
"Les véritables migrations humaines auxquelles donnent lieu certains régimes politiques et sur lesquelles la Conférence d’Evian a de nouveau appelé l'attention (...) placent notre pays devant un problème personnel..."

 

A la tradition de la France "terre de refuge des proscrits", il est clair et cela doit être dit très fermement et tout de suite, qu’il y a un revers. Il ne faut pas que l’honneur devienne péril. Le péril saute aux yeux. Il peut découler d’une sorte de déséquilibre entre la puissance numérique autochtone et les chiffres des éléments du dehors, avec le risque d’aliénation progressive…
Il peut découler ensuite la qualité morale défectueuse de l’élément d’importation... Un peuple ne peut consentir à se détruire par amour du prochain..."
Quant à l’Angleterre, elle avait accepté de participer à la Conférence à la condition que la possibilité d’émigration en Eretz-Israël (sous mandat anglais) ne soit jamais évoquée.
Le 15 juillet, la Conférence termine ses travaux et adopte quelques résolutions aussi vagues qu’illusoires : "Un comité intergouvernemental d’aide aux réfugiés allemands et autrichiens entreprendra des négociations en vue d’améliorer l’état des choses actuel et de substituer à un exode, une émigration ordonnée. Il se mettra en rapport avec les pays d’asile et d’établissement afin d’accroître les possibilités d’établissement permanent". Son siège sera à Londres où le comité doit se réunir le 3 août 1938.

La conférence d’Evian est terminée !

Dès le 8 juillet 1938, le New-York Herald Tribune titre :
 

 

"650.000 exilés Juifs refusés par tous à Evian."

 

Quant au journal allemand Reichswart du 14/7/1938, il écrit en gros caractère :
 

 

"Juifs à céder à bas prix – Qui en veut ? Personne !"

 

Et le Danzinger Verposten proclame : "Nous constatons qu’on aime à prendre les Juifs en pitié tant que cette pitié alimente une agitation mal intentionnée à l’égard de l’Allemagne, mais qu’aucun Etat n’est disposé à lutter contre la tare culturelle de l’Europe Central en acceptant quelques milliers de Juifs. La conférence est donc une justification de la politique allemande contre les Juifs". La conférence d’Evian fut un échec, aucun problème n’y fut résolu. Mais elle fut plus qu’un échec, elle fut l’antichambre officielle de la solution finale. Hitler y pris conscience qu’aucun gouvernement n’interviendrait lorsqu’il déciderait de prendre des mesures "irrévocables" pour régler le problème juif.
L’écrivain protestant Jochen Klepner note dans son journal intime, à la date du 23/8/1938 :
"Depuis que la Conférence d’Evian a prouvé que l’étranger ne porte pas secours aux Juifs allemands, tout est devenu beaucoup plus tragique" (Jochen Klepper Unter dem Schatten deiner Flügel cité dans la "Nuit de Cristal" (Thalmann-Feinerman).*

*E. Robert Laffont

 

 

Une caricature de la Venus Hottentote au XIXe. Saartjie Baartman, une femme Khoïsan, était exhibée nue et encagée lors de spectacles forains en Angleterre, Hollande et France. Après sa mort, ses parties génitales ont été disséquées et ses restes conservées. Nelson Mandela a officiellement demandé à la France que ses restes, qui étaient exposés au Musée de l'Hommeà Paris jusqu'en 1974, soient rendus à l'Afrique du Sud7.

