23 février 2012
Bonne fête Lazare

Site mis à jour le
22 février 2012

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Beaucoup d'images et de Mots sont des liens, cliquer dessus ! Page en perpétuelle évolution !

 VERS UN REGIME TOTALITAIRE

 Loi anti pirates NET plus bas

 

 

- Colbert : Pour trouver de l'argent, il arrive un moment où tripoter ne suffit plus. J'aimerais que Monsieur le Surintendant m'explique comment on s'y prend  pour    dépenser encore quand on est   déjà endetté jusqu'au cou... 
- Mazarin : Quand on est un simple mortel, bien sûr, et qu'on est couvert de dettes, on va en prison. Mais l'Etat... L'Etat, lui, c'est différent. On ne peut pas jeter l'Etat en prison. Alors, il continue, il creuse la dette ! Tous les Etats font ça.
- Colbert : Ah oui ? Vous croyez ? Cependant, il nous faut de l'argent. Et comment en trouver quand on a déjà créé tous les impôts imaginables ? 

-  Mazarin : On en crée d'autres.

- Colbert : Nous ne pouvons pas taxer les pauvres plus qu'ils ne le sont déjà.
-Mazarin : Oui, c'est impossible. 
- Colbert : Alors, les riches ?-
Mazarin : Les riches, non plus. Ils ne dépenseraient plus. Un riche qui dépense fait vivre des centaines de pauvres.
- Colbert : Alors, comment fait-on ?
Mazarin : Colbert, tu raisonnes comme un fromage ! Il y a quantité de gens qui sont entre les deux, ni pauvres, ni riches... Des Français qui travaillent, rêvant d'être riches et redoutant d'être  pauvres ! C'est ceux-là que nous devons taxer, encore plus, toujours plus ! Ceux-là ! Plus tu leur prends, plus ils travaillent pour compenser.. C'est un réservoir inépuisable.

Extrait du « Diable Rouge ".

 

 Tous les N° de TELEPHONES     NON SURTAXES

Merci au site LEMONDEAVANCE.COM


par Marxsdtf'>


L'Homme parle - La Crise
par Marxsdtf

 

Des mômes qui fabriquent gratuitement des jouets pour d'autres gosses. Privés de leur enfance, ils partipent à l'épanouissement de celle de nos enfants. Mineurs ou adultes, ils sont soumis par leurs bourreaux dans une totale indifférence. Si l'on peut trouver l'excuse (?) de conserver des oeillères pour ce qui se passe à des milliers de kilomètres, il est beaucoup moins concevable de constater qu'en France cela se passe souvent dans un total mépris de la constitution des droits de l'homme et au vue de tous. Du luxueux pavillon banlieusard à l'immeuble bourgeois, des gens qui sont privés de leurs papiers, sont violentés physiquement et sexuellement et parfois torturés sans que personne ne s'en soucie. Pour un salaire misérable, ils subissent l'assouvissement, la peur au ventre, ayant le choix de se taire ou d'être exhilés. Des villes comme Paris, Marseille ou Lyon, voient les maroquineries ou ateliers de couture se multiplier dans la clandestinité la plus tolérée. Des femmes et des hommes sont asservis à des labeurs journaliers de plus de 20 heures  pour quelques €uros sous menace d'un chantage abject de dénonciation. La prostitution d'étrangères mineures est une aubaine pour les profiteurs de la misère humaine. Les chantages à l'endettement rendent ces individus entièrement dépendants à leurs maîtres. La manne reste providentielle pour ces lâches et l'aubaine par trop alléchante. Pendant ce temps d'autres pauvres sont sans abris, sans emplois, chômeurs ou au RMI et la comparaison est tentante car la peur de perdre son emploi soumet les employés à leurs employeurs qui ne se privent pas d'en profiter pleinement. C'est à qui sera payer le moins cher pour travailler plus et non pas "travailler plus pour gagner plus" qui relève d'un utopisme débile. Regardons un peu ce que la France devient puisque l'on veut nous faire croire que c'est la faute à la crise ?

N'oublie pas, clique sur les images !

 

 

Le président de la République a déclaré que "l'Etat prendrait ses responsabilités" si des progrès n'étaient pas "réalisés rapidement".

L’opposition s’insurge à travers les médias :

« Alors que la crise économique et sociale s'amplifie, les mesures présentées par Nicolas Sarkozy s'amenuisent de semaine en semaine"."Après 360 milliards pour les banques puis 26 milliards pour l'économie et les entreprises, il ne reste qu'une peau de chagrin de 2,6 milliards d'euros, selon les chiffres de l'Elysée, pour les travailleurs."

« Les 2,6 milliards débloqués en faveur des ménages représentent à peine 10 % de l'effort accordé aux entreprises (...). 'L'esprit de justice' présidentiel demeure pingre."

« Annoncer 2,6 milliards d'aides sociales, c'est presque cent fois moins qu'aux Etats-Unis. Le chef de l'Etat a distribué les restes du banquet des banquiers, il s'est contenté de faire l'aumône aux plus fragiles »

De qui se fout-on ? Tout n’est que mépris et indifférence ! Ils n’ont plus honte de leurs propos, de leurs mensonges. Ils parlent des salariés comme s'ils jaugeaient du bétail ! De labeur d’animaux de bât qui n’aspirent qu’au minimum vital et qu’on enverra à l’abattoir sitôt leur potentiel décroissant ! La crise à bon dos, pour preuve les milliards distribués à vau-l’eau. Toute cette tribu s’enrichit sur le dos des salariés, n’en branle pas une mais doit être assistée plus qu’une mère qui ne peut nourrir ses enfants ! C’est à VOMIR !

Jean-François Copé, président du groupe UMP de l'Assemblée :

"Je salue les mesures très concrètes annoncées par le président de la République pour répondre aux difficultés des Français les plus touchés par la crise.""Il a entendu les inquiétudes des Français les plus modestes et il y a répondu par des mesures exceptionnelles, à la fois concrètes et ciblées tout en réaffirmant la nécessité de poursuivre les réformes." "C'est à l'opposé de la politique de saupoudrage inefficace proposée par le Parti socialiste."

Une déclaration de la «madone du Medef», la PARISOT, au sujet du partage des profits entre les entreprises et leurs salariés proposées par Nicolas Sarkozy. Pour mémoire : 1/3 pour les actionnaires, 1/3 pour les investissements, 1/3 pour les salariés…

A peine 12% pour les travailleurs en réalité et c’est un secret de Polichinelle

 

Nos acquis sont menacés alors que certains de nos ancêtres sont morts pour les obtenir !

Les SDF se multiplient alors que des immeubles sont vides depuis des années !

Les bons patrons sont mis à l’index s’ils ne suivent pas les directives imposées par le MEDEF

Voir en fin de chapitre les promesses du futur chef de l’état relatives aux logements

Le scandale des heures supplémentaires défiscalisées
Mercredi, 25 Février 2009

Le coup de gueule de l'économiste Denis Clerc :

Les chiffres viennent de tomber : au 4e trimestre 2008, le nombre d'heures supplémentaires bénéficiant du dispositif d'exonération de tout prélèvement a encore augmenté. Il y a un an, alors que la crise n'était pas là, ou pas encore, et que la croissance trimestrielle du produit intérieur brut était de 0,4% (+ 1,7% en rythme annuel), le nombre d'heures supplémentaires déclarées au titre de ce dispositif avait atteint 144 millions. Un an plus tard, nous en sommes à 184,8 soit une progression… de 28%, alors même que l'activité économique au cours de ce trimestre a diminué de 1,2%, correspondant à un rythme annuel de 5,9%.

A l'évidence, les entreprises n'ont pas eu besoin de ces heures supplémentaires pour faire face à un surplus d'activité, mais bien pour remplacer des salariés qui ne sont plus là. Soit - hypothèse favorable - parce qu'ils sont partis en retraite ou ont démissionné et que l'entreprise ne les a pas remplacés. Soit - hypothèse défavorable - parce que leurs contrats temporaires sont arrivés à terme et n'ont pas été remplacés.

Il y a bien une troisième hypothèse, encore plus opportuniste : l'entreprise a licencié et remplace les travailleurs manquants en accentuant la charge de travail des travailleurs restants. Mais, dans les trois cas, cela signifie qu'un arbitrage a été effectué au détriment de l'emploi.

Or, ces 40 millions d'heures supplémentaires en plus correspondent à - environ - 90.000 postes de travail à temps plein sur le trimestre. Rappelons que, entre fin 2007 et fin 2008, 115.000 salariés du secteur concurrentiel ont perdu leur emploi. On peut les considérer comme les victimes d'un dispositif qui, non content de coûter cher aux contribuables, commence à peser sur l'emploi de façon considérable.

Certes, les salariés effectuant des heures supplémentaires gagnent davantage d'argent, et donc sont source de stimulation de l'activité par leurs dépenses. Mais ils le sont au détriment de ceux qui, à cause des mêmes heures supplémentaires, ont perdu leur job, lesquels consomment moins et donc contribuent à réduire l'activité économique. Si l'on prend en compte les effets d'aubaine des employeurs qui, de toute façon, auraient utilisé des heures supplémentaires et profitent donc de leur détaxation non pour augmenter leur production mais pour en réduire le coût, il est clair que le dispositif est devenu très sensiblement contreproductif.

