23 février 2012
Bonne fête Lazare

Site mis à jour le
22 février 2012

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 Mis à jour le 15 novembre 2010

Beaucoup d'images et de Mots sont des liens, cliquer dessus !


                                                                                 

 
La bête du Gévaudan !   Une Légende ? 
 


Description :

Carnivore à  tête énorme, des flancs rougeâtres, une raie noire sur le dos, la queue fournie.
Ressemble à un très grand loup !  (le loup est  pourtant familier aux habitants de la région).
Drôle de bestiole si on en croit cette description, fournie par les rescapé(e)s.

Le Décor :

Région du sud de la France dans la partie méridionale du Massif Central, le Gévaudan correspondant au département de la Lozère. Ce sont les alentours de la Margeride et de l'Aubrac ainsi que de l'Ardèche,  la Haute-Loire et du Cantal qui forment la scène du drame. Une vallée très encaissée dans les gorges de la DESGES, pratiquement inaccessible et parcourue par une rivière très encaissée, des marécages et les fameux "bois noirs", près du Mont MOUCHET. Le massif est un vrai gruyère, percé d'anciennes mines et de galeries naturelles. Le Mont Mouchet cumule à plus de 1200 mètres d'altitude et la Desges se trouve à 675 mètres soit un dénivelé assez impressionnant sur  quelques kilomètres seulement.
Les carnages se sont principalement axés sur un triangle formés par les villages de Paulhac en Margeride où l'on dénombra 9 agressions et six victimes, le Mont Mouchet (Nozeyrolles 15 agressions, 13 victimes) et La Besseyre Saint Mary (14 agressions, 11 victimes)... dont sont originaires les  frères Chastel.
Saugues, Venteuges, Lorcières, Clavières, Aumont-Aubrac, Grèzes, Saint Alban.
12 paroisses regroupent pas moins de  61 attaques  pour un territoire toutefois assez mince :
On compte 20 attaques à Saugues et Venteuges, 12 à  Aumont, Nozeyrolles et Javols,  9 sur Saint Chély, Saint Alban et Grèze, 7 à La Besseyre Saint Mary, 6 à Paulhac, 5 à Lorcières et 2 sur Clavières. A mi-chemin entre Desges et Saugues se trouve le calvaire de Golgotha. De nombreuses victimes laisseront leurs vies entre ces deux endroits.
 

 

 NOZEYROLLES

 

La superstition et les croyances les plus saugrenues sont courantes en cette période où la peur sévit dans toutes les chaumes. Les charlatans, sorciers, envoûteurs, et jeteurs de sort en profitent pour abuser de la situation en effrayant les plus crédules. Le  Languedoc est persuadé que la bête est l’instrument du diable, donc immortelle. Evidemment, l’église catholique qui est en pleine dégringolade, s’en mêle et colporte son lot de sermons où le loup serait envoyé par Dieu pour punir les paysans de leurs péchés. La population se terre et ne vaque à ses occupations habituelles que groupée. La peur est proclamée souveraine dans la région, Le diocèse prêche la colère divine, le roi est convaincu d'une emphase exagérée mais, craignant une révolte qui mettrait son règne en péril, il consent à envoyer des enquêteurs sur place. Chacun dialogue sur le vrai et le faux de l'histoire dans le Pays et, pendant ce temps, dans le seul mois de Mars, la bête tue huit autres personnes.

 

Les VICTIMES

La 1ère victime agée de 14 ans est Jeanne BOULET. tuée le 30 juin 1764 et enterrée le 1er juillet, sans les sacrements puiqu'elle ne s'était pas confessée. ( A cette époque, il fallait savoir quand on allait mourir et se précipiter chez le curé si on voulait arriver dans les normes devant le Bon Dieu.)  Il fut donc consigné  par le curé de la paroisse qu'elle fut victime de LA bête féroce, ce qui donne à penser qu'elle ne fut pas la première victime réelle mais seulement la première déclarée...
 

 Ce 13 mars 1765, Jeanne Jouve vaque à ces occupations de mère de famille nombreuse, dans son jardin avec trois de ses six enfants. Un bruit inhabituel, une pierre qui roule, la bête est là,  tenant le bras de la petite de 14 mois dans sa gueule. Le Mas de la Veissière, près du Rouget de Saint-Alban, est à l'écart et Jeanne sait qu'elle ne peut compter que sur elle-même. Elle.parvient  à délivrer la petite en l'arrachant de la gueule puissante. La Bête se jette alors sur le garçon de six ans, l'enfant hurle. Jeanne attaque la bête avec l'ardeur d'une mère qui défend ses petits. Repoussée, elle y retourne et s'acharne tant de fois que la bête saute la muraille. Les aînés, alertés par les cris de leur mère accourent avec des chiens et mettent la Bête en fuite. L'enfant décèdera cependant de ses blessures.


© AMILO, photo : Alain Bonnet
 
 
 
 
LES VICTIMES
                              TROIS ANNEES DE TUERIE
DateVictimesÂgeVillageCommuneCONSTAT
30 juin 1764Jeanne Boulet14 ansLes UbasSt Etienne de Lugdares.Tuée par une bête féroce.
Enterrée le 1 juillet.
8 août 1764Fille 15 ansMasméjeanPuylaurentRetrouvé déchiquetée
août 1764Jeune garçon 15 ansalentourCheylard-L'EvêqueRetrouvé déchiqueté
1 septembre 1764Jeune garçon 15 ansPradelsChaudeyracRetrouvé déchiquté
6 septembre 1764Femme 36 ansLes EstretsArzenc de RandonEgorgée, à demi dévorée dans son jardin,
16 septembre 1764Très jeune vacherNon préciséChoisinetsSt Flour de MercoireEventré
26 septembre 1764Fillette 12 ansLe ThortRoclesEgorgée. Dévorée
28 septembre 1764Fillette 12 ansalentourRieutort-de-RandonDévorée devant sa chaumière
7 octobre 1764Femme 20 ansApcherPrunièresDévorée. Sa tête fut retrouvée
8 jours après le drame
15 octobre 1764Enfant 10 ansContandrezSte Colombe de PeyreThorax béant, évisceré. La tête est détachée du corps
19 octobre 1764Bergère 21 ansGrazièresSaint AlbanDévorée.
25 novembre 1764

Catherine Vally

60 ansBuffeyrettesAumontThorax béant, évisceré. La tête est détachée du corps
7 décembre 1764Berger, Martial MathieuNon préciséAuzencPaulhacDévoré
15 décembre 1764Catherine Chastang45 ansSistrièresVédrines St-LoupA demi dévorée.  Tête détachée du corps
21 décembre 1764Fillette 12 ansLe PuechFau-de-PeyreDéchiquetée dans son jardin. La
tête a disparue.
24 décembre 1764Jeune garçonNon préciséAlentourChaulhacDévoré
27 décembre 1764Jeune femme 19 ansBoussefolRieutort de RandonDévorée
ANNEE 1765     
1 janvier 1765Limagne16 ansLe FalzetChanaleillesDévoré, tête et
Bras disparus
2 janvier 1765Jean Chateauneuf14 ansLe MazelGrèzesDévoré
6 janvier 1765Delphine CourtiolNon préciséSt JuéryFournelsDans son jardin.
Thorax béant
6 janvier 1765Jeune filleNon préciséMorsangeMaurinesRetrouvée dans les bois, déchiqutée.
==> ROUERGUE     
7 janvier 1765FilleNon préciséRieutortMarchastelDéchiquté
12 janvier 17657 enfantsde 7 à 15 ansVillaretChanaleillesCombattent et font fuir la Bête. Pas de victimes
12 janvier 1765EnfantNon préciséLe MazelGrèzesDévoré
14 janvier 1765Garçon 13 ansLescureChapelle-LaurentDévoré
17 janvier 1765AdulteForce de l'âgeLe MazelGrèzesSon fusil comme gourdin, il fait fuir la bête
 
23 janvier 1765Jeanne TanavelleNon préciséChabanollesLorcièresSe défend courageusement mais est égorgée.
Tête à 200 pas
23 janvier 1765Jeune enfant3 ansalentourVenteugesEmporté et dévoré
30 janvier 1765Fille 14 ansCharmensacSt-JustGravement blessée. Meurt à St Flour
30 janvier 1765FilleNon préciséVillaretSt Chély d'AubracDévorée dans les bois d'Aubrac
1 février 1765EnfantNon préciséalentourJavolsEnlevé ? mais miraculeusement sain et sauf
9 février 1765Marie-Jeanne Rousset12 ansMialanettesLe MalzieuAttaquée à Vallat, Tête détachée, corps emporté et dévoré
17 février 1765GarçonnetNon préciséalentourChapelle LaurentPresque entièrement dévoré
28 février 1765Fillette 8 ansChabrierArzenc-d'ApcherEmportée. Pratiquement entièrement dévorée
Février 1765EnfantNon précisénon préciséPenaveyreEnviron ouest de Grandvals
1 mars 1765Fillette 7/8 ansle FauBrionEnlevée devant chez elle. Tuée.
4 mars 1765FemmeInconnunon préciséAlly (Auvergne)Dévorée
8 mars 1765Enfant 10 ansLe FayetAlbaret-le-ComtalTête détachée du
corps qui est à demi dévoré
9 mars 1765Femme 30 ansLe Lignonès Ruines en MargerideEgorgée et saignée
11 mars 1765Marie Pougnet 3 ansMalavieillettesFontansEnlevée près de chez elle. Corps lacéré, Cuisses dévorées
13 mars 1765Jouve 6 ansLa VessièreSt AlbanSa mère le défend et combat la bête. Décès après 3 jours
13 mars 1765GarçonnetNon préciséalentourChanaleillesDévoré
15 mars 1765EnfantNon préciséLe BouchetThorasDévoré
20 mars 1765Garçon 10 ansAumontEnvironEnlevé. Partiellement dévoré
29 mars 1765François Fontugne9 ansLe CheylaretJavolsEnlevé et dévoré
3 avril 1765jacques Gibilin 10 ansBergougnouxFontansTué et dévoré bestialement devant son frère
4 avril 1765Dauphine Annez13 ansMézérySt DenisTête sectionnée.
Poitrine dévorée
5 avril 1765Enfant bergerNon connuDonnepauArzenc-de-RandonDévoré au pâturage
7 avril 1765Gabrielle Pélissier17 ansla ClauzeGrèzesDévorée partiellement
8 avril 1765Fillettenon préciséalentourChaudeyracDéchiquetée
18 avril 1765Martial CharradeBerger. 13 ansVachèleriePaulhacDévoré
19 avril 1765EnfantNon préciséalentourPaulhacOn ne retrouve que les os...
29 avril 1765Fillette 12 ansAuversNozeyrollesEnlevée devant chez elle. Tuée et dévorée
2 mai 1765Femme 50 ansPépinetVenteugesEgorgée. Seule l'une des
joues est mangée.
Mai 1765Fille 17 ansalentourAuversDévorée
4 mai 1765Jeune fille 14 ansChantelouveAuversEmportée. Dévorée
Mai 1765Jeune fille 13 ansalentourLe BessetSans précision
Mai 1765deux /trois autresmême âge environAutour de AuversalentourSans précision
19 mai 1765Fille Barlier 45 ansServilangesVenteugesTête et
bras emportés
24 mai 1765Marguerite Martin20 ansalentourSt Privat du FauDécède suite à de graves blessures.
24 mai 1765Marie Valès 13 ansalentourJukiangesDévorée
1 juin 1765Jeanne Hugon Bergère 11 ansLairNozeyrollesDévorée
1 juin 1765Garçonnet 10 ansalentourNozeyrollesDévoré
20 juin 1765Enfant 8 ansalentourNozeyrollesDisparu
21 juin 1765Deux femmesÂges ignorésSauzetVenteugesEgorgées. Dévorées
21 juin 1765Garçonnet 12 ansPépinet VenteugesDévoré à moitié
21 juin 1765Femme

