23 octobre 2017
Bonne fête Jean de Capistran

Site mis à jour le
22 octobre 2017

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POESIE

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       La poésie est à la vie ce que le parfum est à la nature
aiguail7



 

 

 

La petite fille

 

Une petite fille marchait tous les jours pour aller et revenir de l'école.

Bien que ce matin- là des nuages se formaient, elle se rendit à pied à son école élémentaire.
Durant l'après-midi, les vents se levèrent et les éclairs apparurent.

La Maman de la petite craignait que sa fillette ne prenne peur en revenant à la maison et que la tempête électrique puisse lui faire du tort.

Inquiète, la Maman s'empressa de prendre la route, en voiture, vers l'école.

En route, elle vit apparaître sa petite, qui, à chaque éclair, s'arrêtait, regardait en haut et souriait.
Quelques éclairs se succédèrent rapidement et, chaque fois, l'enfant regardait vers l'éclair et souriait.

Sa mère parvint à ses côtés, baissa sa fenêtre et lui demanda : Mais, que fais-tu là ?
L'enfant de répondre
"J'essaie d'être belle, car Dieu n'arrête pas de prendre ma photo !"

INVICTUS

Dans les ténèbres qui m’enserrent,
Noires comme un puits où l’on se noie,
Je rends grâce aux dieux quels qu’ils soient,
Pour mon âme invincible et fière,

Dans de cruelles circonstances,
Je n’ai ni gémi ni pleuré,
Meurtri par cette existence,
Je suis debout bien que blessé,

En ce lieu de colère et de pleurs,
Se profile l’ombre de la mort,
Et je ne sais ce que me réserve le sort,
Mais je suis et je resterai sans peur,

Aussi étroit soit le chemin,
Nombreux les châtiments infâmes,
Je suis le maître de mon destin,
Je suis le capitaine de mon âme.

de l'écrivain William Ernest Henley

Le poème préféré de Nelson Mandela

visage paysage 2

 

Un essai anonyme sur être et avoir

(Si SUBTIL qu'il ne faut pas perdre le fil…  !)
AVOIR et ÊTRE
Loin des vieux livres de grammaire,
Écoutez comment un beau soir,
Ma mère m'enseigna les mystères
Du verbe être et du verbe avoir.
Parmi mes meilleurs auxiliaires,
Il est deux verbes originaux.
Avoir et Être étaient deux frères
Que j'ai connus dès le berceau.
Bien qu'opposés de caractère,
On pouvait les croire jumeaux,
Tant leur histoire est singulière.
Mais ces deux frères étaient rivaux.
Ce qu'Avoir aurait voulu être
Être voulait toujours l'avoir.
À ne vouloir ni dieu ni maître,
Le verbe Être s'est fait avoir.
Son frère Avoir était en banque
Et faisait un grand numéro,
Alors qu'Être, toujours en manque.
Souffrait beaucoup dans son ego.
Pendant qu'Être apprenait à lire
Et faisait ses humanités,
De son côté sans rien lui dire
Avoir apprenait à compter.
Et il amassait des fortunes En avoirs, en liquidités, Pendant qu'Être, un peu dans la lune S'était laissé déposséder.
Avoir était ostentatoire
Lorsqu'il se montrait généreux,
Être en revanche, et c'est notoire,
Est bien souvent présomptueux.
Avoir voyage en classe Affaires.
Il met tous ses titres à l'abri.
Alors qu'Être est plus débonnaire,
Il ne gardera rien pour lui.
Sa richesse est tout intérieure,
Ce sont les choses de l'esprit.
Le verbe Être est tout en pudeur,
Et sa noblesse est à ce prix.
Un jour à force de chimères
Pour parvenir à un accord,
Entre verbes ça peut se faire,
Ils conjuguèrent leurs efforts.
Et pour ne pas perdre la face
Au milieu des mots rassemblés,
Ils se sont répartis les tâches
Pour enfin se réconcilier.
Le verbe Avoir a besoin d'Être
Parce qu'être, c'est exister.
Le verbe Être a besoin d'avoirs
Pour enrichir ses bons côtés.
Et de palabres interminables
En arguties alambiquées,
Nos deux frères inséparables
Ont pu être et avoir été.

