23 octobre 2017
Bonne fête Jean de Capistran

Site mis à jour le
22 octobre 2017

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LA BÊTE DU GEVAUDAN !

 Mis à jour le 04 septembre 2013

Beaucoup d'images et de Mots sont des liens, cliquer dessus !


Bonjour plein de frissons "S A M I"

 
Une petite balade aud'évènements étranges et non élucidés
 
La bête du Gévaudan !   Une Légende ? 


Description :

Carnivore à  tête énorme, des flancs rougeâtres, une raie noire sur le dos, la queue fournie (ou pas) suivant les survivants.
Ressemble à un très grand loup !  (le loup est  pourtant familier aux habitants de la région) (?).
Drôle de bestiole si on en croit cette description, fournie par les rescapé(e)s.

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Le Décor :

Région du sud de la France dans la partie méridionale du Massif Central, le Gévaudan correspondant au département de la Lozère. Ce sont les alentours de la Margeride et de l'Aubrac ainsi que de l'Ardèche,  la Haute-Loire et du Cantal qui forment la scène du drame. Une vallée très encaissée dans les gorges de la DESGES, pratiquement inaccessible et parcourue par une rivière très encaissée, des marécages et les fameux "bois noirs", près du Mont MOUCHET. Le massif est un vrai gruyère, percé d'anciennes mines et de galeries naturelles. Le Mont Mouchet cumule à plus de 1200 mètres d'altitude et la Desges se trouve à 675 mètres soit un dénivelé assez impressionnant sur  quelques kilomètres seulement.
Les carnages se sont principalement axés sur un triangle formés par les villages de Paulhac en Margeride où l'on dénombra 9 agressions et six victimes, le Mont Mouchet (Nozeyrolles 15 agressions, 13 victimes) et La Besseyre Saint Mary (14 agressions, 11 victimes)... dont sont originaires les  frères Chastel.
Saugues, Venteuges, Lorcières, Clavières, Aumont-Aubrac, Grèzes, Saint Alban.
12 paroisses regroupent pas moins de  61 attaques  pour un territoire toutefois assez mince :
On compte 20 attaques à Saugues et Venteuges, 12 à  Aumont, Nozeyrolles et Javols,  9 sur Saint Chély, Saint Alban et Grèze, 7 à La Besseyre Saint Mary, 6 à Paulhac, 5 à Lorcières et 2 sur Clavières. A mi-chemin entre Desges et Saugues se trouve le calvaire de Golgotha. De nombreuses victimes laisseront leurs vies entre ces deux endroits.
 
 
 

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 Environs de NOZEYROLLES / AUVERS

 

La superstition et les croyances les plus saugrenues sont courantes en cette période où la peur sévit dans toutes les chaumes. Les charlatans, sorciers, envoûteurs, et jeteurs de sort en profitent pour abuser de la situation en effrayant les plus crédules. Le  Languedoc est persuadé que la bête est l’instrument du diable, donc immortelle. Evidemment, l’église catholique qui est en pleine dégringolade, s’en mêle et colporte son lot de sermons où le loup serait envoyé par Dieu pour punir les paysans de leurs péchés.

La population se terre et ne vaque à ses occupations habituelles que groupée. La peur est proclamée souveraine dans la région, Le diocèse prêche la colère divine, le roi est convaincu d'une emphase exagérée mais, craignant une révolte qui mettrait son règne en péril, il consent à envoyer des enquêteurs sur place. Chacun dialogue sur le vrai et le faux de l'histoire dans le Pays et, pendant ce temps, dans le seul mois de Mars, la bête tue huit autres personnes.

 

Les VICTIMES

La 1ère victime agée de 14 ans est Jeanne BOULET. tuée le 30 juin 1764 et enterrée le 1er juillet, sans les sacrements puiqu'elle ne s'était pas confessée. ( A cette époque, il fallait savoir quand on allait mourir et se précipiter chez le curé si on voulait arriver dans les normes devant le Bon Dieu.)  Il fut donc consigné  par le curé de la paroisse qu'elle fut victime de LA bête féroce, ce qui donne à penser qu'elle ne fut pas la première victime réelle mais seulement la première déclarée et officiellement enregistrée comme telle...

