14 décembre 2017
Bonne fête Odile

Site mis à jour le
13 décembre 2017

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DECHEANCE

Beaucoup d'images et de Mots sont des liens, cliquer dessus !
 
«J'en ai certainement, Monsieur, du sang noir! Mon père était mulâtre, mon grand-père était un nègre, mon arrière-grand-père était un singe. Vous voyez, Monsieur, que ma famille commence où la vôtre finit»
(répartie attribuée à
Alexandre Dumas père).

 


 

 

l - Depuis les années 1880, le conflit entre l'Eglise et la République a été ravivé par :

- l'affaire Dreyfus
- le comportement conservateur des congrégations et de la presse catholique.

Au début du XXe siècle, la question religieuse est au coeur de la vie politique et provoque des incidents multiples. Les radicaux, anticléricaux, accusent les congrégations religieuses d'élever la jeunesse dans l'hostilité aux principes républicains.

De 1899 à 1905 une série de lois est adoptée :

• Sous le gouvernement Waldeck-Rousseau (1899-1902)
1901 : Loi sur les associations (juillet) qui peuvent se fonder librement sauf pour les congrégations religieuses qui doivent solliciter une autorisation.

• Sous le gouvernement d'Emile Combes (1902-1905) : lutte anticléricale et laïcisation.
Elle s'exprime à travers le refus des autorisations demandées par les congrégations religieuses, la fermeture d'établissements scolaires, l'expulsion des congrégations.
1904 : Loi interdisant l'enseignement aux membres des congrégations
1904 : Rupture des relations diplomatiques avec le Vatican
1905 : Loi de séparation de l'Eglise et de l'État :

- qui garantit la liberté des cultes
- par laquelle l'Etat ne
rétribue plus aucun culte
- qui
stipule que les biens ecclésiastiques (sauf les objets du culte) deviennent propriété de l'Etat, ce qui oblige les pouvoirs publics à procéder à l'inventaire des biens des Eglises.

 La division des catholiques devant la loi de séparation de l'Eglise et de I'Etat :

Les uns sont pour un respect de la loi républicaine, son acceptation.
D'autres entrent en résistanœ, encouragés par la condamnation sans appel de la loi par le pape. Ce qui donne lieu à de nombreux incidents lors des
inventaires, parfois graves voire violents comme dans les départements de l'Ouest ou de la bordure orientale du Massif Central où le clergé est très influent. Les fidèles cherchent alors à empêcher les inventaires et s'affrontent aux forces de l'ordre.
 

2 - La politique coloniale de la France en Algérie

• La conquête militaire de l'Algérie par la France débute en juillet 1830 par la prise d'Alger. Sous la conduite d'Abd el Kader éclate, dès 1834 un premier soulèvement contre la présence française, suivi d'un second en 1847. La Conquête du territoire (dite "pacification") se poursuivra jusqu'en 1857.

• Le statut : à partir de la Seconde République, l'Algérie est partie intégrante du territoire français ("Deuxième France"). Elle est divisée en trois départements (Alger, Oran, Constantine) dirigés directement depuis les ministères parisiens.

La colonisation agricole : elle se fait au détriment des Algériens dépossédés de leurs terres.

> soit par la "colonisation officielle", forme la plus répandue jusqu'en 1900 selon trois procédés :
  - la confiscation pure et simple des terres des tribus, en particulier par la pratique du "cantonnement" qui consiste à refouler les tribus vers les zones les plus stériles, généralement montagneuses.
  - l'expropriation des tribus rebelles : par exemple, les révoltes de la Kabylie (1871) entraînent un
séquestre de 500 000 ha de terres affectées à la colonisation.
  - la mise en valeur de terres incultes.

> soit par la "colonisation libre" par laquelle les colons ou les Algériens vendent leurs terres librement : cette pratique, encouragée par la loi Wamier dès 1873 (qui sera complétée par des lois de 1887 et 1897), ne deviendra très fréquente qu'après 1900.

Au total, en 1914, la colonisation officielle a créé 700 villages dont l'Etat a pris en charge les infrastructures (terrassements, voirie, maisons). Elle a distribué environ 2 millions d'ha de terres (120 000 ha de 1891 à 1900, 200 000 de 1901 à 1914) à des immigrants de nationalité française, à condition qu'ils résident sur leur exploitation et la mettent en valeur.
 

Les colons
La colonisation est accompagnée d'un effort considérable des autorités françaises en faveur de l'immigration en Algérie qui deviendra une colonie de peuplement. C'est ainsi que la population d'origine européenne, qui comptait 25 000 individus en 1840, va tripler entre 1872 (245 000) et 1914 (750 000) ce qui correspond à environ 300 000 arrivées.

Qui sont ces immigrants ?

- Des Français dont quelques milliers d'Alsaciens-Lorrains (1183 familles après 1871) mais aussi des migrants originaires des départements du sud de la France (sud du Massif Central, Midi -populations chassées par la crise du phylloxéra -, Corse). Il faut également mentionner les "transportés".

 

- D'autres Européens (surtout des Espagnols : 150 000 en 1889, des Italiens, des Maltais ...) qui peuvent connaître des problèmes d'assimilation. En 1886, ils seront aussi nombreux que les Français et auront, à partir de 1889 l'acquisition automatique de la nationalité française.

 

La plupart des colons sont d'origine citadine. Ils s'adaptent difficilement à la vie rurale. Aussi, sur la période 1871-1895, 61% de ceux qui avaient obtenu un lot de terre l'ont revendu ; sur les 1183 familles d'Alsaciens-Lorrains, seules 387 sont restées sur leurs terres. Ils s'installent alors dans les villes ; au début du XXe siècle la population d'origine européenne est urbaine à 60-70%.

Source :migration.0352009U@ac-rennes.fr

 

Bonaparte rétablit l'esclavage
 

Par un décret du 30 Floréal An X (20 mai 1802),
le Premier Consul Napoléon Bonaparte rétablit officiellement l'esclavage dans les colonies françaises.
 
 
Le décret du 30 floréal An X (20 mai 1802)

AU NOM DU PEUPLE FRANÇAIS, BONAPARTE, premier Consul, PROCLAME loi de la République le décret suivant, rendu par le Corps législatif le 30 floréal an X, conformément à la proposition faite par le Gouvernement le 27 dudit mois, communiquée au Tribunat le même jour.

DÉCRET.