 

Népenthès

Athanor merveilleux de l’ivresse des sens

 Mêlant la communion,l’offrande et la passion

  On y pose son vœu d’éternelle présence

   Un soupçon d’illusion et beaucoup d’émotion

    Remuons maintenant jusqu’à la nuit des temps …

Aiguail7 (TJC)
 
 
Un beau jour de printemps, la Folie décida d'inviter ses amis pour prendre un café chez elle. Tous les invités y allèrent. Après le café, la Folie proposa :
- On joue à cache-cache ?
- Cache-cache ? Qu'est-ce que c'est ? demanda la Curiosité.
- Cache-cache est un jeu. Je compte jusqu'à cent et vous vous cachez.
Quand j'ai fini de compter, je cherche, et le premier que je trouve sera le prochain à compter.
Tous acceptèrent, sauf la Peur et la Paresse.

La Folie commença à compter : 1, 2, 3...
L'Empressement se cacha le premier, n'importe où. La Timidité, timide comme toujours, se cacha dans une touffe d'arbre. La Joie courut au milieu du jardin. La Tristesse commença à pleurer, car elle ne trouvait pas d'endroit approprié pour se cacher. L'Envie accompagna le Triomphe et se cacha près de lui derrière un rocher. La Folie continuait de compter tandis que ses amis se cachaient. Le Désespoir était désespéré en voyant que la Folie en était déjà à 99...
- CENT ! cria la Folie. Je vais commencer à chercher...

La première à être trouvée fut la Curiosité, car elle n'avait pu s'empêcher de sortir de sa cachette pour voir qui serait le premier découvert. En regardant sur le côté, la Folie vit le Doute au-dessus d'une clôture ne sachant pas de quel côté il serait mieux caché. Et ainsi de suite, elle découvrit la Joie, la Tristesse, la Timidité...  Quand ils furent tous réunis, la Curiosité demanda :
- Où est l'Amour ?
Personne ne l'avait vu. La Folie commença à le chercher. Elle chercha au-dessus d'une montagne, dans les rivières au pied des rochers. Mais elle ne trouvait pas l'Amour. Cherchant de tous côtés, la Folie vit un rosier, prit un bout de bois et commença à chercher parmi les branches lorsqu'elle entendit soudain un cri.
C'était l'Amour, qui criait parce qu'une épine lui avait crevé un oeil. La Folie ne savait pas quoi faire, elle s'excusa, implora l'Amour pour avoir son pardon et alla jusqu'à lui promettre de le suivre pour toujours.
L'Amour accepta les excuses.


Aujourd'hui encore, l'Amour est aveugle et la Folie l'accompagne toujours...
 
 ET POUR TOI... L'AMOUR... C'EST QUOI ?

Des professionnels ont posé la question suivante à des enfants de 4 à 12 ans : 
" Que veut dire l'amour ? "

Les réponses ont été plus étendues et plus profondes que ce que les experts anticipaient.

* "L'amour est la première chose que l'on ressent avant que le méchant arrive", Charles, 5 ans.
* "Quand ma grand-mère a eu de l'arthrite et qu'elle ne pouvait plus mettre de vernis sur ses ongles d'orteils, mon grand-père le faisait pour elle, même après, quand il avait aussi de l'arthrite dans les mains. Ça c'est l'amour", Rebecca, 8 ans.
* "Quand quelqu'un nous aime, la manière de dire notre nom est différent. On sait que notre nom est en sécurité dans leur bouche", Justine, 4 ans.

* "L'amour c'est quand la fille se met du parfum et le garçon se met de la lotion à barbe et qu'ils sortent ensemble pour se sentir", Martin, 5 ans.

* L'amour c'est quand vous sortez manger et que vous donnez à quelqu'un beaucoup de vos frites sans demander que l'autre vous donne les siennes", Jean-Simon, 6 ans.

* "L'amour c'est quand quelqu'un vous fait du mal et que vous êtes très fâché mais vous ne criez pas pour ne pas les faire pleurer", Ashley, 5 ans.

* "L'amour c'est ce qui nous fait sourire même quand on est fatigué", Tim, 4 ans.

* "L'amour c'est quand maman fait du café pour papa et qu'elle y goûte avant de le donner à papa, pour s'assurer que ça goûte bon", Étienne, 7 ans.