45/50 ans

SauzetVenteugesEgorgée. La tête et un bras emportés
4 juillet 1765Marguerite oustallier 68 ansBroussolesLorcièresEgorgée et abandonnée,
La bête a étédérangée
22 juillet 1765Claude Biscarrat9 ansalentourAuversLes restes retrouvés
trois jours après.
9 août 1765Jeanne Anglade16 ansalentourBeyssère St MaryEgorgée, saignée.
8 septembre 1765Marie-Jeanne Barlier 12 ansVachèleriePaulhacPas de précision
13 septembre 1765Fillenon connualentourJuliangesPas de précision
13 septembre 1765Fillette12 ansPépinetVenteugesPas de précision
21 décembre 1765Agnés Mourgues9 ansMarcillacLorcièresDévorée partiellement. Tête détachée du corps.
ANNEE 1766 P    
4 mars 1766Jean Bergougnoux9 ansMontchauvetServièresEgorgé et saigné
14 mars 1766Marie Bompart 8 ansLigonèsSt Privat du FauEventré et abandonné en l'état.
17 avril 1766Marguerite Lèbre6 ansLa PauzeClavièresVisage atrocement dévoré. Meurt de ces blessures.
31 mai 1766Enfant Teissèdre Berger 10 ansBuffatPinolsDévoré
28 août 1766Fillette 13 ansalentourAuversDévorée
12 septembre 1766Jean-Pierre Cellier12 ansBroussousPaulhacDévoré
1 novembre 1766Jean-Pierre Ollier12 ansLa SouchèreLa BeyssèreDévoré
2 mars 1767Marie Plantin 11 ansalentourServièresDévorée dans les
bois de Ségeas
28 mars 1767Maria Anne Pascal9 ansDarnesLa BesseyreDévorée
4 avril 1767Jeanne Paulet 15 ansalentourLa BesseyreDévorée
7 avril 1767Louise SoulierPas préciséalentourNozeyrollesDévorée
10 avril 1767Etienne Loubat 9 ansalentourSt Privat du FauDévoré
13 avril 1767Anne BlancPas préciséBugeacGrèzesDévorée
16 avril 1767Thérèse PauletPas préciséMénialGrèzesDévorée
29 avril 1767Rose la TalhèrePas préciséalentourNozeyrollesNon précisé
5 mai 1767Marie Bastide 48 ansLe MontGrèzesDévorée
5 mai 1767Catherine CoutarelPas préciséalentourNozeyrollesDévorée
16 mai 1767Marie Denty12 ansSept SolsLa BesseyreDévorée
26 mai 1767Joseph Meyronenc15 ansalentourServièresDévoré
près Montchauvet
27 mai 1767André HugonPas préciséalentourNozeyrollesDévoré
Mai 1767Femme 40 ansLa RocheSauguesDévorée à genoux,
en prière
12 juin 1767Catherine Chautard9 ansCouffoursLe MalzieuDévorée
18 juin 1767EnfantNon préciséalentourDesgesDévoré

 
- Rares sont les hommes valides agressés. La plupart des victimes sont de jeunes enfants isolés ou des femmes seules. La bête discerne donc parfaitement la faiblesse du gibier ?

Cette examen rapide a pour but d'évoquer les nombreuses possibiltés afin que tu ais, toi aussi, la possibilité de résoudre le Mystère. En effet c'est l'une des plus grandes énigmes restant à élucider. 102 victimes, ce n'est tout de même pas une mince affaire. L'horreur des faits, la bestialité des actes, force l'imagination a vouloir déceler qui se cache derrière ce macabre et morbide tableau de chasse. Laisse ton esprit vagabonder dans le climat de l'époque. Chacun était dans l'obligation de sortir pour gagner ou trouver son repas quotidien. Quantité de brigands, anciens soldats, déserteurs ou malandrins, hantaient les campagnes et les villes. Si il fallait en plus se protéger des monstres, l'ambiance devait être irréelle. Aller chercher de l'eau devenait une périlleuse entreprise.

Tu ouvres la porte de la chaume et très vite le brouillard, de ses ailes impalpables, t'isolent des tiens. Le silence est oppressant car ton esprit en éveil ne décèle plus que les bruits inhabituels alentour. Le cri d'agonie de la proie égorgée t'interpelle mais les cloches rassurantes des troupeaux, tu ne les entends pas. Les battements de ton coeur résonnent comme mille tambours et tes jambes semblent ne plus supporter que tes peurs. La fontaine est au bout du sentier mais l'ombre du chêne semble en interdire l'accès, d'ailleurs elle bouge et prend l'apparence du dévoreur d'enfants, le seau t'échappe et dévale la pente rocailleuse pour se fondre dans la semi-obscurité. Le cri d'agonie se répète, si lugubre que tu tournes le dos à l'insinueux pervers qui t'épie, tu le sais. Des sauts de chevrettes apeurées te ramènent au logis, livide sur le seuil, tu n'oses  avouer l'hérissante saveur qui paralyse ton être si épris désormais de l'âtre rassurant. Les flammes vacillent, toi aussi, tu sombres dans les bras de ton père, ce vaillant guerrier dont tu voudrais qu'il fut rédempteur et bourreau de cette angoissante présence...

Hé Aiguail, réveilles-toi ! Oh pardon Ami lecteur, je m'étais évadé, imprégné du désir de connaître la palpabilité des frayeurs passées !

Donc :

 
Les autorités firent appel à  des chasseurs plus ou moins renommés et organisèrent des battues d'ampleur gigantesque car l'affaire faisait grand bruit dans le Pays. Dragons, louvetiers et porte-arquebuse du roi se succédèrent alors pour débusquer la "Bête" sans résultat probant. Le 20 septembre 1765, un grand loup est abattu par le porte-arquebuse du roi, François Antoine (souvent surnommé, par erreur, de Beauterne). On décide alors en haut-lieu, vu qu'il est  le meilleur tireur de sa Majesté, qu'il s'agit bel et bien de La « Bête ».   Naturalisé et envoyé à Versailles, l'animal est ensuite déposé au Cabinet du Roi.
Pour Louis XV , l'affaire est classée...
Lors, en décembre, les crimes reprennent  dans la complète indifférence des autorités. De simples coïncidences, disait-on en haut-lieu. Six morts en
1766 et dix-huit durant les six premiers mois de 1767 . Les battues se succèdent sans autres résultats bien que celles de 1765 comptèrent jusqu'à trente mille personnes, paysans et gueux pour la plupart.
 
Quelques dates importantes :
 
- Le 27 janvier 1765. St-Poncy. La Bête traverse le bourg
- 1er MAI : Chasse des frères MARLET à ST-ALBAN LaBête est blessée au "GROS SANG"
- 17 août : LES CHASTEL MIS EN PRISON A SAUGUES
- 21 septembre  : ANTOINE TUE LE LOUP DES CHAZES
- 03 novembre  : DEPART D'ANTOINE
- 07 novembre :  LES CHASTEL LIBERES
- 19 juin  : JEAN CHASTEL TUE LE LOUP DE LA TENAZEYRE
- 1766 : Le Roi Louis XV offre 6.000 Livres de récompense pour la capture (environ 80.000 €uros)
- Année 1819 : Un animal décrit comme une "hyène tachée" fut exposé au museum d'histoires naturelles de J'ai moi-même cherché mais je n'ai trouvé aucune expédition,1750à 1770, relatant le rapatriement en France d'animaux de la sorte à l'époque qui nous intéresse.)
 

Date : 1765

Intendance du Languedoc :I nstitution représentant le roi pour l'administration des provinces.

1765 : Document issu des archives du Languedoc, représentant une reconstitution de la bête dessinée d'après les témoignages recueillis de certaines victimes.

 

Rapport sur les agissements de la ...

 

 

 

APARTE :

La revue HISTORIA de septembre 2006, sous la plume de Françoise Labalette, offre aux lecteurs un article attrayant consacré à l’histoire du loup.
En 1767, le grand naturaliste Georges Buffon écrivait  : Dans le loup « il n’y a rien de bon, que sa peau ».…Il a  " le naturel pervers, les mœurs féroce "." Il est  odieux, nuisible de son vivant, inutile après sa mort !"  L’article cite d’autres gentillesses tout aussi stupi
des.
 J'ajouterai : et désastreuses car c'est ainsi que naissent les psychoses et les phobies populaires. Deux siècles ont été nécessaires pour réhabiliter l'animal dénoncé comme cruel et féroce et pour que son image soit beaucoup plus fidèle à la réalité. Ses successeurs Scientifiques définissent maintenant le loup comme un animal discret, craintif et FUYANT l'homme ! C'est sans doute l'homme qui a copié le régime alimentaire du loup et peut-être PLUS d'ailleurs !

La VICTOIRE ?

Le 19 juin 1767, Jean Chastel abat un loup de taille honorable au cours d'une chasse dans les bois de la Ténazeyre, au lieu-dit la Sogne d'Auvers. Cet homme est défini comme étrange et  soupçonné de pratiquer la sorcellerie.  Son arme est chargée avec une balle bénite.
C'est surprenant mais les agressions cessèrent à compter de cette date.

 

 Un pays sauvage, le GEVAUDAN :

 Un territoire de 6 500 km². environ !

Depuis fort longtemps je m'intéresse à ce mystère et une idée a germé dans mon humble esprit !  Il me manque quelques éléments pour étayer cette hypothèse . Des Ami(e)s très proches connaissent mon argumentation sans toutefois savoir exactement ce dont il s'agit car il faut qu'une théorie soit parfaite et exempte d'inepties pour devenir crédible. PATIENCE !

aiguail7

 

Bon, alors, voici livrée ma timide théorie :

Avant Tout, Regardes cette Vidéo

  

 

  

et lis plus-bas, après le rapport d'identité de la bête, les motifs de cette argumentation. Trop de traits, de

points communs et de ressemblances  coïncident pour ne pas y voir de curieuses similitudes comportementales.

 

"beaucoup plus souple qu’un loup et de la taille d’un veau d’un an,  avec une longue échine fauve rayée en long d’une bande plus sombre et tachetée de rougeâtre sur les flans et le ventre. Une sorte de crinière noirâtre se prolongeant sur le cou, une forte gueule très large. Une queue assez longue qu’elle agitait, des pattes fortes et larges munies de griffes de belle dimension".

Ou encore : « La gueule semblable à celle du lion, mais bien plus grande (...), elle a deux (dents) en forme de défense, comme les sangliers (...). Sa queue est semblable à celle du léopard (...), son corps est de la longueur de celui d'un veau de 1 an (...). »

Duhamel, qui vit l'animal, le décrit ainsi : « De la taille d'un taureau de 1 an, il a les pattes aussi fortes que celles d'un ours (...), le poitrail aussi long que celui d'un léopard, (...), les yeux d'un veau et étincelants, les oreilles courtes et droites comme celles d'un loup (...). Je crois que vous penserez, comme moi, que cet animal est un monstre dont le père est un lion. »

 

En fait, la description de la bête évolue au fil des témoignages dans le temps. Chacun y amène sa sauce et le loup, évoqué tout d'abord, se transforme au profit d'un animal aux caractéristiques de plus en plus curieuses !

C'est dans une  description quasiment identique et donnée par plusieurs rescapés, soit la plus vraisemblable, qu'il faut donc chercher pour profiler le monstre sanguinaire  qui dépeuple la région.  Celles qui suscitent le plus d'intérêt au point de vue rationnel semblent être les premières car elles étaient proférées sous l'empire de l'angoisse et non pour se mettre en lumière.

Alors, pourquoi ne pas procéder sagement en analysant les témoignages recueillis à l'époque et parvenus jusqu'à nous ? C'est fait, me direz-vous ? Sans doute mais toutes les "bonnes" questions à ce propos, ont-elles été traitées avec objectivité ?

