23 octobre 2017
Bonne fête Jean de Capistran

Site mis à jour le
22 octobre 2017

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Poèmes et essais de STEPH

Beaucoup d'images et de Mots sont des liens, cliquer dessus !

  aux gens sincères

 



cat016

 

Il y a toujours une raison si une personne saigne du corps ou de l'esprit,

une blessure qu'il faut cacher

ou retenir... On peut abriter sa tristesse dans un sourire, un rire ...
 
Mais parfois,
 
certains faits, odieuse trahison, indifférence et mépris font si mal qu'on ne peut les oublier,

on ne peut pas

pardonner , on ne peut effacer l'atrocité qui nous étreint ...

Mais il  faut
 
avancer, se prouver qu'on peut refermer la cicatrice
 
et ne plus se retourner, détourner le regard de ce douloureux passé, et meurtri
 
vivre au présent
sans haïr
ni mourir

Aiguail7
 

Quelques fois, je ne sais comment j'y parviens,
Je me défaits, Oh pour bien peu de temps,
Pour la jeunesse précisément,
De cette inlassable compagne de route,
Infatigable escorte.
Madame la Mort, je lui dis,
Je n'en ai pas pour très longtemps,
Je vais faire une petite course et
Je ne vous oublierai pas, promis !
Ainsi, l'esprit libre,
Le nez petit lézard qui se réchauffe au soleil,
Le voici qui vais  au hasard.
Mes mains, aux doigts coupés par mon père
Qui disait que de mes dix doigts
Je ne savais que faire alors...
Pourquoi les garder ?
Je vais saluer la compagnie,
Mes mains dans la maison de mes poches...
La compagnie de mes amis,
L'arbre du boulevard
Qui me tend ses dix pognes
Qui se fendent la trogne me dit :
"Mille bonjours Camarade"
Et il ôte sa casquette pour me saluer
Car il est bien élevé, dix mètres de haut,
Une sacrée référence...
" Salut à toi, homme de bois", réponds-je
Et salut à ta bien-aimée pour laquelle il t'a fallu
Pour lui passer mille bagues à ses milles doigts
D'arbres à marier
Et le salut sur ta forêt d'enfant
Que je lui dis en souriant.
Le soleil sur toi, travailleur cordonnier
Qui plante tes mouches dorées
Au cul de mes souliers.
Le salut sur toi
Qui transpire à tanner le bout de mes cuirs,
Qui ahane à refaire une santé
Aux godillots assassinés par des kilomètres de ruban,
Par des milliers de coups de pavés,
Assénés par tous les temps.
C'est vrai que sans scrupules
Je te les jette, titubant,
Ivre de route et moi, crapule,
Qui recommencerais, ma monture mise à neuf.
Salut sur toi, Camarade cordonnier
Et le salut sur tes p'tits clous d'enfants
Que je lui dis en souriant.
C'est toujours agréable de saluer ses Amis,
Je la retrouverai la Camarade,
Je lui avais promis...

Le 07/02/2000 Stéphane M.

 

4 separateur 

 

Pensée pour Gérard, l'inconnu !

Gens qui prenez le temps de porter mon bagage

En la gare des vents pour l'ultime voyage

Rassurez mes enfants, ma douce compagne

Afin que tourment naissant les épargne...

Regrets et sentiments terniraient trop l'image

De l'homme qui souvent les aima sans partage

 

JC... Aiguail7

Ne regrette jamais d'avoir connu d'aucun : Les personnes bonnes et sincèrest'apporteront du bonheur. Les gens mauvais te donneront de
l'expérience. Les plus pervers t'infligeront une leçon. Il faut de tout pour faire un monde et dans tout les cas tu finiras gagnant 
car dans cette vie tout ce que tu apprendras te conduira à la sagesse !
aig

Ne pars pas cet été
Tu sais dans ton état
Sous terre à six pieds
Il fait bien froid