 Ce 13 mars 1765, Jeanne Jouve vaque à ces occupations de mère de famille nombreuse, dans son jardin avec trois de ses six enfants. Un bruit inhabituel, une pierre qui roule, la bête est là,  tenant le bras de la petite de 14 mois dans sa gueule. Le Mas de la Veissière, près du Rouget de Saint-Alban, est à l'écart et Jeanne sait qu'elle ne peut compter que sur elle-même. Elle.parvient  à délivrer la petite en l'arrachant de la gueule puissante.

 

La Bête se jette alors sur le garçon de six ans, l'enfant hurle. Jeanne attaque la bête avec l'ardeur d'une mère qui défend ses petits.

Repoussée, elle y retourne et s'acharne tant de fois que la bête saute la muraille.

Les aînés, alertés par les cris de leur mère accourent avec des chiens et mettent la Bête en fuite. L'enfant décèdera cependant de ses blessures.

© AMILO, photo : Alain Bonnet
 
                              TROIS ANNEES DE TUERIE
LES VICTIMES
DateVictimesÂgeVillageCommuneCONSTAT
30 juin 1764Jeanne Boulet14 ansLes UbasSt Etienne de Lugdares.Tuée par une bête féroce.
Enterrée le 1 juillet.
8 août 1764Fille 15 ansMasméjeanPuylaurentRetrouvé déchiquetée
août 1764Jeune garçon 15 ansalentourCheylard-L'EvêqueRetrouvé déchiqueté
1 septembre 1764Jeune garçon 15 ansPradelsChaudeyracRetrouvé déchiquté
6 septembre 1764Femme 36 ansLes EstretsArzenc de RandonEgorgée, à demi dévorée dans son jardin,
16 septembre 1764Très jeune vacherNon préciséChoisinetsSt Flour de MercoireEventré
26 septembre 1764Fillette 12 ansLe ThortRoclesEgorgée. Dévorée
28 septembre 1764Fillette 12 ansalentourRieutort-de-RandonDévorée devant sa chaumière
7 octobre 1764Femme 20 ansApcherPrunièresDévorée. Sa tête fut retrouvée
8 jours après le drame
15 octobre 1764Enfant 10 ansContandrezSte Colombe de PeyreThorax béant, évisceré. La tête est détachée du corps
19 octobre 1764Bergère 21 ansGrazièresSaint AlbanDévorée.
25 novembre 1764

Catherine Vally

60 ansBuffeyrettesAumontThorax béant, évisceré. La tête est détachée du corps
7 décembre 1764Berger, Martial MathieuNon préciséAuzencPaulhacDévoré
15 décembre 1764Catherine Chastang45 ansSistrièresVédrines St-LoupA demi dévorée.  Tête détachée du corps
21 décembre 1764Fillette 12 ansLe PuechFau-de-PeyreDéchiquetée dans son jardin. La
tête a disparue.
24 décembre 1764Jeune garçonNon préciséAlentourChaulhacDévoré
27 décembre 1764Jeune femme 19 ansBoussefolRieutort de RandonDévorée
ANNEE 1765     
1 janvier 1765Limagne16 ansLe FalzetChanaleillesDévoré, tête et
Bras disparus
2 janvier 1765Jean Chateauneuf14 ansLe MazelGrèzesDévoré
6 janvier 1765Delphine CourtiolNon préciséSt JuéryFournelsDans son jardin.
Thorax béant
6 janvier 1765Jeune filleNon préciséMorsangeMaurinesRetrouvée dans les bois, déchiqutée.
==> ROUERGUE     
7 janvier 1765FilleNon préciséRieutortMarchastelDéchiquté
12 janvier 17657 enfantsde 7 à 15 ansVillaretChanaleillesCombattent et font fuir la Bête. Pas de victimes
12 janvier 1765EnfantNon préciséLe MazelGrèzesDévoré
14 janvier 1765Garçon 13 ansLescureChapelle-LaurentDévoré
17 janvier 1765AdulteForce de l'âgeLe MazelGrèzesSon fusil comme gourdin, il fait fuir la bête
 