Les 4 milliards d'euros qu'il coûte à la collectivité ne sont certes pas perdus pour tout le monde, mais ils pourraient être tellement mieux utilisés, presque n'importe où ailleurs pour lutter contre la crise, qu'il devient quasi criminel de le maintenir. Le contribuable a mieux à faire que de payer pour supprimer des emplois, l'économie a mieux à recevoir que des subventions q
ui créent du chômage, l'Etat a mieux à dépenser que de creuser des déficits qui accentuent la détresse de beaucoup.

(Source :
Alternatives Economiques)

 

 

Licenciements, la grande triche

Les entreprises licencient de plus en plus leurs salariés pour motif personnel, afin de contourner la législation sur les licenciements collectifs.

Les salariés seraient-ils de plus en plus incompétents? C'est ce que pourrait laisser croire l'évolution des causes déclarées de licenciement. En 1994, 58% des 840 000 mises à la porte étaient consécutives à une liquidation judiciaire, une réorganisation de l'entreprise ou à d'autres motifs économiques. En revanche, aujourd'hui, les licenciements pour motif personnel, c'est-à-dire pour fautes, insuffisance professionnelle ou bien encore inaptitude, sont à peu près trois fois plus nombreux que les licenciements pour motif économique: en 2004, 76% des 750 000 licenciements étaient pour motifs personnel et 24% économiques. Un véritable phénomène de fond, indépendant des mouvements de la conjoncture (voir graphique). Bizarre, bizarre...

Bien sûr, certains salariés souhaitant démissionner négocient leur licenciement pour motif personnel, afin de pouvoir percevoir les allocations chômage, auxquelles n'ont pas droit les démissionnaires. Mais ce cas de figure marginal ne peut suffire à expliquer une telle explosion. Christine Lagarenne et Marine Le Roux, deux chercheuses de la Dares, le service recherche et statistiques du ministère de l'Emploi, avancent donc "l'hypothèse qu'il y a eu un effet de substitution entre les deux types de licenciement, notamment dans les entreprises de plus de 50 salariés, soumises à de plus grandes contraintes en matière de licenciement collectif" (1). Autrement dit, pour se soustraire à ces contraintes, les entreprises transformeraient en licenciements pour motif personnel des licenciements qui devraient être économiques.

 

Un chèque contre une faute

 

Fin 2001, Alcatel Câble France (ACF) est en proie à de graves difficultés. Mais plutôt que d'annoncer des réductions d'effectifs et mettre en place un plan de sauvegarde de l'emploi (PSE) - c'est-à-dire en français courant, un plan de licenciement collectif pour raison économique -, elle va proposer aux employés de son site de Conflans-Sainte-Honorine un licenciement pour motif personnel. Les volontaires devront accepter d'endosser une faute inventée par la direction (introduction d'alcool, utilisation de l'ordinateur à des fins personnelles, etc.). En contrepartie, ils percevront une indemnité transactionnelle, en plus de l'indemnité légale ou conventionnelle à laquelle tout salarié a droit. Déjà fragilisées par les mesures de chômage technique, plusieurs dizaines de personnes accepteront finalement le marché.

Entre ces licenciements, les démissions et les départs en pré-retraite, il ne reste plus sur le site, début 2003, qu'environ 300 des 600 salariés. C'est alors le moment que choisit Alcatel Câbles France pour lancer la mise en place d'un plan de sauvegarde de l'emploi, qui sera effectif en septembre 2003... et offrira aux bénéficiaires des conditions de départ bien plus avantageuses : une prime de 60 000 euros pour deux ans d'ancienneté et différentes aides au reclassement. Nicolas Apostolov, qui avait été engagé en juillet 1999 par ACF et débauché en août 2002, avait, lui, touché 19 000 euros en signant sa transaction. S'estimant lésé, il a, comme plus de 170 autres salariés, engagé une action en justice. Le 9 novembre 2004, la cour d'appel de Versailles, considérant que "ces licenciements qualifiés pour motifs personnels constituent en réalité des licenciements collectifs pour motif économique" les a annulés.

 

Alcatel n'est pas la seule entreprise à avoir fraudé de cette manière. En 2001 et 2002, Matra a également "remercié", dans des circonstances similaires, plusieurs dizaines d'employés de son usine de Romorantin, avant de mettre en place un plan de sauvegarde de l'emploi. Au moins, ces salariés d'Alcatel et de Matra ont-ils la maigre consolation d'avoir empoché une indemnité transactionnelle. Ce qui est loin d'être le cas de toutes les victimes de faux licenciements pour motif personnel. Jean-Philippe, qui travaillait comme visiteur médical pour un laboratoire pharmaceutique, a été licencié en mars 2004. "On m'a reproché, entre autres, un comportement déstabilisant mon supérieur hiérarchique!", explique-t-il. Mais la véritable raison de son licenciement semble être avant tout économique: en quelques mois, l'entreprise s'est en effet délestée d'une partie de sa force de vente sans la remplacer. Une vague de départs obtenus grâce à de nombreuses démissions et quelques licenciements pour motif personnel pour ceux ayant résisté aux pressions visant à les pousser à partir d'eux-mêmes.

 

Un licenciement deux fois moins cher

 

Les employeurs ont en effet tout à gagner à limiter les licenciements économiques, surtout s'ils sont collectifs. A commencer par éviter d'écorner leur image, comme l'a confirmé cet ancien directeur des ressources humaines à trois chercheuses - Florence Palpacuer, Amélie Seignour et Corinne Vercher - en sciences de gestion de l'université de Montpellier ayant réalisé en 2005 une enquête sur le licenciement pour motif personnel des cadres pour la Dares (2). "J'ouvre les pages du Monde, raconte-t-il, et qu'est ce que je vois? un superbe encart, une page complète, avec:" Les PDG des grands groupes s'engagent à ne pas faire de licenciements économiques"." Signé de notre PDG, entre autres... Et on était dans une logique où on était en train de se séparer d'un certain nombre de cadres (...) On aurait [dû] faire des licenciements économiques, mais impossible compte tenu de la signature de cette charte. Donc on a fait des licenciements transactionnels. " Lors des fusions ou des acquisitions, les présidents promettent d'ailleurs souvent qu'il n'y aura pas de plan social... sans préciser qu'ils tablent sur les départs en préretraite, les démissions "encouragées" et les licenciements pour motif personnel pour purger les sureffectifs.

Mais échapper à un plan de sauvegarde de l'emploi, normalement obligatoire lorsqu'une entreprise de plus de 49 salariés (3) prévoit de licencier au moins dix personnes en trente jours, permet surtout aux employeurs de se soustraire à de nombreuses contraintes: ce plan, qui vise à éviter les licenciements - ou du moins à en limiter le nombre - et à faciliter le reclassement du personnel, doit prévoir des formules d'aménagement du temps de travail, des formations, le soutien à la création d'activités par les salariés, etc. La Direction départementale du travail est tenue d'en vérifier la conformité et peut proposer des mesures complémentaires; l'employeur doit également consulter les représentants du personnel, etc. Cette procédure complexe allonge donc les délais, surtout en cas de recours devant les tribunaux, et peut même déboucher sur un conflit social si les discussions n'aboutissent pas. A contrario, licencier individuellement des salariés limite les "chances" d'en faire une affaire collective.

Enfin, les licenciements pour motif personnel coûtent généralement moins cher, même en y incluant le chèque accordé lorsqu'il y a transaction. L'indemnité légale de licenciement pour motif personnel (1/10e de mois de salaire par année d'ancienneté, entre deux et dix ans) est deux fois moins élevée que celle pour motif économique (certaines conventions collectives accordent toutefois des indemnités similaires quel que soit le motif de licenciement, et parfois plus avantageuses que ces planchers légaux). Et s'il y a plan de sauvegarde de l'emploi, les mesures obligatoires de reclassement alourdissent encore un peu plus la facture. Enfin, en cas de licenciements économiques, les employeurs ne peuvent choisir les salariés à remercier mais doivent respecter des critères prenant notamment en compte les charges de famille, l'ancienneté, l'âge, etc., alors qu'ils sont totalement libres de désigner les personnes licenciées pour motif personnel.

Licenciements, mode d'emploi

Licenciement pour motif économique: ce licenciement n'est pas inhérent à la personne du salarié. Il résulte d'une suppression ou d'une transformation d'emploi ou alors d'une modification, refusée par le salarié, d'un élément essentiel de son contrat de travail, consécutive notamment à des difficultés économiques, à des mutations technologiques ou bien encore à la réorganisation de l'entreprise nécessaire à la sauvegarde de la compétitivité. Ce licenciement peut être individuel ou collectif. Dans tous les cas, l'employeur doit le notifier à la Direction départementale du travail et de l'emploi.