Que la peau sur les os
Bien mince couverture
Pour aller faire le beau
En bas dans la froidure

Ne pars pas cet été
Comme ça d'un coup d'baguette
Même si les dents serrées
A ta bouche s'arrêtent

La fourchette argentée
Qui reste en pleurant
Et retombe attristée
Dans l'assiette en mourrant

Ne pars pas cet été
Bien qu'le ch'min soit tout droit
Là où tu vas aller
On sait pas où on va

Ne pars pas en laissant
Quelques os dans un froc
Au petit jour naissant
D'une bien triste époque

Ne pars allongé sans même rien ne dire
Dèjà dans ton cercueil, canapé de cuir
Ne pars pas en loucedé quand on tourne la tête
Ne pars pas cet été

Demain c'est jour de fête

 Stéphane M.

1 main sortant du blog 

 

Oh Vieillard chapeauté

Triste et finissant

 Tout fagoté

de la vêture des cimes

Tu clopines sur l'avenue

Solitaire et tremblant

A petit trot menu

Pour un pas, tant !

Tes effets sont de tristes sires

Aux couleurs éteintes

De ces étoffes qui soupirent

De l'âge qui les éreinte

Vois tes mains, pauvres sarments

Se crisper sur le vide

Et ton corps écrire le dénouement

De ta vie sur tes rides

Je te connais Hélas

Quand je vends mes journaux

Je te vois, mort qui passe

Et puis qui fend les eaux

Du Styx de l'avenue des Ternes

Où la jeunesse, chairs éclatantes

Engoncées dans la soie moulante,

Se moque de ta vie en berne...

Stéphane M.

 

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PABLO .........
Il reste que je ne suis qu'un homme, mais plusieurs vous diront quel homme j'ai été. J'ai toujours lutté pour le peuple et les droits de celui-ci de se gouverner lui-même, j'en ai frôlé la mort plus d'une fois et j'ai même dû me sauver de chez moi pour de longues années. Mais toujours j'ai écrit et aimé la vie. Mon oeuvre a fait le tour du monde et je suis devenu un symbole pour une jeunesse pleine de vie. Les élèves aimeront mon Chant général où je tente de faire sentir toute la beauté du monde. J'aime la vie et le monde. J'ai été heureux dans ma lutte incessante. Notez cher lecteur qu'un film fut fait sur mes relations avec un postier lors de mon exil en Italie, un film merveilleux de tendresse mettant en vedette Philippe Noiret: Il Postino

    Neruda, Pablo (Neftali Reyes)

 

Estío (Été) (1915)

Juan Ramón JIMÉNEZ (1881-1958)

Miro correr por tus ojos                              Je regarde en tes yeux couler
agua de tu corazón                                      l'eau de ton coeur,
como arroyo transparente                            transparent ruisseau,
cuyo fundo alumbra el sol.                           dont le soleil illumine le fond.

 

¡Qué bien se estará allá dentro,                    Comme on y sera bien,
mitigada la pasión                                       la passion de l'été s'y étant apaisée
del estío con las frescas                               sous les fraîches eaux pures
aguas puras de tu amor!                              de ton amour!

 

Poème

Saco mi esperanza, igual                             Je sors mon espérance,
que une deslumbrante joya,                         telle un bijou éblouissant,
de mi corazón - su caja -,                            de mon coeur - son étui -,
la paseo entre las rosas,                               je la promène parmi les roses,
la mimo como una hija,                               je la caline, comme un fille,
una hermana, o una novia,                          une soeur, ou une fiancée,
la miro infinitamente,                                  je la regarde infiniment,
..., y la guardo, otra vez, sola.                     ... et la range, seule, à nouveau.

 

 

Cien sonetos de amor (La Centaine d'amour) (1959)

Pablo NERUDA (1904-1973)

Poète et homme politique chilien, de son vrai nom Ricardo NEFTALÍ REYES BASOALTO, Pablo NERUDA écrivit Cien sonetos de amor pour son épouse Mathilde URRUTIA. 