23 janvier 1765Jeanne TanavelleNon préciséChabanollesLorcièresSe défend courageusement mais est égorgée.
Tête à 200 pas
23 janvier 1765Jeune enfant3 ansalentourVenteugesEmporté et dévoré
30 janvier 1765Fille 14 ansCharmensacSt-JustGravement blessée. Meurt à St Flour
30 janvier 1765FilleNon préciséVillaretSt Chély d'AubracDévorée dans les bois d'Aubrac
1 février 1765EnfantNon préciséalentourJavolsEnlevé ? mais miraculeusement sain et sauf
9 février 1765Marie-Jeanne Rousset12 ansMialanettesLe MalzieuAttaquée à Vallat, Tête détachée, corps emporté et dévoré
17 février 1765GarçonnetNon préciséalentourChapelle LaurentPresque entièrement dévoré
28 février 1765Fillette 8 ansChabrierArzenc-d'ApcherEmportée. Pratiquement entièrement dévorée
Février 1765EnfantNon précisénon préciséPenaveyreEnviron ouest de Grandvals
1 mars 1765Fillette 7/8 ansle FauBrionEnlevée devant chez elle. Tuée.
4 mars 1765FemmeInconnunon préciséAlly (Auvergne)Dévorée
8 mars 1765Enfant 10 ansLe FayetAlbaret-le-ComtalTête détachée du
corps qui est à demi dévoré
9 mars 1765Femme 30 ansLe Lignonès Ruines en MargerideEgorgée et saignée
11 mars 1765Marie Pougnet 3 ansMalavieillettesFontansEnlevée près de chez elle. Corps lacéré, Cuisses dévorées
13 mars 1765Jouve 6 ansLa VessièreSt AlbanSa mère le défend et combat la bête. Décès après 3 jours
13 mars 1765GarçonnetNon préciséalentourChanaleillesDévoré
15 mars 1765EnfantNon préciséLe BouchetThorasDévoré
20 mars 1765Garçon 10 ansAumontEnvironEnlevé. Partiellement dévoré
29 mars 1765François Fontugne9 ansLe CheylaretJavolsEnlevé et dévoré
3 avril 1765jacques Gibilin 10 ansBergougnouxFontansTué et dévoré bestialement devant son frère
4 avril 1765Dauphine Annez13 ansMézérySt DenisTête sectionnée.
Poitrine dévorée
5 avril 1765Enfant bergerNon connuDonnepauArzenc-de-RandonDévoré au pâturage
7 avril 1765Gabrielle Pélissier17 ansla ClauzeGrèzesDévorée partiellement
8 avril 1765Fillettenon préciséalentourChaudeyracDéchiquetée
18 avril 1765Martial CharradeBerger. 13 ansVachèleriePaulhacDévoré
19 avril 1765EnfantNon préciséalentourPaulhacOn ne retrouve que les os...
29 avril 1765Fillette 12 ansAuversNozeyrollesEnlevée devant chez elle. Tuée et dévorée
2 mai 1765Femme 50 ansPépinetVenteugesEgorgée. Seule l'une des
joues est mangée.
Mai 1765Fille 17 ansalentourAuversDévorée
4 mai 1765Jeune fille 14 ansChantelouveAuversEmportée. Dévorée
Mai 1765Jeune fille 13 ansalentourLe BessetSans précision
Mai 1765deux /trois autresmême âge environAutour de AuversalentourSans précision
19 mai 1765Fille Barlier 45 ansServilangesVenteugesTête et
bras emportés
24 mai 1765Marguerite Martin20 ansalentourSt Privat du FauDécède suite à de graves blessures.
24 mai 1765Marie Valès 13 ansalentourJukiangesDévorée
1 juin 1765Jeanne Hugon Bergère 11 ansLairNozeyrollesDévorée
1 juin 1765Garçonnet 10 ansalentourNozeyrollesDévoré
20 juin 1765Enfant 8 ansalentourNozeyrollesDisparu
21 juin 1765Deux femmesÂges ignorésSauzetVenteugesEgorgées. Dévorées
21 juin 1765Garçonnet 12 ansPépinet VenteugesDévoré à moitié
21 juin 1765Femme