 

 

 

 

Licenciement pour motif personnel: la loi ne donne aucune définition de cette forme de licenciement, mais l'employeur ne peut rompre le contrat de travail que s'il dispose d'une cause réelle et sérieuse. S'il conteste cette cause, le salarié peut saisir le juge qui apprécie, au cas par cas. Cette cause peut être non fautive: inaptitude constatée par le médecin du travail, absence pour maladie non professionnelle entraînant une désorganisation ou bien encore non-atteinte des objectifs. Elle peut également être fautive (injures, absences non autorisées...) et, dans les cas les plus sérieux, la faute sera qualifiée de grave, voire de lourde

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Indemnité de licenciement: le salarié licencié a droit à une indemnité de licenciement - sauf en cas de faute grave ou lourde. L'indemnité légale est un minimum auquel se substitue, si elle est d'un montant supérieur, l'indemnité prévue par la convention collective, le contrat de travail ou les usages.

 

 

 

 

Et ils ne s'en privent pas. Dans le collimateur notamment, les salariés les plus âgés. En 2003, selon la Dares, 70% des licenciés de plus de 50 ans l'étaient pour motif personnel, contre 50% seulement en 1996 (1). "Sauf exceptions, l'Etat ne finance plus les départs anticipés à la retraite, mais l'habitude d'une politique d'éviction des "seniors", devenus une variable d'ajustement des effectifs, est restée", explique Amélie Seignour. Une politique qui s'appuie désormais sur les licenciements pour motif personnel. Surtout que certains motifs - la faute grave notamment - permettent à l'employeur d'être exonéré de la contribution Delalande, représentant de un à douze mois de salaire, dont il doit s'acquitter pour tout licenciement d'un salarié âgé de 50 ans ou plus

 

 

Les cadres plus touchés

 

Les cadres et les agents de maîtrise sont également plus concernés. En 2001, respectivement 29% et 24% d'entre eux déclaraient un tel licenciement comme motif d'inscription à l'ANPE - ce qui en fait, pour eux, la première cause de chômage devant les fins de contrat à durée déterminée (CDD) -, contre 13% des employés et 7% seulement des ouvriers non qualifiés (4). Si ces salariés sont plus touchés, c'est avant tout parce qu'ils sont plus nombreux à bénéficier d'un CDI plutôt que d'un CDD (qui ne peut, sauf exception, être rompu avant le terme fixé) ou d'un contrat d'intérim. Mais aussi parce que, dans les grands groupes notamment, le licenciement pour motif personnel est devenu un outil de gestion des cadres. "C'est très courant, et plus on monte dans la hiérarchie, plus c'est courant", reconnaît ce directeur des ressources humaines, cité dans l'étude qu'ont réalisée les trois chercheuses en sciences de gestion de l'université de Montpellier.

"Des pressions à la réduction des effectifs s'exercent aujourd'hui de façon continue dans les multinationales, sous l'effet des réorganisations, fusions et acquisitions par lesquelles ces firmes cherchent à bénéficier d'économies d'échelle, tout en répondant à des exigences accrues en matière de rentabilité des capitaux investis", analyse Florence Palpacuer. La chasse aux sureffectifs provoquée par ces mutations, principalement dans les fonctions support (marketing, finance...) et de direction, est menée à grands coups de licenciements pour motif personnel. La redéfinition permanente du périmètre des grands groupes internationaux a en effet contribué à faire émerger "un nouveau mode de management des cadres basés sur le principe du marché". Un management qui se caractérise notamment par l'accélération des mobilités, les recrutements devenant privilégiés par rapport à la promotion interne et les séparations intervenant plus rapidement, mais aussi par l'évaluation systématique des résultats individuels.

Les non-cadres ne sont toutefois pas à l'abri. Surtout s'ils sont soumis à une gestion par objectifs. La fréquence des licenciements pour motif personnel dans le commerce, une famille professionnelle dominée par une main-d'oeuvre moins qualifiée mais à laquelle il est plus souvent assigné la réalisation d'objectifs, est d'ailleurs supérieure à la moyenne: 18% des motifs déclarés d'inscription à l'ANPE, contre 12,3% en général.

 

Une blessure pour le salarié

 

Ce basculement du licenciement pour motif économique vers le licenciement pour motif personnel n'est pas neutre. Ne serait-ce que parce que ce dernier est encore plus souvent ressenti comme une atteinte individuelle par le salarié. Surtout qu'il est fréquemment l'ultime étape d'une stratégie de mise sous pression qui vise à l'amener à démissionner et peut avoir des répercussions sur son état de santé. "IBM est coutumier du fait", explique Michel Perraud, délégué syndical CGT du site de Montpellier. Le géant de l'informatique n'hésite pas à pousser vers la porte les salariés dont il estime devoir se séparer. "Leur supérieur leur fait comprendre qu'il n'a plus besoin d'eux et les incite à démissionner. Si cela ne marche pas, il leur propose alors de les muter. En cas de refus, il dispose d'un motif de licenciement!"

Le licenciement pour motif personnel place également les employés sur un plan d'inégalité. Toutes les entreprises ne proposent pas une indemnité transactionnelle à ceux dont elles souhaitent se débarrasser, en contrepartie de leur engagement à ne pas contester leur licenciement en justice. Et tous les salariés n'ont pas le même pouvoir de négociation, soit parce qu'ils n'ont pas la même position stratégique dans l'organigramme, soit qu'ils n'ont pas le même degré d'information sur ce qu'ils pourraient obtenir devant les prud'hommes ou bien encore qu'ils n'ont pas les moyens financiers d'attendre l'issue d'une procédure longue au résultat aléatoire. Les non-cadres ont donc moins de chances de bénéficier d'une indemnité transactionnelle intéressante. "Et même chez les cadres, précise Corinne Vercher, seule une petite minorité d'entre eux, appartenant à l'élite managériale, a réellement la capacité de négocier à des conditions avantageuses un licenciement qu'ils ne vivront pas comme un drame, mais comme un épisode normal d'une relation d'emploi de plus en plus individualisée."

La banalisation des licenciement pour motif personnel n'est qu'une étape de plus dans cette individualisation, engagée depuis maintenant plus de deux décennies. Le poids des évolutions de carrière et des conventions collectives dans la fixation des salaires a progressivement diminué, au profit d'une gestion au cas par cas. Désormais, jusque dans les licenciements, via ceux à motif personnel, assortis ou pas d'une indemnité transactionnelle négociée. Comme si le contrat de travail était un échange de type commercial entre deux parties égales et librement consentantes....

Le Medef souhaiterait d'ailleurs aller encore plus loin dans cette voie, en obtenant l'inscription dans le code du travail d'un troisième mode de rupture du contrat, en plus de la démission et du licenciement: la rupture négociée. Ce qui pourrait avoir pour effet de rendre beaucoup plus fréquente encore cette modalité, qui relève pour le moment du code civil et est utilisée, par exemple, pour les plans de départ volontaire. Les syndicats y sont farouchement opposés, craignant que cet outil ne soit utilisé par les employeurs pour contourner les contraintes du licenciement (motif à préciser, indemnités légales...). Les licenciements économiques aujourd'hui déguisés en faux licenciements pour motif personnel deviendraient alors des ruptures à l'amiable... forcées.

Franck Seuret

 

 

 

Tout sur notre système de protection sociale par répartition !


Assurance-chômage, assurance-maladie, assurance-vieillesse, allocations familiales... Afin de mieux connaître les origines et le fonctionnement de ce système solidaire que nous envie le monde entier (et de tordre aussi le cou aux idées reçues), le Syndicat Interprofessionnel de la Presse et des Médias a publié un dossier remarquable. Nous les en remercions, et nous nous permettons ici de reprendre leurs travaux afin que vous en profitiez !

 

 


"On en a, de la chance ! En France, on a un bon système de protection sociale. Santé, retraite, chômage, c'est pas comme les USA !"
On a de la chance ? Non, on n'a pas de chance : nos parents, nos grands-parents se sont battus. Et si aujourd 'hui, tout de suite, maintenant, on ne se bat pas à notre tour, notre "chance" ne sera bientôt qu'un mauvais souvenir. Sceptiques ? Lisez attentivement ce dossier.

Cotisations sociales : qu'est-ce que c'est ?

Les «cotisations sociales» désignent les cotisations salariales et patronales. Cette distinction cache une réalité identique : c'est du «salaire socialisé».
Une partie du salaire versé pour le travail produit, alimente les caisses de répartition : celles de la Sécurité sociale (maladie, retraite, famille...) et celle du chômage (UNEDIC). Cette part du travail de l'ensemble des actifs permet à l'ensemble des inactifs de vivre. Lorsqu'un actif est malade pendant un mois, il est alors inactif, et ceux qui travaillent cotisent pour lui. A charge de revanche. Idem pour la retraite, le chômage.

Les cotisations sociales sont une part de notre salaire. «Cotisations patronales trop lourdes», «allègement des charges sociales» signifient baisse de notre salaire. En 20 ans, la part des salariés dans les richesses produites a baissé de 10 points. En 1945, le rapport des cotisations salariales aux cotisations patronales était de 1 à 4. Il est aujourd'hui de 1 à 1,7 ! Ces 20 dernières années, les taux de cotisation patronales ont augmenté de 1,8% et celles des salariés de 8,2%. Il est temps de rattraper ce retard, seule vraie cause de déséquilibre du système !


