23 octobre 2017
Bonne fête Jean de Capistran

Site mis à jour le
22 octobre 2017

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FEMMES "COURAGE" 1

F E M M E S   C O U R A G E


   
 

 Elizabeth (Bessie) Coleman

  Elle rêvait de "s'élever à quelque chose" et son frère se moquait de sa motivation à devenir  pilote. La poursuite de ce rêve n'est pas facile car s'il est déjà fort difficile pour une femme blanche d'obtenir des leçons de pilotage, il devient utopique de l'envisager pour une femme noire à cette époque. Un jour pourtant, son frère, vétéran de guerre, lui confie qu'en France des femmes pilotent des avions et qu'elles sont respectées dans ce pays démocratique. Encouragée par son ami Robert Abbott, le fondateur du Chicago Defender, elle décide de s'inscrire dans une école d'aviation dans ce pays où le racisme est généralement banni, sinon inexistant.

Description de cette image, également commentée ci-après

National Air and Space Museum — Great Images in NASA

Il lui faut avant tout  se familiariser avec la langue française. Elle obtient un prêt auprès de Jesse Binga, fondateur de la Banque d'État,  et part pour la France en novembre 1920. Sept mois lui suffisent pour assimiler les dix mois de cours à l'Ecole d'aviation  des Freres Caudon Le Crotoy, dans la Somme. Elle effectue son baptème de l'air sur un avion français, le Nieuport Type 82. Le 15 juin 1921, Bessie décroche le brevet de pilote de la célèbre Fédération Aéronautique Internationale. Les autorités de Chicago lui délivrent alors un passeport erroné. La date de naissance indique 1896 au lieu de 1892, ce qui l'autorise à prétendre l'âge de 25 ans au lieu de 29, âge qu'elle ne fait d'ailleurs pas en réalité. Bessie ne fut ni la première femme noire, ni la seule de sa classe à recevoir une licence de la FAI, mais elle sera la premiere Américaine à obtenir son brevet de pilote de l'école française ainsi que le premier pilote noir sous licence, aux États-Unis.

Elle étudie encore trois mois en France, puis revient aux États-Unis en septembre où elle est accueillie triomphalement par la presse. Le 3 septembre 1922, Bessie donne son premier spectacle  aérien à Curtiss Field, près de New York City. Le spectacle est parrainé par Robert Abbott et par le Chicago Defender. et Bessie est proclamée  " la plus importante femme volante du monde, la "women flyer". Son succès est loué par  toute la presse, communautés blanche et noire confondues. Sa notoriété s'étend rapidement de Memphis à Chicago.

Bessie Coleman

greatblackheroes.com

Cette notoriété la pousse vers le grand écran. Une brève carrière cinématographique en Californie car elle dénonce son contrat avec la société de film noir quand elle apprend qu'elle doit  jouer le rôle d'une ignorante  fille noire de la campagne qui découvre la grande ville. Elle juge le rôle humiliant pour l'ensemble de son sexe.

L'année suivante, elle décide de donner des leçons de pilotage et obtient l'exclusivité pour une publicité  de airdropping avec annonce tracts, en échange de la donnation d'un avion. C'est un vieux coucou réformé  de l'armée, un excédent de guerre JN-4 prénommé " Jenny ", qui  décroche dès le premier vol et s' écrase avec fracas. Bessie s'en tire avec une jambe cassée et quelques contusions, l'obligeant à quatre mois de convalescence. S'en suit alors une série de conférences dans le Los Angeles YMCA où elle incite les démunis à réaliser leurs rêves, révélant son désir d'ouvrir une école "d'aviation pour la population noire".

C'est un échec, un fiasco. Sa carrière est au point mort et elle repart pour Chicago, sans emploi et ... sans avion. Pourtant, elle rebondit en donnant des spectacles au Texas, à l'été 1925. Le succès revient et elle se produit à Houston, Dallas, Wharton, Richmond, San Antonio, Fort Worth, et Waxahachie, où elle exige chaque fois  que les visiteurs noirs et blancs empruntent indifféremment la même porte centrale des lieux d'exhibition. Elle prône la non-ségrégation et aussi le droit à des leçons de théâtre pour les noirs, dans les églises et les écoles, non seulement au Texas mais aussi en Géorgie.

 On la surnomme : " Brave Bessie " ou " Reine Bessie ".