Comme à l'école :

1. Un loup de taille imposante ?

a) Tout d'abord, les loups étaient connus et acceptés ou  supportés comme voisins.

b) Les témoins vivants auraient désigné leur  agresseur comme tel, non ?

c) Pourquoi les propriétaires envoyaient-ils des enfants si jeunes garder les troupeaux si les loups   présentaient un danger ?

d) Les loups chassent en meute, et dévorent leurs proies comme le font  les prédateurs.

e) Les loups ne démembrent ni ne décapitent leurs victimes. Ils ne décapitent pas, ne scalpent pas non plus. Ils mordent rarement, sinon jamais, leurs proies au crâne ou  à la face.

f) Les loups se seraient sûrement attaqués à des animaux domestiques, ne présentant aucun danger, plutôt qu'aux hommes qu'ils ont toujours craints.

g) Un tel prédateur eût été une trop grande menace pour les loups eux-mêmes. Ils n'auraient jamais accepté sur leur territoire de chasse un concurrent solitaire.

h) Les griffes s'usent lorsqu'un animal fait un long trajet, pour preuve il suffit de constater l'état des pattes des chiens de chasse en fin de saison. Comment, dans ce cas, accepter le fait de blessures profondes faites par des griffes aiguës sur les enfants lacérés lors des attaques ?

 

 

2. Les guerres récentes avaient laissé beaucoup de cadavres sur les sites et les loups s'étaient habitués à la chair humaine ?

a) Dans ce cas, comment UN seul loup aurait-il pu ne pas faire la différence entre un cadavre puant et inerte et un homme debout et en pleine santé ?

b) Les loups attaquent les proies faibles, blessées ou malades. Non par lâcheté mais par opportunisme car le fait de contrôler leu énergie est vitale pour leur survie La traque d'animaux en pleine santé est une épreuve épuisante

c) Le loup fuit l'être humain. Pourquoi, subitement, changerait-il ses habitudes pendant une période donnée, cesserait-il cette macabre activité, puis la reprendrait pour s'arrêter de nouveau complètement ?

d) Des loups, attirés par des cadavres, auraient défendu leurs dîners ? Dans ce cas, de nombreuses empreintes et traces auraient été décelées sur les lieux et auraient levé tout mystère ?

e) Comment un loup ou un autre animal peut-il dévorer une proie le matin et recommencer  à plusieurs dizaines de  kilomètres dans la même journée ?

3. Les balles tirées "glissent" sur la peau de la "bête" ?

a) Il ne faut pas oublier le manque de fiabilité des armes de l'époque et surtout les petits calibres employés. Les balles étaient fondues et les tireurs ne faisaient guère mouche à plus de cinquante pas.

b) Montcan témoigne le 25 novembre 1764 : « On lui a même tiré quatre coups de fusil à dix pas de distance sans avoir pu l'arrêter.»

 

4. On ne retrouve jamais la "bête" suite aux attaques ?

a) Elle se volatilise sitôt après les agressions et, même blessée, reste introuvable, alors qu'elle perd son sang ?

b) Comment disparait-elle ?

c) Pourquoi se déplace-t-elle si loin alors qu'elle a des tas de victimes potentielles alentour ?

 

 

 

 

5. Le garde du corps royal se rend en Auvergne ?

a) Pourquoi cet homme intervient-il sur un autre territoire ? 

b) Pourquoi la "bête" se présente-t-elle à lui, soumise, alors qu'il vient à peine d'arriver et malgré la foule de chasseurs qui prospecte tout autour ? Les hommes sont déployés sur des hectares et celle-ci trouvant sans doute l'individu plus sympa ou ayant lu les petites annonces, s'arrête à quelques pas pour servir de cible en présentant son oeil droit ? C'est une bouffonade !!!

Bon, c'est donc un premier jet, une analyse primaire afin d'éclaircir un peu ce mystère...

Une explication basique en découlera, suivie pourquoi pas d'une théorie aussi satisfaisante que toutes celles qui sont avancées aujourd'hui ?

Un peu de réflexion et l'on s'y recolle...

aiguail7

 

 

« L’an 1764 et le 1er Juillet, à été enterrée, Jeane BOULET, sans sacremens, ayant été tuée par la bette féroce, présans Joseph VIGIER et Jean REBOUL. »

Le Rapport MARIN

Document, rédigé au château de Besques par maître Marin, notaire royal, le 20 juin 1767, au lendemain de la mort de "la bête" tuée par Jean Chastel, à la sogne d’Auvers. Il fut retrouvé par Mme Elise Seguin en 1958, aux Archives Nationales (liasse F 10-476, fonds agriculture, destruction des animaux nuisibles).

Ce rapport soulève autant de questions qu'il n'apporte de révélations et autres éléments susceptibles de progresser vers la vérité : (Un conseil, si vous récitez ce texte à haute voix, prenez bien votre souffle !)Aiguail

Aujourd’hui vingtième jour du mois de juin mil sept cent soixante sept, nous Roch Etienne Marin notaire royal, Bailly de l’abbaye Royale des Chazes, St Arcons, de la Baronnie de Prades, Besques de Charraix, commis à la subdélégation de Langeac, pour le bon plaisir de Monseigneur de Ballainvilliers, Intendant de cette province d’Auvergne, en l’absence de Mr le Subdélégué, sur ce que nous avons appris que Mr le marquis d’Apchier, fort occupé des ravages affreux que faisait depuis plusieurs années une bête féroce sur les frontières de cette province d’Auvergne et de celle du Gévaudan, pour la destruction de laquelle il avait fait une infinité de chasses, mais infructueusement, et qu’enfin cette bête ayant encore paru dans la paroisse de Nozeyrolles et la paroisse de Desges le dix huit du présent mois et dévoré un enfant ce même jour, Mr le marquis d’Apchier en aurait été averti et serait parti ce même jour, dix huit du présent mois, sur les onze heures du soir, avec quelques chasseurs de sa maison et quelques autres de ses terres qu’il assembla précipitamment, en tout au nombre de douze. S’étant transporté dans sa forêt sur la montagne de Margeride, posté ses gens, battu cette forêt et ensuite celle de Mr le marquis de Pons, cet animal féroce se serait présenté sur les dix heures un quart du matin du jour d’hier, dix neuf du présent, à un de ces chasseurs nommé Jean Chastel du lieu et paroisse de la Besseyre, lequel tira un coup de fusil à cet animal duquel il tomba mort au bord de la forêt appelée la Tenazaïre en la paroisse de Nozeyrolles. Mr le marquis d’Apchier ayant fait transporter cet animal à son château de Besques, paroisse de Charraix, nous avons jugé à propos de nous y rendre pour en faire la vérification. Et étant au château de Besques, Mr le marquis d’Apchier nous a fait représenter cet animal qui nous a paru être un loup, mais extraordinaire et bien différent par sa figure et ses proportions des loups que l’on voit dans ce pays. C’est ce que nous ont certifié plus de trois cent personnes de tous les environs qui sont venues le voir. Plusieurs chasseurs et beaucoup de personnes connaisseuses nous ont effectivement fait remarquer que cet animal n’a des ressemblances avec le loup que par la queue et le derrière. Sa tête, comme on le verra par les proportions suivantes, est monstrueuse ; ses yeux ont une membrane singulière qui part de la partie inférieure de l’orbite, venant au gré de l’animal recouvrir le globe de l’œil. Son col est recouvert d’un poil très épais d’un gris roussâtre, traversé de quelques bandes noires ; il a sur le poitrail une grande marque blanche en forme de cœur. Ses pattes ont quatre doigts armés de gros ongles qui s’étendent beaucoup plus que celles des loups ordinaires, elles ont, ainsi que les jambes qui sont fort grosses, surtout celles du devant, la couleur de celles du chevreuil. Cela nous a paru une observation remarquable parce que de l’avis de ces mêmes chasseurs (mot rayé dans le texte) personnes connaisseuses et de tous les chasseurs, on n’a jamais vu aux loups de pareilles couleurs. Il a encore paru à propos d’observer que ses côtes ne ressemblent pas à celles du loup, ce qui donnait à cet animal la liberté de se retourner aisément, au lieu que les côtes des loups étant obliquement posées, ne lui permettent pas cette facilité.

Les proportions que nous avons fait prendre de cet animal sont : Longueur depuis la racine de la queue jusqu’au sommet de la tête : trois pieds (99 cm) / Depuis le sommet de la tête jusque entre les deux grands angles des yeux : six pouces (16,2 cm) / Des grands angles des yeux jusqu’au bout du nez : cinq pouces (13,5 cm) / Largeur d’une oreille à l’autre : sept pouces (18,9 cm) / Ouverture de la gueule : sept pouces (18,9 cm) /Largeur horizontale du col : huit pouces six lignes (23 cm) / Largeur des épaules : onze pouces (29,7 cm) / Largeur à la racine de la queue : huit pouces six lignes (23 cm) / Longueur de la queue : huit pouces (21,6 cm) / Diamètre de la queue : trois pouces six lignes (9,5 cm) / Longueur d’oreille : quatre pouces six lignes (12,2 cm) / Largeur du front au-dessous des oreilles : six pouces (16,2 cm) / Distance entre les deux grands angles des yeux : deux pouces six lignes (6,7 cm) / Longueur de l’humérus : huit pouces quatre lignes (22,5 cm) / Longueur de l’avant bras : huit pouces (21,6 cm) / Longueur de la dernière articulation jusqu’aux ongles : sept pouces six lignes (20,3 cm) / Longueur de la mâchoire : six pouces (16,2 cm) / Largeur du nez : un pouce six lignes (4 cm) / Largeur des mâchelières inférieures : un pouce trois lignes (3,4 cm) / Longueur des incisives : un pouce trois lignes (3,4 cm) / Longueur des mâchelières inférieures : six lignes (1,3 cm) / Longueur des machelières supérieures : un pouce une ligne (2,9 cm) / Longueur de la langue : quatorze pouces depuis sa racine (37,9 cm) / Largeur des yeux : un pouce trois lignes (3,4 cm) / Epaisseur de la tête : sept pouces (18,9 cm) / Jambes de derrière de la première à la seconde articulation : sept pouces deux lignes (19,4 cm) / De la seconde à la troisième articulation jusqu’aux ongles : dix pouces (27 cm) / Largeur des pattes : quatre pouces six lignes (12,2 cm) / De la châtaigne au bout de la patte : six pouces (16,2 cm) / Longueur de la verge : sept pouces (18,9 cm).

La mâchoire supérieure est garnie de six dents incisives, la sixième étant plus longue que les autres,. deux grandes lanières ou crochets éloignées des incisives et de la hauteur d’un pouce quatre lignes (3,6 cm) , d’un diamètre de six lignes (1,3 cm) , trois dents molaires, dont une assez petite et deux grosses, une quatrième molaire plus grosse que les autres et à laquelle est presque unie la cinquième et avant dernière qui est divisée en deux parties dont une s’étend perpendiculairement et l’autre s’allonge horizontalement dans l’intérieur du palais et enfin une sixième molaire.

La mâchoire inférieure est garnie de vingt deux dents : savoir six incisives et de chaque côté une lanière semblable aux supérieures, sept molaires : la première très petite et éloignée de la lanière, les trois suivantes sont plus grandes et semblables à la deuxième et troisième molaire supérieure, la cinquième plus grosse et longue est divisée en trois parties dont l’antérieure est moins longue, la sixième assez grande a deux éminences antérieures et latérales, la septième est très petite et presque égale.


Nous avons remarqué une blessure à trois lignes (0,7 cm) au-dessous de l’articulation de la cuisse droite tant intérieurement qu’extérieurement et avons touché au jarret trois grains de plomb. On nous a assuré que cette blessure devait être celle que lui fit le sieur de Lavédrine, écuyer, par un coup de fusil il y a deux ans ou entour, plus une autre blessure ancienne à la cuisse gauche près de l’articulation, plus une ancienne blessure au-dessus de la paupière de l’œil gauche qui paraît avoir été faite par un instrument tranchant. Enfin cet animal a reçu le coup mortel par un coup de fusil qui lui a percé le col, coupé la trachée artère et cassé l’épaule gauche.