Poème

Suave es la bella como si música y madera,             Douce est la belle, comme si musique et bois,
ágata, telas, trigo, duraznos transparentes,              
agate, toile, blé, et pêchers transparents,
huberian erigido la fugitiva estatua.                         avaient érigé sa fugitive statue.
Hacia la ola dirige su contraria frescura.                  À la fraîcheur du flot elle oppose la sienne.

El mar moja bruñidos pies copiados                        La mer baigne des pieds lisses, luisants, moulés
a la forma recién trabajada en la arena                    sur la forme récente imprimée dans le sable;
y es ahora su fuego femenino de rosa                     maintenant sa féminine flamme de rose
una sola burbuja que el sol y el mar combaten.        n'est que bulle abattue de soleil et de mer.

Ay, que nada te toque sino la sal del frío!                Ah que rien ne te touche hormis le sel du froid!
Que ni el amor destruya la primavera intacta.           Que pas même l'amour n'altère le printemps.
Hermosa, reverbero de la indeleble espuma,            Belle, réverbérant l'écume indélébile,

deja que tus caderas impongan en el agua                laisse, laisse ta hanche imposer à cette eau
una medida nueva de cisne o de nenufár                  la neuve dimension du nénuphar, du cygne
y navegue tu estatua por el cristal eterno.                 et vogue ta statue sur l'éternel cristal.

 

Poème

Dos amantes dichosos hacen un solo pan,            Les deux amants heureux ne font plus qu'un seul pain,
una sola gota de luna en la hierba,                        une goutte de lune, une seule, dans l'herbe,
dejan andando dos sombras que se reúnen,          ils laissent en marchant deux ombres qui s'unissent,
dejan un solo sol vacío en una cama.                   dans le lit leur absence est un seul soleil vide.

De todas las verdades escogieron el día:               Leur seule vérité porte le nom du jour:
no se ataron con hilos sinon con un aroma,           ils sont liés par un parfum, non par des fils,
y no despedezaron la paz ni las palabras.              ils n'ont pas déchiré la paix ni les paroles.
La dicha es una tore transparente.                        Et leur bonheur est une tour de transparence.

El aire, el vino van con los dos amantes,,              L'air et le vin accompagnent les deux amants,
la noche les regala sus pétalos dichosos,                la nuit leur fait un don de pétales heureux,
tienent derecho a todos los claveles.                      aux deux amants reviennent de droit les oeillets.

Dos amantes dichosos no tienen fin ni muerte,       Les deux amants heureux n'auront ni fin ni mort,
nacen y mueren muchas veces mientras viven,       ils naîtront et mourront aussi souvent qu'ils vivent
tienen la eternidad de la naturaleza.                       ils possèdent l'éternité de la nature.

 

Poème

...                                                                         ...
No es culpa de tus ojos este llanto:                          Ces larmes ne sont pas la faute de tes yeux:
tus manos no clavaron est espada:                           cette épée ne fut pas enfoncée par tes mains:
no buscaron tus pies este camino:                            ce chemin-là, tes pieds ne le cherchèrent pas:
llegó a tu corazon la miel sombría. ...                       la coulée de miel noir est entrée dans ton coeur. ...


 

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Le pôème de la femme "Marbre de Paros "

 

 Chat yeux 

Un jour, au doux rêveur qui l'aime,
En train de montrer ses trésors,
Elle voulut lire un poème,
Le poème de son beau corps.

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D'abord, superbe et triomphante
Elle vint en grand apparat,
Traînant avec des airs d'infante
Un flot de velours nacarat :

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Telle qu'au rebord de sa loge
Elle brille aux Italiens,
Ecoutant passer son éloge
Dans les chants des musiciens.

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Ensuite, en sa verve d'artiste,
Laissant tomber l'épais velours,
Dans un nuage de batiste
Elle ébaucha ses fiers contours.

