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13 décembre 2017

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Période 1760

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1761

  • 16 janvier : Les Britanniques s'emparent de Pondichéry.
  • 27 janvier : Choiseul devient secrétaire d'État à la Guerre.
  • 31 mars : Propositions françaises de paix à la Grande-Bretagne.
  • 8 mai : Condamnation des jésuites par le parlement.
  • 15 août :« Pacte de famille » où les Bourbons de France, les Bourbons d'Espagne et les Bourbons de Naples se garantissent mutuellement assistance.

 

Marc Antoine CALAS est découvert mort

Résumé succinct :

Le 13 octobre 1761, Jean CALAS, riche négociant toulousain de religion protestante, découvre à son domicile son fils Marc-Antoine, 29 ans, mort étranglé. Croyant au suicide, il tente de camoufler le crime pour "sauver" l'honneur familial. Il apparaît que le jeune homme voulait se convertir au catholicisme ! Dès lors, la rumeur populaire va bon train... et les faux témoignages aussi !

Jean Calas et son épouse, ainsi que son fils Pierre, sa servante et un ami sont arrêtés et emprisonnés.

Un procès à charge et le Parlement de Toulouse condamne Jean Calas, par huit voix contre cinq, à subir la question ordinaire et extraordinaire, à être rompu vif et jeté dans un bûcher.

- Jean CALAS est exécuté le lendemain, le 10 mars 1762. Les supposés complices, dont La Beaumelle, sont acquittés ou bannis.

La Beaumelle rédigera plusieurs mémoires pour la cassation du jugement et la libération des filles de la veuve Calas.

- Voltaire prend alors parti pour la famille Calas et, le 4 juin 1764, le Conseil du Roi casse enfin les jugements prononcés.

« J'en suis tout hors de moi : je m'y intéresse comme homme, un peu même comme philosophe. Je veux savoir de quel côté est l'horreur du fanatisme.
Oserais-je supplier votre Éminence de vouloir bien me dire ce que je dois penser de l'aventure affreuse de ce Calas, roué à Toulouse pour avoir pendu son fils ? Cette aventure me tient au cœur ; elle m'attriste dans mes plaisirs, elle les corrompt.
»(Lettre au cardinal de Bernis, 25 mars 1762)

« Je suis persuadé plus que jamais de l'innocence des Calas et de la cruelle bonne foi du Parlement de Toulouse qui a rendu le jugement le plus inique sur les indices les plus trompeurs ».(21 juin 1762)

- Le 9 mars 1765, le Parlement de Paris réhabilite Jean Calas et restitue ses biens à sa famille ainsi qu'un don de 30.000 livres de Louis XV..

1762

  • 10 mars : Exécution de Jean Calas à Toulouse, accusé d'avoir assassiné son fils pour l'empêcher de se convertir au catholicisme.
  • 3 novembre : Préliminaires de paix à Fontainebleau.

1763

  • 10 février : Traité de Paris : la France cède à la Grande-Bretagne le Canada, une partie de la Louisiane, la vallée de l'Ohio, la Dominique, Tobago, la Grenade, le Sénégal et son empire des Indes. Fin du premier espace colonial français.

Le déclin de la Monarchie (1764-1774)

  En effet Voltaire ne mettra jamais en doute cette bonne foi des juges. Il incriminera le seul David de Beaudrigue, ce Capitoul qui, d'emblée, s'était montré hostile aux Calas et avait négligé son enquête :