ART. Ier Dans les colonies restituées à la France en exécution du traité d'Amiens, du 6 germinal an X, l'esclavage sera maintenu conformément aux lois et règlements antérieurs à 1789.

II. Il en sera de même dans les autres colonies françaises au-delà du Cap de Bonne-Espérance.

III. La traite des noirs et leur importation dans lesdites colonies, auront lieu, conformément aux lois et règlements existants avant ladite époque de 1789.

IV. Nonobstant toutes lois antérieures, le régime des colonies est soumis, pendant dix ans, aux règlements qui seront faits par le Gouvernement.

 *

LISEZ BIEN CE TEXTE, EN SACHANT QUE C'EST UNE HISTOIRE VRAIE !


Dans un avion,
- Quel est votre problème, Madame ? Demande l'hôtesse.
- Mais vous ne le voyez donc pas ? Répond la dame. Vous m'avez placée à côté d'un noir. Je ne supporte pas de rester à côté d'un de ces êtres très dégoûtants. Donnez-moi un autre siège !

S'il vous plaît, calmez-vous, dit l'hôtesse. Presque toutes les places de ce vol sont prises. Je vais voir s'il y a une place disponible.
L'hôtesse s'éloigne et revient quelques minutes plus tard.
- Madame, comme je le pensais, il n'y a plus aucune place libre dans la classe économique. J'ai parlé au commandant et il m'a confirmé qu'il n'y a plus de place dans la classe économique. Toutefois, nous avons encore une place en première classe.
Avant que la dame puisse faire le moindre commentaire, l'hôtesse de l'air continue :
- Il est tout à fait inhabituel dans notre compagnie de permettre à une personne de classe économique de s'asseoir en première classe. Mais, vu les circonstances, le commandant trouve qu'il serait scandaleux d'obliger quelqu'un à s'asseoir à côté d'une personne aussi répugnante.

Et s'adressant au noir, l'hôtesse lui dit :

- Donc, Monsieur, si vous le souhaitez, prenez votre bagage à main car un siège en première classe vous attend.
Et tous les passagers autour, qui, choqués, assistaient à la scène se levèrent et applaudirent ...


Si tu te bats contre le racisme renvoie ce message à tous tes amis

L'esclavage fut toléré dans les colonies européennes jusqu'à à la moitié du XVIIIème siècle. Il était important de préciser à cette époque que l'esclave n'est pas assimilé " aux noirs ".  Ceux-ci n'étaient pas considérés comme une "race inférieure" ni destinés à l'esclavage. Qu'on se le dise, et pour preuve, un certain nombre d'africains circulaient à Versailles, à Saint Petersburg où le poète Pouchkine se targuait d'un aïeul africain, et dans bien d'autres cours où ils effectuaient ma foi de bien "hautes fonctions"...
Lors,  deux rivalités s'instaurent dans le pays de France que j'ose définir comme telles :

soumission d'êtres pensants ou  domesticité de races inférieures

La 1ère semble inspirée d'humanité et de raison  Elle dénonce l'esclavage et certains préjugés à l'égard d'autres races, et est représentative de "l'esprit des lumières" et des textes chrétiens. Montesquieu et Voltaire (HUM !) s'y attardent par des textes. Grégoire  en France et Wilberforce en Angleterre par la mobilisation contre la traite

VOLTAIRE virevolte, se contredit, et dénigre à vau l'eau !  Ce sont de véritables  jugements «racistes»  où il promulgue une hiérarchie bien définie sur LES RACES humaines. 

Quant à MONTESQUIEU, bien plus sournois ou purement ironique mais tout autant  rapace  que Voltaire,  il amasse beaucoup d'argent dans le commerce triangulaire. Ils ne sont évidemment pas les seuls mais d'autres ont dû "oublier" de baver sur leurs gagne-pains à force de comptabiliser les "pépettes" !

Pour MONTESQUIEU, qui l'eût cru ? Mais pourquoi nous le cache-t-on ? (Cacheton ? ben tiens j'en ai besoin !)

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Les abolitionnistes les plus virulents :

 

Certains philosophes, dont ceux "des Lumières", ont contribué de par leur influence et leur érudition, à faire prendre conscience au peuple de l'ignominie à soumettre un être humain. Les conditions et les méthodes entreprises dans ce but furent ainsi évoquées dans les lectures métropolitaines, dénonçant et relatant les horreurs de l'esclavage.

 

 

"Eh, mon Dieu, lui dit Candide en hollandais, que fais-tu là, mon ami, dans l'état horrible où je te vois? _J'attends mon maître, Monsieur Vanderdendur, le fameux négociant, répondit le nègre. _Est-ce Monsieur Vanderdendur qui t'a traité ainsi? Dit Candide. _Oui, Monsieur, dit le nègre, c'est l'usage. On nous donne un caleçon de toile pour tout vêtement deux fois l'année. Quand nous travaillons aux sucreries et que la meule nous happe un doigt, on nous coupe la main; Quand nous voulons nous enfuir, on nous coupe la jambe: je me suis trouvé dans les deux cas. C'est à ce prix que vous mangez du sucre en Europe."

 

Voltaire, Candide, Chap.XIX, 1759

 

Baptiste-Henri Grégoire (dit L'abbé Grégoire) (1750-1831) : Description de cette image, également commentée ci-après

Ecclésiastique et homme politique à l'Assemblé Constituante. Il s'insurge et réclame l'abolition totale des privilèges mais prône aussi pour le suffrage universel.

- Novembre 1780 : il est fondateur à prêter serment de fidélité à la Constitution civil du clergé.

- 1791 : Nommé évêque constitutionnel de Blois. Elu à la Convention, il combat par ses écrits fpour la cause des Noirs et contribue au vote pour l'aboutissement de l'abolition de l'esclavage. Il revendique aussi pour la reconnaissance des droits civils et politiques accordés aux juifs.

- 1792/1795 : Fervent participant à la création du conservatoire des Arts et Métiers, il lutte pour la diffusion du français.

- 1795/1798 : Membre du conseil des Cinq Cents , du corps législatif.

- 1802 : Sénateur, il tente vainement d'organiser l'église gallicane. Farouche adversaire du consulat et de l'Empire, victime de calomnies, il se retire à Auteuil. Lors du bicentenaire de la Révolution française, ses cendres ont été transférées au Panthéon.

