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FEMMES "Injustices" 1

Page en construction Mis à jour 19 août 2017

 

Un sentiment de frustration, une explosion de colère, un immense désir de revanche m'envahit lorsque l'injustice s'acharne sur un être déjà meurtri par le destin. C'est une sensation incommensurable qui bouillonne dans tout mon corps, d'autant plus que cette Maîtresse sournoise  n'est que rarement du fait de son homologue malchance, si souvent accusée.

Aig

Rosalind Franklin

Rosalind Franklin

Rosalind Elsie Franklin, née le à Notting Hill et morte le à Chelsea, est une biologiste moléculaire britannique dont la participation fut déterminante à la découverte de la structure de l'acide désoxyribonucléique (ADN).

Rosalind est née dans une famille juive britannique très influente. Son père Arthur Ellis Franklin, est un marchand londonien et sa mère Muriel Frances Waley, élève ses cinq enfants.

- 1945 : Elle décroche un doctorat en physique-chimie à Cambridge au Royaume-Uni

- 1947 à 1950 : En France, elle travaille au Laboratoire central des services chimiques de l'État, où elle apprend les techniques de diffractométrie de rayons X.

- 1951 : De retour au Royaume-Uni, elle intègre le King's College de Londres où elle applique la diffraction des rayons X à l'étude des matériaux biologiques, dans une Unité dirigée par John Randall. C'est à cette période qu'elle réalise plusieurs radiographies aux rayons X de l'ADN, elle est la première à obtenir des clichés de la forme B de l’ADN. Maurice Wilkins qui travaille parallèllement sur la structure ADN avec James Dewey Watson visionne, à son insu, les photographies; le milieu universitaire est terriblement misogyne à cette époque en Angleterre.

  • Le directeur de son département reprend à son compte, et sans pudeur ni complexe, cette découverte. Les photographies sont confiées à Maurice Wilkins et montrées à James Dewey Watson. 

- 1953 : Roselind se plaint de la mauvaise ambiance à l'Institut, aussi quitte-t-elle le King's College, pour rejoindre le Birkbeck College. Là-bas, elle utilise la technique de la cristallographie sur les virus.

- Avril 1953 : Une semaine avant la publication dans "Nature" des articles sur les travaux de Watson et Crick, John Randall, directeur de l'équipe de recherche au Kings's College, écrit à Rosalind pour lui demander d'arrêter ses recherches sur l'ADN et de ne plus y penser.

  • Comment lui aurait-il été possible d'abandonner puisque son sujet de recherche au Birkbeck College portait sur le virus de la mosaïque du tabac, dont l'acide ribonucléique (ARN) est un élément constitutif important !

- 1953 : Les clichés d'ADN obtenus par diffraction des rayons X de Rosalind Franklin sont déterminants dans la découverte de la structure à double hélice de l'ADN par James Dewey Watson et Francis Crick en 1953 et publiée dans Nature. Cependant, Watson et Crick ont eu accès aux résultats de recherche de Franklin à son insu. La découverte de la structure de l'ADN permet à Watson, Crick et Wilkins d'obtenir le prix Nobel de physiologie ou médecine en 1962. Un prix Nobel ne pouvant être attribué à titre posthume, Rosalind Elsie Franklin, décédée quatre ans auparavant, ne fait pas partie des lauréats.

Dans leur discours, Crick et Watson ne rendent même pas hommage au travail de Rosalind Franklin.

Seul Wilkins prononcera son nom, relatant qu'elle avait apporté "une contribution précieuse à l'analyse aux rayons X "

- 1958 : Rosalind Franklin meurt prématurément d'un cancer de l'ovaire, certainement lié à la surexposition aux radiations.

Rosalind Elsie Franklin, by Elliott & Fry, 11 June 1946 - NPG x76928 - © National Portrait Gallery, London

11 juin 1946 National Portrait Gallery, London par Elliott & Fry

- 1968 : Dix ans que Rosalind Franklin est décédée et pourtant, James Dewey Watson, dans son livre La Double Hélice, atténue les travaux et minimise le rôle de celle-ci. Cela lui sera tout bonnement reproché mais.., depuis la publication du livre, elle est devenue une icône féministe :

" la femme dont le génie a été sacrifié au nom de la gloire supérieure des hommes".

- En 2008 : Rosalind reçoit, à titre posthume, le prix Louisa Gross Horwitz (prix d'honneur) !