Bessie Coleman - greatblackheroes.com

greatblackheroes.com

 Il lui faut pourtant faire face à d'innombrables obstacles. La jalousie et l'envie viennent s'ajouter au racisme primaire d'une certaine population masculine grandissante. Les hommes noirs autant que les blancs ruminent  le ressentiment de voir une "simple" femme, noire de surcroît, réussir là où ils ont échoué. Tant les libertés civiles et sociales que l'accès dans de grandes écoles jusqu'alors interdit, n'incitent les femmes noires, trop conservatrices, à accepter cet état de fait. 

 La Presse est unanime à dénigrer cet exploit que personne ne veut vraiment reconnaître. C'est proprement inhumain, odieux, dégueulasse que de cracher ainsi sur autant de courage et de témérité.   Les journaux (noirs ou blancs) l'ignore, la méprise même...

 Mais NOUS, qui luttons pour la liberté des droits de chaque être humain, l'oubli on ne connaît pas...3Drosehrt  

 Le soir du 30 avril 1926, à Jacksonville en Floride, Bessie et son mécanicien-pilote prennent l'avion pour un essai au banc. Le mécanicien perd la maîtrise de l'engin qui accélère brusquement et culbute.Bessie  n'avait pas de ceinture de sécurité  et pratiquement tous les os de son corps sont brisés, écrasés lors du choc. Elle décède sur le coup, ainsi que le pilote.

« BW0007 » par Black Wings [2] — Smithsonian Institution, Neg. ID #: 99-15415.[1]. Sous licence Domaine public via Wikimedia Commons - http://commons.wikimedia.org/wiki/File:BW0007.jpg#/media/File:BW0007.jpg

Bien que fustigée par les médias de l'époque, des milliers de personnes pleureront la mort de Bessie. Son corps est rapatrié à Chicago. Un ultime hommage, lors de la cérémonie du souvenir à Pilgrim Baptist Church de Chicago, attire 10.000 personnes. Elle est enterrée au cimetière de Lincoln.

En 1929, le lieutenant William J. Powell a fondé, à Los Angeles, le Bessie Coleman Aero Club, l'école d'aviation qu'elle voulait créer.

En 1931, le Challenger Association des pilotes de Chicago a honoré son souvenir par une série de vols planés, au-dessus de Lincoln cimetière. Cela restera un devoir annuel.

En 1934, Powell dédie son livre Black Wingsà sa mémoire.

En 1977, les femmes pilotes de la région de Chicago ont fondé le Bessie Coleman Aviators Club.

 

 

 Jeanne D  ARC 7 

 peinture de Jules Eugène Lenepveu, vers 1886-1890)

JEANNE L'AUDACIEUSE

Est-il vraiment besoin de relater ses faits d'armes ? Nous nous attacherons à la façon dont elle eut le courage de défendre son pays et son roi. Jeanne n'a certainement jamais entendu de voix et rien n'est vraiment prouvé concernant son patronyme (d'ARC) ! Née le 06 janvier 1412, elle a bel et bien vécu, de nombreux témoignages prouvent son existence mais beaucoup trop de paradoxes apparaissent si on analyse objectivement les faits :

A cette époque, les femmes sont à l'écart des affaires politiques et sont même rejetées des conflits dits publics se résolvant dans la rue. La rue aussi est réservée aux hommes dans les villages et les femmes reçoivent une éducation traditionnelle, familiale ou paroissiale.