  Il paraissait impossible que Jean Calas, vieillard de soixante-huit ans, qui avait depuis longtemps les jambes enflées et faibles, eût seul étranglé et pendu son fils âgé de vingt-huit ans, qui était d'une force au-dessus de l'ordinaire. Il fallait absolument qu'il eût été assisté dans cette exécution par sa femme, par son fils Pierre Calas, par Lavaisse et par la servante. Ils ne s'étaient pas quittés un seul moment le soir de cette fatale aventure. Mais cette supposition était encore aussi absurde que l'autre : car comment une servante zélée catholique aurait-elle pu souffrir que des huguenots assassinassent un jeune homme, élevé par elle, pour le punir d'aimer la religion de cette servante ? Comment Lavaisse serait-il venu exprès de Bordeaux pour étrangler son ami dont il ignorait la conversion prétendue ? Comment une mère tendre aurait-elle mis les mains sur son fils ? Comment tous ensemble auraient-ils pu étrangler un jeune homme aussi robuste qu'eux tous, sans un combat long et violent, sans des cris affreux qui auraient appelé tout le voisinage, sans des coups réitérés, sans des meurtrissures, sans des habits déchirés ? Il était évident que, si le parricide avait pu être commis, tous les accusés étaient également coupables, parce qu'ils ne s'étaient pas quittés d'un moment ; il était évident qu'ils ne l'étaient pas ; il était évident que le père seul ne pouvait l'être ; et cependant l'arrêt condamna ce père seul à expirer sur la roue. Le motif de l'arrêt était aussi inconcevable que tout le reste. Les juges qui étaient décidés pour le supplice de Jean Calas persuadèrent aux autres que ce vieillard faible ne pourrait résister aux tourments ; et qu'il avouerait, sous les coups des bourreaux, son crime et celui de ses complices. Ils furent confondus, quand ce vieillard en mourant sur la roue, prit Dieu à témoin de son innocence, et le conjura de pardonner à ses juges. Ils furent obligés de rendre un second arrêt contradictoire avec le premier, d'élargir la mère, son fils Pierre, le jeune Lavaisse et la servante ; mais un des conseillers leur fait sentir que cet arrêt démentait l'autre, qu'ils se condamnaient eux-mêmes, que tous les accusés ayant toujours été ensemble dans le temps qu'on supposait le parricide, l'élargissement de tous les survivants prouvait invinciblement l'innocence du père de famille exécuté, ils prirent alors le parti de bannir Pierre Calas son fils. Ce bannissement semblait aussi inconséquent, aussi absurde que tout le reste: car Pierre Calas était coupable ou innocent du parricide; s'il était coupable, il fallait le rouer comme son père; s'il était innocent, il ne fallait pas le bannir. Mais les juges, effrayés du supplice du père et de la piété attendrissante avec laquelle il était mort, imaginèrent de sauver leur honneur en laissant croire qu'ils faisaient grâce au fils, comme si ce n'eût pas été une prévarication nouvelle de faire grâce; et ils crurent que le bannissement de ce jeune homme pauvre et sans appui, étant sans conséquence, n'était pas une grande injustice, après celle qu'ils avaient eu le malheur de commettre.
Voltaire, Traité sur la Tolérance, 1763.


Mémoire pour Dame Anne-Rose Cabibel...,
texte de l'avocat Élie de Beaumont (1762)

consulter le document

1764

  • 15 avril : Mort de Mme de Pompadour.
  • 4 juin : Cassation du jugement de Calas par le Conseil du roi.
  • 5 juin : Début des affaires de Bretagne. Le procureurLa Chalotais prend la tête d'une coalition de magistrats décidés à défendre les privilèges locaux.
  • 19 juillet : Liberté du commerce des grains avec l'étranger.
  • Novembre :Édit de Louis XV qui ordonne la suppression de la Compagnie de Jésus en France.

1765

  • 9 mars : Réhabilitation de Calas.
  • 22 mai : Démission du Parlement de Bretagne.
  • 20 décembre : Mort du Dauphin, fils de Louis XV.
  •  

Procès verval de David de Beaudrigue .

*(Une erreur sur la date ? ? ? Aiguail)

*L'an mil sept cent soixante et le treizième jour du mois d'octobre, nous François Raymond David de Beaudrigue, Ecuyer, Capitoul, étant dans notre maison d'habitation vers les onze heures et demy du soir, sont survenus les sieurs Borrel, ancien Capitoul et Trubelle, négociant de cette ville, qui nous ont dit que passant dans la Grand'Rue, accompagnant un Monsieur qui avait soupé avec eux, ils ont trouvé vis à vis de la maison du sieur Calas un nombre infiny de personnes et ayant demandé le sujet de cet attroupement, il leur a été dis qu'on avait trouvé dans la maison du dit sieur Calas, un homme asassiné et mort; et sur cet avis nous nous sommes rendus à l'hotel de ville pour prendre notre main forte et après avoir fait avertir maître Monyer notre assesseur nous nous sommes rendus avec notre dit assesseur et la main forte, chez le sieur Calas, après avoir fait avertir messieurs les gens du Roy qui se sont trouvés absents; et ayant trouvé la porte d'entrée de la ditte maison fermée avons frappé à la dite porte qu'une fille de service nous a ouvert, et étant entré dans l'alée il s'est présenté à nous un jeune homme et l'ayant interpellé de nous dire s'il n'y avait pas dans la ditte maison un cadavre, mort depuis peu de mort violente, il nous a dit que le fait était vray, et ayant pris de sa poche une clef il nous a ouvert la porte de la boutique qui donne dans la ditte allée et nous a conduit auprès la porte d'un magasin qui est à suitte de la dite boutique auprès de laquelle nous avons trouvé le cadavre d'un jeune homme couché sur le dos, nud tette, en chemise, n'ayant que ses culottes, ses bas et ses souliers; et ayant demandé au dit jeune homme qui étoit le cadavre il nous a répondu que c'étoit son frère fils du sieur Calas marchand, et ayant examiné ledit cadavre il nous a pareu qu'il n'était pas mort de mort naturelle, ce qui nous a obligé de mander venir Me Latour, médecin et les sieurs Peyronnel et Lamarque, chirurgiens jurés de cette ville; lesquels s'étant rendus, après avoir exigé d'eux le serment en tel cas requis, nous leur avons enjoint de procéder à la vériffication du cadavre et de dresser la relation de son état et de la cause de sa mort et de le remettre incessamment devers le greffe; et de suitte après que les dits sieurs Latour , Peyronnel et Lamarque ont eu procédé, nous avons fait transporter le dit cadavre dans l'hotel de ville, à la chambre de la gêne, de même que son habit qui s'est trouvé sur le contoir du même magasin où ledit cadavre étoit étendu. Et ayant fouillé les poches de sa veste et de son habit il si est trouvé son mouchoir dindienne dans une de ses poches dudit habit et dans les deux poches de la vesteil si est trouvé plusieurs lettres et papiers inutiles et dans les poches de la culotte un canif et un couteau à pliant. Ledit habit étant en drap bleu melange avec une veste danquin. Le dit cadavre portant culottes aussi danquin, bas de soye noirs et des boucles de fer à ses souliers et celles des jarretière étant de laiton de même que les boutons des manches. Et en nous retirant affin de prendre des éclaircissements et découvrir la preuve de la cause de la mort dudit cadavre, nous avons fait conduire dans l'hotel de ville les sieurs Calas père et fils, la delle Calas mère, la fille de service dudit Calas, le sieur Lavaisse et un espèce d'abbé qui se sont trouvés dans la maison et dans la chambre du sieur Calas père, et de ce dessus avons fait et dressé le présent verbal que nous avons signé avec ledit Me Monyer notre assesseur et notre greffier pour être statué ce qu'il appartiendra