Sources : Marcelle Rey-Campagnolle, « Rosalind Franklin et la découverte de la structure de l'ADN et Wikipedia

Il fallait le dire, encore, et remettre les pendules à l'heure. Bah ! ça va mieux !

Mais regardons tout de même la tronche de ces urluberlus qui, grâce aux clichés de Franklin dont le rôle fut totalement passé sous silence par ses trois "collègues", ont obtenu le prix Nobel en 1962 :

 

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Maurice WILKINS         James WATSON         Francis CRICK      John RANDALL

aiguail

 

Lise Meitner

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(Novembre 1878-27 octobre 1968)
Assurément l'une des plus grandes physiciennes et scientifiques de son époque, on lui doit notamment la découverte de la fission nucléaire en 1938.

Malheureusement, Lise est autrichienne et, en plus d'être une femme, elle est juive. Alors son nom disparaît de toutes les publications sur la fission nucléaire au profit de son collègue et ami de longue date, Otto Hahn. Pourtant nommée trois fois, elle ne recevra jamais le prix Nobel, contrairement "à ce brave Otto" qui décrochera celui de Chimie en 1944.

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Lise MEITNER                       Otto HAHN

Lise Meitner et Otto Hahn en 1955.

Lise Meitner et Otto Hahn en 1955.Crédits photo : AP/AP

 

- 1939 : Son origine juive l'oblige à quitter l'Allemagne. Elle se réfugie en Suède où, plus tard, elle se fera naturalisée. Peut-être par peur d'être accusé de favoritisme, le comité suédois oublira de la citer en 1945 lors de la remise des prix Nobel. Elle n'en tiendra pas rancune à son collègue Otto, avec qui elle poursuivra ses recherches après-guerre.

- 1944 : La fondation Nobel décerne à Otto Hahn le prix Nobel de Chimie pour "sa" découverte de la fission nucléaire (processus physique, naturel ou provoqué, de division d'un atome libérant une grande quantité d'énergie). Le Monde scientifique est choqué que Lise Meitner ne soit pas conviée au même honneur. Considérée par Einstein comme la Marie Curie autrichienne, elle est en effet la première à avoir approché, compris, théorisé et apporté une explication physique au phénomène.

- 1946 : Lise Meitner avoue regretter d'être restée en Allemagne après l'éclosion du nazisme : "J'ai eu tort. Non seulement sur le plan pratique, mais aussi du point de vue moral ". Elle se montrera également très critique envers des scientifiques qui, bien que ne partageant pas l'idéologie nazie, ont travaillé pour le régime hitlérien : parmi eux, Werner Heisenberg et Otto Hahn. Elle leur reproche la futilité d'une résistance passive, et le peu d'aide apportée, face à l'ampleur des crimes commis.

Lise Meitner prit la nationalité suédoise en 1949, mais partit vivre en Angleterre en 1960. Elle mourut à Cambridge en 1968,

La " Mère de la bombe atomique ", comme on la surnomme parfois, va gagner la reconnaissance de la communauté internationale en obtenant notamment le prestigieux prix Fermi en 1966.

* Un élément sera même renommé Meitnerium (numéro 109, symbole Mt) en 1997 afin de lui rendre hommage.

 

Jocelyn Bell Burnell

Jocelyn Bell Burnell

 

Jocelyn Bell Burnell est née le 15 juillet 1943.

- 1965 : Jocelyn est diplômée "Bachelor of Science" de l'université de Glasgow
- 1967 : C'est en tant qu'étudiante à Cambridge que Jocelyn Bell Burnell découvre le premier pulsar ! La source sera par la suite identifiée comme étant une étoile à neutrons.

- 1969 : Elle obtient son Ph.D.à l'université de Cambridge. À Cambridge, elle oeuvre avec Antony Hewish et quelques autres à la fabrication d’un radiotélescope destiné à l’étude des quasars, récemment repérés...
- 1974 : Cette découverte vaut à Antony Hewish, son directeur de thèse, d'obtienir le prix Nobel (?)... Le scandale est immédiat, une très vive controverse menée par Fred Hoyle est relayée par d’autres confrères outrés de voir le prix prestigieux remis à un directeur de thèse, alors que le mérite en revient normalement au découvreur. Le comité Nobel décide donc de récompenser son directeur à sa place (?). Le motif émis par le jury est qu’elle n'est simplement qu'une élève, mais certains avancent déjà que la raison est que Jocelyn est une femme.

* Cette injustice avait provoqué en 1974, une réelle indignation auprès de la communauté scientifique pour qui il ne faisait aucun doute que Jocelyn Bell Burnell n'avait pas été récompensé en raison de son sexe.