*" L'amour c'est ce qu'est la maison à Noël quand on arrête d'ouvrir les cadeaux et qu'on écoute", Robin, 5 ans.

*" Si vous voulez essayer d'aimer, il faut commencer par un ami que vous détestez", Mika, 6 ans

*"L'amour c'est quand une vielle femme et un vieil homme sont encore amis, même quand ils se connaissent bien", Tommy, 6 ans.

*"Durant mon récital de piano, j'étais sur l'estrade et j'avais peur. J'ai regardé tout le monde qui me regardait et j'ai vu mon papa qui souriait et me faisait signe de la main. Il était le seul à faire cela et je n'avais plus peur", Clara, 8 ans.

*"L'amour c'est quand maman donne à papa le meilleur morceau de poulet", Sarah-Jeanne, 5 ans.

* "L'amour c'est quand mon chien me lèche le visage, même quand je l'ai laissé seul toute la journée"
Marie-Anne, 4 ans.

* "Les cartes de Saint-Valentin disent ce que vous n'osez pas dire", Michel, 12 ans.

* On ne doit pas dire "je t'aime" si cela n'est pas vrai. Mais si cela est vrai, on doit le dire beaucoup.
bisous.
 

 

Mon premier va ça et là,
Mon deuxième est employé de la Poste,
Mon troisième ne rit pas jaune,
Mon quatrième n'est pas pressé,
Mon tout est le plus célèbre des auteurs de charades à tiroirs.


Mon premier, c'est VIC, parce que VICAIRE (Vic erre),
Mon deuxième, c'est TOR, parce que TORREFACTEUR (Tor est facteur),
Mon troisième, c'est HU, parce que URINOIR (U rit noir),
Mon quatrième, c'est GO, parce que GOELAND (Go est lent),
Mon tout, c'est, bien sûr, VICTOR HUGO, qui excellait dans ce domaine

 

 Il est assez courant que les mots expriment l'humeur de l'instant ou le sentiment du moment.

C'est pourquoi depuis décembre 2006, souhaiter une "BONNE" année à des êtres dignes, au bord du gouffre, m'a semblé obcène. J'ai laissé parler mon coeur,  le style est différent mais le message fût  une vraie giffle pour certains. Les Gens de coeur l'ont accepté comme présent et j'ai su à leurs regards qu'ils seraient messagers, en toute humilité, de l'espoir qui subsiste.

 

*°*°*°* On ne Vœux pas s’y faire *°*°*°*

 

Sur l’aviso de nos craintes

Peut-on ramer,

Axène de tout préjugé,

Voguer ? car il n’est d’empreintes

Bien dessinées

Qu’une fois Sagesse accostée.

 

Dans l’Athanor des pleurs,

Faut-il brasser

Espoirs et chagrins, mélanger,

Fusionner ? car toutes peurs

Conditionnées

Alimentent les opprimés.

 

Dans le canon des colères,

Il faut armer

Du pollen et des grains de blé,

Tirer où pauvre est la Terre,

Sans la blesser,

Panser, semer sa destinée

 

Au printemps 2007,

Il faut lutter

Pour nos bébés, pour nos aîné(e)s.

Humblement je vous souhaite

Pour cette Année,

Du courage et de l’Amitié

 

Ainsi nos vœux feront fête

Dans les pensées

D’un être, peut-être oublié,

Qui ne comprend pas sa quête,

Mais rassuré

Un instant, qu’on n’y ait songé…

 
Cette complainte, avec humilité,

Est destinée aux Gens de Cœur

JCT

*°*°*°* Aiguail7 *°*°*°*

*°*°*°* 01 janvier 2007 *°*°*°* Mille Baisers de ZABOU *°*°*°*

                                        
          Femme Terre

 

Que l'on touche la Femme au et le monde s'unira !    (aiguail7)









Un grand poète soufi du XIIIe siècle : Yunus Emré !