 

 

L'HISTORIQUE DU SYSTÈME PAR RÉPARTITION

LES MENACES QUI PÈSENT SUR NOTRE SYSTÈME PAR RÉPARTITION

DES RÉPONSES AUX ARGUMENTS DU MEDEF

Par le SIPM-CNT - 33 rue des Vignoles 75020 Paris - Tél : 01 43 72 09 54 -
presse@sipm-cnt.org
À lire également leur excellent dossier sur
Le chômage de A à Z.

Pour compléter :

L'HISTOIRE DU CHÔMAGE, quelques faits et chiffres

L'HISTOIRE DE L'UNEDIC par André Bergeron

Et, aujourd'hui :

QUI VEUT TUER LA SÉCURITÉ SOCIALE SOLIDAIRE ?

 


Un historique des diverses attaques menées contre la Sécu depuis sa création, suivi d'une analyse de sa situation présente ainsi que la liste de ses principaux prédateurs, par Nicolas Pomiès, directeur de L’Avenir Mutualiste.

 

 

 

 

Qui veut tuer la Sécurité sociale solidaire ?



Par Nicolas POMIÈS, directeur de L’Avenir Mutualiste (mutuelle résistante pour un retour à la Sécu et aux mutuelles de 1945), de l’Union de Gestion des Oeuvres Sociales et Sanitaires (UGOSS) et de la Mutuelle Solidaire d’Aide à la Personne (MSAP).

 

 

 

 

«La nation assure à l’individu et à la famille les conditions nécessaires à leur développement. Elle garantit à tous, notamment à l’enfant, à la mère et aux vieux travailleurs, la protection de la santé, la sécurité matérielle, le repos et les loisirs. Tout être humain qui, en raison de son âge, de son état physique ou mental, de la situation économique, se trouve dans l’incapacité de travailler, a le droit d’obtenir de la collectivité des moyens convenables d’existence.» Préambule de la Constitution de la République du 27 octobre 1946.

L’ordonnance du 4 et 19 octobre 1945 qui créa la Sécurité sociale avait trois objectifs : l’universalité, l’unicité et la démocratie.

La gestion de la Sécurité sociale devait relever des représentants élus des assurés sociaux, conformément à l’idéal de démocratie sociale porté par les forces progressistes au lendemain du second conflit mondial. Le financement de la Sécurité sociale fut alors assuré par une partie des salaires versé par les salariés et les patrons, puis mis en commun dans des caisses socialisées. La loi du 1er avril 1898 sur la Mutualité est abrogée, car cette dernière devient complémentaire à la Sécurité sociale et non concurrente.

Les attaques pour détruire les valeurs contenues dans ces textes fondateurs de la République ont été depuis lors permanentes.

1947 : la loi Morice permet à la Fédération Nationale de la Mutualité Française de gérer certaines caisses de fonctionnaires rompant déjà le principe d’universalité de la Sécurité sociale.

1967 : l’ordonnance du 21 août fait éclater le régime général en 3 caisses nationales : vieillesse, maladie et famille, et instaure une gestion paritaire stricte de la Sécurité sociale, dans laquelle syndicats et patronat nomment le même nombre de représentants dans les conseils d’administration. C’est la suppression de l’élection des administrateurs salariés désormais désignés, et le début de la diminution des prestations.
Cette gestion paritaire permet au patronat d’être majoritaire en alliance avec un syndicat minoritaire.

1973 : montée du chômage et développement du travail précaire avec pour conséquence de fragiliser le financement de la Sécurité sociale. Les cotisations étant principalement assises sur les salaires, les recettes dépendent très directement du niveau de l’emploi et de la masse salariale.

1982 : la loi du 17 décembre, si elle redonne vie (provisoirement) à l’élection par les assurés sociaux de leurs représentants, permet à la Fédération Nationale de la Mutualité Française de participer à la gestion des caisses avec le patronat et les associations familiales.

1983 : c’est l’arrêt définitif des élections des élus sociaux. Le patronat mène une offensive pour réduire sa part dans les cotisations sociales. Pour que son discours pénètre bien les esprits, le patronat transforme le terme de cotisation patronale en ”charge patronale” et promet de créer des emplois en contrepartie d’une baisse de ces mêmes charges. Depuis cette période, ”faire baisser le poids des charges sociales” est devenu le mot d’ordre des différents gouvernements pour officiellement améliorer la compétitivité des entreprises et pour, soi-disant, les aider à créer des emplois et donc lutter contre le chômage. C’est ainsi que se creuse un pseudo déficit.

1992 : la construction d’une Europe libérale concrétisée par la signature du traité de Maastricht impose des critères de convergence qui obligent les gouvernements nationaux à maintenir les déficits publics sous la barre des 3% du PIB. Au regard des critères européens, les déficits sociaux font partie des déficits publics. Les gouvernements doivent donc s’engager à réduire également le déficit de la Sécurité sociale sans augmenter les prélèvements obligatoires.

1995 : la création de l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC) le 1er janvier et la signature de l’AGCS (Accord général sur le commerce des services) vont accélérer et accentuer dans tous les pays l’offensive des gouvernements contre les systèmes de protection sociale et les services publics.
Dans ce contexte, le dogme qu’est devenue la “concurrence libre et non faussée” entre entreprises ne cesse de se renforcer, et toute nouvelle hausse des cotisations patronales est écartée car elle entraînerait une augmentation du coût de la main d’œuvre sur le grand marché.

2001 : à la demande de M. Teulade, président de la Fédération Nationale de la Mutualité Française, le Code de la Mutualité de 1945 est remplacé par un code proche de celui des compagnies d’assurances, la Mutualité Française voulant s’intégrer dans “le marché européen”.
Le nouveau Code de la Mutualité impose aux mutuelles des marges de solvabilité constituées de réserves financières dont une partie doit être obligatoirement placée en bourse.

2003 : le rapport Chadelat remet en cause fondamentalement la Sécu :
- il institutionnalise un système à trois étages,
- il remet en cause les principes de solidarité attachés au système,
- il tourne résolument le dos à la mise en place d’un régime universel d’assurance maladie obligatoire.
Le rapport Chadelat préconise la création d’une Couverture Maladie Généralisée (CMG) qui correspond à l’accès aux soins minimum que la Nation garantit à chacun de ses citoyens . La CMG est constituée de 2 niveaux :
- l’assurance maladie obligatoire (AMO) financée par des prélèvements obligatoires,
- l’assurance maladie complémentaire dite de base (AMCB), qui restera facultative et pour laquelle sera créé un dispositif d’aide à son acquisition.
Apparemment, l’existant ne semble pas profondément bouleversé. Mais en réalité, tout dépend de l’étendue du contenu de la couverture maladie généralisée. En effet, les dépenses exclues de la CMG resteront à la charge des ménages et ”libre à eux” de souscrire une assurance supplémentaire : c’est le 3ème étage de la construction. Si ce 3ème étage se révèle important, les inégalités dans l’accès aux soins s’aggravent, car seuls les plus riches peuvent prétendre à ce niveau de couverture.
La volonté de maintenir une frontière entre couverture de base et couverture complémentaire avec la perspective de voir s’étendre le champ de cette dernière, est révélatrice d’enjeux financiers importants et inquiétante pour les assurés. Au nom de la volonté affichée de réduire le niveau des prélèvements obligatoires, la tentation sera forte de transférer une part de plus en plus importante du régime obligatoire vers les complémentaires et ainsi de réduire l’AMO à un filet de sécurité minimale. Au bout du compte, les assurés subiront de plein fouet les augmentations de cotisations ou de primes auxquelles les mutuelles et les assurances seront conduits. Le rapport Chadelat est la feuille de route de tous les gouvernements depuis cette époque et est utilisé pour privatiser la Sécu.


Dans cette même période se joue la dégradation de l’organisation sanitaire :

Fermeture de 60.000 lits d’hôpitaux, fermeture de maternités, fermeture de blocs opératoires… une médecine généraliste inégale sur le territoire : suppression de la permanence des soins, une médecine de spécialistes en dépassement d’honoraires rendant l’accès aux soins difficiles à des pans entiers de population, débordant de beaucoup les classes les plus pauvres pour atteindre les classes moyennes. Le manque de corps médical, provoqué par le numerus clausus, accentue les difficultés d’accès aux soins, multipliant les listes d’attente chez les spécialistes mais aussi pour l’accès aux techniques de pointe, aux actes hospitaliers. Inégalité de traitement chirurgical. Dégradation de la médecine urgentiste, absence de soins d’urgence sur les personnes âgées, etc.

Cette dégradation est permise par :

La culpabilisation des populations sur le coût de la santé et les faux déficits de la Sécurité sociale. Or, le pseudo «trou de la Sécu» n’existe que parce l’Etat organise le tarissement des cotisations sociales en menant :
• une politique maintenant le chômage de masse
• le changement de la répartition des richesses qui, en 25 ans, a vu la part des revenus du travail et des cotisations sociales baisser de 9,3 points de PIB au profit des profits (correspondant à une valeur de près de 170 milliards d’euros)
• des exonérations de cotisations patronales (227 milliards d’euros de 1991 à 2007). La loi Fillon de 2003, qui permet une exonération des cotisations patronales pour les versements destinés aux financement de la complémentaire santé et de la prévoyance. Les patrons, qui n’augmentent pas les salaires mais participent à la santé des salariés en creusant ainsi encore plus le déficit de la Sécu.
• la loi Borloo de 2005 qui organise tous les métiers d’aide à la personne sans cotisations patronales à la Sécu
• la loi Sarkozy de 2007 qui permet de travailler plus pour être soi disant payé plus, mais toujours sans cotisations patronales sur les heures supplémentaires. Le salarié travaille effectivement plus mais en détruisant un peu plus la Sécu et, en définitive, en payant encore plus pour sa complémentaire santé, donc en gagnant moins en définitive.