 

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Elle ne s'est jamais plainte de cette profonde injustice et n'a pas même reproché à Hewish d'avoir reçu ce prix. Elle estimait alors qu'à cette époque : "il était normal que les chefs de projet reçoivent à la fois toutes les louanges et toutes les critiques".

Bell a travaillé dans plusieurs universités avant d'être doyenne de science à l'université de Bath entre 2001 et 2004 et présidente de la Royal Astronomical Society entre 2002 et 2004, puis professeur occasionnel à l'université d'Oxford.

Elle fut toutefois autrement honorée :

  • Commandeur de l'ordre de l'Empire britannique
  • Membre de la Royal Society
  • Obtention du prix Beatrice M. Tinsley en 1986.
  • Jocelyn Bell Burnell a été l’objet de la première partie de la série Beautiful Minds de la BBC Four, réalisée par Jacqui Farnham, dans laquelle sa carrière et ses contributions à l’astronomie sont exposées.
  • En 2015, elle reçoit en Angleterre le prix "Women of the Year Prudential Lifetime Achievement Award".

Source : J.-P. Maratray, « Astronomie au féminin » [archive], sur astrosurf.com

Aiguail

 

Cecilia Payne

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Elle découvrira que les étoiles sont composées à 98% d’hydrogène et d'hélium, mais le professeur Henry Russell la dissuadera de publier le résultats de ses recherches, affirmant que le monde n'est pas prêt à accepter que la Terre et les étoiles n'ont pas la même composition. Il publiera lui-même un article sur le sujet...

Cecilia Helena Payne est née le à Wendover en Angleterre et morte le

Aînée d'une fratrie de trois enfants, son entourage remarque un intellect précoce et évolué dès l'école primaire. C'est d'ailleurs à cette période, qu'elle expérimente un "protocole scientifique" de son invention pour vérifier les "réponses" d'un groupe ayant prié pour la réussite aux examens, comparativement à un autre groupe rejetant la religion, avec pour résultat le succès pour ce dernier...

Payne sera dès lors agnostique...

Son intérêt pour l'astronomie va grandissant, mais pour l'heure elle étudie la botanique et décroche une bourse en sciences naturelles. Cela lui permet d'entrer au Newnham College de l'Université de Cambridge en 1919. Dans cet établissement elle assiste à une conférence de Arthur Eddington, traitant de son expédition en Afrique et destinée à prouver la théorie de la relativité générale en photographiant une éclipse. C'est une révélation... et elle décide de vouer sa vie à l'astronomie.

- 1923 : Elle obtient son diplôme en sciences, mais les postes de chercheurs sont fermés aux femmes.

* Source Wikipedia : Dans le cadre de ses travaux, sous la direction de Harlow Shapley, elle se fonde sur le système de classification d'Annie Cannon pour ses travaux sur la température des étoiles. En utilisant les travaux alors récents de Meghnad Saha sur l'ionisation des atmosphères stellaires, elle établit un lien entre la classe spectrale d'une étoile et sa température réelle. Elle montre que la grande variation dans les raies d'absorption est due aux différences d'ionisation qui se produisent aux différentes températures, et non à des différences de composition et découvre que les étoiles ont toutes une composition en éléments lourds semblable à la Terre, mais que l'hélium et l'hydrogène y sont beaucoup plus abondants.

- 1924 : Elle écrit un article en ce sens qu'elle présente pour lecture et approbation à Henry Russell.

  • Celui-ci la dissuade de publier sa découverte sur l'hydrogène des étoiles : selon lui, Terre et étoiles doivent avoir une constitution semblable. Russell fut le professeur du patron de Cecilia Payne, Harlow Shapley, et si lui n'est pas convaincu, alors personne ne le sera : elle s'incline.

- 1925 : Cecilia défend tout de même sa thèse "Stellar Atmospheres, A Contribution to the Observational Study of High Temperature in the Reversing Layers of Stars", dans laquelle elle présente ses travaux et ses conclusions "en occultant la question de l'hydrogène".

- 1929 : Russel réalise que Cecilia était dans le vrai, et après avoir atteint d'égales conclusions mais par d'autres voies, il publie ces résultats.

  • Dans cette publication, il reconnait l'antériorité de la découverte de Payne mais c'est bien lui qui reste cité pour cette découverte appartenant à deux autres scientifiques...

- 1931 : Elle obtient alors une bourse pour l'Observatoire de l'université Harvard et part pour les États-Unis.