 

Alphonse de Lamartine (1790-1869) : (Lamartine peint par Decaisne en 1839 )

Né à Macon, Lamartine reçoit une éducation religieuse, il découvre l'Italie en 1811 avant de se mettre au service de Louis XVIII. S'ennuyant, il s'Description de cette image, également commentée ci-aprèsadonne à l'écriture. En 1820, il publie les Méditations. Attaché d'ambassade à Florence, marié à une anglaise, il compose en 1830 les harmonies poétiques et religieuses. La mort de sa fille va modifier sa foi. Il s'engage dans le combat politique, entré dans la chambre dès 1834, il présente de nombreuses interventions comme l'abolition de la peine de mort ou des projets relatifs à l'assistance. Devenu influent et affichant son opposition au régime de Louis Philippe, il est l'un des acteurs des journées de 1848. Membre du gouvernement provisoire, il est aussi l'un des protagonistes de l'abolition de l'esclavage. L'avènement du Second Empire met fin à sa carrière politique. Endetté, il ne peut choisir l'exil. Persuadé du danger impérial, il se réfugie dans l'écriture, publiant des ouvrages historiques, des romans sociaux, des ouvrages autobiographiques ainsi que des recueils poétiques. En 1869, sa famille refuse les funérailles nationales auxquelles il avait droit.

 

Victor Scholcher (1804-1893) :

Né le 22 juillet 1804, à Paris fils du porcelainier Marc Scholcher, cet homme a consacré sa vie à la défense de la liberté dDescription de l'image Victor Schoelcher.jpg.es noirs et à l'égalité entre tous les citoyens. Suite à un voyage d'affaire au Mexique en 1828, il découvre Cuba où l'esclavage lui apparaît comme une horreur. De retour en France, il publie des articles, des ouvrages, multiplie ses déplacements d'information et adhère à la société pour l'abolition de l'esclavage. Sous-secrétaire-d'Etat dans le gouvernement provisoire de 1848, il contribue à faire adopter le décret le décret sur l'abolition de l'esclavage dans les colonies. Le décret signé par tous les membres du gouvernement paraît au Moniteur, le 5 mars. Député de la Guadeloupe et de la Martinique de 1848 à 1851, il siège à gauche. Le coup d'état de Louis Napoléon le pousse à l'exil en Angleterre jusqu'en 1870.

Après l'abdication de Napoléon III, il est réélu député de la Martinique à l'assemblée Nationale en 1871, puis sénateur inamovible en 1875. Enterré au Père Lachaise, ses cendres sont transférées en 1949, au Panthéon.

 

Alexandre Gatine (1805-1864) :

Avocat parisien, Alexandre Gatine se consacre, dès 1831, aux causes coloniales. Il publie alors une brochure : "Pétition à la chambre des députés relative au droit dénié aux esclaves de se pourvoir en cassation". En 1844, il s'illustre dans l'affaire Virginie où il défend une affranchie guadeloupéenne réclamant la liberté de ses enfants selon l'article 47 du Code Noir. En 1848, Scholcher se préparer les projets des décrets relatifs à l'abolition de l'esclavage. Le gouvernement provisoire adopte ses décrets le 27 avril 1848 et le désigne comme commissaire général de la Guadeloupe, chargé d'appliquer, sur le terrain, la politique abolitionniste. Il lui faut cinq mois pour mettre en place les structures de l'émancipation; de retour à Paris il édite une brochure sur la Guadeloupe. En 1864, quelques mois avant sa mort, Gatine évoque dans un poème intitulé "souvenirs d'un abolitionniste" la révolution de 1848, l'abolition de l'esclavage et son arrivée en Guadeloupe.

 

François Auguste Perrinon (1812-1861) :

François Auguste Perrinon, né à Saint-Pierre (Martinique) d'une famille de libres de couleur. Envoyé en France, il devient élève de l'école François Auguste Perrinonde polytechnique et se spécialise dans l'artillerie de Marine. En 1842, il fait partie de la garnison de la Guadeloupe. Il est anti-esclavagiste et en 1847, dans une brochure sur Saint-Martin "Résultats d'expérience sur le travail des esclaves", il s'emploie à démontrer que le travail libre est possible. Un an plus tard, il fait partie de la commission d'abolition d'esclavage puis est envoyé comme commissaire d'abolition, puis commissaire général à la Martinique(juin -novembre 1848). Avec Scholcher, dont il est proche, il est député à l'Assemble National (1849-1850). Après le coup d'état du 2 décembre 1851, il regagne les Antilles et va vivre à Saint-Martin où il exploite des salines. Il refuse de prêter serment à Napoléon III (lettre du 18 avril 1853) ce qui lui vaut d'être rayé des cadres de l'armée. Il meurt à Saint-Martin, le 2 janvier 1861.

 

Louisy Mathieu (1817-1874) :

Louisy Mathieu est le premier esclave libéré à avoir siégé à l'Assemblée Nationale. En effet, né à Basse-Terre, le 2 février 1817, ce tonnelier avait appris à lire par le biais d'une éducation religieuse malgré l'interdiction de ses maîtres. Le gouvernement provisoire de 1848 vote les lois abolitionnistes. Les progressistes guadeloupéens, conscients de la popularité de Louisy Mathieu, à Pointe-à-Pitre, le proposent comme candidat. Il est présent sur la liste électorale conduite par Perrinon et Scholcher. A l'issue des votes, Scholcher, également élu en Martinique, laisse son siège à Louisy, poste qu'il occupera jusqu'au 26 mai 1849. Après le coup d'état de Louis Bonaparte (1851), il abandonne la vie politique, installé au Bas de la Source, il vit misérablement.

 

Théodore Antoine Champy (?-1890) :

Avocat, maire de Pointe-à-Pitre de 1841 à 1851, Théodore Champy proclame le 28 mai 1848, l'abolition de l'esclavage dans sa ville. Dans un vibrant discours, il annonce: "Tous les citoyens sont égaux, ils ne se distinguent plus désormais que par leurs vertus, leur amour de l'ordre et de la tranquillité. Et vous, mes nouveaux concitoyens, qui venez de recevoir le baptême de la liberté et de la civilisation, j'en appelle à vous. Montrez-vous dignes d'un si grand bienfait, Vive la République !". Homme dynamique et généreux, il s'était manifesté par son dévouement lors du tremblement de terre qui détruit Pointe-à-pitre le 8 février 1843. En 1850, au côté de Scholcher, il prend la défense des accusés de la Gabarre qui avaient été traduits devant les tribunaux par des conservateurs inquiets. Le poste de conseiller général dans le canton de Pointe-à-Pitre, en 1871 sera son dernier mandat politique.