Il faut savoir que dans la Déclaration des droits de l'Homme et du Citoyen de 1789 (article 11) :

« La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l'homme ; tout citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l'abus de cette liberté dans les cas déterminés par la loi. » 

Pour l'Europe (Convention européenne des droits de l’Homme, Conseil de l’Europe de 1950 (article 10) :

« 1. Toute personne a droit à la liberté d'expression. Ce droit comprend la liberté d'opinion et la liberté de recevoir ou de communiquer des informations ou des idées sans qu'il puisse y avoir ingérence d'autorités publiques et sans considération de frontière. Le présent article n'empêche pas les États de soumettre les entreprises de radiodiffusion, de cinéma ou de télévision à un régime d'autorisations. » 

« 2. L'exercice de ces libertés comportant des devoirs et des responsabilités peut être soumis à certaines formalités, conditions, restrictions ou sanctions prévues par la loi, qui constituent des mesures nécessaires, dans une société démocratique, à la sécurité nationale, à l'intégrité territoriale ou à la sûreté publique, à la défense de l'ordre et à la prévention du crime, à la protection de la santé ou de la morale, à la protection de la réputation ou des droits d'autrui, pour empêcher la divulgation d'informations confidentielles ou pour garantir l'autorité et l'impartialité du pouvoir judiciaire. » 

Jurisprudence (Cour Européenne des Droits de l’Homme, 21 janvier 1999, n°29183/95, Fressoz et Roire c. France) :

« La liberté d'expression vaut non seulement pour les « informations » ou « idées » accueillies avec faveur ou considérées comme inoffensives ou indifférentes, mais aussi pour celles qui heurtent, choquent ou inquiètent : ainsi le veulent le pluralisme, la tolérance et l'esprit d'ouverture sans lesquels, il n'est pas de « société démocratique ». » 

Si la déclaration universelle des droits de l'homme de 1948 ne spécifie pas davantage de conditions particulières ni restrictions à cette liberté d'expression, cependant, un certain nombre de juridictions, sous l'égide des Nations unies et des pays y adhérant, -ce qui est le cas de la législation française-, limitent toutefois cette liberté aux propos incitant à la haine raciale, nationale ou religieuse et relevant de l'appel au meurtre qui sont des délits interdits par la loi.

Elle va de pair avec la liberté d'information et plus spécifiquement la liberté de la presse, qui est la liberté pour un propriétaire de journal de dire ou de taire ce que bon lui semble dans son journal, sous réserve d'en répondre devant les tribunaux en cas de diffamation ou calomnie. La calomnie et la diffamation étant là aussi, les restrictions imposées à la notion de liberté d'expression pour toute parole publique, comme pour l'incitation à la haine et au meurtre.

Le Pacte international relatif aux droits civils et politiques, adopté par l'Assemblée générale des Nations unies précise que la liberté d'expression comprend «la liberté de rechercher, de recevoir et de répandre des informations et des idées de toute espèce sans considération de frontière» (article 4.).

Renseignements tirés d'un article de WIKIPEDIA



 



 
 

 

Mignonne, allons voir si la rose

A Cassandre                                                                                                   Rose Pierre de Ronsard

Mignonne, allons voir si la rose
Qui ce matin avoit desclose
Sa robe de pourpre au Soleil,                                      
A point perdu ceste vesprée
Les plis de sa robe pourprée,
Et son teint au vostre pareil.

Las ! voyez comme en peu d'espace,
Mignonne, elle a dessus la place
Las ! las ses beautez laissé cheoir !                                  
Ô vrayment marastre Nature,
Puis qu'une telle fleur ne dure

Que du matin jusques au soir !

Donc, si vous me croyez, mignonne,
Tandis que vostre âge fleuronne
En sa plus verte nouveauté,
Cueillez, cueillez vostre jeunesse :
Comme à ceste fleur la vieillesse
Fera ternir vostre beauté.

  Pierre de RONSARD 1524-1585
 
 

 

 

