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LÉGENDES

Page créée en 2010, mise à jour le 16 juin 2018

Sur cette page :

  • Légende de l'Ankou;
  • Légende du temple de Lanleff, en Bretagne;
  • Légende du coulobre en Dordogne;

L'ANKOU

LE SERVITEUR DE LA MORT

Merlin l'enchanteur (gravure)  Résultat de recherche d'images pour

 

Ankou (en breton an Ankoù) est la personnification de la mort en Basse-Bretagne, son serviteur (obererour ar maro).

Personnage de la mythologie bretonne, dans la tradition orale et les contes. Confondu à tort avec le diable, l'Ankoù est un personnage spécifique.

Héritage de la mythologie celtique, l'Ankoù est un dieu dont la fonction est la perpétuation des cycles de la naissance et de la mort, des saisons ou des cycles jour-nuit. Il s'apparente avec le dieu gaulois Sucellos et le dieu irlandais Eochaid Ollathair, ou Dagda, qui tuent et donnent la vie avec le "maillet" ou la "massue". L'Ankoù est une figure panbrittonique de cette fonction.

Nommé Anghau au Pays de Galles et Ankow en Cornouailles (Angleterre), sa fonction n'a ensuite été réduite qu'à la mort et la récupération des âmes. On lui attribue, à tort, la faux ou la pique, alors que son arme canonique est le (" maillet béni ").

Selon Dom Le Pelletier, dans son dictionnaire étymologique paru en 1752, le mot est masculin et désigne le pluriel de anken qui signifie l'angoisse, la peine. Ankoù est aussi proche de ankouaat, ou ankounac'haat, qui signifient « oublier » dans le dictionnaire Geriaoueg Sant-Ivi d'Alan Heusaff.

Son rôle est de recueillir et rassembler les âmes des défunts récents dans sa charrette au lugubre grincement (karr an Ankoù, karrigell an Ankoù, karrik an Ankoù). Lorsqu'un vivant entend le crissement morbide de la charrette (wig ha wag !), il est prêt à rendre son dernier souffle et la Mort l'attend sous peu ! Ce peut-être aussi quelqu'un de son entourage.

Apercevoir l'Ankou c'est mourir dans l'année.

Parallèllement, les gens du littoral parlent d'une barque, Bag noz (" la barque de nuit "), à la place de la charrette où l'Ankoù recueille les anaon, les âmes des trépassés qu'il transporte vers les rives de l'au-delà. L'Ankoù règne en maître dans les monts d'Arrée, un domaine où les âmes des trépassés qui errent dans les marais et les gorges de rivières, dépendent entièrement de lui.

Bien que l'Ankoù soit considéré comme appartenant à la tradition de Basse-Bretagne, il a pourtant existé dans l'imaginaire collectif de Haute-Bretagne, en zone gallèse donc, avec plus ou moins de similitudes. Ainsi à Moncontour, on retrouve notamment le « charyo d'la mort », gallo pour " la charrette de la mort ". Dans le pays nantais, le dialecte local a même conservé le terme breton d'Ankoù, particulièrement au nord-ouest de Nantes.

Représentations de l'Ankoù

               

              La Roche-Maurice                    Landivisiau             « Bénitier à l'Ankou » à La Martyre

Inscription en breton au-dessus de la porte de l'ossuaire de La Martyre.

Anatole Le Braz le décrit ainsi dans son recueil "La Légende de la Mort" :

"L’Ankou est l’ouvrier de la mort (oberour ar maro). Le dernier mort de l’année, dans chaque paroisse, devient l’Ankou de cette paroisse pour l’année suivante. Quand il y a eu, dans l’année, plus de décès que d’habitude, on dit en parlant de l’Ankou en fonction:

- War ma fé, heman zo eun Anko drouk. (Sur ma foi, celui-ci est un Ankou méchant.)

 

                       

ossuaire de Brasparts,         église de Noyal-Pontivy,            ossuaire de Ploudiry

 

On dépeint l’Ankou, tantôt comme un homme très grand et très maigre, les cheveux longs et blancs, la figure ombragée d’un large feutre; tantôt sous la forme d’un squelette drapé d’un linceul, et dont la tête vire sans cesse au haut de la colonne vertébrale, ainsi qu’une girouette autour de sa tige de fer, afin qu’il puisse embrasser d’un seul coup d’oeil toute la région qu’il a mission de parcourir.