 

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Cher frère blanc
Quand je sus né, j'étais noir
Quand j'ai grandi, j'étais noir

Quand je vais au soleil, je suis noir
Quand je suis malade, je suis noir
Quand je mourrai, je serai noir

Tandis que toi, homme blanc
Quand tu es né, tu étais rose
Quand tu as grandi, tu étais blanc
Quand tu vas au soleil, tu es rouge
Quand tu as froid, tu es bleu
Quand tu a peur, tu es vert
Quand tu es malade, tu es jaune

Quand tu es mort, tu es gris
Et après çà, tu a le toupet de m'appeler
HOMME DE COULEUR
 
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CHAPITRE V
De l'esclavage des nègres, Si j'avais à soutenir le droit que nous avons eu de rendre les nègres esclaves, voici ce que je dirais :
Les peuples d'Europe ayant exterminé ceux de l'Amérique, ils ont dû mettre en esclavage ceux de l'Afrique, pour s'en servir à défricher tant de terres.
Le sucre serait trop cher, si l'on ne faisait travailler la plante qui le produit par des esclaves.
Ceux dont il s'agit sont noirs depuis les pieds jusqu'à la tête ; et ils ont le nez si écrasé qu'il est presque impossible de les plaindre.
On ne  peut se mettre dans l'esprit que Dieu, qui est un être sage, ait mis une âme, surtout une âme bonne, dans un corps tout noir.
Il est si naturel de penser que c'est la couleur qui constitue l'essence de l'humanité, que les peuples d'Asie, qui font des eunuques, privent toujours les noirs du rapport qu'ils ont avec nous d'une façon plus marquée.
On peut juger de la couleur de la peau par celle des cheveux, qui, chez les Egyptiens, les meilleurs philosophes du monde, étaient d'une si grande conséquence qu'ils faisaient mourir tous les hommes roux qui leur tombaient entre les mains.
Une preuve que les nègres n'ont pas le sens commun, c'est qu'ils font plus de cas d'un collier de verre que de l'or, qui, chez des nations policées, est d'une si grande conséquence.
Il est impossible que nous supposions que ces gens-là soient des hommes ; parce que, si nous les supposions des hommes, on commencerait à croire que nous ne sommes pas nous-mêmes des chrétiens.
De petits esprits exagèrent trop l'injustice que l'on fait aux Africains. Car si elle était telle qu'ils le disent, ne serait-il pas venu dans la tête des Princes d'Europe, qui font entre eux tant de conventions inutiles, d'en faire une générale en faveur de la miséricorde et de la pitié ?


Extrait de Montesquieu, L'Esprit des Lois, Livre XV, chapitre V

 

Si ça c'est de l'humour, il est vraiment noir, (oui facile mais convainquant). Un constat ? il est horrible ! Une opinion ? vraiment odieuse ! Un pamphlet ? il faut avoir l'esprit ouvert pour en comprendre les subtilités, (THI lol , je me comprend) !

A-t-il voulu dénoncer les pratiques monstrueuse des esclavagistes, le mépris porté par les colons sur l’Homme noir, ceux-là même qui ne lui reconnaissent  pas même le statut d’être humain. Ma conviction n'est pas suffisamment impartiale, aussi cacherai-je mon opinion réelle sur ce grand philosophe.
La seconde,  peut-être oserai-je la définir comme une psychose, sans doute issue de la peur ancestrale des invasions (les maures, ou les autres pas les huns !)
EUX (les pour le rétablissement) la décrivent comme un  ras-le-bol de l'arrivée massive d'Africains en métropole (déjà, lol ), comme serviteurs ou des "progénitures" abandonnées par les colons itinérants. Mon *** oui ! Plutôt une excuse machiavélique pour profiter de serviteurs gratos ! Que de mensonges et de diffamation pour faire châtier et meurtrir des gens soumis et loin de chez eux. Affreux tout ça et "ça" a vécu ces gens là !

On commence à se prémunir contre cette menace en érigeant des barrières réglementaires, intellectuelles et morales. C'est la naissance du «préjugé de couleur».
C'est Abject ! Pas même le courage de leurs intentions.... Je vais vomir un peu !

*Il ne faut pas oublier que le 9 août 1777,  un système de «dépôt»  pour les esclaves  accompagnant leur maître fût mis en fonction dans les ports.

MAIS...

Les députés de la Convention ont aboli l'esclavage par le  décret de Pluviôse !

Il n'est qu'en Guadeloupe où ce décret est appliqué...

La Martinique est sous occupation  Anglaise donc ...
Les colons des îles de la Réunion et de France (Les Marquises) ignorent l'application du décret.... ben voyons !

Saint-Domingue (aujourd'hui Haïti) doit patienter d'être délivré du joug anglais en octobre 1798  par Toussaint Louverture  pour que le décret voit le jour. Le 8 juillet 1801, le leader noir Toussaint Louverture  chasse les Espagnols de la partie orientale de l'île et se nomme Gouverneur général à vie de l'île réunifiée. Il pratique le commerce  avec les États-Unis et la Grande-Bretagne indépendamment de toutes autorités. Plus d'esclaves mais des travailleurs forcés...

Pourtant, Napoléon Bonaparte, dès 1799 a pour projet  de reconstituer un empire colonial aux Amériques,  «conformément aux lois et règlements antérieurs à 1789».

La paix signée à Lunéville avec l'Autriche, il décide de rétablir à Haïti la souveraineté française et, le 14 décembre 1801, le général Leclerc dirige une flotte de 36 navires chargés de 23.000 hommes  pour reprendre Saint-Domingue. C'est un échec.
 
Le général Antoine Richepance part à la rescousse le 2 mai 1802 avec 11 navires nantis de 3500 hommes, direction la Guadeloupe.Sa mission est de réprimer l'insurrection menée par un ancien officier de la Révolution, Louis Delgrès, fils d'un planteur blanc de la Martinique et d'une mulâtresse. Sans même connaître  le dénouement , Bonaparte signe le décret par lequel il rétablit l'esclavage : ainsi les hommes de couleur perdent leur citoyenneté et les planteurs leur droit à un salaire.  Cambacérès et Joséphine de Beauharnais qui est issue d'une riche famille créole de la Martinique, les Tascher de la Pagerie n'attendaient que ce moment car "  les difficultés grandissaient au sein des milieux d'affaires coloniaux, depuis l'abolition de 1794  ".  Plusieurs mesures qui renouent avec le racisme des décennies précédentes sont prononcées par le premier consul.
 