45/50 ans

SauzetVenteugesEgorgée. La tête et un bras emportés
4 juillet 1765Marguerite oustallier 68 ansBroussolesLorcièresEgorgée et abandonnée,
La bête a étédérangée
22 juillet 1765Claude Biscarrat9 ansalentourAuversLes restes retrouvés
trois jours après.
9 août 1765Jeanne Anglade16 ansalentourBeyssère St MaryEgorgée, saignée.
8 septembre 1765Marie-Jeanne Barlier 12 ansVachèleriePaulhacPas de précision
13 septembre 1765Fillenon connualentourJuliangesPas de précision
13 septembre 1765Fillette12 ansPépinetVenteugesPas de précision
21 décembre 1765Agnés Mourgues9 ansMarcillacLorcièresDévorée partiellement. Tête détachée du corps.
ANNEE 1766     
4 mars 1766Jean Bergougnoux9 ansMontchauvetServièresEgorgé et saigné
14 mars 1766Marie Bompart 8 ansLigonèsSt Privat du FauEventré et abandonné en l'état.
17 avril 1766Marguerite Lèbre6 ansLa PauzeClavièresVisage atrocement dévoré. Meurt de ces blessures.
31 mai 1766Enfant Teissèdre Berger 10 ansBuffatPinolsDévoré
28 août 1766Fillette 13 ansalentourAuversDévorée
12 septembre 1766Jean-Pierre Cellier12 ansBroussousPaulhacDévoré
1 novembre 1766Jean-Pierre Ollier12 ansLa SouchèreLa BeyssèreDévoré
2 mars 1767Marie Plantin 11 ansalentourServièresDévorée dans les
bois de Ségeas
28 mars 1767Maria Anne Pascal9 ansDarnesLa BesseyreDévorée
4 avril 1767Jeanne Paulet 15 ansalentourLa BesseyreDévorée
7 avril 1767Louise SoulierPas préciséalentourNozeyrollesDévorée
10 avril 1767Etienne Loubat 9 ansalentourSt Privat du FauDévoré
13 avril 1767Anne BlancPas préciséBugeacGrèzesDévorée
16 avril 1767Thérèse PauletPas préciséMénialGrèzesDévorée
29 avril 1767Rose la TalhèrePas préciséalentourNozeyrollesNon précisé
5 mai 1767Marie Bastide 48 ansLe MontGrèzesDévorée
5 mai 1767Catherine CoutarelPas préciséalentourNozeyrollesDévorée
16 mai 1767Marie Denty12 ansSept SolsLa BesseyreDévorée
26 mai 1767Joseph Meyronenc15 ansalentourServièresDévoré
près Montchauvet
27 mai 1767André HugonPas préciséalentourNozeyrollesDévoré
Mai 1767Femme 40 ansLa RocheSauguesDévorée à genoux,
en prière
12 juin 1767Catherine Chautard9 ansCouffoursLe MalzieuDévorée
18 juin 1767EnfantNon préciséalentourDesgesDévoré
 
 
Les premières remarques :
 