Pourquoi tuer ainsi la Sécurité sociale ?

La santé est un marché de 3.500 milliards de dollars dans le monde et, évidemment, les grands groupes d’assurances ont pour objectif de récupérer cette manne. En France, les dépenses de santé représentent plus de 200 milliards d’euros qui échappaient encore au marché. Le corps des assurés sociaux est pour eux ce que la bagnole est au constructeur automobile.

Qui oriente ainsi la Sécurité sociale ?

Les politiques alliés des financiers organisent donc l’assèchement de la Sécu solidaire par des hommes qui ont des liens étroits avec le pouvoir et avec le patronat, nul ne s’en étonnera.

Xavier Bertrand
Agent général d’assurances AXA de 1992 à 2004,
Secrétaire d’Etat à l’Assurance-maladie de 2004 à 2005,
Ministre de la Santé et des Solidarités de 2005 à 2007. Actuel ministre du Travail.

Frédéric Van Roekeghem
Directeur de la Caisse Nationale d'Assurance-maladie.
Ancien directeur de l’audit du groupe d’assurances AXA de 2001 à 2003,
ex Directeur du Fonds de solidarité vieillesse de 1997 à 2001,
ex Directeur de cabinet du ministre de la Santé et de la Protection sociale, du 15 avril 2004 jusqu’à sa nomination à la CNAM.

Cyril Roux
Secrétaire général adjoint de l’Autorité de contrôle des assurances et des mutuelles, à ce poste depuis le 1er avril 2008.
Monsieur Cyril Roux a réalisé le parcours suivant :
2007-2008 : Autorité de contrôle des assurances et des mutuelles (ACAM), chef de brigade en charge des questions financières.
2005-2007 : AXA Investment Manager, directeur opérationnel de la direction des structures de crédit.
2000-2004 : Groupe AXA, auditeur stratégique senior.
1997-2007 : Groupe AXA, adjoint du directeur de la gestion épargne-prévoyance individuelle, responsable technique au sein d’AXA France Assurance.
1994-1997 : Direction du Trésor, adjoint au chef du bureau des entreprises et chargé des négociations européennes et des relations internationales.
1991-1994 : Commission de contrôle des assurance (devenue ACAM), commissaire-contrôleur.

Jean-François Chadelat
Directeur du Fonds de financement de la CMU.
Ex directeur chez AXA de 1990 à 1994,
Auteur du sinistre rapport Chadelat en 2003.

Denis Kessler
Vice-président exécutif du MEDEF de 1998 à 2002,
Membre du Comité européen des Assurances de 1990 à 2002,
Directeur Général d’AXA en 1997 et 1998,
PDG du groupe SCOR (réassurance) depuis novembre 2002.

Guillaume Sarkozy
Frère aîné de Nicolas Sarkozy, Vice Président du MEDEF jusqu’en 2005,
Délégué général de Médéric Prévoyance (Groupe de retraites complémentaires).

Jean-Louis de Mourgues
Sous-directeur à la Direction des assurances au ministère de l’Economie et des Finances de 1983 à 1989,
Directeur général du groupe AG2R en juillet 1990,
Délégué général du Groupe Prémaliance,
Député UMP depuis 1977.

Guillaume Sarkozy et Jean-Louis de Mourgues sont en première ligne dans les grandes manœuvres qui s’engagent à la Sécu.


Les salariés des organismes de Sécurité sociale sont actuellement en lutte contre le régime de complémentaire santé obligatoire que prétend leur imposer l’UNCASS (Union Nationale des Caisses de Sécurité Sociale). Ce régime, qui serait fatal aux mutuelles de salariés et à leurs œuvres sociales, attribue 50% de la gestion des organismes de Sécurité sociale aux groupes Médéric et AG2R. Or, Il se trouve que le directeur général de Médéric n’est autre que Guillaume Sarkozy, ancien vice-président du Medef et ancien vice-président de la CNAM, et que le groupe AG2R est dirigé par Jean-Louis de Mourgues, dont le pedigree n’a rien à envier au premier. Ce sont ces groupes qui sont pressentis pour prendre le relais de la Sécurité sociale, une fois qu’elle aura disparu. Voilà pourquoi il faut que la Sécu disparaisse ! Cela montre le très gros appétit des groupes privés et leur hâte de se partager le gâteau, avec l’appui du gouvernement.


Une seule solution immédiate pour refuser la disparition orchestrée de la Sécurité sociale : ne plus cotiser dans une complémentaire santé faisant le jeu du capital et de son marché. Et agir pour une Sécu remboursant 100% des soins utiles et nécessaires en cotisant pour sa complémentaire santé à une mutuelle résistante visant cet objectif !

(Cet article a été réalisé en partie grâce au travail effectué par Bernard Berthelot, qu’il en soit ici remercié.)

Nicolas Pomiès

 

 

 

 

 

 

 

Le chômage baisse-t-il ?

 

NON.
Enfin peut-être. Mais pas vraiment.
Il convient tout d'abord de faire la différence entre chômage apparent et chômage réel. Et si le chômage apparent baisse, il est certain que l'emploi stagne : l'année dernière, selon les chiffres de l’INSEE, le nombre des chômeurs officiels a baissé de 11% sur un an tandis que l’emploi n'a crû que de 0,9%… contre 4,1% il y a cinq ans. De plus, il convient d'affiner la notion d'emploi, dans le sens où celui qui l'exerce est censé pouvoir en vivre dignement.

Cette synthèse tente d'explorer le phénomène dont se vante le gouvernement Villepin depuis plus d'un an de baisse consécutive : info ou intox ? Que cachent les chiffres ? Comment calcule-t-on le nombre de chômeurs ? Comment l'emploi est-il évalué, et que devient-il ?


Procédons par ordre...

CHÔMAGE

Les demandeurs d'emploi "officiels" (de catégorie 1 alors qu'il y en a 8) représentent moins de la moitié de tous les inscrits à l'ANPE

 

 

La vérité sur les chiffres du chômage : enfin ça bouge !


Chômage : le grand camouflage


Les chiffres ignorent plus d'un chômeur sur deux. Ou comment la gestion de la statistique a pris progressivement le dessus en créant des chômeurs «invisibles» : les précaires et les emplois aidés, les chômeurs en formation… tous "non disponibles immédiatement". Par exemple, entre juin 2005 et août 2006, le dispositif CRP (convention de reclassement personnalisée) a recueilli 73.232 adhésions et ses signataires - 25% des salariés licenciés pour motif économique - resteront pendant huit mois en catégorie 4 ; le ministère de l'Emploi relève actuellement plus de 5.000 adhésions par mois à cet ingénieux escamotage.
N'oublions pas les 415.600 "seniors" de + de 55 ans qui sont dispensés de recherche d'emploi (DRE) et n'apparaissent… dans aucune catégorie. Ni les chômeurs des DOM (environ 220.000) qui ne figurent jamais dans les résultats mensuels.
Rajoutons à cela tous ceux qui ne peuvent prétendre à aucune allocation-chômage, et ceux qui ont pu se réfugier dans le RMI.

Plus d'un chômeur sur deux n'est pas indemnisé
Ils n'ont pas cotisé assez pour ouvrir des droits (jeunes, précaires…), ou ils sont en fin de droits et survivent aux minima sociaux (20%) mais si leur conjoint travaille ils n'ont droit à rien non plus (l'ASS ou le RMI sont attribués par foyer fiscal). Ceux qui ne peuvent prétendre à aucune allocation ne voient pas l'intérêt de s'inscrire et de pointer à l'ANPE (notamment les moins de 25 ans qui n'ont même pas accès au RMI) : ils sont donc occultés des statistiques.
Seuls 47,5% des chômeurs sont indemnisés (contre 41% en 2003)
A noter que 80% de ces "exclus" de l'assurance-chômage ne perçoivent RIEN.
Baisse constante des chômeurs indemnisés
Pour limiter son déficit, l'Unedic a fait en sorte de durcir toujours plus les conditions d'accès à l'assurance-chômage. Et ça marche :
Assedic : 10% d'allocataires en moins sur un an

Les radiations administratives ont triplé depuis 1999
AC! dénonce l'explosion des radiations
Corroborant l'étude d'Agir ensemble contre le chômage, le mensuel
Alternatives Economiques constate que la convocation systématique des chômeurs s’accompagne mécaniquement d’une augmentation des radiations. De 1991 à 2003, les sorties de l’ANPE pour absence au contrôle ou radiation ont augmenté de 24%. Entre 2001 (mise en place du PARE) et 2002, le nombre de radiations a augmenté de 35%, et de 39% depuis 2003. Aujourd'hui, chaque mois, 21.000 chômeurs sortent des listes de l'ANPE pour des raisons plus ou moins claires :
Les radiations et les pressions faites aux chômeurs

Le nombre des RMIstes a explosé : + 20% depuis 2002
Le chômage de longue (+ d'un an) voire de très longue durée (+ de 3 ans) n'a cessé de croître : en 2004, il représentait 30% des inscrits à l'ANPE. A fin 2006, les "fin de droits" de l'Assedic sont 458.800 à percevoir l'ASS (allocation spécifique de solidarité, ancêtre des minima sociaux créé en 1984, + 8,2% de hausse en 2005) mais, sans compter les 47% de non-indemnisés, les chômeurs les plus «invisibles» sont bien les 63% de RMIstes (790.000 sur un total de 1,26 million d'allocataires du Revenu minimum d'insertion, créé en 1988 et versé par la CAF) qui ne pointent pas à l'ANPE et échappent aux chiffres du chômage.
Toujours plus de RMIstes
Particulièrement stigmatisés, ils sont la proie idéale des contrats aidés.