- 1933 : Citoyenne américaine, elle rencontre Sergei Gaposchkin, un chercheur, lors d'un congrès en Allemagne. Gaposchkin a fui son pays pour échapper aux purges soviétiques, il craint pour son avenir dans l'Allemagne devenue nazie. Cecilia Payne-Gaposchkin l'aide à obtenir un visa pour les États-Unis.

- 1934 : Elle lui trouve un travail à Harvard, et l'épouse.

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Cécilia se consacre alors, avec son mari, à l'étude des magnitudes, particulièrement des étoiles variables. Ils étudient la magnitude de plus de deux millions d'étoiles dans la Voie lactée et les Nuages de Magellan, permettant de les classer dans les catégories existantes et de déterminer l'évolution des étoiles.

- 1938 : Elle obtient enfin un poste fixe à Harvard.

- 1950 : Elle étudie les novas.

- 1956 : Elle reçoit le titre de professeur et devient ainsi la première femme nommée chef du département d'astronomie de l'université.

- 1957 : Cécilia propose une classification des novas, basée sur la vitesse d'évolution de leurs courbes de lumière.

- 1962 : Otto Struve dira de cette thèse qu'elle était : " assurément la thèse de doctorat la plus brillante jamais écrite en astronomie. "

Distinctions :

  • Élue membre de la Royal Astronomical Society alors qu'elle était encore étudiante à Cambridge en 1923
  • Prix d'astronomie Annie J. Cannon en 1934
  • Membre de la Société philosophique américaine (1936)
  • Membre de l'American Academy of Arts and Sciences (1943)
  • Professeur émérite de l'université de Harvard (1967)
  • Prix Henry Norris Russell Lectureship de l'American Astronomical Society en 1976
  • Médaille Rittenhouse du Franklin Institute en 1961 et médaille du mérite du Radcliffe College
  • L'astéroïde (2039) Payne-Gaposchkin a ainsi été nommé en son honneur


- 1979 : Elle meurt d'un cancer du poumon.

Sources : Yaël Nazé, L'astronomie au féminin, Wikipédia.

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Nettie Stevens


Prix Nobel de physiologie ou médecine en 1933 pour ses découvertes sur le chromosome et l'hérédité, Thomas Hunt Morgan est considéré comme l'un des plus grands généticiens du XXe siècle.

SUPER !

Pourtant il a oublié une petite chose le "gentil Thomas", il a omis de préciser que c'est sa fidèle employée au Bryn Mawr College, Nettie Stevens, qui a découvert toute seule comme une grande et en 1905, que le sexe de l'enfant était déterminé par les chromosomes. Un brin, quoi !

Un p'tit trou de mémoire pour un grand trou du cul !

 

Nettie_Stevens

Nettie Maria Stevens naît le 07 juillet 1861 à Cavendish, dans le Vermont

- 1872 à 1880 : Nettie Stevens fait ses études secondaires à la Westford Academy. A la fin de ses études, elle oeuvre comme institutrice dans un lycée à Lebanon dans le New Hampshire pendant trois ans. Elle y enseigne les mathématiques, l'anglais, le latin, la zoologie et la physiologie.

- 1883 : Elle entre à la Westfield Normal School en banlieue de Spingfield dans le Massachusetts. En deux années elle accomplit le cursus qui dure normalement dure quatre ans. Elle enseigne une dizaine d'années comme enseignante et assistante du Principal à Westford Academy.

- 1896 : À 35 ans elle entame un cursus universitaire de biologie à l’université Stanford, en Californie, qui accepte des étudiantes aussi bien que des étudiants. Nettie Stevens travaille sous la direction du Professeur Frank Mace McFarland, qui est de huit ans son cadet.

  • McFarland est parti deux ans en Europe où il a travaillé à l'Université de Wurtzbourg dans le laboratoire de Théodore Boveri ainsi qu'à la Station Zoologique de Naples pour préparer sa thèse de doctorat. McFarland est professeur associé d'Histologie et sa recherche porte sur le rôle du noyau cellulaire dans l'hérédité.

- 1899 : Nettie Stevens obtient son Bachelor of Arts.

- 1900 : Elle prépare son diplôme de Master of Arts. Son travail est intitulé "Studies on Ciliate Infusoria" et constitue sa première publication scientifique.

- 1900 :  Nettie revient sur la côte Est des Etats-Unis et poursuit ses recherches en cytologie au Bryn Mawr College près de Philadelphie, (université prestigieuse pour les filles qui préparent jusqu'au doctorat.