La Grasse matinée

Il est terrible
le petit bruit de l'oeuf dur cassé sur un comptoir d'étain
il est terrible ce bruit
quand il remue dans la mémoire de l'homme qui a faim
elle est terrible aussi dans la tête de l'homme
la tête de l'homme qui a faim
quand il se regarde à six heures du matin
dans la glace du grand magasin
une tête couleur de poussière
ce n'est pas sa tête pourtant qu'il regarde
dans la vitrine de chez Potin
il s'en fout de sa tête l'homme
il n'y pense pas
il songe
il imagine une autre tête
une tête de veau par exemple
avec une sauce de vinaigre
ou une tête de n'importe quoi qui se mange
et il remue doucement la mâchoire
doucement
et il grince des dents doucement
car le monde se paye sa tête
et il ne peut rien contre ce monde
et il compte sur ses doigts un deux trois
un deux trois
cela fait trois jours qu'il n'a pas mangé
et il a beau se répéter depuis trois jours
Ça ne peut pas durer
ça dure
trois jours
trois nuits
sans manger
et derrière ces vitres
ces pâtés ces bouteilles ces conserves
poissons morts protégés par les boîtes
boîtes protégées par les vitres
vitres protégées par les flics
flics protégés par la crainte
que de barricades pour six malheureuses sardines..
Un peu plus loin le bistrot
café-crême et croissants chauds
l'homme titube
et dans l'intérieur de sa tête
un brouillard de mots
un brouillard de mots
sardines à manger
oeuf dur café-crème
café arrosé rhum
café-crème
café-crème
café-crime arrosé sang !...
Un homme très estimé dans son quartier
a été égorgé en plein jour
l'assassin le vagabond lui a volé
deux francs
soit un café arrosé
zéro franc soixante-dix
deux tartines beurrées
et vingt-cinq centimes pour le pourboire du garçon.
Il est terrible
le petit bruit de l'oeuf dur cassé sur un comptoir d'étain
il est terrible ce bruit
quand il remue dans la mémoire de l'homme qui a faim.


Jacques prevert 1945

 

 Le Dormeur du val.

C'est un trou de verdure, où chante une rivière
Accrochant follement aux herbes des haillons
D'argent; où le soleil, de la montagne fière,
Luit: c'est un petit val qui mousse de rayons.

Un soldat jeune, bouche ouverte, tête nue,
Et la nuque baignant dans le frais cresson bleu,
Dort; il est étendu dans l'herbe, sous la nue,
Pâle dans son lit vert ou la lumière pleut.

Les pieds dans les glaïeuls, il dort. Souriant comme
Sourirait un enfant malade, il fait un somme:
Nature, berce-le chaudement: il a froid.

Les parfums ne font pas frissonner sa narine.
Il dort dans le soleil, la main sur sa poitrine
Tranquille. Il a deux trous rouges au côté droit.


Arthur Rimbaud, novembre 1870

 

Le cor
J'aime le son du Cor, le soir, au fond des bois,
Soit qu'il chante les pleurs de la biche aux abois,
Ou l'adieu du chasseur que l'écho faible accueille,
Et que le vent du nord porte de feuille en feuille.
Que de fois, seul, dans l'ombre à minuit demeuré,
J'ai souri de l'entendre, et plus souvent pleuré !
Car je croyais ouïr de ces bruits prophétiques
Qui précédaient la mort des Paladins antiques.
O montagnes d'azur ! ô pays adoré !
Rocs de la Frazona, cirque du Marboré,
Cascades qui tombez des neiges entraînées,
Sources, gaves, ruisseaux, torrents des Pyrénées ;
Monts gelés et fleuris, trône des deux saisons,
Dont le front est de glace et le pied de gazons !
C'est là qu'il faut s'asseoir, c'est là qu'il faut entendre
Les airs lointains d'un Cor mélancolique et tendre.
Souvent un voyageur, lorsque l'air est sans bruit,
De cette voix d'airain fait retentir la nuit ;
A ses chants cadencés autour de lui se mêle
L'harmonieux grelot du jeune agneau qui bêle.
Une biche attentive, au lieu de se cacher,
Se suspend immobile au sommet du rocher,
Et la cascade unit, dans une chute immense,
Son éternelle plainte au chant de la romance.
Ames des Chevaliers, revenez-vous encor?
Est-ce vous qui parlez avec la voix du Cor ?
Roncevaux ! Roncevaux ! Dans ta sombre vallée
L'ombre du grand Roland n'est donc pas consolée !