Dans l’un et l’autre cas, il tient à la main une faux. Celle-ci diffère des faux ordinaires, en ce qu’elle a le tranchant tourné en dehors. Aussi l’Ankou ne la ramène-t-il pas à lui, quand il fauche; contrairement à ce que font les faucheurs de foin et les moissonneurs de blé, il la lance en avant.

Le char de l’Ankou (karrik ou karriguel ann Ankou) est fait à peu près comme les charrettes dans lesquelles on transportait autrefois les morts. Il est traîné d’ordinaire par deux chevaux attelés en flèche. Celui de devant est maigre, efflanqué, se tient à peine sur ses jambes. Celui du timon est gras, a le poil luisant, est franc du collier. L’Ankou se tient debout dans la charrette.

Il est escorté de deux compagnons, qui tous deux cheminent à pied. L’un conduit par la bride le cheval de tête. L’autre a pour fonction d’ouvrir des barrières des champs ou des cours et les portes des maisons. C’est lui aussi qui emplie dans la charrette les morts que l’Ankou a fauchés.

Lorsque l’Ankou se met en route pour sa tournée, sa charrette est, dit-on pleine de pierres, afin de rouler plus lourdement et de faire plus de bruit.

Arrivé près de la maison où se trouve le moribond qu’il doit cueillir, il décharge brusquement sa charrette, pour faire place à son nouveau “lest”. De là ce fracas de pierraille que l’on entend si souvent dans les logis où l’on veille un mourant, juste à l’instant où celui-ci rend le dernier soupir."

Extrait de La Légende de la Mort d’Anatole Le Braz

Église paroissiale Saint-Milliau : la statue de l'Ankou.

L’Ankou peut tout à fait tuer sans faucher réellement. L’approcher, l’entendre passer ou lui parler suffit à causer la mort de l'individu ou de l’un de ses proches.

L’Ankou est accompagné de deux aides dans sa mission, l’un devant le convoi qui tire le cheval, l’autre qui facilite son passage et range sur la charrette les cadavres des victimes fauchées.

"ON" prétend que des pierres lestent la charrette pour la rendre grinçante afin qu’on l’entende arriver. L'être fauché est chargé tandis que  quelques pierres sont déchargées. Lors de veillées mortuaires si on entend un bruit de caillasse on prie en disant que : "c’est l’âme du défunt qui remplace une partie du lest sur la charrette de l’Ankou".

Dans chaque paroisse, le dernier mort de l’année devient l’Ankou de l’année suivante.

Le jour, il est également présent à travers les  qui ornent les ossuaires, ainsi il rappelle toujours aux hommes la fin à laquelle aucun ne peut se soustraire. Souvent ces mots gravés sur la pierre des sculptures à son effigiede : " La mort, le jugement, l’enfer froid : quand l’homme y pense, il doit trembler ".

aiguail

 

Vieux et jeunes, suivez mon conseil.
Vous mettre sur vos gardes est mon dessein ;
Car le trépas approche, chaque jour,
Aussi bien pour l’un que pour l’autre.

Qui es-tu ? dit le jeune garçon,
A te voir j’ai frayeur.
Terriblement tu es maigre et défait ;
Il n’y a pas une once de viande sur tes os !

C’est-moi, l’Ankou, camarade !
C’est moi qui planterai ma lance dans ton coeur;
Moi qui te ferai le sang aussi froid que le fer ou la pierre !

Je suis riche en ce monde ;
Des biens, j’en ai à foison ;
et si tu veux m’épargner,
Je t’en donnerai tant que tu voudras.

-
Si je voulais écouter les gens,
accepter d’eux un tribut,
qu’un demi-denier par personne,
je serais opulent en richesses !

Mais je n’accepterai pas une épingle,
Et je ne ferai grâce à nul chrétien, -
Car , ni à jésus, ni à la Vierge, -
Je n’ai fait grâce même.

Autrefois, les “pères anciens” -
Restaient neuf cent ans sur la brèche. -
Et cependant, vois, ils sont morts, -
Jusqu’au dernier, voici longtemps !
Monseigneur saint Jean, l’ami de Dieu ;
Son père Jacob, qui le fut aussi ;
Moïse, pur et souverain ;
Tous, je les ai touchés de ma verge.

Pape ni cardinal je n’épargnerai ;
Des rois (je n’en épargnerai) pas un,
Pas un roi, pas une reine,
Ni leurs princes, ni leurs princesses.