Sur le nombre des habitants de la campagne ici assemblés, les ci-après dénommés ont reconnu cet animal et assuré être le même qui a fait tant de ravages.

Pierre Aret de Servillanges, paroisse de Venteuges, a dit lui avoir tiré, au printemps 1766, le coup de fusil ci-dessus désigné à la jambe gauche.

Jean Pierre Loudes de la Veysseyre, paroisse de la ville de Saugues, âgé de 22 ans, a dit avoir fait quitter prise à cette bête qui tenait une fille du village de Sauzet au printemps 1766, à laquelle bête il porta un coup de baïonnette.

Joseph Regourd, Jean Jacques Laurent et Baptiste Lonjon de Servillanges ont dit lui avoir fait abandonner le nommé Guillaume Barthélémy qu’elle avait surpris en gardant le bétail.

François Laurent, de la Vacheresse, paroisse de Venteuges, âgé de 32 ans, a dit avoir été attaqué par cette bête depuis entour trois semaines.

Joseph Chassefeyre du lieu du Fraisse, paroisse de Chanaleilles en Gévaudan, a dit avoir été attaqué par cette bête, il y a un an. Elle arrêta ses bœufs attelés à un char, il eut beaucoup de peine à s’en défendre quoique armé d’un bigot.

Antoine Plantin, de Servières, paroisse de Saugues, âgé de 40 ans a dit que c’est le même animal qui lui enleva sa fille le deux mars dernier, que l’ayant poursuivie entour cinq cent pas, il la perdit de vue dans un bois et sa fille en fut dévorée.

Barthélémy Simon de Servières, paroisse de Saugues, âgé de 22 ans, a dit être le même animal qui l’avait attaqué dans un pâtural au mois de septembre dernier et auquel il tira un coup de fusil.

Laurent Vidal de Servières, âgé de 17 ans a dit que ce même animal l’avait attaqué en deux différents jours au mois de mai dernier, qu’heureusement il était armé d’une baïonnette, sans quoi il aurait péri. Il a ajouté avoir vu cette même bête dans un pâtural depuis entour quinze jours qui mangeait un enfant de Jacques Meyronneinc.

Antoine Laurent, de Servières, âgé de 12 ans, a dit avoir été attaqué par cette bête il y a un mois et que sans le secours d’un homme il aurait péri.

Jean Bergougnoux, du mas de Montchauvet, paroisse de Saugues, âgé de 48 ans, nous a dit que cette bête est la même qui lui dévora un garçon de neuf ans au mois de mars 1766, qu’il l’avait poursuivie pour lors longtemps, mais inutilement. Il a ajouté que cette bête l’attaqua au mois de mars dernier, qu’il en aurait été dévoré s’il n’avait été armé d’une pelle ferrée.

Anne Chabanel de Viallevieille, paroisse de Saugues, âgée de 17 ans, a dit que cette même bête l’avait attaquée au mois d’août 1766 et qu’elle lui porta en vain plusieurs coups de baïonnette.

Marguerite Dentil, de Viallevieille, âgée de 32 ans, a dit que cette bête l’avait attaquée le carême dernier et que sans une cognée dont elle était armée, elle aurait péri.

Marie Reboul de la Veysseyre, âgée de 19 ans a dit que c’était la même bête qui l’avait attaquée le carême dernier , et nous a montré trois blessures qu’elle lui fit au-dessus du muscle du bras droit et une autre de six pouces (16,2 cm) en longueur depuis le haut du pariétal jusqu’au derrière de la joue et lui emporta l’oreille. La réunion des chairs n’est pas encore faite.

Jean Chassefeyre de la Veysseyre, paroisse de Saugues, âgé de 44 ans a dit que cette bête est la même qui dévorait ladite Marie Reboul et que ce fut lui qui lui fit quitter prise.

Elisabeth Molhérat de la Veysseyre, âgée de 28 ans a dit que c’était la même bête qui dévorait ladite Marie Reboul au secours de laquelle elle accourut avec ledit Jean Chassefeyre.

Antoine Dentil de la Veysseyre, âgé de 14 ans, a dit avoir été attaqué par cette même bête dans un bois le six du présent mois et qu’il lui porta plusieurs coups de baïonnette.

Catherine Freycenet de la Veysseyre âgée de 42 ans, a dit avoir été attaquée par cette bête au mois de juillet 1766.

Pierre Combeuil de la Veysseyre, âgé d’environ 22 ans, a dit avoir vu cette bête il y a deux ans qui tenait un enfant de huit ans qu’elle avait terrassé et qu’elle aurait dévoré sans le secours du père de cet enfant.

Jean Teyssèdre du lieu de Meyronne, paroisse de Venteuges, âgé de 29 ans, a dit avoir été attaqué deux fois par cette même bête depuis entour dix huit mois.

Jean-Pierre Guilhe du Rouve, paroisse de Venteuges, âgé de 40 ans, a déclaré avoir été mordu par cette même bête à la hanche gauche il y a deux ans.

Barthélémy Moussier de Mourennes, paroisse de Venteuges, âgé de 15 ans, a dit avoir été poursuivi par cette même bête le cinq du présent mois.

Jean-Baptiste Bergougnoux de Vachellerie, paroisse de Paulhac en Gévaudan, a dit avoir été attaqué par cette même bête deux fois dans le courant de mai dernier.

Antoine Veyrier de Pompeyreinc, paroisse de la Besseyre en Gévaudan a dit avoir été attaqué par cette bête le cinq du présent mois.

Jean Bourrier du lieu de Pompeyreinc, âgé de 12 ans, a dit qu’étant sur un arbre, cette même bête vint prendre au pied de cet arbre un autre enfant de son âge, que lui y accourut avec un homme qui se trouva aux environs et que cette bête se voyant poursuivie, quitta prise.

Barthélémy Dentil de Septsols, paroisse de la Besseyre, âgé de 50 ans, a dit que cette même bête l’aurait attaqué dans un bois pendant trois fois le même jour, au mois d’avril dernier et qu’elle fit tous ses efforts pour enlever un petit enfant qui était à côté de lui.

Jacques Pignol, de Pontajou, paroisse de Venteuges, âgé de 57 ans, a dit que cette même bête, au mois de mai dernier, se présenta à lui dans un pré et voulait enlever un de ses enfants qu’il avait entre ses bras.

Tout ce grand nombre d’habitants nous ont certifié que le ravage de cet animal était si affreux que depuis les fêtes de Pâques dernières, il aurait dévoré, en, différents endroits des frontières du Gévaudan et d’Auvergne au moins vingt cinq personnes. Toutes les démonstrations ci-dessus ayant été faites, citées, proportions tirées par maître Antoine Boulangier et Court–Damien Boulangier, maîtres en arts de chirurgie habitants de la ville de Saugues, en présence de Monsieur Jean-Baptiste Aiguillon de Lamothe, docteur en médecine habitant de la ville de Saugues, dans la dissection de cet animal, nous ont fait voir que la tête, laissant un vide à ses côtés, imite parfaitement la proue d’un vaisseau et ont tiré de l’estomac un os qu’ils ont dit être la tête du fémur d’un enfant de moyen âge. Ils nous ont aussi fait remarquer que cet animal, depuis la patte de devant jusqu’à l’épine a la hauteur de deux pieds quatre pouces (76,8 cm) et que ses yeux sont de couleur rouge cinabre.

Et nous, ayant requis Monsieur le Marquis d’Apchier et Monsieur le comte d’Apchier son père, s’ils voulaient cet animal es mains et sous le chargement du sieur Desgrignard brigadier de maréchaussée à Langeac ici présent, sur notre réquisition avec deux cavaliers de sa brigade, pour être envoyé à Monseigneur de Ballainvilliers, intendant de cette province, Messieurs les Comte et Marquis d’Apchier nous ont répondu que Monseigneur de Ballainvilliers n’était pas actuellement à Clermont et qu’ils jugeaient à propos de garder cet animal pour en disposer eux-mêmes de la manière la plus convenable.

De tout quoi, nous avons dressé le présent procès-verbal en quatre copies que nous avons signées avec lesdits Sieurs de Lamothe, Boulangier et ledit Sieur Desgrignards et en avons laissé deux à Monsieur le Marquis d’Apchier qui les a requis et une troisième devant être envoyée à Monseigneur de Ballinvilliers intendant.

Fait ledit jour et an que dessus.

Le  notaire royal Roch Étienne Marin rédige un rapport de l'autopsie qu'il a effectué le 20 juin 1767, au lendemain de la mort de la bête abattue par Jean Chastel. Retrouvé en 1958, ce rapport apporte des précisions sur l'anatomie de l'animal.

Sachant qu'un pied fait 33 cm, un pouce 22,07 mm et une ligne  2,25 mm, en voici le détail :

 

Wikipédia nous apprend :

Élément  ↓Taille en pouces/pieds  ↓Équivalent actuel  ↓
Ouverture de la gueulesept pouces18,9 cm
Longueur d’oreillequatre pouces six lignes12,2 cm
Longueur de la racine de la queue au sommet de la têtetrois pieds99 cm
Longueur de l’humérushuit pouces quatre lignes22,5 cm
Longueur de l’avant brashuit pouces21,6 cm
Longueur de la queuehuit pouces21,6 cm
Longueur de la mâchoiresix pouces16,2 cm
Longueur de la languequatorze pouces, racine37,9 cm
Largeur à la racine de la queuehuit pouces six lignes23 cm
Largeur horizontale du colhuit pouces six lignes23 cm
Largeur d’une oreille à l’autresept pouces18,9 cm
Largeur du nezun pouce six lignes4 cm
Largeur du front au-dessous des oreillessix pouces16,2 cm
Largeur des épaulesonze pouces29,7 cm
Largeur des yeuxun pouce trois lignes3,4 cm
Largeur des pattesquatre pouces six lignes12,2 cm
Jambes de derrière de 1ère à 2ème articulationsept pouces deux lignes19,4 cm
Epaisseur de la têtesept pouces18,9 cm
Diamètre de la queuetrois pouces six lignes9,5 cm
Depuis le sommet de la tête jusque aux yeuxsix pouces16,2 cm
De la seconde à la 3ème articulation jusqu’aux onglesdix pouces27 cm
De la châtaigne au bout de la pattesix pouces16,2 cm

1 mètre = 3.280 pieds =  39.370 pouces;  1cm = 0.032 pieds = 0.393 pouces

1pied = 0,3048 m; 1 pouce = 0.0254m

Actuellement, le pouce anglais, compromis anglo-saxon de 1959 et dénommé « pouce technique international », vaut 2,54 cm exactement.

Un pouce équivaut à 2,54 cm. Il y a douze pouces dans un pied. Un pied vaut donc : 12 × 2,54 = 30,48 cm exactement.

Moi aussi j'ai du mal à définir les tailles,  mais ce doivent être les mesures en pouces de l'époque ... LOL

 

Ce rapport, s'il est exact, est riche d'intérêt concernant les mâchoires de l'animal :

La mâchoire supérieure est composée ainsi : 6 incisives, 2 crochets et 6 molaires, soit 14 dents.

La mâchoire inférieure est composée ainsi : 12 incisives et 10 molaires, soit 22 dents.

TOTAL : 36 dents.

LE RAPPORT EST-IL CREDIBLE ?

Le nombre de dents des mâchoires me semble curieux ? Pourquoi seulement 14 dents en haut et 22 en bas ? C'est fort dommage car la ressemblance avec un animal ayant existé était de nature à faire un rapprochement plausible... Ne restait qu'à prouver que le pays d'où était originaire cette bête avait été exploré à l'époque. Mais je n'ai humblement pas dit mon dernier mot et les recherches continuent car si certains éléments ne coïncident pas, rien ne prouve encore que mes déductions soient fausses. Constatant les divergences de témoignages et certaines aberrations dans les descriptions données, pourquoi serait-il exagéré de penser que la vérité ait été falsifiée ? D'autre part, les nombreux coups portés à l'animal ont pu l'âbimer au point de lui casser la dentition. Dans ce cas, il est étonnant qu'Etienne MARIN  ait négligé ce détail dans son rapport d'autopsie, non ? Il nous reste à savoir s'il existe des animaux possédant cette curieuse "disgrâce".