- Les communes de Nozeyrolles, Venteuges, La Beyssere semblent particulièrement éprouvées par ces attaques.
- La Bête dédaigne le bétail et n'attaque que le gardien des troupeaux ! C'est ILLOGIQUE !
- Rares sont les hommes valides agressés. La plupart des victimes sont de jeunes enfants isolés ou des femmes seules. La bête discerne donc parfaitement la faiblesse du gibier ?
- Des agressions successives se produisent dans la même journée ou sur deux jours.
- Les corps mutilés sont souvent déplacés ou emmenés loin du lieu de l'attaque.
- La tête des victimes est le plus souvent détachée du tronc.
- Le visage des victimes est déchiqueté comme pour "effacer" l'emprunte du visage.
- La bête ne craint pas de s'aventurer près des habitations et parfois même dans les villages.
- Des victimes semblent avoir été violées ? ? ?
- Le Modus Operandi est différent pour chaque agression.
- De l'ACONIT est employé pour piéger la bête qui évite soigneusement toutes les offrandes préparées avec cette plante vénéneuse.
Son discernement est donc exceptionnel , car reconnaître le "capuchon des moines" dans de la viande avariée et puante témoigne d'un flair remarquable ou d'une connaissance scientifique diabolique chez un animal !
- L'ensemble du constat dirige l'observateur profane aux études scientifiques, mais autodidacte à élaborer une théorie d'après les faits, à évoquer rapidement la ressemblance frappante avec une hyène. Les attaques, le processus de démembrement, le broyage des os et des cartilages, les témoignages relatifs à la description physique de l'animal, le genre de blessures infligées, tout dirige l'observateur un tant soit peu averti vers ce constat. Pourtant, un enfant rescapé qui s'est défendu contre la bête, certifie qu'il s'agîssait d'un être d'apparence humaine ! Ce témoignage a été atténué ou même évincé mais pour quelles raisons ? Qui avait donc intérêt a conjugué l'infernal et le diabolique dans cette morbide affaire ?
- Jean CHASTEL tue la bête dès sa première traque, d'une seule balle d'argent en plein coeur ? C'est tout à fait invraisemblable pour quantité de raisons : Des années de recherche n'ont jamais abouties et lui, avec son arme tout juste bénie, il trouve rapidement le responsable des horribles meurtres qui, se tenant à une trentaine de mètres du chasseur ne s'enfuit pas et présente son flanc vulnérable au tireur pour mieux se faire abattre ? Quantité de paradoxes et d'abracadabrantes inepties dénotent dans cette déposition dudit héros, pourfendeur de l'immonde :
  • Tout d'abord, la brièveté du temps écoulé entre la décision de traquer la bête et le passage à l'acte,
  • la fabrication des 3 balles d'argent, l'empressement pour la bénédiction de l'arme vengeresse,
  • la rapide localisation de l'animal,
  • le seul tir d'une précision "diabolique", ( la bête est restée inerte ?),
  • Le fait qu'une balle fabriquée dans de l'argent est beaucoup moins fiable qu'une balle faite en plomb. La dureté de l'argent ne permet pas au projectile de tourner sur lui-même afin d'accomplir un trajet rectiligne. De plus cette même dureté diminue les dégâts provoqués dès l'impact dans le corps pénétré. Une balle d'argent peut parfaitement traverser un corps vivant sans occasionner de dégâts mortels si elle ne touche aucun organe vital, ce qui n'est pas le cas d'un projectile en plomb qui se déforme souvent dès l'impact et prend une direction aléatoire, et parfois biscornue, à l'intérieur du sujet atteint. La balle partiellement écrasée, augmente de volume et rebondit sur les os dans des directions complètement aléatoires. Ce phénomène a été testé en laboratoire de sciences physiques, sur de la gélatine, puis sur de l'échine de porc. Les résultats furent probants et sans contestation. En forêt, il serait impossible d'atteindre dès le premier coup, un animal en mouvement, à un endroit vital et à cette distance. N'oublions pas que les armes de l'époque n'étaient pas spécialement puissantes.
  • De même, il a été testé la puissance des mâchoires de plusieurs animaux vivants à cette époque. Le loup serait incapable de démembrer un corps humain et seule la hyène tachetée, (1.000KG/CM3 ) posséde la force suffisante de broyage pour provoquer de telles blessures. La preuve est donc faîte que le LOUP est parfaitement innocent de ces actes barbares.
  • Un chien, le chien est le compagnon de l'homme depuis dix mille ans, aurait-il pu étre dressé pour exercer de telles horreurs. Sans doute pour l'attaque mais certainement pas pour le carnage évoqué. De plus, il aurait été facilement identifié dès le début.
  • Si Jean CHASTEL avait possédé une hyène, toute la région aurait palabré sur le sujet. Impossible qu'il ait réussi à cacher un tel animal pendant des années.
  • Un homme apparaît donc plus probable dans le déroulement de cette affaire, mais là encore, bon nombre de faits demeurent inexpliqués et nexplicables.
  • Comment aurait-il pu disparaître chaque fois sans qu'aucun ne l'ait vu ? Comment a-t-il pu circuler, le corps ensanglanté, sans être remarqué sur une aussi longue période ?
  • Seul un esprit pensant a pu non seulement éviter les pièges, les chasses, les traques tout en préservant son apparence. Quand la région est infestée de chasseurs à sa recherche, la bête tue, puis tue de nouveau à plusieurs kilomètres de distance, sans jamais être inquiétée ?
  • Les psychopates, tueurs en série, existent aujourd'hui. Il en était de même voici deux cent quarante ans, sans aucun doute. D'ailleurs Gilles de Ray en est un probant exemple. Nulle investigation scientifique n'était alors possible, il fallait prendre les assassins sur le fait pour prouver la culpabilité sauf lorsque cela arrangeait l'Etat ou l'église. Mais c'est un autre sujet... Bien que ?