* Bryn Mawr est un lieu de recherche réputé en biologie depuis qu'Edmund B. Wilson y a enseigné. Wilson est le fondateur de biologie cellulaire américaine. Son livre "The cell in development and inheritance", paru en 1896, réédité en 1900 et en 1925, a eu un grand retentissement. Wilson a quitté Bryn Mawr pour Columbia University à New York en 1891. C'est son élève et successeur, Thomas H. Morgan, le futur fondateur de la génétique classique, qui accueille Nettie Stevens et accepte de superviser sa thèse. Comme à Stanford, l'étudiante a quatre ans de plus que son professeur. Bryn Mawr lui accorde une bourse pour sa première année de recherche.

Le "généreux" Thomas Morgan

- 1901 : Nettie obtient une bourse d'étude en Europe, offerte par le College. Tout comme antan Wilson, Morgan et McFarland, elle va travailler dans le laboratoire de Théodore Boveri à l'Université de Wurtzbourg et à la Station Zoologique de Naples. 

- 1903 : De retour aux Etats-Unis, Nettie Stevens rejoint Bryn Mawr où elle passe son doctorat en 1903 et poursuit ses recherches sur place avec un statut précaire de "Research Fellow". Malgré les recommandations chaleureuses de Wilson, Morgan et du directeur de Bryn Mawr College, sa demande de statut permanent est refusée, faute d'argent dans les caisses, mais sera acceptée l'année suivante.

 

Elle continuera d'oeuvrer à Bryn Mawr avec les titres de Lectrice puis d'Associée en Morphologie Expérimentale.

- 1908-1909 : Nouveau voyage en Europe à la Station Zoologique de Naples avec un financement de l'American Association of University Women.

- 1912 : En reconnaissance de sa contribution à l'enseignement et à la recherche dans l'institution pendant de longues années, la direction de Bryn Mawr College décide de la création d'une chaire de professeur spécialement pour elle, en reconnaissance de sa longue contribution. Malheureusement, elle n'aura pas la possibilité d'occuper cette chaire...

- 04 mai 1912 : Nettie Stevens meurt d'un cancer du sein à l'âge de 50 ans à l'Hôpital John Hopkins de Baltimore.

* Elle est inhumée dans le cimetière Fairview de Westford.

" Sa détermination et son dévouement, combinés àun grand sens de l'observation, son sérieux et sa patience, unis à un solide jugement, expliquent en partie sa remarquable réussite " (Thomas Hunt Morgan).

 

Elle a fait l'une des grandes découvertes biologiques du début du XXe siècle : " le sexe de chaque individu est déterminé par des caractères chromosomiques".

Vivant à une époque où toutes les femmes scientifiques étaient des exceptions et devaient tailler leur place, elle s'est fait reconnaître pour ses contributions scientifiques.

La participation importante de Nettie Stevens à la science génétique naissante demeura largement ignorée, oubliée en partie à cause de la notoriété de Thomas Hunt Morgan et d'Edmund Beecher Wilson, ses mentors, mais aussi à la suite de son décès précoce.

 

 

Esther Lederberg

 

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Elle s'est éteinte en 2006 à l'âge de 83 ans, ses collègues et la communauté scientifique se souviennent d'elle avec tendresse :

"Tant sur le plan expérimental que méthodologique, c'était un génie de laboratoire ".

 

Pionnière dans le domaine de la génétique des bactéries, Esther Miriam Zimmer Lederberg (18 décembre 1922-11 novembre 2006) est une microbiologiste américaine. Ses principales découvertes sont :

 

  • celle du phage lambda
  • du transfert des gènes entre bactéries par transduction
  • du facteur de fertilité (en) des bactéries
  • du développement de la culture bactérienne par réplication.

Elle a fondé et dirigé le Plasmid Reference Center de l'Université Stanford, où elle a observé, nommé et distribué des plasmides de différents types, y compris ceux qui codent pour la résistance aux antibiotiques.

Travaillant avec son mari, elle a aussi mis au point la technique de réplique de colonies bactériennes par tampon de velours, toujours utilisée aujourd'hui.

Pour les remarquables travaux menés par le couple, seul le mari a été récompensé par le prix Nobel de Médecine en 1958.

Vraiment difficile d'être une femme reconnue comme scientifique à part entière, quel gâchis !