 

Différence de denture entre le loup et le thylacine

 

 

Ce rapport est également agrémenté de plusieurs témoignages de personnes reconnaissant l'animal, ainsi que les blessures qu'il possédait. Pourtant, si l'on fait comparaison entre les gravures de l'époque et les dimensions figurant dans de ce rapport, (Longueur de la racine de la queue au sommet de la tête : 3 pieds soit 99 cm), il semble évident que beaucoup d'exagérations sont venues tronquer les témoignages qui, du coup, deviennent  moins crédibles.

La denture du LOUP : Dès l'âge de 5 mois, il possède une denture définitive de 42 dents, 20 dents pour la machoire supérieure, 22 dents pour la machoire inférieure. Les canines très développées ou "crocs" servent à tuer les proies, les carnassières lui permettent de broyer les os. La mâchoire du loup peut broyer 150 kgs au cm², la pression exercée par la mâchoire d'un chien par comparaison est d'environ 60 kgs/cm². Une hyène : 1.000Kg/cm3...

 SCOOP

Mon humble opinion peut encore intéresser, t'intéresser, passionné(e) que tu es (lol) donc voici cette bête qui a tant bouleversée mon adolescence... Evidemment, la passion, la découverte possible subjuguait la recherche.

 Bet Thylacine1

Une description rapide du loup de Tasmanie, dans la Gazette du "Sydney et la Nouvelle-Galles du Sud annonceur» (21 avril 1805), animal  tué par des chiens le 30 Mars sur une colline immédiatement contiguë à Yorkton Port Dalrymple. La description est donnée par le lieutenant-gouverneur Paterson : Espèce considérée parfaitement distincte de toute autre création animale connue jusque-là, et certainement le plus puissant et le plus terrible des carnivores voraces jamais découvert sur une partie quelconque de la Nouvelle-Hollande ou de ses îles adjacentes.

" Ce prédateur se nourrit exclusivement de chair animale. Lors de la dissection de son estomac, il a été trouvé pour 5 kg de viande de kangourou. Un animal souple et véloce dont la  digestion est très rapide. L'œil est remarquablement grand et noir. Le pied possède 5 griffes émoussées; 20 bandes sur le dos, 3 sur la queue, 2 des bandes s'étendent vers le bas de chaque cuisse et de la longueur de la patte postérieure du talon à la cuisse, le pied arrière possède 4 griffes émoussées; Couleur grisâtre, bandes noires, La forme de l'animal est celle de la hyène, mais rappelle le chien-loup.Bet Thylacine2"

 

Carte d'identitée :
Classe: Mammifère
Ordre: Dasyuromorphia
Famille: Thylacinidae
Genre: Thylacinus
Espèce
: Thylacinus Cynocephalus
Noms communs: Thylacine, Loup de Tasmanie et tigre de Tasmanie

 

 

 

 Etrange

 Dans les années 1965/70, j'ai découvert cet animal dont la représentation figurait au dos d'un livre de BD. Passionné par le " mystère " et tout ce qui l'entoure, j'ai recherché avidement tous les documents et photographies de ce  carnivore car, parallèlement à cette période, une émission filmée traitait de la bête du Gévaudan à la télévision française (la RTF je crois) et la description du prédateur correspondait assez bien avec le tigre de tasmanie, mis à part " la queue touffue ". D'ailleurs, il n'y a qu'à comparé les gravures de l'époque pour se faire une idée. J'ai donc consulté beaucoup de récits de voyage dans l'espoir d'y découvrir une éventuelle escale en Tasmanie. Bizarrement, l'Europe bataillait pour la possession des territoires canadiens en cette période 1750, France et Angleterre délaissant d'autres contrées pourtant répértoriées  :

- Le 16è siècle rime avec les découvertes en Amérique.

- Ce n'est qu'au 17è siècle que les premières expéditions pour trouver le continent austral vont évoluer.

En 1605,le "DUYFKEN"  explore la côte sud de la Nouvelle-Guinée et touche terre à l'ouest de la péninsule du Cap York. Commandé par Willem Janszoon, c'est le premier bateau européen à visiter l’Australie. Janszoon et son équipage descendent jusqu'au cap Keerweer puis découvrent la côte du Cap York et les îles du détroit de Torres. Ils répertorient 300 kms de côte, la future Nouvelle Guinée. Les hollandais accostent le continent austral par hasard. En 1616, Dirk Hartog reconnaît sur le EENDRACHT  la côte occidentale de l'Australie. Le 4 juin 1629 le BATAVIA de Pelsaert s'échoue sur cette côte. Enfin en  1642, le hollandais Abel TASMAN reconnaît la terre de Van Diemen (plus tard renommée Tasmanie) et la Nouvelle-Zélande. Il est équipé du HEEMSKEERK et de la "flute"  ZEEHAEN pour contourner le sud de l'Australie.

- Premières explorations de la côte nord du Pacifique en 1741.

Curieusement, je n'ai plus trouvé traces d'expéditions vers ces contrées de 1730 à 1760 ? Il faut attendre 1750 pour situer plusieurs expéditions visant à lever le mystère de la "Terra Australis", sensée occuper la moitié sud du globe.  * Fin 1766, le DOLPHIN et la corvette SWALLOW font route ensemble.WALLIS aborde seul Tahiti en juin 1767 avec le DOLPHIN. CARTERET empruntera le premier le détroit entre la Nouvelle-Bretagne et la Nouvelle-Irlande.

- Le 27 avril 1770, James COOK et ses compagnons atteignent la Nouvelle Hollande à la fin du premier voyage avec ENDEAVOUR.

- L'Ouest canadien est minutieusement exploré par la France de 1730 à 1760 : Pierre Gaultier de la Vérendrye et ses cinq fils, notamment, font neuf expéditions entre 1731 et 1743. D'autres expéditions patronnées par la Nouvelle-France ou par l'Angleterre : Mallet (1739), De Niverville (1751), Henday (1754 à 1755) et Smith et Waggoner (1756 à 1757). Elle indique en outre l'étendue du territoire connu des Européens, et tous les voyages d'exploration par eau, entre 1651 et 1760. Les noms historiques utilisés proviennent de cartes et d'autres documents de l'époque.

 

ROSEExploré vers 1651
BLEUExploré entre 1651 et 1760
GRISRégions connues d'après les récits des indigènes vers 1760

Cette carte (merci à Ressources naturelles Canada,

indique l'étendue du territoire connu des Européens, et tous les voyages d'exploration maritime effectués entre 1651 et 1760. 

*La navigation est extrèmement difficile et les navires sont souvent tributaires des vents portants. Pour preuve, le légendaire «galion de Manille» qui effectuera ainsi en une trentaine de mois le tour du Pacifique, entre Acapulco et Manille, pour transporter métaux de la métropole ou soieries chinoises.

Au XVIIe siècle, les Hollandais qui prospèrent leurs activités en Indonésie, vise la zone Pacifique. TASMAN multiplie des expéditions en 1642 et 1643 à partir de sa base de Batavia (Djakarta). Il est subventionné par la Compagnie Hollandaise des Indes Orientales (ou VOC) l. Celui-ci reconnaît la Nouvelle-Zélande et la Tasmanie mais aussi des archipels comme Tonga et Fidji.

Au XVIIe siècle, l'Anglais William Dampier, flibustier, s'attaque aux comptoirs espagnols de la région avant de se voir confier des missions de reconnaissance qui lui permettent d'atteindre les îles de la Nouvelle-Bretagne. L'ère de la flibusterie et de la piraterie est entamée ... Bien d'autres explorateurs pourraient être cités bien sûr, la liste n'est pas exhaustive. Mon idée  d'alors était que certains aventuriers aient pu rapporter des spécimens de la faune locale pour en tirer profit. Idée saugrenue ? Pas tant que celà ! Qui n'a pas souhaité ramener un souvenir vivant de ses périples à l'étranger ? Tout était à prendre et à vendre en ces temps conquérants, même l'être humain, l'histoire le dira... Ceux qui n'avaient pas trouvé fortune monnayaient n'importe quoi. Pourquoi pas un Thylacine, animal pour le moins exotique qui aurait ravi la curiosité des "Dames" de l'époque.

Peut-être un passionné de ce mystère pourrait-il m'apporter des détails ignorés ?

 

Carte des Indes de l'Est et de l'Australie (A New Voyage Round the World, expédition Dampier)

1760 verra le début des compétitions maritimes entre les Etats en paix pour la possession de nouveaux territoires inconnus.

Donc, mon humble théorie, datant des sixtees, tombe à l'eau. Désolé pour celles et ceux qui espéraient un regard nouveau sur cette affaire insolite. J'ai appris depuis que bon nombre de "chercheurs" amateurs avaient suivis cette piste.C'est vraiment décevant car la ressemblance et le portrait faits de la bête coïncidaient parfaitement avec toutes les descriptions de l'époque. Il faut savoir reconnaître que la vérité est souvent d'un accès difficile et maîtresse exigeante d'un ensemble de faits et de preuves vérifiables. Si un seul vaisseau français s'est arrêté un beau matin des années 1760 sur ses terres australes, les traces d'une possible migration du thylacine vers le sol de France reste plausible et des hypothèses seraient permises...

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Illustration du combat de J. Portefaix et ses compagnons contre la Bête. Bibliothèque nationale, Histoire de Fance, 1764

 

 

Voici les résumés officiels des procès-verbaux et courriers pendant la période 1764/1767

Les originaux sont disponibles aux Archives du Puy-de-Dôme

1765, janvier-avril : traque de la "bête du Gévaudan".  

Présentation du contenu :

Lettre de M. de Montluc, du 30 janvier 1765, annonçant que la bête a reparu du côté de Saint-Chély et qu'on a décidé une battue générale pour le 7 février ; lettre circulaire imprimée adressée dans les paroisses pour annoncer et organiser la battue ; - lettre de M. Marie, du 9 février 1765, annonçant que 7 paroisses de sa subdélégation sont parties le 7 au matin ainsi qu'il avait été ordonné et qu'elles marcheront jusqu'à la rencontre de celles de Saint-Flour ; - lettre de M. de Montluc, du même jour, annonçant que la chasse n'a pas réussi ; - lettre du même, du 13 février 1765, annonçant que la bête fut lancée le 7, jour de la chasse, à deux lieues de Saint-Chély ; on a vu une autre bête du côté de Saint-Poncy ; - ordonnance de l'intendant, du 13 février, prescrivant une nouvelle battue ; - lettre de M. d'Enneval, gentilhomme de la province de Normandie, envoyé par le roi pour diriger la chasse, datée de Massiac le 21 février 1765 ; - lettre du même, du 4 mars ; - lettre de M. Marie, du 4 mars, rapportant que M. de Verny de la Vedrine, gentilhomme verrier, résidant dans la paroisse de Nozerolles, a déclaré avoir vu passer la bête devant sa verrerie le 12 février dernier ; il prétend lui avoir cassé une patte d'un coup de fusil ; - lettre de M. d'Enneval, du 9 mars, annonçant qu'il attend toujours ses chiens ; - correspondance de l'intendant avec M. de L'Averdy ; - lettre de l'abbé du Rochain, comte de Brioude, annonçant que la bête vient d'attaquer une fille de 25 ans auprès de Ligonès ; - lettre de M. Hébert, datée de Verrières le 22 mars ; il a appris par les gazettes les ravages que fait "la hiène" qui est dans la province ; il conseille une ruse qu'il a vu réussir contre un fort loup-cervier ; - lettre de M. d'Enneval, datée de Saint-Alban le 17 avril 1765 ; - lettre de M. de Montluc, du 24 avril, annonçant que son beau-frère a été rejoindre M. d'Enneval, et proposant de faire distribuer quelques armes à feu dans les villages ; - lettre de M. d'Enneval, datée du Malzieu le 31 avril 1765, informant l'intendant que dans une battue de douze paroisses la bête fut surprise, mais put s'échapper ; dans une seconde battue, on tua une petite louve pesant 40 et quelques livres.