EMPLOI

Emplois, ou sous-emplois ?
Le comptage des emplois ne tient absolument pas compte de leur nature : ainsi, par exemple, sur 100.000 emplois créés, si le tiers est à temps partiel et la moitié à durée déterminée, on ne peut parler d'emplois à proprement dit mais de sous-emplois. Il est donc important d'évaluer les emplois en équivalent temps plein (nombre total d'heures travaillées divisé par la moyenne annuelle des heures travaillées dans des emplois à plein temps sur le territoire économique) :
Chômage officiel et chômage réel en 2005
Ainsi l'INSEE a relevé l'existence de 5.848.000 chômeurs "équivalent temps plein" sur une population active occupée de 24.921.000 personnes, alors que la population active totale (occupée + chômeurs officiels) totalisait environ 27.600.000 individus. Ce qui, pour 2005, donnait un taux de chômage en équivalent temps plein de 20,9%...

Un comptage quantitatif, et non qualitatif
Contrats aidés, emplois de service, missions d'intérim ou CDD sans issue : encouragés par la politique du gouvernement, 80% des offres d'emplois restent dans le champ de la précarité et du Smic.
Les offres 2006 de l'ANPE
Les "emplois durables" ne représentent que 30% des offres de l'ANPE (si l'on considère que les CNE et les CDD de plus de 6 mois sont "durables")...
Intérim : + 8,6% sur un an
Pour une moyenne de "près de deux semaines", les missions d'intérim explosent. A l'issue de ce travail temporaire subi, peu de chance de décrocher un CDI ou même un CDD. Le ministère du Travail considère que l'évolution de l'intérim est un "indicateur précurseur" de l'évolution de l'emploi salarié qui, pourtant, n'a progressé que de 0,9% sur un an : cette hausse de l'emploi intérimaire confirmerait la tendance optimiste "à la reprise"... On en doute.
SMIC : vers la suppression de toutes les cotisations sociales des TPE
Au nom de sa «bataille pour l’emploi», le gouvernement "revalorise le travail" en encourageant les bas salaires. En 2005, 17% des salariés sont Smicards (ils étaient 16% en 2004 et 14% en 2002)... et la majorité des offres pour des emplois même très qualifiés proposent désormais le salaire minimum.

Retour à la case départ !
Alain Vidalies, secrétaire national du PS aux entreprises, disait le 27 juillet dernier : "Aujourd'hui, le taux de chômage atteint 9% de la population active, exactement le même chiffre que lorsque le gouvernement de droite est arrivé aux affaires… C'est donc quatre ans de perdus dans la bataille pour l'emploi !"
Nouvelle baisse du chômage en juillet : 8,9%
Voir la courbe => en 2000, le solde des créations nettes d'emplois était de + 566.600, en 2001 de + 248.300. A l'arrivée de la droite en 2002, il a plongé avec + 28.600, et en 2003 - année Raffarin ! - le solde fut historiquement négatif avec 72.900 emplois détruits. Malheur à ceux/celles qui ont été licencié(e)s à cette époque : trop vieux, trop chers, l'inemployabilité leur est impitoyablement tombée dessus ; c'est là qu'on recense les chômeurs de très longue durée qui n'ont pas pu sortir du trou creusé par une politique désastreuse qui a favorisé la discrimination à l'embauche et la réduction drastique des formations qualifiantes.
Si une timide reprise s'est amorcée depuis 2004 (+ 17.200), les soldes créditeurs sont dérisoires : seulement 100.000 emplois ont été créés dans le secteur privé depuis un an alors que le nombre de chômeurs a baissé de 260.000 sur la même période…

Le leurre du "papy-boom"
Le "choc démographique" n'aura pas lieu. Sur les 600.000 départs annuels à la retraite actuels et escomptés pour les années à venir, seul un tiers des postes seraient visiblement maintenus, les autres ayant été supprimés ou délocalisés. De quoi faire déchanter Jean-Louis Borloo qui misait dessus pour faire baisser le chômage !
«Choc démographique» ne veut pas dire «recrutement»
Ou comment le papy-boom est une aubaine pour geler, voire réduire ses effectifs.
Supprimer des emplois sans licencier
Ou comment le papy-boom permet de supprimer des milliers d'emplois avec pour objectif "zéro chômeur", une astuce déculpabilisante qui a aussi pour conséquence de maintenir une seule génération au travail...

Les emplois de demain...
Ce ne sont plus des centaines mais des milliers de suppressions d'emplois qui se profilent à l'horizon : Airbus, PSA Peugeot Citroën, AXA, les câblo-opérateurs et leurs sous-traitants, les équipementiers automobiles, l'industrie du verre... A cette allure combien de temps ces chiffres vont-ils rester "bons" ???
Baisse du chômage : pour combien de temps ?

ILS L'ONT DIT

Jean-Pierre Revoil, le directeur général de l'Unedic, a déclaré en février dernier :
Le chômage est à 12%... On est loin du compte, mais c'est un début.

• De Jack Lang en passant par François Bayrou ou Philippe de Villiers, sur le plateau d'Arlette Chabot en avril dernier, nous étions
5 millions de chômeurs en France, tout le monde est d'accord !

Sans oublier, fin 2004,
l'introduction du Plan de cohésion sociale de Jean-Louis Borloo qui annonçait 4 millions de chômeurs, ou les récents propos de François Chérèque de la CFDT, qui nous estime "entre 3,5 et 4 millions"...

ILS L'ONT FAIT

Le collectif Les Autres Chiffres Du Chômage, composé du Réseau d’alerte sur les inégalités (RAI-Bip40), Agir ensemble contre le chômage (AC!), le Mouvement National des Chômeurs et Précaires (MNCP), l'Association Pour l'Emploi, l'Information et la Solidarité des chômeurs et des précaires (APEIS), le Réseau Stop Précarité, la CGT-INSEE, le Syndicat National Unifié de l’ANPE (SNU) et SUD-ANPE, ont uni leur expérience et leurs données afin d'analyser en profondeur les chiffres du chômage. Dire la vérité est fondamental car, au-delà des statistiques, à la veille des élections présidentielles, c'est la crédibilité de la République qui est en jeu et ce mensonge d'Etat est résolument indigne d'une démocratie.

Leur site :http://acdc2007.free.fr

 

 

 

 Hémicycle pratiquement vide mais LOI votée !

Seize députés ont approuvé et adopté le projet de loi Création et Internet, censé lutter contre le téléchargement illégal,  L'Assemblée nationale… n'était pas en effervéscence, c'est le moins que l'on puisse dire !

Désiré par Nicolas Sarkozy, élaboré par le ministère de la Culture, défendu par l'industrie audiovisuelle, le texte instaure un dispositif antipiratage inédit et sans équivalent dans le monde. La France devient donc le premier pays à légaliser la coupure de l'accès à Internet, pour punir le téléchargement illicite de contenus protégés.

Malgré les innombrables amendements proposés par l'opposition et certains membres de la majorité, le texte n'a pas fondamentalement changé depuis son passage au Sénat. Il conserve d'ailleurs les mesures phares du projet de loi initial : un gendarme du Web sera bien créé, et les adeptes du piratage s'exposeront à une « riposte graduée » allant de l'avertissement à la déconnexion pure et simple. Voici les grandes lignes du dispositif antipiratage, adopté hier soir 2 avril (1), dont on imagine bien mal comment il va être appliqué…

La Hadopi aux commandes. Une Haute Autorité pour la diffusion des œuvres et la protection des droits sur Internet (Hadopi) va être créée pour orchestrer la lutte contre le téléchargement illégal en France. Il s'agit d'une autorité administrative, dont le président sera nommé par le gouvernement et non élu parmi les membres de sa direction, comme cela était prévu au départ. C'est elle qui récupérera auprès des fournisseurs d'accès l'identité des internautes soupçonnés de téléchargement illégal, qui signera les avertissements à envoyer et qui décidera de la sanction à infliger aux pirates récidivistes. Elle n'est pas soumise au contrôle d'un juge, au gand dam des détracteurs du texte.

La détection des pirates. Ce sont les ayants droit (détenteurs des droits d'auteur d'une œuvre) qui repéreront sur Internet les adresses IP des ordinateurs qui auront permis de télécharger ou de poster des œuvres protégées. Ils utiliseront notamment des leurres sur les réseaux de peer-to-peer. Après avoir collecté ces adresses, ils auront six mois pour saisir la Hadopi, qui se chargera d'identifier les titulaires des connexions Internet correspondantes auprès des FAI.