Tous les preux étaient morts, mais aucun n'avait fui.
Il reste seul debout, Olivier prés de lui,
L'Afrique sur les monts l'entoure et tremble encore.
"Roland, tu vas mourir, rends-toi, criait le More ;
Tous tes Pairs sont couchés dans les eaux des torrents."
Il rugit comme un tigre, et dit : "Si je me rends,
"Africain, ce sera lorsque les Pyrénées
"Sur l'onde avec leurs corps rouleront entraînées."
Rends-toi donc, répond-il, ou meurs, car les voilà."
Et du plus haut des monts un grand rocher roula.
Il bondit, il roula jusqu'au fond de l'abîme,
Et de ses pins, dans l'onde, il vint briser la cime.
Merci, cria Roland, tu m'as fait un chemin."
Et jusqu'au pied des monts le roulant d'une main,
Sur le roc affermi comme un géant s'élance,
Et, prête à fuir, l'armée à ce seul pas balance.

Tranquilles cependant, Charlemagne et ses preux
Descendaient la montagne et se parlaient entre eux.
A l'horizon déjà, par leurs eaux signalées,
De Luz et d'Argelès se montraient les vallées.
L'armée applaudissait. Le luth du troubadour
S'accordait pour chanter les saules de l'Adour ;
Le vin français coulait dans la coupe étrangère ;
Le soldat, en riant, parlait à la bergère.
Roland gardait les monts ; tous passaient sans effroi.
Assis nonchalamment sur un noir palefroi
Qui marchait revêtu de housses violettes,
Turpin disait, tenant les saintes amulettes :
Sire, on voit dans le ciel des nuages de feu ;
"Suspendez votre marche; il ne faut tenter Dieu.
"Par monsieur saint Denis, certes ce sont des âmes
"Qui passent dans les airs sur ces vapeurs de flammes.
Deux éclairs ont relui, puis deux autres encor."
Ici l'on entendit le son lointain du Cor.
L'Empereur étonné, se jetant en arrière,
Suspend du destrier la marche aventurière.
Entendez-vous ! dit-il. - Oui, ce sont des pasteurs
"Rappelant les troupeaux épars sur les hauteurs,
"Répondit l'archevêque, ou la voix étouffée
"Du nain vert Obéron qui parle avec sa Fée."
Et l'Empereur poursuit ; mais son front soucieux
Est plus sombre et plus noir que l'orage des cieux.
Il craint la trahison, et, tandis qu'il y songe,
Le Cor éclate et meurt, renaît et se prolonge.
"Malheur ! c'est mon neveu ! malheur! car si Roland
"Appelle à son secours, ce doit être en mourant.
"Arrière, chevaliers, repassons la montagne !
"Tremble encor sous nos pieds, sol trompeur de l'Espagne !

Sur le plus haut des monts s'arrêtent les chevaux ;
L'écume les blanchit ; sous leurs pieds, Roncevaux
Des feux mourants du jour à peine se colore.
A l'horizon lointain fuit l'étendard du More.
Turpin, n'as-tu rien vu dans le fond du torrent ?
"J'y vois deux chevaliers : l'un mort, l'autre expirant
"Tous deux sont écrasés sous une roche noire ;
"Le plus fort, dans sa main, élève un Cor d'ivoire,
"Son âme en s'exhalant nous appela deux fois."
Dieu ! que le son du Cor est triste au fond des bois !

alfred de vigny
1797-1863

 

Chanson d’automne

Les sanglots longs
Des violons
De l’automne
Blessent mon cœur

D’une langueur
Monotone.

Tout suffocant
Et blême, quand
Sonne l’heure,

Je me souviens
Des jours anciens
Et je pleure ;

Et je m’en vais
Au vent mauvais
Qui m’emporte
Deçà, delà,
Pareil à la
Feuille morte.

Paul VERLAINE

 

sous le pont mirabeau

Sous le pont le Pont Mirabeau

Sous le pont Mirabeau coule la Seine
Et nos amours
Faut-il qu'il m'en souvienne
La joie venait toujours après la peine

Vienne la nuit sonne l'heure
Les jours s'en vont je demeure

Les mains dans les mains restons face à face
Tandis que sous
Le pont de nos bras passe
Des éternels regards l'onde si lasse

Vienne la nuit sonne l'heure
Les jours s'en vont je demeure

L'amour s'en va comme cette eau courante
L'amour s'en va
Comme la vie est lente
Et comme l'Espérance est violente

Vienne la nuit sonne l'heure
Les jours s'en vont je demeure

Passent les jours et passent les semaines
Ni temps passé
Ni les amours reviennent
Sous le pont Mirabeau coule la Seine

Vienne la nuit sonne l'heure
Les jours s'en vont je demeure


Guillaume Apollinaire (1880 - 1918)

 

oceano nox

Oh ! combien de marins, combien de capitaines
Qui sont partis joyeux pour des courses lointaines,
Dans ce morne horizon se sont évanouis !
Combien ont disparu, dure et triste fortune !
Dans une mer sans fond, par une nuit sans lune,
Sous l'aveugle océan à jamais enfouis !