 
Le racisme, le racisme primaire, le racisme calculé, le racisme des psychopathes ...

En clair :

 

La rébellion des esclaves qui éclata en août 1791 aux Caraïbes, Saint-Domingue, possession française, obligea les commissaires civils délégués par le gouvernement révolutionnaire à proclamer l’abolition de l’esclavage en août 1793. La Convention proclama cette mesure aux autres colonies, (hormis la Martinique sous occupation anglaise), par le vote du décret du 16 pluviôse an II (4 février 1794). La destruction du système esclavagiste était entamée et continuera pendant tout le XIXème siècle. Pourtant, en mai 1802, Napoléon Bonaparte décrétait le rétablissement de l’esclavage dans les colonies françaises. V'LAN ! La seconde expédition envoyée en Guadeloupe réussit sa funeste mission. L'ordre colonial fut rétabli et l'esclavage décrété.  Le Général Richepanse engagea une sévère répression  contre les rebelles. L’expédition de Saint-Domingue  dut livrer une  longue et difficile guerre coloniale. Toussaint Louverture fut arrêté et déporté en juillet 1802. En novembre 1803,  les troupes françaises sont contraintes d'abandonner le conflit armé. Plus de 150.000 morts pour tenter d'en soumettre d'autres. Cherchons l'erreur ! Le 1er janvier 1804, la colonie de Saint-Domingue proclame son indépendance. Elle se nommera désormais   HAÏTI, son véritable nom précolombien !

 

Déclaration et action du premier consul BONAPARTE après la révolution :

«Je suis pour les blancs, parce que je suis blanc. Je n'ai pas d'autre raison, et celle-la est la bonne,» déclare-t-il au Conseil d'État en 1802.

Il vire de l'armée les officiers « de couleur» le 29 mai 1802 ! 

Le 2 juillet, il interdit le territoire métropolitain aux « noirs et gens de couleur » et le 8 janvier 1803 il interdit les mariages mixtes.

Il supprime carrément l' Institution nationale des Colonies, créée 5 ans plus tôt à l'instigation de l'abbé Grégoire pour promouvoir les enfants des colonies quelle que soit leur couleur de peau.

Les 22 élèves noirs de l'institution appelés à devenir officiers sont "promus" simples tambours dans tous les régiments !... Ou «petits nègres» offerts aux dames de la bonne société .
 

«J'en ai certainement, Monsieur, du sang noir! Mon père était mulâtre, mon grand-père était un nègre, mon arrière-grand-père était un singe. Vous voyez, Monsieur, que ma famille commence où la vôtre finit» (répartie attribuée à Alexandre Dumas père).

AIGUAIL7

Article 1er de la Constitution de 1958  :

« La France est une république indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion."

 

 Sarkozy ou le racisme à peine déguisé

Avant de commencer mon propos, laissons la parole à notre président :

« le drame de l’Afrique, c’est que l’homme africain n’est pas assez entré dans l’histoire. Le paysan africain . dont l’idéal de vie est d’être en harmonie avec la nature, ne connaît que l’éternel recommencement du temps rythmé par la répétition sans fin des mêmes gestes et des mêmes paroles. Dans cet imaginaire où tout recommence toujours, il n’y a de place ni pour l’aventure humaine ni pour l’idée de progrès. Dans cet univers où la nature commande tout, il reste immobile au milieu d’un ordre immuable où tout semble être écrit d’avance. Jamais l’homme ne s’élance vers l’avenir. Jamais il ne lui vient à l’idée de sortir de la répétition pour s’inventer un destin.»

Donc d'après ces propos, l' "homme africain" vie dans l'instant présent. Pour eux il n'existe pas d'avenir ni de futur. Est-ce le propre de l'homme cela? Citons Rousseau : «Il y aurait [...] une nature animale, parfaite, sans histoire, sans progrès, toujours conforme à ce qu’elle doit être.» Je vous laisse conclure sur ce que pense notre président de l' "homme" africain. Il est triste de voir que sa pensée sur les africains est proche de celle de l'époque de la traite négrière.

Quand on sait que derrière cela, notre président pense que la colonialisation a eu des bienfaits, finalement, cela ne me surprend pas. D'ailleurs dans son esprit tortueux, ne serait-ce pas le fruit de ces quelques bienfaits qu'il souhaite récupérer grâce à l'immigration choisie? Il y a longtemps, on avait besoin d'esclave et on allait les chercher en Afrique pour faire de basses besognes. Mais maintenant, avec le développement du tertiaire, nous allons lancer la traite des cerveaux.

L' "homme français" est un animal économique dont l'idéal de vie est d'être en harmonie avec son propre profit. Si cette dernière phrase vous choque, imaginer ce qu'on du ressentir les étudiants de Dakar à qui était adressé ce discours.

Super article !

Voici quelques liens de réactions de journaux africains suite à sa tournée. Le moins que l'on puisse dire, c'est que ce n'est pas un succès :

Afrique: Sarkozy suscite une polémique (All Africa)

"L’Eurafrique" : la vraie fausse rupture de Nicolas Sarkozy (Afrik)

Nicolas Sarkozy: Après le Crime, l’Insulte (Ici Cemac)

SARKOZY ET L’AFRIQUE : UN MAUVAIS DÉPART (Sud Quotidien)

Afrique: Je règle mes pas sur les pas de mes prédécesseurs (All Africa)

Mais heureusement pour nous, les français ne sont pas au courant de ces critiques, les médias prennant soit de ne pas les relayer...