 

1765, mai-juin : traque de la "bête du Gévaudan".  

1765, juin-juillet : traque de la "bête du Gévaudan".  

Présentation du contenu :

Lettres de M. de Saint-Florentin, des 8 et 14 juin 1765, annonçant que Sa Majesté a pris le parti d'envoyer le sieur Antoine, son porte-arquebuse avec six autres tireurs habiles et de bons chiens ; - lettre de M. Polluche-Lumina, datée d'Orléans le 17 juin 1765 ; - note des objets que demande M. Antoine ; ordres donnés en conséquence ; - lettre de M. d'Enneval, du 21 juin, annonçant qu'il attendra M. Antoine au Malzieu ; - lettre de M. de Montluc, du 22 juin, adressant à l'intendant la peinture de la bête du Gévaudan ; - dessin à la plume rehaussé de couleurs, représentant la bête déchirant un enfant ; au bas : "A Mende chez Abraham Fontanel" ; - lettre de M. Antoine, du 24 juin 1765, annonçant son arrivée à Saugues ; - lettre de M. d'Enneval au sujet des nouveaux ravages de la bête ; lettre de M. Lafont sur le même sujet, datée de Saugues ; - lettre de M. d'Enneval, annonçant une nouvelle attaque contre le cheval du courrier entre Serverette et Saint-Amans ; - lettres de M. Antoine, juillet 1765, exposant les précautions qu'il a prises ; correspondance à ce sujet de l'intendant avec le contrôleur général, M. de Saint-Florentin, M. de Montluc, M. Lafont, subdélégué à Mende ; - ordonnance de M. de Saint-Priest, intendant de Languedoc, datée de Montpellier le 6 juillet 1765, donnant des ordres pour les fournitures à faire à M. Antoine (placard, Mende, veuve de François Bergeron) ; - ordonnance de M. de Ballainvilliers conçue dans le même sens ; - instruction pour les battues par M. Antoine, en vertu des ordres de M. le comte de Moncan (placard, Mende, veuve François Bergeron) ; - lettre de M. Antoine, du 18 juillet, annonçant le départ de MM. D'Enneval ; - lettre de M. Antoine, du 24 juillet 1765, annonçant que la veille un enfant de neuf ans a été dévoré dans la paroisse de Nozerolles.

1765, juillet : traque de la "bête du Gévaudan".  

Présentation du contenu :

Correspondance de MM. D'Ormesson, de Ballainvilliers, Lafont, au sujet des dépenses que devra faire M. Antoine ; - lettre de ce dernier, du 27 juillet, adressant à l'intendant copie d'un mémoire qu'il envoie au comte de Saint-Florentin pour engager ce ministre à solliciter du roi les secours nécessaires ; - observations présentées à M. de Saint-Florentin, ministre et secrétaire d'Etat, ainsi qu'aux commandants et intendants de Languedoc et d'Auvergne par le sieur Antoine, lieutenant des chasses du Roi ; - lettre de M. Antoine, du 29 juillet, se plaignant qu'on ne l'avertisse pas de suite des passages de la bête.

1765, août-décembre : traque de la "bête du Gévaudan".  

Présentation du contenu :

Correspondance de l'intendant, de MM. De L'Averdy, Lafont, etc. Au sujet des secours demandés par M. Antoine ; - procès-verbal dressé par ce dernier de la lutte entre la bête et une jeune fille de Paulhac, Marie-Jeanne Vallet, servante de Bertrand Dumont, curé de la paroisse ; lettre de M. Antoine, envoyant le procès-verbal ci-dessus, le 13 août 1765 ; - lettre du sieur Regnault, adressant de Saint-Germain-en-Laye une caisse remplie de pièges à loups et les hardes et bagages des gardes des Plaisirs du roi ; - lettre de M. Antoine, datée du Besset le 21 août 1765, annonçant que les battues se font mieux grâce à l'aide des cavaliers de maréchaussée ; - procès-verbal dressé par M. Antoine et ses compagnons de la découverte d'une fille de 12 ans, enlevée par la bête au village de la Vachalerie, paroisse de Paulhac et transportée dans le bois d'Almand, le 9 septembre 1765 ; - autre procès-verbal par le même, du 12 septembre, de l'attaque du nommé Gouny, muletier, par la bête sur la route de Saint-Flour à Paulhac ; - autre procès-verbal du même, du 13 septembre, contenant les déclarations faites par deux jeunes garçons de la paroisse de Teissèdre qui ont été attaqués par la bête et ont pu la mettre en fuite ; - procès-verbal du 14 septembre : une petite fille a été emportée au hameau de Pepinet, paroisse de Ventuéjols ; - lettre de M. Antoine, du 17 septembre, annonçant qu'il a renoncé aux battues ; - procès-verbal dressé par M. Antoine et ses compagnons de la chasse qu'ils ont faite le 19 septembre 1765, dans les bois de l'abbaye des Chazes ; - lettre de M. Antoine, du 23 septembre, priant l'intendant de faire peindre la bête telle qu'elle est ; - réponse de l'intendant, annonçant qu'il fait peindre l'animal et qu'il le fera embaumer ; M. de Ballainvilliers remarque que plusieurs des caractères que présente l'animal sont propres à l'hyène d'après M. de Buffon ; - lettre du même, du 28 septembre, annonçant qu'il poursuit la veuve et les enfants du grand loup qu'il vient de tuer ; correspondance à ce sujet de l'intendant avec MM. Bertin, de Maupeou, de Saint-Florentin ; procès-verbal de la préparation pour conserver le loup en question que l'on envoie à la Cour, par M. Jaladon, chirurgien à Clermont ; - lettre de M. Antoine, datée du Besset le 5 octobre 1765, annonçant qu'il continue à suivre la louve et les louveteaux dans les bois de l'abbaye des Chazes ; - lettres adressées à M. Antoine, de Versailles, par sa femme et sa fille, le félicitant du succès de sa chasse ; - procès-verbal (imprimé) fait en présence de Madame de Lugeac, abbesse de l'abbaye des Chazes en Auvergne, de M. Lafont, de M. Pic, curé de cette paroisse, des sieurs Pélissier, Regnauld et Dumoulin, gardes-chasse de la capitainerie royale de Saint-Germain-en-Laye, des sieurs Lesteur et Lachenay, gardes-chasse de S. A. S. Mgr le duc de Penthièvre, et des sieurs Lafeuille et Berry, valets de limiers de l'équipage de la Louveterie du roi, concernant la mort de la louve blessée par le sieur Regnault et tuée par deux paysans de Langeac, à environ vingt pas de l'endroit où M. Antoine avait tué le grand loup ; - correspondance de l'intendant avec le duc de Choiseul, le contrôleur général, MM. Bertin et de Saint-Florentin ; M. de Ballainvilliers adresse à M. de Saint-Florentin le portrait de l'aniaml ; M. de Saint-Florentin annonce qu'il l'a fait voir au roi et remercie ; - lettre de M. Antoine à l'intendant, datée de Versailles le 28 décembre 1765.

1765 : traque de la "bête du Gévaudan", dépenses.  

Présentation du contenu :

Pièces justificatives des dépenses faites par MM. Antoine, Lafont, de Montluc, etc. ; - ordonnances de l'intendant ; - correspondance de l'intendant avec ses subdélégués, le contrôleur général : M. d'Ormesson ; - pièces relatives à l'embaumement du grand loup par M. Jaladon.

1765-1766 : traque de la "bête du Gévaudan".  

Présentation du contenu :

Lettre de M. Fournier, curé de La Besseyre-Saint-Mary, du 6 décembre 1765, racontant la lutte soutenue contre la bête par deux drôles de sa paroisse, l'un âgé de 6 à 7 ans, l'autre de 13 à 14 ; - lettre de M. Ollier, curé de Saint-Sébastien de Lorcières, chanoine de Sainte-Geneviève, du 28 décembre 1765, prétendant que l'on n'a pas tué l'animal qui avait fait tant de ravages ; la bête a dévoré le 21 décembre Agnès Mourgues, de la paroisse de Lorcières, âgée de 12 ans ; - correspondance à ce sujet de l'intendant avec MM. D'Ormesson et de L'Averdy ; - lettre de M. de Montluc, du 26 janvier, au sujet des nouvelles adressées par le curé de Lorcières ; - nouvelle lettre de M. Ollier à l'intendant, du 7 février 1766, au sujet des reproches que lui a faits M. de Montluc d'avoir envoyé au ministre une relation des accidents survenus dans sa paroisse ; - réponse de l'intendant ; - procès-verbal des blessures reçues par Jeanne Delmas, le 14 février 1766 ; - procès-verbal de la mort d'une petite fille de 6 ans, de la paroisse de Clavières ; - lettre de M. Gibergues, curé de Clavières, du 26 avril 1766, donnant la description d'une seconde bête qui a paru dans sa paroisse ; - lettres de M. de Boissieux, au sujet de deux enfants attaqués par la bête à Pinols et Desges ; - "Relation sincère et exacte des évènements fâcheux qui sont arrivés pendant le cours de l'année 1765, par la bête féroce dans la paroisse de Lorcières, diocèse et élection de Saint-Flour" par M. Ollier, curé de Lorcières ; - "Description de l'antropophage ou de l'animal féroce qui désole et ravage le païs des frontières du Gévaudan et d'Auvergne que l'on caractérise de monstre en sa nature" par le même M. Ollier.

 

Une étude sérieuse de Alain BONET qui accepete que certains documents soient librement présentés si la source de ces informations y figurent. Voilà donc qui est fait et toutes les sources seront citées :

La propriété intellectuelle des parties non documentaires de cet ouvrage, ainsi que des transcriptions personnelles,
revient à Alain Bonet. « La Bête du Gévaudan: Chronologie et Documentation raisonnées » est
diffusé libre de droits de reproduction pour toute personne et tout support, sous condition que le nom de
l’auteur soit mentionné comme tel avec chaque copie, intégrale ou partielle, de l'oeuvre, et qu’aucune utilisation
commerciale n’en soit faite.