Si elle est bergère et fille de laboureurs, elle ne connait donc pas le maniement des armes, ni l'art de s'exprimer devant des nobles. Elle aurait pu être manipulée. Si ses origines sont erronées, l'éducation qu'on lui prête laisse entrevoir une parenté noble et atteste alors de probables connaissances militaires. Le fait de faire croire qu'elle était dirigée par une manifestation divine est tout simplement génial en matière politique de l'époque. Sinon comment croire qu'une bergère inculte ait pu convaincre un capitaine d'armée (Robert de Baudricourt) de lui fournir une armée pour aller bouter les Anglais hors de France, puis être reçue par Charles VII le 06 mars 1429 en audience publique ? C'est tout simplement improbable sinon aberrant... Pourtant les faits sont là ! Jeanne a bien combattu aux côtés de Jean, duc d'Alençon et de René, duc de BAR, devançant même Charles VII lors de l'assaut de Paris à la porte Saint-Honoré où elle fut blessée. Son courage l'amena à s'enfuir du château de Sully-sur-Loire pour voler au secours de ses amis assiégés à Compiègne (1430). Ses chevaleresques conquêtes cessèrent en l'endroit, Jeanne fut prise au cours d'une sortie en force, par les troupes de Jean de Luxembourg qui attendit en vain une offre du Roi Charles VII pour sa libération. Il vendît alors Jeanne au duc de Bedfort, Jean régent du royaume de France pour Heni de Lancastre (HenriVI), roi de France et d'Angleterre, pour la somme de 10.000 livres de l'époque. Prisonnière de l'Eglise, elle devenait justiciable d'un tribunal d'inquisition et c'est dans le château de Rouen que se déroulât son Procès, 21 février 1431, conduit par Pierre CAUCHON, évêque de Beauvais et conseiller de Henri VI. S'ensuit toute une série d'hypothèses plus ou moins fondées sur cette triste période dont le terme fut le bûcher pour Jeanne, ce 30 mai 1431 sur la place du Vieux-Marché. Des milliers de Normands se rassemblèrent autour des juges et des soldats anglais et aucun beau chevalier ne vînt au secours de la courageuse petite bonne femme dont on ne voyait pas le visage..

 

Des témoignages de contemporains, d'archives ou de documents lui prêtent une audace irraisonnée et une inconsciente témérité : " La maîtrise dont Jeanne, cavalière intrépide et infatigable, faisait preuve sur sa monture, l'aisance avec laquelle elle portait le "harnois blanc" ou le "jaseran", son goût des belles armes. Elle faisait merveille d'armes de son corps et maniait un bourdon de lance, une longue et forte lance, très puissamment." Tous ses contemporains citaient sa vaillance et sa hardiesse, ce ne peut être mis en doute. Trois blessures, le 06 mai 1429, au pied par chausse-trape, au cou par une flèche et à l'épaule par une "arbalète" qui lui traversa le membre et la fit pleurer. Puis une autre "arbalète" le 08 septembre 1429, à la cuisse.  Le 11 juin 1429 à la tête par un jet de pierre.

La "GESTE des nobles français" stipule dans un passage probablement rédigé entre 1429/1430 (Conseil du roi à Chinon) :

"à merveille elle traita des manières propres à faire vider les Anglais du royaume et là il n'y eut pas un chef de guerre qui aussi bien qu'elle sût remontrer les manières de guerroyer ses ennemis. Le roi et tout son conseil en furent émerveillés car en toutes autres matières elle fut auusi simple qu'une "pastoure" (bergère)".

Thibaud de TERMES, capitaine de Charles VII, vint confirmer lors du procès de réhabilitation :

"En dehors du fait de guerre, elle était simple et innocente, mais dans la conduite et l'organisation des combattants et pour ordonner les guerres et animer les combattants, elle se comportait comme si elle avait été le plus subtil capitaine du monde, élevé toute sa vie dans la guerre..."

Le cousin du roi, Jean le duc d'Alençon :

"Jeanne, hors du fait de guerre, était d'un comportement simple et jeune, mais pour la guerre elle était très habile, tant pour porter la lance que pour rassembler l'armée, ordonner le combat et préparer l'artillerie "

Aiguail

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 Extraits du libelle d'accusation présenté à Pierre Cauchon et Jean Le Maistre le 28 mars 1431.

Le promoteur Jean d'Estivet, souhaite que "Jeanne, communément appelée la Pucelle", soit par les juges"déclarée sorcière ou lectrice de sorts, devineresse, fausse prophétesse, invocatrice et conjuratrice de malins esprits, supersticieuse, impliquée  et appliquée aux arts magiques, mal pensante et, au sujet de notre foi catholique, schismatique, doutant et égarée sur l'article "Unam Sanctum"(article du Credo sur l'unité de l'Eglise), etc... Et divers autres articles de ladite foi, sacrilège, idolâtre, apostate à la foi, maldisante et malfaisante, blasphématrice envers Dieu et ses saints,scandaleuse, séditieuse, troublant et empêchant la paix, excitant aux guerres, cruellement altérée de sang humain et incitant à le répandre, ayant abandonné complètement et sans honte la décence et la réserve de son sexe, prenant sans pudeur l'habit infâme et l'état  des hommes d'armes, pour cela et d'autres motifs encore abominables à Dieu et aux hommes, prévaricatrice des lois divine et naturelle et de la discipline ecclésiastique, séductrice des princes et des simples; en permettant et consentant, à l'injure et au mépris de Dieu, qu'elle soit vénérée et adorée, en donnant ses mains et ses vêtements à baiser, usurpatrice des hommages et du culte divin, hérétique ou du moins véhémentement suspecte d'hérésie..."