2.  Damien B  ›  dimanche 12 août 2007 à 10:54

Voici une lettre ouverte au Président par Raharimanana et les écrivains Boubacar Boris Diop (Sénégal), Abderrahman Beggar (Maroc, Canada), Patrice Nganang (Cameroun, Etats-Unis) Koulsy Lamko (Tchad), Kangni Alem (université de Lomé), et l’éditrice Jutta Hepke (Vents d’ailleurs) : Lettre ouverte à Nicolas Sarkozy

Extraits :

"(...) Au lendemain de votre discours, que faisiez-vous donc avec Omar Bongo, quarante ans de règne dans la dictature, un doyen dites-vous, et quel doyen dans la corruption et l’aliénation de son pays ! De quelle liberté, de quelle justice, de quel droit parlez-vous ? (...)
quand vous dites que l’homme africain n’est pas assez entré dans l’histoire, vous avez tort. Nous étions au cœur de l’histoire quand l’esclavage a changé la face du monde. (...)
Croyez-vous vraiment que jamais l’homme (africain) ne s’élance vers l’avenir, jamais il ne lui vient à l’idée de sortir de la répétition pour s’inventer un destin ? Jamais dites-vous ? Devons-nous l’interpréter comme ignorance, comme cynisme, comme mépris ? Ou alors, comme ces colonisateurs de bonne foi, vous vous exprimez en croyant exposer un bien qui serait finalement un mal pour nous. Seriez-vous aveugle ? Dans ce cas, vous devriez sincèrement reprendre la copie nous concernant. Vous avez tort de mettre sur le même pied d’égalité la responsabilité des Africains et les crimes de l’esclavage et de la colonisation, car s’il y avait des complices de notre côté, ils ne sont que les émanations de ces entreprises totalitaires initiées par l’Europe, depuis quand les systèmes totalitaires n’ont-ils pas leurs collaborateurs locaux ? Car oui, l’esclavage et la colonisation sont des systèmes totalitaires, et vous avez tort de tenter de les justifier en évoquant nos responsabilités et ce bon côté de la colonisation. (...)"

Merci Sarkofrance

 

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DICTIONNAIRE PHILOSOPHIQUE - SUPPLICES

Oui, répétons: « Un pendu n’est bon à rien. » Probablement quelque bourreau, aussi charlatan que cruel, aura fait croire aux imbéciles de son quartier que la graisse de pendu guérissait de l’épilepsie. Le cardinal de Richelieu, en allant à Lyon se donner le plaisir de faire exécuter Cinq-Mars et de Thou, apprit que le bourreau s’était cassé la jambe: « Quel malheur! Dit-il au chancelier Seguier, nous n’avons point de bourreau. » J’avoue que cela était bien triste ; c’était un fleuron qui manquait à sa couronne. Mais enfin on trouva un vieux bonhomme qui abattit la tête de l’innocent et sage de Thou en douze coups de sabre. De quelle nécessité était cette mort ? quel bien pouvait faire l’assassinat juridique du maréchal de Marillac ?

Je dirai plus si le duc Maximilien de Sully n’avait pas forcé le bon Henri IV à faire exécuter le maréchal de Biron, couvert de blessures reçues à son service, peut-être Henri n’aurait-il pas été assassiné lui-même ; peut-être cet acte de clémence, si bien placé après la condamnation, aurait adouci l’esprit de la Ligue, qui était encore très violent ; peut-être n’aurait-il pas crié sans cesse aux oreilles du peuple : « Le roi protège toujours les hérétiques, le roi maltraite les bons catholiques, le roi est un avare, le roi est un vieux débauché qui, à l’âge de cinquante-sept ans, est amoureux de la jeune princesse de Condé, ce qui réduit son mari à s’enfuir du royaume avec sa femme. » Toutes ces flammes du mécontentement universel n’auraient pas mis le feu à la cervelle du fanatique feuillant Ravaillac.

Quant à ce qu’on appelle communément la justice, c’est-à-dire l’usage de tuer un homme parce qu’il aura volé un écu à son maître ou de le brûler comme Simon Morin, pour avoir dit qu’il a eu des conversations avec le Saint-Eprit, et comme on a brûlé un vieux fou de jésuite nommé Malagrida, pour avoir imprimé les entretiens que la sainte vierge Marie avait avec sa mère sainte Anne quand elle était dans son ventre, etc... cet usage, il en faut convenir, n’est ni humain ni raisonnable, et ne peut jamais être de la moindre utilité.

Nous avons déjà demandé quel avantage pouvait résulter pour l’État de la mort d’un pauvre homme connu sous le nom du fou de Verberi, qui, dans un souper chez des moines, avait proféré des paroles insensées, et qui fut pendu au lieu d’être purgé et saigné.

Nous avons demandé encore s’il était bien nécessaire qu’un autre fou qui était dans les gardes du corps, et qui se fit quelques taillades légères avec un couteau, à l’exemple des charlatans, pour obtenir quelque récompense, fût pendu aussi par arrêt du parlement ? Était-ce là un grand crime ? y avait-il un grand danger pour la société de laisser vivre cet homme ?

En quoi était-il nécessaire qu’on coupât la main et la langue au chevalier de La Barre ? qu’on l’appliquât à la torture ordinaire et extraordinaire, et qu’on le brûlât tout vif ? telle fut sa sentence, prononcée par les Solons et les Lycurgues d’Abbeville. De quoi s’agissait-il ? avait-il assassiné son père et sa mère? craignait-on qu’il ne mît le feu à la ville ? On l’accusait de quelques irrévérences, si secrètes que la sentence même ne les articula pas. Il avait, dit-on, chanté une vieille chanson que personne ne connaît  ; il  avait vu passer de loin une procession de capucins sans la saluer.

Il faut que chez certains peuples le plaisir de tuer son prochain en cérémonie, comme dit Boileau, et de lui faire souffrir des tourments épouvantables, soit un amusement bien agréable. Ces peuples habitent le quarante-neuvième degré de latitude ; c’est précisément la position des Iroquois. Il faut espérer qu’on les civilisera un jour.

Il y a toujours dans cette nation de barbares deux ou trois mille personnes très aimables, d’un goût délicat, et de très bonne compagnie, qui à la fin poliront les autres. Je demanderais volontiers à ceux qui aiment tant à élever des gibets, des échafauds, des bûchers, et à faire tirer des arquebusades dans la cervelle, s’ils sont toujours en temps de famine, et s’ils tuent ainsi leurs semblables de peur d’avoir trop de monde à nourrir.

Je fus effrayé un jour en voyant la liste des déserteurs depuis huit années seulement ; on en comptait soixante mille. C’était soixante mille compatriotes auxquels il fallait casser la tête au son du tambour, et avec lesquels on aurait conquis une province s’ils avaient été bien nourris et bien conduits. Je demanderais encore à quelques-uns de ces Dracons subalternes si dans leur pays il n’y a pas de grandes routes et des chemins de traverse à construire, des terrains incultes à défricher, et si les pendus et les arquebusés peuvent leur rendre ce service.

Je ne leur parlerais pas d’humanité, mais d’utilité ; malheureusement ils n’entendent quelquefois ni l’une ni l’autre. Et quand M. Beccaria fut applaudi de l’Europe pour avoir démontré que les peines doivent être proportionnées aux délits, il se trouva bien vite chez les iroquois un avocat gagné par un prêtre, qui soutint que torturer, pendre, rouer, brûler, dans tous les cas, est toujours le meilleur.