Je n’épargnera archevêque, évêque, ni prêtres,
Nobles gentilshommes ni bourgeois,
Artisans ni marchands,
Ni pareillement, les laboureurs.

Il y a des jeunes gens de par le monde,
qui se croient nerveux et agiles ;
Si je me rencontrais avec eux,
Ils me proposeraient la lutte.

Mais ne t’y trompe point, l’ami !
Je suis ton plus proche compagnon,
Celui qui est à ton côté, nuit et jour,
N’attendant que l’ordre de Dieu.

N’attendant que l’ordre de Père Eternel ! …Pauvre pécheur, je te viens appeler.
C’est moi l’Ankou, dont on ne se rachète point !
Qui se promène invisible à travers le monde !
Du haut du Ménez, d’un seul coupde fusil,
Je tue cinq mille hommes en un tas !

Ankou, La Roche-Maurice, Finistère

 

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Illustration : /img.over-blog-kiwi


Sources: La Légende de la Mort d’Anatole Le Braz

 

 

LA LÉGENDE DU temple de Lanleff

Source : Nota : les photos suivantes ont été réalisées par Roger Frey et sont la propriété du site infobretagne.com.

 

Le temple de Lanleff (Bretagne)Le temple de Lanleff (Bretagne)

Extérieur et intérieur de L'église romane, dite temple de Lanleff, en Bretagne

Ces vestiges de l'architecture religieuse de la de la fin du XIème ou du début du XIIème siècle sont sûrement inspirés du Saint-Sépulcre de Jérusalem. L'église, tout comme le Saint-Sépulcre est composée de deux enceintes circulaires concentriques. L'enceinte intérieure, le chœur, la nef, est percée de 12 arcades en plein cintre. Nul ne sait qui a construit l'édifice, peut^petre un chevalier breton, compagnon du duc Alain-Fergent en Terre-Sainte, en témoignage de reconnaissance au Dieu dont il avait invoqué l'aide, au milieu des combats, ou bien par des pèlerins nostalgiques de Jérusalem ? On sait que plusieurs églises, en France et en Angleterre, ont été édifiées sur le même modèle.

Un jour, une affreuse et pauvre femme, sans doute sorcière, pactisa le diable : Elle proposa son enfant en échange de pièces d'or. Lucifer, ou Satan, accepta le troc et déposa une poignée de pièces sur la margelle de la fontaine située près du temple. Il se saisit brusquement de son achat pour l'emporter dans les entrailles de sa demeure.

Les yeux brillants, la mère indigne s'en fut récupérer son odieux butin, lorsqu'elle se brûla gravement : les pièces étaient incandescentes, tout juste extraites des flammes de l'enfer. Son hurlement de douleur fut entendu à la ronde et elle lâcha l'or convoité dont les pièces s'incrustèrent éternellement dans le granit de la margelle.

Si tu passes par Lanleff, rendez-vous à la fontaine; tu mouilleras la margelle et 14 pièces apparaîtront... peut-être...

 

LA LEGENDE DU COULOBRE

DORDOGNE

Le_Coulobre

La Bête de la Mer, *tapisserie de l'Apocalypse, château d'Angers.

La Dordogne pouvait atteindre la vitesse d'un cheval au grand galop, d'où la crainte, les croyances et les superstitions des navigateurs marchands qui empreintaient ce fleuve. Le Pas du Raysse franchit, après Souillac, la rivière  se faisait plus calme jusqu'aux fameux rapides de la Gratusse à la hauteur de Lalinde.

Les bateliers qui descendaient alors les marchandises jusqu’à Libourne et Bordeaux sur des bateaux à fond plat, craignaient particulièrement  un passage sur la rivière : le « Saut de la Gratusse » à Lalinde.

Wcoulobredes

Un dragon " Le Coulobre", (en occitan " Coulobre" signifie " serpent".

 

En effet, un monstre gigantesque, le coulobre (couleuvre en Oc) y avait été signalé et faisait, paraît-il, chavirer les embarcations pour dévorer les bateliers, mais également les lavandières, les pêcheurs… et les badauds imprudents; les enfants étant un mets de choix !

Les témoins décrivaient la bête comme un monstrueux reptile ailé habitant une caverne près de Lalinde, sur la falaise de Couze : " La bête était si grande que lorsque sa tête buvait l'eau de la Dordogne sa queue était en haut de la falaise." Elle effrayait les habitants, et surtout les bateliers, le monstre entraînant ses proies dans sa tanière pour les dévorer.