Procès de condamnation de Jeanne d'Arc.éd Pierre Tisset, t.II Paris, Société de l'histoire de France Klincksieck,1970

jeanne d arc11 

Question posée à l'écrivain journaliste Marcel GAY

 

Vous qui avez fait des recherches, comment décririez-vous Jeanne d'Arc ? Pour vous, qui est-elle, sa personnalité... ?

Deux choses :

1°) Jeanne, je la trouve plus grande, plus belle, plus courageuse en, femme qui va combattre l'ennemi, comme pendant la dernière guerre, quand des femmes ont mis leur vie en péril pour défendre une cause qu'elle estiment juste.

2°) Je crois aussi que si Jeanne n'avait pas existé, le traité de Troyes de 1420 aurait été appliqué. Et les rois d'Angleterre qui étaient de souche française, de culture et de langue française se seraient installés à Paris. Il y avait alors 20 millions d'habitants au royaume de France et 4 millions seulement au royaume d'Angleterre. Donc, aujourd'hui, l'Angleterre serait une province française. Et le Français serait la langue véhiculaire dans le monde entier et non pas l'Anglais. Merci Jeanne. Merci à vous pour oser bousculer les dogmes, véridiques ou pas.

"L'affaire Jeanne d'Arc"

 Par Marcel Gay et Roger Senzig

 


 1789 - France : 5 octobre 1789 Marche des femmes de Paris à Versailles.

  • 1790 - France :
    • Condorcet plaide pour le droit de vote aux femmes dans son Admission des femmes au droit de cité : « songez qu’il s’agit des droits de la moitié du genre humain ».
    • le droit d'aînesse masculin est supprimé par la loi. Tous les enfants sont désormais égaux devant la succession, quel que soit leur rang de naissance et leur sexe.
  • 1791 - France :
    • La loi laïcise le mariage qui devient un contrat entre les époux.
    • Olympe de Gouges réclame l’égalité politique entre hommes et femmes dans sa « Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne » : « article 1. La femme nait libre et égale à l’homme en droits ». Elle est guillotinée deux ans plus tard, officiellement pour des écrits en faveur de Louis XVI.
    • Instauration du suffrage censitaire (environ 4,3 millions d’électeurs pour 40 000 personnes éligibles). Les femmes sont exclues du corps électoral.
  • 1792 - France :
    • Le divorce est institué par la loi qui reconnaît par ailleurs l'égalité des époux, et le divorce par consentement mutuel.
  • 1792 - Grande-Bretagne : En réponse à des écrits de l'Irlandais Edmund Burke critiquant le Révolution française, Mary Wollstonecraft publie A vindication of the rights of women mettant l'accent sur les apports de la Révolution sur la condition féminine.
  • 1793 - France
    • Instauration du suffrage « universel » ; les femmes sont toujours exclues de la citoyenneté au même titre que les mineurs, les domestiques, les aliénés et les religieux cloitrés.
    • Les femmes de Paris coiffées d’un bonnet rouge prennent d’assaut le Conseil Général de la Commune de Paris, avec à leur tête, Claire Lacombe. Elles sont repoussées aux accents d’un discours clairement misogyne du procureur général Chaumette. Dans la foulée de ce coup de force, les clubs politiques féminins sont interdits.
  • 1795 - France : les femmes sont exclues de la vie politique. Tenaces, elles s’installent alors dans les travées réservées au public dans les différentes assemblées et ne manquent jamais une occasion pour émettre des avis en pleine délibération des législateurs. Ces femmes qui occupent littéralement les bancs du public sont vite taxées du nom de « tricoteuses », car nombre d’entre elles pratiquent effectivement le tricot en séance ou entre deux débats.
  • 1804 - France : le Code civil français déclare la femme incapable juridiquement ; elle est sous l'autorité de son père puis de son mari. En revanche, la femme célibataire ou veuve jouit, en théorie, de la plénitude de ses capacités juridiques, droit de vote exclu. En effet, la veuve ayant eu des enfants reste surveillée par un Conseil de famille composé de membres de la famille de son mari. Napoléon, en homme de son temps, n’est pas franchement sensible à la cause féministe et déclare « je n’aime pas les femmes qui se mêlent de politique ».
  • 1807 - France : Claude-Henri de Saint-Simon plaide pour le droit de vote des femmes.
  • 1808 - France : Charles Fourier réclame le droit de vote des femmes et la liberté en amour. Saint-Simon et Fourier sont considérés comme les précurseurs des socialistes.
  • 1810 - France :
    • Le code pénal qualifie l'adultère de délit. L’adultère du mari est puni d’une amende, celui de la femme d’une peine de prison (3 à 24 mois).
    • Le Code pénal punit de réclusion les personnes qui pratiquent, aident ou subissent un avortement. Les médecins et pharmaciens sont condamnés aux travaux forcés.
  • 1816 - France : Restauration monarchique. Abolition du divorce.
  • 1829 - Inde : Le Sati Prevention Regulation Act interdit la pratique de la satî, le sacrifice des veuves qui se jettent dans le bûcher crématoire de leur époux. Cette réforme qui prétend mettre un terme à une pratique vieille de plus de 2000 ans provoque inévitablement de farouches résistances parmi les traditionnalistes, aujourd'hui encore…
  • 1832 - France :
    • Fondation du journal « La femme libre ».
    • Jusque là délit, le viol est désormais un crime, mais c’est le père ou le mari qui est considéré comme lésé…
  • 1835 - France : La militante socialiste Flora Tristan imagine dans son Nécessité de faire bon accueil aux femmes étrangères, la mise en place d’une structure d’accueil et de logement pour les femmes seules. Jusqu’à sa mort (1844), Flora Tristan est la voix par excellence du féminisme-socialisme pendant cette décennie pré-marxiste. Elle assure la liaison entre le « vieux socialisme » et le marxisme et est d’ailleurs considérée par beaucoup comme celle qui fonda, de fait, l’Internationale !
  • 1837 - Royaume Uni : Amorce de l'ère victorienne, lire Condition féminine dans la société victorienne.
  • 1839 - France : de retour d’un voyage d’étude au Royaume-Uni, Flora Tristan avoue dans son Promenades dans Londres qu’« en France, de tradition, la femme y est l'être le plus honoré, en Angleterre, c'est le cheval… ».
  • 1844 - France : quelques jours avant son décès, Flora Tristan concèd
  • 1838 - France : Création de la première école normale d'institutrices.
  • e dans une lettre : « que j’ai tout le monde contre moi. Les hommes parce que je demande l’émancipation de la femme et les propriétaires parce que je demande celle des ouvriers ».