Introduction
« Je sais que je ne sais rien. » Ces paroles de Socrate résument parfaitement l’impression ressentie après
des années de recherches sur la Bête du Gévaudan, matérialisées par le présent ouvrage.
Pourquoi en suis-je venu à m’intéresser à la Bête ? Je ne saurais vraiment le dire. Oh, je peux retrouver
quelques éléments qui expliquent comment: un dossier dans la revue « Okapi » lorsque j’étais enfant; ma
grosse déception au sortir du « Pacte des Loups, » qui m’a poussé à chercher ce qui avait vraiment pu se
passer; la demande d’une amie américaine qui m’a demandé de lui raconter une « légende » française.
Mais pourquoi ? Qu’est-ce qui en définitive peut pousser quiconque à investir temps et énergie dans un
fait divers, finalement peu remarquable au vu des nombreux cas de « bêtes » de l’histoire de France, dont
certains ont duré plus longtemps ou comptent plus de victimes?
Bien sûr, il y a le mystère. Plusieurs centaines de personnes attaquées, des dizaines de morts, sans que
l’on ait jamais réussi à savoir ni pourquoi ni comment. L’inconnu provoque le désir d’enquête, le besoin de
dégager une explication rationnelle. Le mystère est un défi, et l’homme aime à se mesurer au défi.
L’inconnu fait peur. La Bête est d’autant plus terrifiante qu’elle demeure mystérieuse. Tenter de l’identifier,
de la définir, de mettre un nom sur sa menace, c’est la réduire à un phénomène mesurable, contrôlable.
Sans doute subsiste-t-il en moi un enfant terrifié; c’est lui qui presse le pas dans les rues le soir quand dans
la pénombre les bruits se font menaçants et que je sais, contre toute raison, qu’autour de moi rôdent des
monstres. En traquant la Bête, j’inverse les rôles; en l’identifiant, je la dompte.
Il y a le devoir de mémoire. Nous ne pouvons plus grand-chose pour les malheureuses victimes, tuées, dévorées,
marquées dans leur chair et dans leur âme, sinon ne pas les oublier. Quels qu’aient été les responsables
des attaques, ils nous ont échappé. Les carcasses même des animaux identifiés comme « la Bête » ont
disparu, nous laissant sans réponses, sans certitudes, sans preuves. Il ne pourra y avoir ni jugement, ni réparation.
Mais nous pouvons nous souvenir, nous pouvons tâcher de comprendre ce que les contemporains
n’ont pu comprendre, et leur rendre ainsi le peu de justice qu’il est en notre pouvoir de dispenser.
Il y a, bien sûr, le fait que de toutes les Bêtes, celle du Gévaudan, largement médiatisée au moment même
des faits, est la plus célèbre. Sacrée reine parmi les assassins, son noir prestige l’emporte sur celui d’autres
monstres plus meurtriers. C’est également celle sur laquelle nous possédons le plus de documents, celle dont
la piste, pourtant vieille de 240 ans, reste la moins malaisée à suivre.
Le spectre de la Bête, enfin, hante toujours le Gévaudan. Les lieux de ses crimes sont encore visibles. Partout
ses représentations guettent le voyageur, en embuscade sur son passage. Les familles portent toujours
les mêmes noms; les descendants, dont on peut rencontrer certains, ont transmis le souvenir, quand d’autres
Bêtes ont été oubliées.
Il y a peut-être des raisons plus sombres, moins avouables, mais indéniables. La célébrité de la Bête,
comme celle de Jack l’Eventreur, repose, il ne faut pas l’oublier, sur la mort, la souffrance, le carnage des
innocents. Qui dira ce qui, dans notre attrait pour ces affaires, relève de la compassion, ou d’un attrait morbide
et voyeuriste ? Il nous faut reconnaître, pour le déplorer sans doute, que Thanatos est un grand séducteur.
Il n’y a pas une seule raison pour s’intéresser à la Bête, mais bien plusieurs motivations mêlées, et bien
malin celui qui saurait identifier précisément les siennes. Je sais que j’en suis incapable. La réponse la plus
honnête qui me vienne à l’esprit est celle de Mallory questionné sur son désir de gravir l’Everest: « Parce
qu’il est là. » La Bête a existé; nous ne savons pas ce qu’elle fut. Elle est notre Everest inconquis.
Voilà donc six ans que j’enquête. Mon premier mouvement fut de parcourir l’Internet à la recherche d’informations
pour établir une première documentation. Puis la lecture de l’ouvrage de Michel Louis m’offrit
une interprétation lumineuse du mystère. Celui de Chevalley sembla le confirmer. Armé de ces indications,
j’entrepris la rédaction d’un premier ouvrage.
Puis, les sources s’accumulant, je me rendis compte d’incohérences entre elles. De toute évidence, les
listes de victimes comportaient des erreurs, des doublons. D’une source à l’autre, un même document était
tronqué, cité différemment, presque toujours dans le sens de la thèse fétiche de l’auteur. Des sources romanesques
étaient utilisées au même plan que des documents historiques. Ma foi envers les diverses théories
énoncées s’effondrait à mesure que je découvrais chez chaque nouvel auteur des documents passés sous silence
par les précédents. Au mieux, les recherches étaient insuffisantes ou trop peu critiques; au pire, il y
avait manipulation et mauvaise foi manifestes.
5
Je décidai alors de reprendre mon travail à zéro. Je ne pouvais plus faire confiance aux « historiens »; il
me fallait rechercher les documents originaux, les éditer dans leur intégralité, les analyser, les critiquer en
cas de besoin, les agencer, travail qui semblait n’avoir jamais été effectué (du moins sous une forme accessible
au public.)
La présente chronologie/documentation est le résultat de ce travail. Résultat toujours temporaire, car si je
pense avoir recensé et édité la plus grande partie des documents ayant déjà connu une publication, ainsi que
plusieurs documents originaux, il reste à dépouiller une masse importante d’archives inédites – et chaque
document nouveau est susceptible d’apporter, outre des précisions, des modifications parfois importantes à
l’interprétation du corpus déjà traité.
L’établissement de celui-ci, bien entendu, a nécessité un certain nombre de jugements de ma part. Il m’a
fallu collationner des fragments éparpillés chez plusieurs auteurs, présentant parfois des erreurs de sources,
de dates, de transcription. Les documents originaux ne sont pas non plus exempts de tels défauts. Parfois
surgissent des incohérences, certaines paraissant irréductibles. Il m’a fallu alors décider d’une version plutôt
que d’une autre, proposer des corrections, effectuer des déductions – ou reconnaître un obstacle insurmontable.
Pour indiquer clairement ce qui ressort de mes interprétations et de mes choix, et permettre à d’autres de
suivre mon raisonnement et éventuellement de le contester, j’ai pris le parti d’accompagner les documents
de notes personnelles et de commentaires signalant, expliquant et justifiant ces interventions. Certaines ont
depuis été confirmées par l’étude de documents obtenus ultérieurement, d’autres ont été infirmées. Des lecteurs
en ont critiqué un certain nombre, et j’en ai modifié plusieurs en conséquence. En cela également, ce
travail est en perpétuelle évolution.
Néanmoins, en son état actuel, cette compilation est à ma connaissance la plus importante actuellement
directement accessible au public. Les documents y sont présentés sous la forme la plus complète qu’il m’a
été possible de reconstituer, et je me suis gardé de toute censure.
Paradoxalement, mais peut-être inévitablement, l’un des résultats de ces six ans de recherches est que je
suis plus loin que jamais de pouvoir suggérer une solution. Parce que j’ai pu confronter autant de documents
de sources toutes aussi fiables (ou peu fiables...) les unes que les autres mais aux conclusions contradictoires,
il m’est honnêtement impossible aujourd’hui de pouvoir affirmer: « Voici ce que fut la Bête, voici
son histoire réelle. » Je pense que personne ne le peut. Nous avons tous des idées et des hypothèses, mais
personne ne peut à ma connaissance attribuer, preuves à l’appui, une identité à la Bête. La plupart des théories
proposées à ce jour font en général un excellent travail de critique des hypothèses concurrentes, un petit
nombre d’entre elles sont intéressantes ou stimulantes en elles-mêmes, mais aucune n’est entièrement satisfaisante,
aucune ne tient la route jusqu’au bout, et la plupart sont obligées pour demeurer cohérentes soit de
faire appel à des suppositions que rien ne vient étayer, soit d’ignorer volontairement une partie des documents.
On ne trouvera donc pas ici de solution au mystère. Que fut la Bête ? Je ne sais pas.
Je peux être un peu plus affirmatif, mais à peine, sur ce que la Bête ne fut pas. Ce ne fut pas, par
exemple, un sadique déguisé. Aucun témoignage, aucun survivant d’attaque, n’a jamais rapporté d’éléments
en ce sens, et trop d’observations sont incompatibles avec cette idée. Est-ce à dire pour autant qu’aucun
tueur humain n’a jamais agi en Gévaudan durant cette période ? Certes non. Mais au mieux il fut une « partie
» de la Bête; et aucune preuve ne permet de l’affirmer.
Pas de solution miracle, donc; mais pour quiconque désire sérieusement chercher la vérité dans l’affaire
de la Bête du Gévaudan (par opposition à ceux qui cherchent à étayer une idée préconçue), un corpus aussi
complet et exact que possible est nécessaire, et c’est là toute l’ambition du présent travail. A toi, lecteur, de
l’exploiter à présent.
Alain Bonet, 24/04/08
Notes explicatives
1) Le texte est codé selon 5 couleurs:
Documents officiels d'époque, ou affirmation basée sur.
Documents non officiels d'époque.
Historiens, pas de documents d'époque en ma possession ou présentés.
Contexte historique.
Commentaires personnels, sources non évaluées.
Au sein des documents, les corrections, notes ou problèmes d’édition sont signalés entre crochets.
2) Mes commentaires personnels sont autant d'appels à l'aide, sous forme de corrections, compléments, suggestions,
discussions, etc.
3) Le code des sources est comme suit:
André La Bête du Gévaudan
Aubazac La Bête du Gévaudan
Aubazac2 La Bête du Gévaudan 2
Balmelle Un recueil inédit sur la Bête du Gévaudan
Barnson h ttp://www.labetedugevaudan.com
Bierre Écriture du fait divers et mythification
Blanc Représentations du Gévaudan dans le Courrier d’Avignon
Boyac Plaidoyer pour le loup; Le loup acquitté.
Buffière La Bête du Gévaudan.
Bulletin Bulletin de la Société des Lettres, Sciences et Arts de la Lozère. Années 1967, 1968, 1969.
Colin Défense et illustration du comte de Morangiès; Vingt années de loups meurtriers autour de
Lyon.
Crouzet La grande peur du Gévaudan
Cubizolles Loups-garous en Gévaudan
Dumas Michel Dumas, contributions sur la liste de discussion.
Expo Expositions à la Maison de la Bête à Auvers, été 2004, 2005.
Fabre La Bête du Gévaudan
G1, G2, etc. Gazette de la Bête N°1, 2... (Jean Richard).
Généal43 http://chabanne.brigitte.free.fr/loups/Documents/index.html
Joubert Chroniques de l’Abbaye des Chazes
Jullien La deuxième mort de la Bête du Gévaudan
Kempf Loups et louvetiers dans l’Orne
Lagrave Jacques Portefaix, un enfant au temps de la Bête du Gévaudan, Les Dits de la Bête,
Autres Dits de la Bête (pour les fac-similés de documents, le reste étant romancé).
Liste Liste de discussion http://fr.groups.yahoo.com/group/la_bete_du_gevaudan/
Louis L'innocence des loups
Mazel La Bête du Gévaudan à travers 250 ans d’images
Moriceau Histoire du méchant loup
Moriceau2 La Bête du Gévaudan
Parbeau La Bestia del Gebaudan
Pays Site « Au Pays de la Bête du Gévaudan » http://perso.club-internet.fr/shoes/
Perro Créatures Fantastiques du Québec
Pourcher La Bête du Gévaudan, véritable fléau de Dieu
Ragache Les loups, mythes et légendes
Richard Compléments iconographiques, historiques et bibliographiques, in Fabre.
Séité La Bête du Gévaudan dans les gazettes
7
Société Bulletin historique de la Société académique du Puy-en-Velay et de la Haute-Loire, 2009.
Soulier La bête du Gévaudan, le CD-Rom
Traces Sur les traces de la Bête du Gévaudan (Topo-guide FFRP); collaboration de Jean Richard.
DND Documents non datables (voir après la chronologie).
J’ai également tiré des documents de la brochure: « Au loup ! La Bête du Gévaudan et autres loups auvergnats
» éditée par le Conseil Général du Puy-de-Dôme (Cahiers des Archives). Les autres sources sont citées
de manière indirecte lorsqu'elles apparaissent chez les auteurs ci-dessus.
4) De très nombreuses informations figurent chez plusieurs auteurs. Par souci de clarté, je n'en ai en général
retenu qu'un dans les sources. Le choix de l'auteur reflète souvent le moment auquel j'ai eu accès à ses ouvrages.
Pas de favoritisme !
5) Lorsque je dispose d'illustrations, elles sont indiquées sous le format [Illustration]
6) Par facilité, on a employé le terme « La Bête » pour l’animal désigné comme responsable des attaques
(les témoignages concordent tous en ce que chaque attaque n’a été le fait que d’un seul animal). Cela ne préjuge
ni de la nature ou de l’identité de l’agresseur réel de chaque attaque, ni du nombre effectif total d’agresseurs.
7) Pour des informations concernant les protagonistes avant ou après l’affaire, voir les entrées individuelles
de l’index.
8) Par avance merci de toute critique et/ou commentaire. Ce travail est loin d'être fini, dans la forme comme
dans le fond, et ne saurait être mené à bon terme sans aide.
Édition des textes: les documents transcris ici provenant d’autres auteurs respectent l’édition de ces auteurs,
à l’exception de quelques corrections de bon sens (coquilles ou erreurs manifestes). Ces corrections donnent
parfois lieu à des commentaires.
Afin de faciliter la consultation des documents, deux points ont parfois été modifiés:
- Rectification et normalisation de l’orthographe.
- Introduction de majuscules systématiques aux noms propres.
- Introduction d’une ponctuation minimale.
N’étant pas paléographe, j’ai pu commettre des inexactitudes en transcrivant (ou omettant de transcrire)
certaines variations, telles que u/ü, y/ÿ, etc. L’emploi de majuscules aux noms communs (Bête ou bête) n’est
pas non plus facile à déterminer. Toute analyse plus précise de ces phénomènes serait la bienvenue.