Aiguail

 

Émilie du Châtelet

Femmes scientifiques oubliees par les livres d'Histoire féminisme célèbres - Émilie du Châtelet : la marquise savante

Gabrielle Émilie le Tonnelier de Breteuil

- 1706 : Gabrielle Émilie doit beaucoup  à ses parents car il est rare à cette époque de donner une réelle éducation aux filles. La jeune fille est calibrée au même titre que ses frères : latin, grec ancien, allemand, algèbre, chant et danse, sont au programme.

Émilie est femme dominante et entière, aimant les jeux d'argent, les plaisirs et les bijoux. Mariée et mère de trois bambins, elle n'hésite pas à s’émanciper de son marquis de mari et à vivre selon son bon plaisir. Commence alors une incroyable collection d'amants :

  • d’abord le marquis de Guébriant
  • puis le maréchal de Richelieu
  • le mathématicien Maupertuis (qui l’initie aux travaux d’Isaac Newton)
  • et le plus notable d'entre eux, Voltaire.

Ensemble, installés dans le château délabré du mari de Madame, ils vivront dix ans d’amour, de théâtre, de physique, de mathématiques et d’eau fraîche. Dans la bâtisse, la marquise étudie les écrits de Leibniz, se concerte avec König, Réaumur et Buffon.

Moquée pour ses travers excentriques par les autres femmes de la Cour, elle devient pourtant la première femme scientifique d’influence dont on ait conservé les écrits.

- 1748 : Émilie du Châtelet rencontre le poète Saint-Lambert. Dans le même temps elle se lasse du magnétisme de Voltaire, le préservant toutefois de sa fidèle amitié. Elle est alors enceinte et finira son commentaire sur les Principes mathématique de la philosophie naturelle d’Isaac Newton, pendant sa grossesse avant de rendre l’âme, six jours après la naissance de sa fille.

* Son commentaire des Principia Mathematica fait encore autorité aujourd’hui. La marquise a également populariser l’œuvre de Leibniz. Elle  à aussi démontrer que l’énergie cinétique était bien proportionnelle à la masse et au carré de la vitesse.

« Jamais une femme ne fut si savante qu’elle », c’est Voltaire qui le dit.

Aiguail

 

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Parmi les nombreuses femmes qui ont œuvré pour la paix, Valérie de Gasparin (1813-1894) fut de tous les combats :

  • Aider les pauvres
  • Lutter contre l’esclavage
  • Se battre contre la traite des jeunes filles

- En 1854 : Elle suscite un grand mouvement de solidarité pendant la guerre de Crimée.

- En 1859 : Henry Dunant lui demande de s’associer à la première mission internationale de secours aux victimes de combats.

- En 1859 : Elle fonde la première école d’infirmières du monde, qui deviendra La Source.

Valérie de Gasparin | Archives Fondation La Source

Valérie de Gasparin, comment peut-on laisser dans l'oubli une telle femme ?

Aiguail

Michée Chauderon

Michée Chauderon fut, en 1652, la dernière sorcière brûlée à Genève.

Michée Chauderon naît en 1602 ou 1603 à Boëge, dans la région catholique du Faucigny, en Savoie. 

- 1620 : Elle part pour Genève (ville protestante) pour y travailler comme domestique, c'est un mouvement migratoire coutumier à l'époque. Michée Chauderon est analphabète comme la plupart de la populace.

- 1623 : Un jour, elle assiste à l'exécution de Jeanne Broilet, la dernière femme brûlée vive pour sorcellerie à Genève, sur dénonciation de plusieurs femmes.

* cela expliquerait sa volonté de « négocier », lors de son propre procès, la faveur d'être étranglée avant de connaître le bûcher

- Michée survit aux disettes des années 1622-1623 et 1629-1631, ainsi qu'aux pestes de 1628-1631 et 1636-1640.

- 1639 : Elle est bannie de Genève pour « paillardise », tout comme son compagnon de débauche, un ouvrier agricole, le veuf Louis Ducret. Elle est alors enceinte de cinq mois.

- 1648 : Michée Chauderon est à peu près acceptée dans cette société populaire, grâce à sa fonction de lessiveuse. Avec le temps elle connaît certains des aspects les plus intimes de certaines familles dont elle blanchissait les draps et autres linges. Par ailleurs, on lui prête des dons de guérisseuse, notamment pour une "soupe blanche " de sa composition aux vertus thérapeutiques, faite de gros sel, de farine, de pain et de fèves. Elle appose aussi ses mains sur les corps fiévreux et maladifs et est dès lors considérée comme pouvant intercéder contre le mal qui afflige les vivants.