C’est en Angleterre surtout, plus qu’en aucun pays, que s’est signalée la tranquille fureur d’égorger les hommes avec le glaive prétendu de la loi. Sans parler de ce nombre prodigieux de seigneurs du sang royal, de pairs du royaume, d’illustres citoyens péris sur un échafaud en place publique, il suffirait de réfléchir sur le supplice de la reine Anne Boulen, de la reine Catherine Howard, de la reine Jeanne Gray, de la reine Marie Stuart, du roi Charles Ier, pour justifier celui qui a dit que c’était au bourreau d’écrire l’histoire d’Angleterre.

Après cette île on prétend que la France est le pays où les supplices ont été le plus communs. Je ne dirai rien de celui de la reine Brunehaut, car je n’en crois rien. Je passe à travers mille échafauds, et je m’arrête à celui du comte de Montecuculli, qui fut écartelé en présence de François Ier et de toute la cour, parce que le dauphin François était mort d’une pleurésie.

Cet événement est de 1536. Charles-Quint, victorieux de tous les côtés en Europe et en Afrique, ravageait à la fois la Provence et la Picardie. Pendant cette campagne qui commençait pour lui avec avantage, le jeune dauphin, âgé de dix-huit ans, s’échauffe à jouer à la paume dans la petite ville de Tournon. Tout en sueur il boit de l’eau glacée; il meurt de la pleurésie le cinquième jour. Toute la cour, toute la France crie que l’empereur Charles-Quint a fait empoisonner le dauphin de France. Cette accusation, aussi horrible qu’absurde, est répétée jusqu’à nos jours. Malherbe dit dans une de ses odes:

François, quand la Castille, inégale à ses armes,
Lui vola son dauphin,
Semblait d’un si grand coup devoir jeter des larmes
Qui n’eussent jamais fin.
Ode à Duperrier.

Il n’est pas question d’examiner si l’empereur était inégal aux armes de François Ier parce qu’il sortit de Provence après l’avoir épuisée, ou si c’est voler un dauphin que de l’empoisonner, ou si on jette des larmes d’un coup, lesquelles n’ont point fin. Ces mauvais vers font voir seulement que l’empoisonnement de François, dauphin, par Charles-Quint, passa toujours en France pour une vérité incontestable. Daniel ne disculpe point l’empereur. Hénault dit dans son Abrégé: « François, dauphin, mort de poison. »

Ainsi tous les écrivains se copient les uns les autres. Enfin l’auteur de l’histoire de François Ier ose comme moi discuter le fait. Il est vrai que le comte Montecuculli, qui était au service du dauphin, fut condamné par des commissaires à être écartelé, comme coupable d’avoir empoisonné ce prince. Les historiens disent que ce Montecuculli était son échanson. Les dauphins n’en ont point. Mais je veux qu’ils en eussent alors; comment ce gentilhomme eût-il mêlé sur-le-champ du poison dans un verre d’eau fraîche? avait-il toujours du poison tout prêt dans sa poche pour le moment où son maître demanderait à boire? Il n’était pas seul avec le dauphin, qu’on essuyait au sortir du jeu de paume. Les chirurgiens qui ouvrirent son corps dirent (à ce qu’on prétend) que le prince avait pris de l’arsenic. Le prince, en l’avalant, aurait senti dans le gosier des douleurs insupportables; l’eau aurait été colorée; on ne l’aurait pas traité d’une pleurésie. Les chirurgiens étaient des ignorants qui disaient ce qu’on voulait qu’ils dissent: cela n’est que trop commun.

Quel intérêt aurait eu cet officier à faire mourir son maître? de qui pouvait-il espérer plus de fortune? Mais, dit-on, il avait aussi l’intention d’empoisonner le roi. Nouvelle difficulté, et nouvelle improbabilité. Qui devait lui payer ce double crime? on répond que c’était Charles-Quint. Autre improbabilité non moins forte. Pourquoi commencer par un enfant de dix-huit ans et demi, qui d’ailleurs avait deux frères? comment arriver au roi, que Montecuculli ne servait point à table? Il n’y avait rien à gagner pour Charles-Quint en donnant la mort à ce jeune dauphin qui n’avait jamais tiré l’épée, et qui aurait eu des vengeurs. C’eût été un crime honteux et inutile. Il ne craignait pas le père qui était le plus brave chevalier de sa cour, et il aurait craint le fils qui sortait de l’enfance! Mais on nous dit que ce Montecuculli, dans un voyage à Ferrare sa patrie, fut présenté à l’empereur; que ce monarque lui demanda des nouvelles de la magnificence avec laquelle le roi était servi à table, et de l’ordre qu’il tenait dans sa maison. Voilà, certes, une belle preuve que cet Italien fut suborné par Charles-Quint pour empoisonner la famille royale! Oh! ce ne fut pas l’empereur qui l’engagea lui-même dans ce crime; ce furent ses généraux, Antoine de Lève et le marquis de Gonzague. Qui? Antoine de Lève, âgé de quatre-vingts ans, et l’un des plus vertueux chevaliers de l’Europe! et ce vieillard eut l’indiscrétion de lui proposer ces empoisonnements conjointement avec un prince de Gonzague! D’autres nomment le marquis del Vasto, que vous appelez du Guast. Accordez-vous donc, pauvres imposteurs. — Vous dites que Montecuculli l’avoua à ses juges. Avez-vous vu les pièces originales du procès

Vous avancez que cet infortuné était chimiste. Voilà vos seules preuves; voilà les seules raisons pour lesquelles il subit le plus effroyable des supplices. Il était Italien, il était chimiste, on haïssait Charles-Quint; on se vengeait bien honteusement de sa gloire. Quoi! votre cour fait écarteler un homme de qualité sur de simples soupçons, dans la vaine espérance de déshonorer un empereur trop puissant! Quelque temps après, vos soupçons toujours légers accusent de cet empoisonnement Catherine de Médicis, épouse de Henri II, dauphin, depuis roi de France. Vous dites que pour régner elle fit empoisonner ce premier dauphin qui était entre le trône et son mari. Imposteurs! encore une fois, accordez-vous donc. Songez-vous que Catherine de Médicis n’était alors âgée que de dix-sept ans? On a dit que ce fut Charles-Quint lui-même qui imputa cette mort à Catherine, et on cite l’historien Vera. On se trompe; voici ses paroles :