DAVID DE BEAUDRIGUE Capitoul

MONYER, assesseur.

Michel DIEULAFOY, greffier

 

Procès-verbal de l'arrestation de la famille Calas.
*(13 octobre 1761)

C'est en sa qualité de capitoul que François Raymond David de Beaudrique intervient le soir du 13 octobre 1761. La municipalité de Toulouse, au XVIIIème siècle est constituée de huit capitouls désignés annuellement par le conseil du roi, d'après une liste de 24 candidats transmise par l'intendant résidant à Montpellier. Ce contrôle royal éclaire l'action de David. Il envoie son procès- verbal au ministre Saint-Florentin le 18 octobre, (le comte est chargé de la Religion Prétendue Réformée) lui demande des ordres, l'assure de son zèle. Le ministre suivra l'affaire, le capitoul s'efforcera de le contenter.

La municipalité est chargée du maintien de l'ordre public.le "nombre infiny de personnes" devant une maison où on a découvert "un homme assassiné et mort" provoque logiquement l'intervention d'un de ses membres. Cependant, sur les lieux, David de Beaudrigue agit avec une négligence qui rend encore impossible aujourd'hui toute démonstration décisive: il ne conserve pas le contenu des poches de la victime, "plusieurs lettres et papiers inutiles", ne perquisitionne pas, ne laisse aucun des hommes de sa "main forte" devant la maison (elle ne sera gardée qu'après l'ordonnance d'écrou). Il se contente de faire examiner le cadavre par les deux chirurgiens mandatés, et d'arrêter toutes les personnes présentes.

La famille, (l'épouse de Jean Calas est la "Delle" Calas mère, le terme "madame" étant réservé aux femmes nobles jusqu'à le Révolution), Gaubert Lavaysse, la servante et Cazeing ("un espèce d'abbé"), fabricant d'étoffes chez lequel Gaubert avait prévu de passer la nuit (relâché rapidement car il n'était venu qu'après la découverte du corps) prennent nuitamment le chemin du Capitole, hôtel de ville de Toulouse.

David de Beaudrigue n' a pas respecté la procédure instituée par l'ordonnance criminelle de 1670, règlement élaboré par Colbert et son oncle Pussort, en vigueur au moment des faits. D'une part, selon ce texte, l'arrestation ne peut se faire qu'en flagrant délit ou à la clameur publique (pendant une fuite). D'autre part l'ordonnance précise :" les juges dresseront "sur-le-champ et sans déplacer, procès-verbal de l'état auquel seront trouvées les personnes blessées ou le corps mort". Le capitoul écrit lui-même qu'il s'est acquitté de cette tache une fois arrivé à l'hotel de ville. où il a fait transporter le cadavre. De plus le document est daté du 13 octobre, en fait il a été rédigé le 14 et antidaté.

Chronologiquement la première pièce du dossier est l'audition d'office de Jean Calas à laquelle David de Beaudrigue a procédé en arrivant au Capitole.


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