Michée pratiquait tout simplement une médecine naturelle et c'est visiblement son refus de poursuivre cette pratique qui amena huit de ses clientes habituelles à l'accuser de sorcellerie. Son procès jette le doute sur la façon des juges à trouver des éléments susceptibles de tenir lieu de preuves pour les condamnations en sorcellerie. Les médecins appelés pour examiner son corps et établir un verdict d'innocence ou de culpabilité s'opposent alors au "simulacre de justice". Les plus jeunes d'entre eux restent sceptiques sur la validité des conclusions de leurs confrères plus âgés, notamment sur des marques couvrant le corps de Michée Chauderon, alors âgée d'une cinquantaine d'années.

- 06 avril 1652 : Cela n'entame pas la sévérité des juges qui la condamne à être pendue et brûlée. La tragédie se déroule dans la plaine de Plainpalais et elle devient ainsi la dernière "femme" à être exécutée pour sorcellerie à Genève.

- 2001 : pour son bicentenaire, la commune de Chêne-Bougeries à organisé un nouveau procès, concluant sur une réhabilitation populaire en la déclarant innocente... Elle en fut ravie... quelle connerie !

* Selon Michel Porret le déroulement de ce procès manifeste un basculement dans la façon dont on envisage en Occident le rapport à la sorcellerie et plus largement à l'intercession entre les figures du mal et les vivants. Dans le cadre de la « Crise de la conscience européenne » (Paul Hazard) et de l'émergence du cartésianisme, l'hypothèse d'un « corps enchanté » des sorciers et des sorcières (qui par exemple se manifesterait par des « marques » diaboliques insensibles) devient en effet à cette époque de plus en plus difficile à admettre. Les tergiversations autour du cas de Michée Chauderon montrent ce basculement ; l'outillage mental des Européens leur permet à partir de ce moment de moins en moins d'admettre, dans le cadre de leurs pratiques, leurs croyances, leurs systèmes philosophiques, que des individus seraient en mesure d'intercéder avec le mal. Wikipédia.

Aiguail

Anna Göldin ou Anna Göldi

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Anna Göldin fut accusée de sorcellerie et décapitée à Glaris en 1782

- 1734 : Anna Göldin naît à Sennwald.

Issue d'une famille pauvre, son enfance est malheureuse et la jette dans l'adolescence sans tendresse ni éducation. Après ses déboires avec la justice, elle rejoint la famille d'un médecin, Johann Jacob Tschudi (1747-1800) pour s'occuper de ses cinq filles.

- Anna Goldi dépose plainte contre son employeur, le docteur Tschudi, pour harcèlement sexuel (et sûrement viol).

- Elle est alors accusée d'avoir ensorcelé la deuxième fille du docteur, Anne-Miggeli, alors âgée de huit ans. La rumeur prétendant que des aiguilles avaient été trouvées à maintes reprises dans le lait de la petite Anne, puis ce fut son pain. Dans le bol de Susanna aussi, l'autre fille des Tschudi.

Anne-Miggeli tombe malade après le renvoi de Göldin. Selon des témoins :

  • Elle est comme possédée
  • Elle a des convulsions
  • Elle a de la fièvre.
  • On affirme que la petite fille a craché du sang avec une aiguille.
  • Son état empire et de nouvelles aiguilles sortent chaque jour de sa bouche.

- 21 février 1782 : Accusée de pratiquer la magie noire, Göldin est arrêtée et envoyée à Glaris pour être soumise à la torture, (suspendue par les pouces, les mains attachées dans le dos, des poids attachés à ses chevilles).

  • Elle avoue sous la torture avoir fait un pacte avec le diable.
  • Anna donn naissance à un bébé en prison (vraisemblablement de Tschudi)
  • Le nouveau-né décède très vite
  • Sa mort est ajoutée aux accusations qui pèsent contre elle.

Le témoignage de la fille des Tschudi est accablant aux yeux des juges :

  • au cours d'une journée, Göldin aurait donné à l'enfant une sucrerie en lui demandant de ne pas le dire à ses parents. (C'est grave !)

- Le procès est vite expédié ! Anna Göldin ne peut expliquer la présence des corps étrangers dans le corps de Anne-Miggeli.

Pendant ce temps, la fille des Tschudi est en convalescence et son état s'améliore : Pour les juges, ce prompt rétablissement est la preuve que la "sorcière" n'a plus d'emprise sur sa victime.

  • La cour devant juger Anna Göldin est composée de proches et amis du docteur Tschudi
  • La condamnation est prévisible : décapitation sur la place publique.