 

  Loupneigeyeux 

 

Cette examen rapide a pour but d'évoquer les nombreuses possibiltés afin que tu aies, toi aussi, la possibilité de résoudre le Mystère. En effet c'est l'une des plus grandes énigmes restant à élucider. 102 victimes, ce n'est tout de même pas une mince affaire. L'horreur des faits, la bestialité des actes, force l'imagination a vouloir déceler qui se cache derrière ce macabre et morbide tableau de chasse. Laisse ton esprit vagabonder dans le climat de l'époque. Chacun était dans l'obligation de sortir pour gagner ou trouver son repas quotidien. Quantité de brigands, anciens soldats, déserteurs ou malandrins, hantaient les campagnes et les villes. S'il fallait en plus se protéger des monstres, l'ambiance devait être irréelle. Aller chercher de l'eau devenait une périlleuse entreprise.

Tu ouvres la porte de la chaume et très vite le brouillard, de ses ailes impalpables, t'isole des tiens. Le silence est oppressant car ton esprit en éveil ne décèle plus que les bruits inhabituels alentour. Le cri d'agonie de la proie égorgée t'interpelle mais les cloches rassurantes des troupeaux, tu ne les entends pas. Les battements de ton coeur résonnent comme mille tambours et tes jambes semblent ne plus supporter que tes peurs. La fontaine est au bout du sentier mais l'ombre du chêne semble en interdire l'accès, d'ailleurs elle bouge et prend l'apparence du dévoreur d'enfants, le seau t'échappe et dévale la pente rocailleuse pour se fondre dans la semi-obscurité. Le cri d'agonie se répète, si lugubre que tu tournes le dos à l'insinueux pervers qui t'épie, tu le sais. Des sauts de chevrettes apeurées te ramènent au logis, livide sur le seuil, tu n'oses  avouer l'hérissante saveur qui paralyse ton être si épris désormais de l'âtre rassurant. Les flammes vacillent, toi aussi, tu sombres dans les bras de ton père, ce vaillant guerrier dont tu voudrais qu'il fut rédempteur et bourreau de cette angoissante présence...

 

Hé Aiguail, réveilles-toi ! Oh pardon Ami lecteur, je m'étais évadé, imprégné du désir de connaître la palpabilité des frayeurs passées !

Donc :

 
Les autorités firent appel à  des chasseurs plus ou moins renommés et organisèrent des battues d'ampleur gigantesque car l'affaire faisait grand bruit dans le Pays. Dragons, louvetiers et portes-arquebuse du roi se succédèrent alors pour débusquer la "Bête" sans résultat probant.
- Suite à l'échec du 7 février 1765 réunissant : 73 paroisses du Gévaudan, 30 d'Auvergne et plusieurs du Rouergue (lettre de Lafont), Duhamel est remplacé par Denneval (père et fils), célèbres louvetiers. C'est ensuite Antoine de Beauterne, porte-arquebuse du Roi, qui se voit mandaté. Il est accompagné de 14 garde-chasse et de 4 chiens de la louveterie royale.
- Le 21 septembre 1765, un grand loup est abattu dans le bois des Dames de l'abbaye royale des Chazes, en Auvergne, par le porte-arquebuse du roi, François Antoine (souvent surnommé, par erreur, de Beauterne). On décide alors en haut-lieu, vu qu'il est  le meilleur tireur de sa Majesté, qu'il s'agit bel et bien de La « Bête ».   Naturalisé et envoyé à Versailles, l'animal est ensuite déposé au Cabinet du Roi.
Pour Louis XV , l'affaire est classée...
Lors, en décembre, les crimes reprennent  dans la complète indifférence des autorités. De simples coïncidences, disait-on en haut-lieu. Six morts en
1766 et dix-huit durant les six premiers mois de 1767 . Les battues se succèdent sans autres résultats bien que celles de 1765 comptèrent jusqu'à trente mille personnes, paysans et gueux pour la plupart.
- Le 4 octobre, un autre loup est pourchassé
- Le 14 octobre, une louve est abattue
- Le 15 octobre, c'est un louveteau qui est pisté et tué
- Le 17 octobre, un second louveteau est mis à mort
Pourtant :
- Décembre, 2 femmes sont attaquées, 1 garçonnet blessé et 1 fillette tuée
La Cour refuse d'entendre les doléances... C'est (soit-disant) Offtciel, na !
C'est alors localement que s'organise la protection des familles. Des battues, des pélerinages, ainsi que des appâts empoisonnés mais rien n'y fait, les victimes s'accumulent...
- 1766 : 6 morts
- 1767 : 18 morts les six premiers mois de cette année
- 19 juin 1767 : Jean Chastel, enfant du Pays, tue une bête ! Un loup, certes, mais un loup extraordinaire... Bien différent par sa "figure" et ses proportions (que la morphologie) des loups de ce pays.(extrait d'une lettre de monsieur de Ballainvilliers, intendant d'Auvergne)
- 27 juin : Une louve est abattue et l'affaire est " close ", jugée, achevée ... (?) La bête est morte, vive la bête...
Ben oui...  Mais pas résolue en tous cas !
 