Premier avertissement par e-mail. Si les ayants droit repèrent une adresse IP qui a été utilisée « à des fins de reproduction, de représentation, de mise à disposition ou de communication » d'œuvres protégées, le titulaire de la ligne recevra un premier avertissement par e-mail. Celui-ci sera envoyé par son FAI mais signé par la Hadopi. Il indiquera à l'abonné la date et l'heure de l'infraction constatée, sans nommer le contenu de l'œuvre téléchargée, par souci de « discrétion ». L'abonné pourra contacter la Hadopi pour avoir plus de précisions. Le courriel rappellera aussi à l'abonné qu'il est tenu de sécuriser sa ligne et l'aiguillera vers une liste de logiciels de sécurité.

Second avertissement. Si un nouveau téléchargement est constaté depuis la même adresse IP dans les six mois qui suivent, l'abonné recevra un second avertissement par e-mail et par lettre recommandée. A ce stade, il ne pourra pas exercer le moindre recours s'il n'est pas l'auteur des faits qui lui sont reprochés. Il ne pourra le faire qu'une fois la sanction prononcée.

La coupure. En cas de récidive dans l'année qui suit, la Hadopi pourra ordonner au FAI de déconnecter la ligne incriminée, pendant une durée variant de deux mois à un an. La Haute Autorité pourra proposer une « transaction » à l'abonné et réduire la durée de la déconnexion (à une période comprise entre un et trois mois) s'il s'engage à ne pas recommencer.
La coupure sera effectuée dans les 45 à 60 jours suivant la notification de la Hadopi. Seul l'accès à Internet sera coupé si l'abonné dispose d'une offre triple-play (Internet, téléphone, TV). Pendant la suspension, l'internaute n'aura pas à payer la part de l'abonnement correspondant à l'accès à Internet ; les FAI seront donc maintenant obligés de détailler les prix de leurs forfaits triple-play. L'internaute ne pourra pas s'abonner auprès d'un autre FAI pendant la période de suspension, il sera sur « liste noire ».

Contester la sanction. L'internaute aura 30 jours pour contester une décision de déconnexion de la Hadopi, en exerçant un recours auprès d'un juge. Les modalités de ces recours seront précisées plus tard par décret.

Des logiciels de sécurité « agréés ». La Hadopi publiera la liste des fonctions requises pour qu'un logiciel de sécurité soit considéré suffisamment efficace pour protéger une ligne Internet. La responsabilité d'un internaute ne pourra pas être engagée s'il a installé un de ces logiciels. Ce qui laisse penser que ces logiciels transmettront ou stockeront des données relatives à l'utilisation de la ligne, d'où leur qualification de « mouchards » par les anti-Hadopi. Ces outils de sécurité seront payants. La loi ne précise pas s'ils seront multi-plates-formes ni leur action exacte…

Des sites bloqués par les FAI. La loi autorise désormais un juge à ordonner à un FAI de prendre « toutes mesures propres »à stopper la communication d'un contenu protégé par le droit d'auteur. En clair, un FAI pourra bloquer l'accès à un site hébergeant un contenu protégé si un ayant droit porte plainte au tribunal. Plus besoin de demander à l'hébergeur de retirer le contenu.

Des offres légales plus visibles. Le Centre national de la cinématographie doit préparer avant le 30 juin 2009 des « portails de référencement » pour améliorer la promotion des catalogues de contenus audiovisuels légaux sur Internet. Par ailleurs, la loi stipule que les DRM (verrous numériques) disparaîtront uniquement des contenus commerciaux vendus à l'acte et non au forfait.

Une sortie plus rapide en DVD. Un film pourra sortir en DVD au minimum quatre mois après sa sortie en salles (contre six mois actuellement). Mais des exceptions sont possibles en fonction du contrat d'acquisition de droits. Le délai pourra même être réduit à trois mois si le film n'a pas bien marché au cinéma. En revanche, rien n'est encore fixé s'agissant de la vidéo à la demande sur Internet (VOD). La filière audiovisuelle dispose d'un mois à compter de la promulgation de la loi pour trouver un accord. Sinon, la VOD sera soumise au même régime que le DVD.

(1) Le texte doit encore passer en commission mixte paritaire (sénateurs et députés) le 9 avril avant d'être définitivement adopté, mais il ne devrait pas y subir de grandes modifications. Il pourra aussi passer au crible du Conseil constitutionnel, si celui-ci est saisi sur le sujet.

 Source : le 03/04/2009

 

 

ART. 2
N° 458 Rect.

ASSEMBLÉE NATIONALE

11 mars 2009


PROTECTION DE LA CRÉATION SUR INTERNET - (n° 1240)

 

 

 

 

 

Commission
 
Gouvernement
 

Adopté

AMENDEMENT N° 458 Rect.

 

présenté par

M. Dionis du Séjour
et les membres du groupe Nouveau Centre

 

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ARTICLE 2

Substituer aux alinéas 89 à 91 les deux alinéas suivants :

« Art. L. 331-28. – La suspension de l’accès mentionnée aux articles L. 331-25 et L. 331-26 s’applique uniquement à l’accès à des services de communication au public en ligne et de communications électroniques. Lorsque ce service d’accès est acheté selon des offres commerciales composites incluant d’autres types de services tels que services de téléphonie ou de télévision, les décisions de suspension ne s’appliquent pas à ces services.

« Les contrats portant sur des offres composites mentionnent les parts respectives des différents services dans le prix de l’abonnement. La suspension de l’accès mentionnée aux articles L. 331-25 et L. 331-26 suspend le versement de la part du prix y afférent pendant la durée de la sanction. »

EXPOSÉ SOMMAIRE

La suspension de l’accès Internet est par là même une sanction, le fait d’obliger le consommateur à verser le prix de l’abonnement intégral en est une seconde. Ce mécanisme revient donc à instaurer une double peine, ce qui est disproportionné. Refusant cette surenchère répressive, le présent amendement propose donc de limiter la sanction à la seule suspension de l’accès.

 

 

 

 

 

 

 
ASSEMBLÉE NATIONALE

20 mars 2009


PROTECTION DE LA CRÉATION SUR INTERNET - (n° 1240)

 

 

 

 

Commission
 
Gouvernement
 

Retiré

AMENDEMENT N° 473 Rect.

 

présenté par

M. Martin-Lalande et M. Dionis du Séjour

 

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ARTICLE 2

À l’alinéa 85, après la référence :

« 1° »,

insérer les mots :

«  À compter du 1er janvier 2011, sous réserve que la sanction prévue au 1° A ne s’avère pas suffisante pour faire cesser les manquements constatés, ».

EXPOSÉ SOMMAIRE

Cet amendement met en cohérence le dispositif concernant la « transaction » avec le nouveau dispositif de sanctions proposé après l’alinéa 75 et à l’alinéa 76.

Ces amendements visent à conditionner la mise en oeuvre de la suspension:

1. En ne permettant cette mise en oeuvre qu’à partir du 1er janvier 2011.

Ce calendrier prend en compte le fait que la suspension ne serait de toute façon techniquement applicable qu’après environ un an d’investissements dans les réseaux et les services.

Le délai laissé aux FAI pour investir de l’ordre de 70 millions d’euros dans l’adaptation des réseaux et des services pour la restriction sélective d’accès permettra d’investir plus efficacement. En effet, d’ici 2 à 3 ans, les opérateurs vont avoir à investir pour le nouveau mode de gestion des paquets sur le réseau internet (la gestion différenciée des paquets en fonction du niveau de qualité de service). Cet investissement pourra servir pour la suspension sélective de l’accès à internet. Au contraire, si les FAI devaient mettre en oeuvre dès maintenant les moyens d’une suspension sélective, ils devraient investir de manière spécifique de l’ordre de 70 millions d’euros dans l’adaptation des réseaux et des services pour ce seul objectif.

Ce dispositif permet l’utilisation d’une sanction, l’amende, immédiatement applicable.

2. En réservant cette mise en oeuvre au cas où la sanction sous forme d’amende ne s’avère pas suffisante pour faire cesser les manquements constatés.

Ce dispositif permet de ne passer à l’éventuelle application du système le plus privatif de liberté – la suspension – que lorsque l’amende ne suffit pas à faire cesser les manquements constatés et si la suspension est compatible avec les règles européennes actuellement en cours de redéfinition.

Dans cette hypothèse, le dispositif offre alors à l’autorité compétente les moyens de proportionner la sanction de manière plus juste.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

ASSEMBLÉE NATIONALE

20 mars 2009


PROTECTION DE LA CRÉATION SUR INTERNET - (n° 1240)

 

 

 

 

Commission
 
Gouvernement
 

Retiré

AMENDEMENT N° 472 Rect.

 

présenté par

M. Martin-Lalande, M. Dionis du Séjour et M. Suguenot

 

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ARTICLE 2

Après l’alinéa 84, insérer les trois alinéas suivants :

« 1° A Une amende prévue pour les contraventions de première classe.