- 13 juin 1782 :  Anna est exécutée et ses restes sont enfouis au pied de l’échafaud.

Le verdict est bien sûr en partie censuré par les journaux de l'époque :

  • le tribunal voulait éviter la mention de sorcellerie, une accusation qui commençait à être dépassée à cette époque.
  • Certains dossiers sont détruits et on la qualifie d'empoisonneuse pour limiter la portée de cette affaire.

- 18 juin 1782 : Anna est décapitée.

Avis de recherche publié dans la Neue Zürcher Zeitung du 25 janvier 1782

Article de la NZZ

L'article parait avant le procès alors qu'Anna est recherchée par les autorités qui offrent une récompense élevée. L'avis de recherche décrit en détail Anna Göldin, la quarantaine avec une stature imposante, « des yeux quelque peu malades et grisâtres » et parlant dans son dialecte de Sennwald.

Traduction libre et approximative :

Le méritant État glaronais, de confession évangélique, offre par la présente, pour la découverte d'Anna Göldin décrite plus loin, une récompense de cent couronnes; de même est demandé aux hautes et plus hautes autorités et à leurs représentants officiels, de procurer toute l'aide possible à la capture de cette personne; ajoutons qu'elle a commis l'acte incroyable, d'apporter une quantité d'épingles et autres choses par des moyens secrets et presque incompréhensibles contre une petite fille innocente de huit ans.

Anna Göldin, de la commune de Sennwald, appartenant au district de Haute-Saxe et Forstegg, dans la région zurichoise, environ 40 ans, stature large et grande, à l'allure épanouie et rougie, des cheveux et des sourcils noirs, avec des yeux gris un peu malsains, qui sont d'habitude passablement rougis, son apparence est négligée, et elle parle dans son dialecte sennwaldois, porte une jupe moyennement colorée, un haut de corps bleu avec des rayures, en dessous un corset bleu, une veste damassée et grise, des bas blancs, un bonnet noir, en dessous une coiffe blanche et elle porte un foulard en soie noir.

Date, le 25 janvier 1782

La chancellerie de Glaris, de confession évangélique

Source Wikipedia et Sorcières et Démons  Édouard Brasey - Pygmalion

Aiguail
 
 

 

Hildegarde de Bingen

Hildegard receives a vision in the presence of her secretary Volmar and her confidante Richardis, ca 1220-1230. Found in the collection of Biblioteca Statale, Lucca. (Photo by Fine Art Images/Heritage Images/Getty Images)

Hildegard reçoit une vision en présence de son secrétaire Volmar et de sa confidente Richardis, vers 12h20-12h30. Trouvé dans la collection de Biblioteca Statale, Lucca. (Photo par des images d'art / Images patrimoniales / Getty Images)

Hildegard von Bingen (Allemagne, XIIe siècle), génie d’esprit universel en théologie, en musique (sans nul doute la première au monde à composer), en littérature, en linguistique et en médecine, fondatrice des sciences naturelles. Elle est aussi connue sous le nom de Hildegarde de Ruppertsberg.

Religieuse bénédictine mystique, Hildegard est née le à Bermersheim vor der Höhe près d’Alzey (Hesse rhénane). Femme de génie, elle est compositrice et femme de lettres franconienne, sainte de l'Église catholique du XIIe siècle.

- 1151 : Elle achève le Scivias, Sache les voies ou Livre des visions, composé de 1141 à 1151.

- 1158/1163 : Elle écrit le Liber vitae meritorum 

- 1163/1174 : Elle écrit le Liber divinorum operum.

- 1165 : elle fonde l'abbaye d'Eibingen.

  : Elle décède à Ruppertsberg (près de Bingen)

Reconnaissance :

- 10 mai 2012 : Le pape Benoît XVI étend le culte liturgique de sainte Hildegarde à l'Église universelle, dans un processus connu sous le nom de « canonisation équipollente », ou canonisation équivalente.

- 28 mai 2012 : Benoît XVI annonce la proclamation d'Hildegarde de Bingen comme docteur de l'Église

- 07 octobre 2012 : Reconnaissance d'Hildegard qui la place comme la quatrième femme docteur de l'Église après Catherine de Sienne, Thérèse d'Avila et Thérèse de Lisieux. Cette reconnaissance est la plus haute de l'Église catholique, affirmant par là-même l'exemplarité de la vie mais aussi des écrits d'Hildegarde comme modèle pour tous les catholiques.

Sources : Hildegard von Bingen : la voix sacrée [article] Michel Poizatet Wikipedia

Aiguail

 

 


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