Une délégation de villageois terrorrisés se rendit auprès de l'Evêque de Perigueux ST FRONT. Beaucoup de versions existent à ce propos suivant l'endroit où elles sont interprétées :

  1. L'Evêque vient à Lalinde et se rend sur la falaise où se trône le dragon. Il pénètre dans sa grotte et dès qu'il le voit lui fait le signe de la croix lui ordonnant de s'en retourner dans l'océan d'où il venait. Le dragon prend peur et se précipite dans la Dordogne où il disparaît. Un tantinet enfantin et cul bénit, non ?
  2. Les habitants terrorisés font appel à Saint Front, qui, après un rude combat épique, tue le coulobre. Ce dernier, en chutant depuis la falaise jusque dans l’eau, provoque une crue historique de la rivière! Reconnaissants, les habitants de Lalinde font ériger une chapelle, Saint Front de Coulubry, encore visible de nos jours sur les hauteurs de Lalinde. Plus romancé et réaliste à la fois. On y croirait presque !
  3. Appelé en renfort, saint Front combat le dragon à l’épée, près de Lalinde. Selon les versions, la bête retombe dans la rivière, engendrant une crue historique.
  4. Suite à sa défaite contre saint Front, elle aurait formé lors de sa chute le rapide surnommé aujourd’hui Saut de la Gratusse.
  5. D’autres préfèrent croire qu'après sa défaite face à saint Front, le Coulobre serait bonnement retourné d’où il venait, soit les Enfers.

Ce qui est certain c'est que par reconnaissance, les villageois bâtiront une chapelle sur la falaise qui surplombe la rivière, côté rive gauche, dédiée à Saint-Front.

- De nos jours, le coulobre est devenu l’emblème d’EPIDOR, un établissement public regroupant les six départements traversés par la Dordogne (Puy de Dôme, Cantal, Corrèze, Lot, Dordogne, Gironde). EPIDOR agit pour conserver la qualité patrimoniale de cette rivière et de son bassin, désormais classé « réserve mondiale de biosphère » par l’Unesco.

- Comme s’amuse à le dire Guy Pustelnik, directeur de l’établissement, " C’est le dragon qui revient pour défendre la rivière, qui crache le feu pour donner des leçons sur la préservation de ses rives".

NOTA : On trouve la présence d'un dragon volant sur les armoiries de la ville de Bergerac.

La Coulobre de la Sorgue

La Coulobre statufiée à la porte de l'église de Saint-Véran.

Créature ailée, la Coulobre est une sorte de drac ou dragon, qui hantait la fontaine de Vaucluse. Selon la légende, saint Véran, évêque de Cavaillon, en aurait miraculeusement débarrassé la Sorgue. On prétend qu'elle s'unissait avec des dragons qui l'abandonnaient ensuite, l'obligeant à élever seule les petites salamandres noires tachétée d'or qu'elle avait engendrées. Sa laideur repoussante dissuadaient les éventuels prétendants à l'aider dans cette tâche.

Selon la légende, Véran chasse la bête immonde qui s'exhile vers les Alpes pour y mourir.

  • Le village de Saint-Véran fut son lieu de chute où elle est d'ailleurs statufiée sous le porche de l'église.
  • À Fontaine-de-Vaucluse, en remontant vers la source, se trouve le Traou dou Couloubre.
  • C'est aussi le symbole de la lutte de l'évêque contre les anciens cultes.
  • La falaise dominant la fontaine abrite encore la Vache d'Or, le lieu d'un antique culte pastoral célébrant la force et la forme de l'eau et de la pierre.

Tableau de Pierre Mignard représentant saint Véran enchaînant la Coulobre dans la cathédrale de Cavaillon.

Au cours du XVème siècle, Pétrarque et Laure, sa bien-aimée, auraient été attaqués par la Bête au cours d'une promenade sur les rives d'une rivière. Pétrarque terrassa le monstre avec son épée mais Laure succomba ensuite de la peste. La scène était représentée à la base d'une fresque aujourd'hui disparue, peinte par Simone Martini, qui se trouvait dans la cathédrale Notre-Dame des Doms d'Avignon.

aiguail

Le lébérou, un monstre célèbre en Périgord

La « vieille » ou « la Bérane »

 


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