« En este ano avia muerto en Paris el delfin de Francia con señales evidentes de veneno. Attribuyeronlo los soyos a diligencia del marques del Basto, y Antonio de Leiva, y costó la vida aI conde de Montecuculo, Frances, con quien se correspondian: indigna sospecha de tan genorosos hombres, y inutil; puesto, que con matar al delfin, se grangeava poco; perque no era nada valeroso, ni sin hermanos que le sucediessen. « Brevemente se passó desta presuncion a otra mas fundada, que avia sido la muerte per orden de su hermano el duque de Orliens, a persuasion de Catalina de Medicis su muger, ambiciosa de legar a ser reyna, como lo fue. Y nota bien un autor que la muerte desgraciada que tuvo despues este Enrico, la permitió Dios en castigo de la alevosa que dio (si la dió) al inocente hermano: costumbre mas que medianamente introducida en principes, deshazerse a poca costa de los que por algun camino los embaraçan; pero siempre son visiblemente castigados de Dios. » « En cette année mourut à Paris le dauphin de France avec des signes évidents de poison. Les siens l’attribuèrent aux ordres du marquis del Vaste et d’Antoine de Lève, ce qui coûta la vie au comte de Montecuculo, Français, qui était en correspondance avec eux: indigne et inutile soupçon contre des hommes si généreux, puisqu’en tuant le dauphin on gagnait peu. Il n’était encore connu par sa valeur, ni lui ni ses frères qui devaient lui succéder. « De cette présomption on passa à une autre; on prétendit que ce meurtre avait été commis par l’ordre du duc d’Orléans son frère, à la persuasion de Catherine de Médicis, sa femme, qui avait l’ambition d’être reine, comme elle le fut en effet. Et un auteur remarque très bien que la mort funeste de ce duc d’Orléans, depuis Henri II, fut une punition divine du poison qu’il avait donné à son frère (si pourtant il lui en fit donner) coutume trop ordinaire aux princes de se défaire à peu de frais de ceux qui les embarrassent dans leur chemin, mais souvent et visiblement punie de Dieu. »

Le señor de Vera n’est pas, comme on voit, un Tacite. D’ailleurs, il prend Montecuculli ou Montecuculo pour un Français. Il dit que le dauphin mourut à Paris, et ce fut à Tournon. Il parle de marques évidentes de poison sur le bruit public; mais il est évident qu’il n’attribue qu’aux Français l’accusation contre Catherine de Médicis. Cette accusation est aussi injuste et aussi extravagante que celle qui chargea Montecuculli. Il résulte que cette légèreté particulière aux Français a dans tous les temps produit des catastrophes bien funestes. A remonter du supplice injuste de Montecuculli jusqu’à celui des templiers, c’est une suite de supplices atroces, fondés sur les présomptions les plus frivoles. Des ruisseaux de sang ont coulé en France, parce que la nation est souvent peu réfléchissante et très prompte dans ses jugements. Ainsi tout sert à perpétuer les malheurs de la terre. Disons un mot de ce malheureux plaisir que les hommes, et surtout les esprits faibles, ressentent en secret à parler des supplices, comme ils en ont à parler de miracles et de sortilèges. Vous trouverez dans le Dictionnaire de la Bible de Calmet plusieurs belles estampes des supplices usités chez les Hébreux. Ces figures font frémir tout honnête homme. Prenons cette occasion de dire que jamais ni les Juifs, ni aucun autre peuple, ne s’avisèrent de crucifier avec des clous, et qu’il n’y en a aucun exemple. C’est une fantaisie de peintre qui s’est établie sur une opinion assez erronée.

Hommes sages répandus sur la terre (car il y en a), criez de toutes vos forces, avec le sage Beccaria, qu’il faut proportionner les peines aux délits. Que si on casse la tête d’un jeune homme de vingt ans, qui aura passé six mois auprès de sa mère ou de sa maîtresse au lieu de rejoindre son régiment, il ne pourra plus servir sa patrie. Que si vous pendez dans la place des Terreaux cette jeune servante qui a volé douze serviettes à sa maîtresse, elle aurait pu donner à votre ville une douzaine d’enfants que vous étouffez; qu’il n’y a nulle proportion entre douze serviettes et la vie, et qu’enfin vous encouragez le vol domestique, parce que nul maître ne sera assez barbare pour faire pendre son cocher qui lui aura volé de l’avoine, et qu’il le ferait punir pour le corriger, si la peine était proportionnée. Que les juges et les législateurs sont coupables de la mort de tous les enfants que de pauvres filles séduites abandonnent ou laissent périr, ou étouffent par la même faiblesse qui les a fait naître.

Et c’est pourquoi je veux vous conter ce qui vient d’arriver dans la capitale d’une sage et puissante république qui, toute sage qu’elle est, a le malheur d’avoir conservé quelques lois barbares de ces temps antiques et sauvages qu’on appelle le temps des bonnes moeurs. On trouve auprès de cette capitale un enfant nouveau-né et mort; ou soupçonne une fille d’en être la mère; on la met au cachot; on l’interroge; elle répond qu’elle ne peut avoir fait cet enfant puisqu’elle est grosse. On la fait visiter par ce qu’on appelle si mal à propos des sages-femmes, des matrones. Ces imbéciles attestent qu’elle n’est point enceinte, que ses vidanges retenues ont enflé son rentre. La malheureuse est menacée de la question; la peur trouble son esprit; elle avoue qu’elle a tué son enfant prétendu; on la condamne à la mort; elle accouche pendant qu’on lui lit sa sentence. Ses juges apprennent qu’il ne faut pas prononcer des arrêts de mort légèrement.

A l’égard de ce nombre innombrable de supplices, dans lesquels des fanatiques imbéciles ont fait périr tant d’autres fanatiques imbéciles, je n’en parlerai plus, quoiqu’on ne puisse trop en parler. Il ne se commet guère de vols sur les grands chemins en Italie sans assassinats, parce que la peine de mort est la même pour l’un et l’autre crime. Sans doute que M. de Beccaria en parle dans son Traité des délits et des peines.

VOLTAIRE

 

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Chaque peuple a ses lois, sa culture, ses vertus

Que le peuple voisin ose traiter d'abus

Nous condamnons vos moeurs, nous blâmons vos usages

Les nôtres sont pour vous absurdes et sauvages.

Marquis de Sade ?


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