 

 

Colonies africaines par pays colonisateur

 

 

Carte française de l'Afrique en 1898 avec les colonies. Possessions britanniques en jaune, françaises en rose, belges en orange, allemandes en vert, portugaises en violet, italiennes en rose hachuré, espagnoles en orange hachuré et l'Éthiopie indépendante en marron

Belgique

État indépendant du Congo appelé aussi Congo belge (actuellement République démocratique du Congo)
Ruanda-Urundi (actuellement Rwanda et Burundi), sous protectorat des Nations-Unies

France

Algérie française (devenue Algérie)
Protectorat français de Tunisie
Protectorat français du Maroc
Afrique occidentale française qui réunissait :
la Mauritanie,
le Sénégal,
le Soudan français (devenu Malià son indépendance en 1960),
la Guinée,
la Côte d'Ivoire,
le Niger,
la Haute-Volta (devenue Burkina Faso en 1984)
et le Dahomey (devenu Bénin en 1975).
Afrique équatoriale française qui réunissait :
le Gabon,
Moyen Congo (devenu la république du Congo),
l'Oubangui-Chari (devenu la République centrafricaine)
et le Tchad
Cameroun français (une partie du Cameroun actuel), sous protectorat des Nations-Unies
Côte française des Somalis (devenu Djibouti)
Madagascar
Comores

Allemagne

Kamerun (avant les Français et les Anglais)
Afrique orientale allemande (actuellement Burundi, Rwanda, et la partie occidentale de la Tanzanie)
Sud-Ouest africain allemand (devenu Namibie)
Togoland (actuellement Togo et la partie est du Ghana)

Italie

Libye
Érythrée
Somalie italienne (devenu une partie de la Somalie actuelle)

Portugal

Angola et le Cabinda (l'une des provinces de l'Angola)
Mozambique
Guinée-Bissau
Cap-Vert
Sao Tomé-et-Principe

Espagne

Sahara espagnol (désormais Sahara occidental), composé de :
Río de Oro
Saguia el-Hamra
Cap Juby
Maroc espagnol
Protectorat espagnol du Maroc
Ifni
Guinée équatoriale, avec en plus de la partie continentale :
Bioko
Annobón

Grande-Bretagne

Égypte
Soudan anglo-égyptien (actuellement le Soudan)
Somalie britannique (une partie de la Somalie actuelle)
Afrique orientale britannique composé de :
Kenya
Ouganda
une partie de la Tanzanie
Zanzibar (aussi partie de l'actuelle Tanzanie)
Afrique du Sud :
État libre d'Orange
Transvaal
Colonie du Cap
KwaZulu-Natal
Gambie
Sierra Leone
Nigeria
Cameroun britannique (divisé et rattaché au Nigeria et au Cameroun)
Protectorat du Bechuanaland (aujourd'hui Botswana)
Rhodésie du Sud (aujourd'hui Zimbabwe)
Rhodésie du Nord (actuellement Zambie)
Côte-de-l'Or (colonie britannique) (actuel Ghana)
Nyasaland (maintenant Malawi)

États non colonisés

Notes et références

  1. en:Sarah Millin(en), Rhodes, Londres, 1933, p.138
  2. Brunschwig [1971].
  3. Emission la Fabrique de l’Histoire sur France culture du 26 janvier 2010, consacrée à La Conférence de Berlin (1884-1885) ou le partage de l’Afrique, disponible en ligne sur ce site [archive].
  4. Kevin Shillington, Historia de África: Segunda Edición, (Nueva York: Macmillian Publishers Limited, 2005), 301.
  5. http://www.sport-histoire.fr/Histoire/1GM/Les_origines.php [archive]
  6. John A. Hobson, Imperialismo, 1902, p.61 (citado por Arendt).
  7. rapport de l'assemblée nationale [archive]

Bibliographie

  • Henri Brunschwig, Le partage de l'Afrique noire, Paris, Flammarion, Question d'histoire, 1971, 186 p.
  • Henri Wesseling, Le partage de l’Afrique - 1880-1914, Paris, Denoël, 1996 (Folio Histoire, 2002), 840 p. (1re édition en néerlandais en 1991).

Conférence

  • Diagné Yaré, L'Afrique de la conférence de Berlin à nos jours, YouTube, 2011

Filmographie

Joël Calmettes, Berlin 1885, la ruée sur l'Afrique, 2010


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