 

 

 

 

Bet Hirsutisme 3

Portrait d'Antonietta Gonsalvus par Lavinia Fontana 

Pour celles et ceux qui croient en l'existence des Loups-Garous ou autres métamorphoses de l'homme en animal, voici quelques données permettant des recherches dans ce sens :

L'hypertrichose est le symptôme d'un dérèglement hormonal se manifestant, chez l'homme ou la femme, par une pilosité envahissante sur une partie du corps. La maldie peut-être congénitale et se manifester dès l'enfance. A ne pas confondre avec l'Hirsutisme qui ne se développe qu'à la puberté. Il est probable que ces cas de pilosité excessive ont alimentés les légendes relatives à  de brusques changements morphologiques d'individus, les jours de pleine lune. De nombreux cas ont été recensés depuis le 16ème siècle. Pedro Gonzales serait l'un des premiers justement étudié, répertorié et peint au XVI ème siècle. Le tableau représentant ce phénomène d'hypertrichose se trouve à Vienne, au Kunsthistorische muséum. L'hypertrichose est aussi connue sous le nom de "syndrome D'Ambras", du nom du château d' Ambras, ancienne résidence d'été de Ferdinand II de 1566 à 1570, près d'Innsbruck où figure la collection dite d'Ambras.

 

Bet Hypertro5Bet Hypertrichose4Bet Hypertrichose2Bet Hypertrichose.1jpgBet Hypertrichose

1- Madeleine Ventura avec son mari et son fils, de Jusepe de Ribera, peint en 1629-31 et visible à Tolède. 2-Viola. 3- La femme à barbe du film Freaks de Ted Browning (1932). 4- Pedro Gonzales (Petrus Gonsalvus), pére d'Antoniette, peint par Lavinia FONTANA. 5- Zénora.

Julia Pastrana, Clémentine Delait, ont aussi été exposées au public.

Bet Hirsutisme2

Bet Hirsutisme1

Ulysse Aldrovandi, médecin et professeur de l'Université de Bologne en 1592, examina les Gonzales puis décrivit leur cas dans un livre, illustré de gravures sur bois, intitulé " Histoire de Monstres ".

L'image ci-contre est tirée de ce livre Monstrorum historia cum paralipomenis historiae omnium animalium Bartholomaeus Ambrosinus. - Bologne, N. Tebaldin, 1642 (cote BIUM 881)

 

 

 


 

La lycanthropie clinique est une maladie psychiatrique dans laquelle le patient se croit transformé en loup ou, par extension, en tout autre type d'animal. Ce nom est tiré de la légende du loup-garou et il s'agit d'une zoopathie.

Les premiers faits éxaminés médicalement remontent au XVIème siècle :

Jean WIER  est né en 1515 ou 1516 à Grave, Duché de Brabant et est décédé en 1588 à Tecklenburg. Il était médecin, opposant à la chasse aux sorcières et a longuement étudié la lycanthropie. Il explique alors la maladie comme la manifestation d'un phénomène imaginaire et décrit les malades comme des êtres au teint pâle dont les yeux sont profondément enfoncés et la langue fort sèche.
Du même avis, Jean de Nynauld publie en 1615 : De la lycanthropie, transformation et extase des sorciers" mélancholie ou folie louvière à cause de ceux qui en estoient atteints pensent être transformés en loup ou en chien."

Deux siècles plus tard, Collin de Plancy, libre penseur influencé par Voltaire,  définit dans son Dictionnaire infernal, publié en 1818, lalycanthropie comme une « maladie qui, dans les siècles où l’on ne voyait partout que démons, sorcellerie et maléfices, troublait l’imagination descerveaux faibles, au point qu’ils se croyaient métamorphosés en loups-garous, et se conduisaient en conséquence. Les mélancoliques étaient plus que les autres disposés à devenir lycanthropes, c’est-à-dire hommes loups. ».

Le Dictionnaire infernal est l'œuvre majeure de Jacques Auguste Simon Collin De Plancy , écrivain français, né en 1793 à Plancy-l'Abbaye et mort en 1887. Il est a auteur de nombreux ouvrages sur l'occulte, l'insolite et le fantastique.

Cette croyance, définissant que l'on puisse se transformer d'un corps humain en celui d'un loup, est une zoopathie, à savoir un symptôme d'une maladie psychiatrique en cours. La structure de ce délire est de type paraphrénique. 

Ainsi en France :

- 1521 : trois hommes accusés de lycanthropie sont brûlés vifs à Besançon.

- 1573 : Gilles Garnier est accusé de lycanthropie. Il fait des aveux (sans doute sous la torture) et est brûlé vif.

- 1578 : Jacques Rollet est brûlé vif, accusé de lycanthropie par le Parlement de Paris !

- 1804 : un dénommé Maréchal est accusé de lycanthropie et condamné aux galères car on a banni le bûcher.

Il existe aussi :

La thérianthropie ou zooanthropie existe dans un cadre de croyance spirituelle ou mythologique. On peut la décrire comme  la transformation complète ou partielle d'un être humain en animal et vice versa. Les proportions sont diverses et peuvent s'appliquer simplement à la queue ou au corps entier d'animal et se terminer par une tête humaine. Cette croyance puise  ses racines dans le chamanisme et est à l'origine de légendes telles que le nahualisme et la lycanthropie. Elle apparait.sur d'anciens dessins préhistoriques, comme dans la grotte des Trois-Frères en Ariège. La thérianthropie décrit un personnage mélangeant des traits humains aux capacités ou  traits empruntés à d'autres animaux. L'exemple probant est le lycanthrope, hybride mi-homme mi-loup, mais on constate que pratiquement tous les dieux égyptiens sont aussi des thérianthropes.

Le Marteaudessorcières

Paru à Strasbourg en 1486 ou 1487, Malleus Maleficarum, longtemps réservé qu'aux seuls inquisiteurs de l'Eglise, est sans doute l'ouvrage de textes sur la démonologie le plus usité durant deux siècles. C'est le bréviaire des chasseurs de sorcières dans toute l’Europe, le livre le plus connu sur le sujet. Il est sans aucun doute indispensable pour la compréhension de la sorcellerie du XVe au XVIIe siècle et de son essor européen. Pour une meilleure approche et une compréhension exacte sur la démonologie et ces croyances.

Il est capital de connaître les raisons, les conséquences et les témoignages de certaines catégories d'individus qui ont crû réellement à l'existence d'êtres diaboliques, divins, féeriques et surnaturels. Leur foi en cette indicible croyance est essentielle pour celui qui recherche à prouver l'authenticité ou la supercherie des faits relatés et parvenus jusqu'à Nous, Nous les insatiables curieux des mystères ! C'est ainsi seulement que l'on peut saisir pourquoi des gens sont persuadés de l'existence d'êtres au pouvoir étrange, et voyager alors dans des dimensions intemporelles où tout semble réalisable même ce que l'on pensait "inexistensiel". Ces témoignages matériels, où la pensée et l'opinion de l'intéressé nous sont livrés, apportent la justification à notre intérêt et deviennent indispensables à la compréhension ou à la démystification de l'offrande qui nous est offerte. Il faut se sublimer, se donner, se justifier, devenit tolérant et savoir écouter, comprendre l'inadmissible et parrainer l'impossible pour tolérer que l'impensable puisse paraître réel et que la réalité devienne improbable. Là, enfin, tu pourras te projeter pour admettre ou refuser le présent de l'incommensurable aspect de la raison ou du délire de l'esprit humain. Si tel est ton souhait, il faut en accepter les règles et ne pas dire je rêve si tu rencontres un ange, mais aussi ne pas dire c'est un complot si le charlatan est mis au pilori lorsqu'il est surpris au trucage. L'objectivité se révèle indispensable et croire sans preuves est comme boire sans eau. Un mirage, une image subliminale d'un esprit tordu qui un jour a créé l'horreur pour assouvir ses sombres desseins et t'as mené là où il le voulait pour mieux aspirer ton âme. Se poser les questions essentielles et en tirer profit sans opinion surfaite, en libre conscience, sans le moindre remord.

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Des espèces que l'on croyait disparues !

 

Des espoirs subsistent de retrouver, entre autres, la chauve-souris à face de singe de Berg, jadis établie dans les îles Salomon, et le gaufre à poches d’Alcorn, un petit rongeur du Mexique. La salamandre du Turkestan (région d’Asie centrale), fut observée pour la dernière fois en 1909.

Du 18 au 20 octobre 2010, à Nagoya (Japon), les Nations Unies tiendront un sommet sur la biodiversité au cours duquel les Etats seront conviés à se fixer des objectifs à l’horizon 2020.  Des mesures d’urgence essentielles pour faire face à ce que certains scientifiques appellent déjà la sixième grande vague d’extinctions de l’histoire de l’humanité…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 ENTRER  Dans ces affaires criminelles qui nous dérangent.

 

 Relevé sur le Net ? ? ?

Le fils Chastel avait été fait prisonnier par les barbaresque et, par la suite, émasculé par eux.
Plus tard, libéré contre rançon, mal dans sa peau, il aurait élevé une portée de louveteaux dont la
mère avait été tuée... Leur taille, adulte, était supérieure à la normale... Leur maître es envoyait
dans des directions opposées agresser les gens, sans doute pour se venger de son infirmité... ce qui
explique qu'à une heure près, des attaques avait eu lieu à 100 km de distance, ce que ne comprenait
pas les gens qui se sont occupés de ce drame... La portée a été réduite au fur et à mesure, tuée
par les différents intervenants.

 

 

 

Au 20ème siècle quelques récits font état d'apparition de loups-garous :

En 1925, dans un petit village alsacien proche de Strasbourg, un jeune garçon fut accusé d'être un loup garou...

En 1930, un "loup-garou" terrorise la banlieue parisienne, à Bourg-la-Reine...

En 1946, une bête mystérieuse ravage une réserve navajo, en Amérique du Nord. Elle présente tous les aspects et caractéristiques d'un loup-garou...

En 1949, à Rome, une enquête est dilligentée concernant des témoignages relatant une apparition de loup-garou.

En 1957, à Singapour, une série d'agressions terrorise la population et une énigme s'impose aux autorités anglaises : des pensionnaires d'un foyer d'infirmières sont agressés par des loups-garou...  Ce mystère reste entier...

En 1975, les journaux anglais rapportaient la tragique histoire d'un jeune homme de dix-sept ans qui se croyait sur le point de se muer en loup-garou. Pour mettre un terme à ses souffrances morales, il se plongea un couteau à cran d'arrêt dans le cœur.

NOTE : On ne peut pas assimiler les loups-garous aux lycanthropes. Ce terme dérive du grec lycos, c'est-à-dire “loup” et anthropos qui signifie “homme”. La lycanthropie désigne une maladie mentale où le sujet se croit, à tous égards, transformé en loup, mais ne subit aucune transformation physique.

 

 

 

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