Combien de patrons morts avec leurs équipages !
L'ouragan de leur vie a pris toutes les pages
Et d'un souffle il a tout dispersé sur les flots !
Nul ne saura leur fin dans l'abîme plongée.
Chaque vague en passant d'un butin s'est chargée ;
L'une a saisi l'esquif, l'autre les matelots !

Nul ne sait votre sort, pauvres têtes perdues !
Vous roulez à travers les sombres étendues,
Heurtant de vos fronts morts des écueils inconnus.
Oh ! que de vieux parents, qui n'avaient plus qu'un rêve,
Sont morts en attendant tous les jours sur la grève
Ceux qui ne sont pas revenus !

On s'entretient de vous parfois dans les veillées.
Maint joyeux cercle, assis sur des ancres rouillées,
Mêle encor quelque temps vos noms d'ombre couverts
Aux rires, aux refrains, aux récits d'aventures,
Aux baisers qu'on dérobe à vos belles futures,
Tandis que vous dormez dans les goémons verts !

On demande : - Où sont-ils ? sont-ils rois dans quelque île ?
Nous ont-ils délaissés pour un bord plus fertile ? -
Puis votre souvenir même est enseveli.
Le corps se perd dans l'eau, le nom dans la mémoire.
Le temps, qui sur toute ombre en verse une plus noire,
Sur le sombre océan jette le sombre oubli.

Bientôt des yeux de tous votre ombre est disparue.
L'un n'a-t-il pas sa barque et l'autre sa charrue ?
Seules, durant ces nuits où l'orage est vainqueur,
Vos veuves aux fronts blancs, lasses de vous attendre,
Parlent encor de vous en remuant la cendre
De leur foyer et de leur coeur !

Et quand la tombe enfin a fermé leur paupière,
Rien ne sait plus vos noms, pas même une humble pierre
Dans l'étroit cimetière où l'écho nous répond,
Pas même un saule vert qui s'effeuille à l'automne,
Pas même la chanson naïve et monotone
Que chante un mendiant à l'angle d'un vieux pont !

Où sont-ils, les marins sombrés dans les nuits noires ?
O flots, que vous savez de lugubres histoires !
Flots profonds redoutés des mères à genoux !
Vous vous les racontez en montant les marées,
Et c'est ce qui vous fait ces voix désespérées
Que vous avez le soir quand vous venez vers nous !

 

Petit poème dans lequel on cherche à faire deviner une chose en la décrivant en termes voilés.

Voltaire : Aviez-vous remarqué que Voltaire est l'anagramme de son vrai nom Arouet Le Jeune, écrit à la façon latine AROVET L.I.

        Cinq voyelles, une consonne,
        En français composent mon nom
        Et je porte sur ma personne
        De quoi l'écrire sans crayon.

La réponse est l'Oiseau.


D'autres grands classiques:

        Vous connaissez Paris ?
        Et bien, mes bons amis
        Sans moi, ce beau pays
        A coup sûr serait pris !

        Je suis, ami lecteur, tout au bout de ta main,
        Je commence la nuit et je finis demain.


Ce sont respectivement les lettres A et N.

 

Une rime exige au minimum la reprise de la dernière voyelle et des éventuels sons consonantiques qui la suivent (ex. : plaisir et saphir, timide et rapide). Une rime est dite "pauvre" quand il n’y a pas de sons consonantiques après la dernière voyelle (ex. : canaux/vaisseaux, jardin/destin).

Il ne faut pas confondre la rime avec l’assonance, dans laquelle seules les voyelles doivent être identiques (ex. : lune/plume, bonne/pomme).

Certains mots de la langue française ne riment avec aucun autre nom commun. C’est le cas par exemple de "triomphe", "quatorze", "quinze", "simple", "pauvre", "meurtre", "monstre", "belge", "goinfre" ou "larve".

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