« Dans les cas prévus à l’alinéa précédent, le titulaire de l’abonnement au service de communication électronique utilisé pour procéder à la mise à disposition est responsable pécuniairement de l’amende encourue à moins qu’il n’établisse avoir été victime d’une fraude ou de tout autre évènement de force majeure ou qu’il apporte tout élément permettant d’établir qu’il n’est pas l’auteur de l’infraction. Lorsque l’abonnement est souscrit par une personne morale, la responsabilité pécuniaire de l’amende incombe, sous les mêmes réserves, au représentant légal de cette personne morale.

« Sans préjudice de la compétence générale des officiers et des agents de police judiciaire, les agents assermentés désignés selon les modalités de l’article L. 331-20, peuvent être spécialement habilités pour constater par procès-verbal les contraventions prévues au présent article, et pour requérir les données de nature à permettre l’identification de l’abonné défini à l’alinéa précédent auprès du fournisseur de services de communications électroniques, dans la limite et pour la durée strictement nécessaires à la verbalisation de l’infraction et au recouvrement de l’amende ; ».

EXPOSÉ SOMMAIRE

Cet amendement met en cohérence le dispositif concernant la « transaction » avec le nouveau dispositif de sanctions proposé après l’alinéa 75 et à l’alinéa 76.

Ces amendements visent à instaurer un système d’amende applicable très rapidement, tout en maintenant l’inscription dans la loi du système de suspension de l’accès internet, mais en subordonnant son éventuelle mise en oeuvre ultérieure à une clause de revoyure (au plus tard le 1er janvier 2011) et à 2 conditions: que l’amende ne s’avère pas suffisante pour faire cesser les manquements constatés et que le système de suspension soit « euro-compatible ». Par-là, ils poursuivent un triple objectif de calendrier, de financement et de gradation.

D’abord, un objectif de calendrier. Ce dispositif prend en compte le fait que la suspension ne serait applicable qu’après environ un an d’investissements dans les réseaux et les services. Il permet de disposer d’une sanction, l’amende, applicable très rapidement. Il permet de ne passer à l’éventuelle application du système le plus privatif de liberté – la suspension – que lorsque l’amende ne suffit pas à faire cesser les manquements constatés et si la suspension est compatible avec les règles européennes actuellement en cours de redéfinition.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ensuite, un objectif de financement. Ce dispositif évite aux FAI d’investir immédiatement de l’ordre de 70 millions d’euros (selon le CGTI) dans l’adaptation des réseaux et des services pour la restriction sélective d’accès. Effectivement, cet investissement ne servirait qu’à cette fonction répressive alors que, d’ici 2 à 3 ans, la même somme investie pourrait être consacrée à un investissement permettant, à la fois, la suspension sélective et surtout le nouveau mode de gestion des paquets sur le réseau internet (la gestion différenciée des paquets en fonction du niveau de qualité de service). Cela permet donc un investissement de modernisation utile à tous les usages de l’internet au lieu d’un investissement à usage uniquement répressif.

Enfin, un objectif de gradation. L’amende offre à l’autorité compétente les moyens de proportionner la sanction de manière plus juste.

 

 

 

ASSEMBLÉE NATIONALE

20 mars 2009


PROTECTION DE LA CRÉATION SUR INTERNET - (n° 1240)

 

 

 

 

Commission
 
Gouvernement
 

Non soutenu

AMENDEMENT N° 471 Rect.

 

présenté par

M. Martin-Lalande et M. Dionis du Séjour

 

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ARTICLE 2

À l’alinéa 76, après la référence :

« 1° »,

insérer les mots :

« À compter du 1er janvier 2011, sous réserve que la sanction prévue au 1° bis ne s’avère pas suffisante pour faire cesser les manquements constatés, ».

EXPOSÉ SOMMAIRE

L’amendement précédent, le n°470 rectifié, avait pour objectif d’instaurer une nouvelle sanction: l’amende.

Le présent amendement, le n°471 rectifié, concerne l’autre sanction: la suspension. Il propose que la suspension soit maintenue à certaines conditions:

1. Sa mise en oeuvre n’interviendra qu’à partir du 1er janvier 2011.

Ce calendrier prend en compte le fait que la suspension ne serait de toute façon techniquement applicable qu’après environ un an d’investissements dans les réseaux et les services.

Pendant cette période d’investissements échelonnés, il y aurait de grandes inégalités entre les internautes puisque certains pourraient techniquement être sanctionnés et d’autres ne seraient pas techniquement sanctionnables.

Par ailleurs, le délai laissé aux FAI pour investir de l’ordre de 70 millions d’euros (selon le CGTI) dans l’adaptation des réseaux et des services pour la restriction sélective d’accès permettra d’investir plus efficacement. En effet, d’ici 2 à 3 ans, les opérateurs vont avoir à investir pour le nouveau mode de gestion des paquets sur le réseau internet (la gestion différenciée des paquets en fonction du niveau de qualité de service). Cet investissement pourra servir pour la suspension sélective de l’accès à internet. Au contraire, si les FAI devaient mettre en oeuvre dès maintenant les moyens d’une suspension sélective, ils devraient investir de manière spécifique de l’ordre de 70 millions d’euros dans l’adaptation des réseaux et des services pour ce seul objectif.

De plus, le délai jusqu’au 1er janvier 2011 permettra de s’assurer de la compatibilité de la suspension avec les règles européennes actuellement en cours de redéfinition.

Enfin, l’instauration de l’amende (amendement n°470 rectifié) permet de disposer immédiatement d’une sanction jusqu’à l’éventuelle mise en oeuvre de la suspension au 1er janvier 2011.

2. La mise en oeuvre de la suspension n’interviendra que dans les cas où l’amende ne s’avère pas suffisante pour faire cesser les manquements constatés.

Ce dispositif permet de ne passer à l’éventuelle application du système le plus privatif de liberté – la suspension – que dans les cas les plus graves. Il offre ainsi à l’autorité compétente les moyens de proportionner la sanction de manière plus juste.

 

ASSEMBLÉE NATIONALE

20 mars 2009


PROTECTION DE LA CRÉATION SUR INTERNET - (n° 1240)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Commission
 
Gouvernement
 

Rejeté

AMENDEMENT N° 470 (2ème rect.)

 

présenté par

M. Martin-Lalande, M. Dionis du Séjour et M. Suguenot

 

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ARTICLE 2

Après l'alinéa 75, insérer les trois alinéas suivants :

«  1° A Une amende prévue pour les contraventions de première classe.

« Dans les cas prévus à l’alinéa précédent, le titulaire de l’abonnement au service de communication électronique utilisé pour procéder à la mise à disposition est responsable pécuniairement de l’amende encourue à moins qu’il n’établisse avoir été victime d’une fraude ou de tout autre évènement de force majeure ou qu’il apporte tout élément permettant d’établir qu’il n’est pas l’auteur de l’infraction. Lorsque l’abonnement est souscrit par une personne morale, la responsabilité pécuniaire de l’amende incombe, sous les mêmes réserves, au représentant légal de cette personne morale.

« Sans préjudice de la compétence générale des officiers et des agents de police judiciaire, les agents assermentés désignés selon les modalités de l’article L. 331-20 peuvent être spécialement habilités pour constater par procès-verbal les contraventions prévues au présent article et pour requérir les données de nature à permettre l’identification de l’abonné défini à l’alinéa précédent auprès du fournisseur de services de communications électroniques, dans la limite et pour la durée strictement nécessaires à la verbalisation de l’infraction et au recouvrement de l’amende ; ».

EXPOSÉ SOMMAIRE

Cet amendement vise à instaurer un système d’amende applicable très rapidement, tout en maintenant l’inscription dans la loi du système de suspension de l’accès internet, mais en subordonnant son éventuelle mise en oeuvre ultérieure à une clause de revoyure (au plus tard le 1er janvier 2011) et à 2 conditions: que le système d’amende ne réduise pas significativement la contrefaçon et que le système de suspension soit « euro-compatible ». Par-là, il poursuit un triple objectif de calendrier, de financement et de gradation.

D’abord, un objectif de calendrier. Ce dispositif prend en compte le fait que la suspension ne serait applicable qu’après environ un an d’investissements dans les réseaux et les services. Il permet de disposer d’une sanction, l’amende, applicable très rapidement. Il permet de ne passer à l’éventuelle application du système le plus privatif de liberté – la suspension – que lorsque les pouvoirs publics disposeront du constat que l’amende ne suffit pas et de la certitude que la suspension est compatible avec les règles européennes actuellement en cours de redéfinition.

Ensuite, un objectif de financement. Ce dispositif évite aux FAI d’investir immédiatement de l’ordre de 70 millions d’euros dans l’adaptation des réseaux et des services pour la restriction sélective d’accès. Effectivement, cet investissement ne servirait qu’à cette fonction répressive alors que, d’ici 2 à 3 ans, la même somme investie pourrait être consacrée à un investissement permettant, à la fois, la suspension sélective et surtout le nouveau mode de gestion des paquets (« coloriage » des paquets) sur le réseau internet. Cela permet donc un investissement de modernisation utile à tous les usages de l’internet au lieu d’un investissement à usage uniquement répressif.

Enfin, un objectif de gradation. L’amende élargit la gamme des sanctions, offrant ainsi à l’autorité compétente les moyens de proportionner la sanction de manière plus juste.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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