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Glissant de l'épaule à la hanche,
La chemise aux plis nonchalants,
Comme une tourterelle blanche
Vint s'abattre sur ses pieds blancs.

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Pour Apelle ou pour Cléoméne,
Elle semblait, marbre de chair,
En Vénus Anadyomène
Poser nue au bord de la mer.

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De grosses perles de Venise
Roulaient au lieu de gouttes d'eau,
Grains laiteux qu'un rayon irise,
Sur le frais satin de sa peau.

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Oh ! quelles ravissantes choses,
Dans sa divine nudité,
Avec les strophes de ses poses,
Chantait cet hymne de beauté !

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Comme les flots baisant le sable
Sous la lune aux tremblants rayons,
Sa grâce était intarissable
En molles ondulations.

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Mais bientôt, lasse d'art antique,
De Phidias et de Vénus,
Dans une autre stance plastique
Elle groupe ses charmes nus.

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Sur un tapis de Cachemire,
C'est la sultane du sérail,
Riant au miroir qui l'admire
Avec un rire de corail ;

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La Géorgienne indolente,
Avec son souple narguilhé,
Etalant sa hanche opulente,
Un pied sous l'autre replié.

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Et comme l'odalisque d'Ingres,
De ses reins cambrant les rondeurs,
En dépit des vertus malingres,
En dépit des maigres pudeurs !

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Paresseuse odalisque, arrière !
Voici le tableau dans son jour,
Le diamant dans sa lumière ;
Voici la beauté dans l'amour !

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Sa tête penche et se renverse ;
Haletante, dressant les seins,
Aux bras du rêve qui la berce,
Elle tombe sur ses coussins.

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Ses paupières battent des ailes
Sur leurs globes d'argent bruni,
Et l'on voit monter ses prunelles
Dans la nacre de l'infini.

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D'un linceul de point d'Angleterre
Que l'on recouvre sa beauté :
L'extase l'a prise à la terre ;
Elle est morte de volupté !

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Que les violettes de Parme,
Au lieu des tristes fleurs des morts
Où chaque perle est une larme,
Pleurent en bouquets sur son corps !

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Et que mollement on la pose
Sur son lit, tombeau blanc et doux,
Où le poète, à la nuit close,
Ira prier à deux genoux.

 

CHAT ANIME 7 

 

femme noire

Femme nue, femme noire

 Femme nue,nue Vétue de ta couleur !

J'ai grandi à ton ombre; la douceur de tes mains bandait

Femme nue, femme nVêtue de ta couleur qui est vie, de ta forme

qui est beauté !
J’ai grandi à ton ombre ; la douceur de tes mains bandait
mes yeux.

Et voilà qu’au coeur de l’Eté et de Midi, je te découvre,
Terre promise, du haut d’un haut col calciné
Et ta beauté me foudroie en plein coeur, comme l’éclair
d’un aigle.

Femme nue, femme obscure
Fruit mûr à la chair ferme, sombres extases du vin noir,
bouche qui fais lyrique ma bouche
Savane aux horizons purs, savane qui frémis aux caresses
ferventes du Vent d’Est
Tamtam sculpté, tamtam tendu qui grondes sous les doigts
du vainqueur
Ta voix grave de contralto est le chant spirituel de l’Aimée.

Femme nue, femme obscure
Huile que ne ride nul souffle, huile calme aux flancs de
l’athlète, aux flancs des princes du Mali
Gazelle aux attaches célestes, les perles sont étoiles sur
la nuit de ta peau
Délices des jeux de l’esprit, les reflets de l’or rouge sur ta
peau qui se moire
A l’ombre de ta chevelure, s’éclaire mon angoisse aux
soleils prochains de tes yeux.

Femme nue, femme noire
Je chante ta beauté qui passe, forme que je fixe dans l’Eternel
Avant que le Destin jaloux ne te réduise en cendres pour
nourrir les racines de la vie

 

Léopold Sédar SENGHOR, Chants d’ombre (1945)

 


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