Quelques dates importantes :
- Le 27 janvier 1765. St-Poncy. La Bête traverse le bourg
- 1er MAI : Chasse des frères MARLET à ST-ALBAN LaBête est blessée au "GROS SANG"
- 17 août : LES CHASTEL MIS EN PRISON A SAUGUES
- 21 septembre  : ANTOINE TUE LE LOUP DES CHAZES
- 03 novembre  : DEPART D'ANTOINE
- 07 novembre :  LES CHASTEL LIBERES
- 19 juin  : JEAN CHASTEL TUE LE LOUP DE LA TENAZEYRE
- 1766 : Le Roi Louis XV offre 6.000 Livres de récompense pour la capture (environ 80.000 €uros)
- Année 1819 : Un animal décrit comme une "hyène tachée" fut exposé au museum d'histoires naturelles de Paris
 
J'ai cherché mais je n'ai trouvé aucune expédition entre 1750 à 1770, relatant le rapatriement, en France, d'animaux de la sorte à l'époque qui nous intéresse.
 

Date : 1765

Intendance du Languedoc : Institution représentant le roi pour l'administration des provinces.

1765 : Document issu des archives du Languedoc, représentant une reconstitution de la bête dessinée d'après les témoignages recueillis de certaines victimes.

 

 

APARTÉ :

La revue HISTORIA de septembre 2006, sous la plume de Françoise Labalette, offre aux lecteurs un article attrayant consacré à l’histoire du loup.
En 1767, le grand naturaliste Georges Buffon écrivait  : Dans le loup « il n’y a rien de bon, que sa peau ».…Il a  " le naturel pervers, les mœurs féroce "." Il est  odieux, nuisible de son vivant, inutile après sa mort !"  L’article cite d’autres gentillesses tout aussi stupi
des.
 J'ajouterai : et désastreuses car c'est ainsi que naissent les psychoses et les phobies populaires. Deux siècles ont été nécessaires pour réhabiliter l'animal dénoncé comme cruel et féroce et pour que son image soit beaucoup plus fidèle à la réalité. Ses successeurs Scientifiques définissent maintenant le loup comme un animal discret, craintif et FUYANT l'homme ! C'est sans doute l'homme qui a copié le régime alimentaire du loup et peut-être PLUS d'ailleurs !

La VICTOIRE ?

Le 19 juin 1767, Jean Chastel abat un loup de taille honorable au cours d'une chasse dans les bois de la Ténazeyre, au lieu-dit la Sogne d'Auvers. Cet homme est défini comme étrange et  soupçonné de pratiquer la sorcellerie.  Son arme est chargée avec une balle bénite.
C'est surprenant mais les agressions cessèrent à compter de cette date.

 

 Un pays sauvage, le GEVAUDAN :

  • à l'est :  l'Allier, jusqu'au confluent de la Desge,
  • au sud :  les gorges de la Jonte, les Cévennes et le Mont Aigoual ( mais c'est moi !)
  • au nord :  la Desge et le Bès,
  • à l'ouest :  les monts Aubrac et Causse Méjean,

 Un territoire de 6 500 km². environ !

Depuis fort longtemps je m'intéresse à ce mystère et une idée a germé dans mon humble esprit !  Il me manque quelques éléments pour étayer cette hypothèse . Des Ami(e)s très proches connaissent mon argumentation sans toutefois savoir exactement ce dont il s'agit car il faut qu'une théorie soit parfaite et exempte d'inepties pour devenir crédible. PATIENCE !

aiguail7