 

  • 1848 - France
    • 5 mars. Deuxième république. Rétablissement du suffrage universel après un système censitaire, mais les femmes sont toujours exclues du droit de vote.
    • Eugénie Niboyet crée le journal « La Voix des femmes »
    • Les Vésuviennes, femmes parisiennes qui avaient pris les armes lors de la révolution de 1848, revendiquent une Constitution politique des femmes, le port du pantalon, l'accès à tous les emplois publics, civils, religieux et militaires. Ultra-radicales, les Vésuviennes desservent toutefois clairement la cause féministe en réclamant des réformes fantaisistes comme l’obligation du mariage féminin à 21 ans, la mise en place d’un service militaire obligatoire féminin, et le doublement du service militaire masculin pour les hommes qui refuseraient les tâches ménagères. Ces Vésuviennes sont tellement caricaturales qu’elles servent aux hommes hostiles à la cause féministe de parfait repoussoir.
    • Autres féministes de 1848 :
      • Jeanne Deroin, qui tente de se présenter aux élections.
      • Désirée Gay, George Sand qui participe activement au gouvernement de la République. Jeanne Deroin, Eugénie Niboyet, Louise Colet et Adèle Esquiros sont à l’origine de deux journaux féministes : La Voix des Femmes puis L’Opinion des Femmes. Le journal lance la candidature surprise, et illégale, de George Sand ! Cette dernière qui découvre sa candidature dans le journal s’en prend aux « suffragistes » car elle considère l’égalité politique comme secondaire.
  • 1848 - États-Unis : Elisabeth Cady Stanton dénonce la « tyrannie masculine » dans sa « Déclaration des sentiments ».
  • 1849 - France : Jeanne Deroin tente de se présenter aux élections législatives. Le socialiste Proudhon est l’un des plus virulents opposants à cette candidature féminine : « L'humanité ne doit aux femmes aucune idée morale, politique, philosophique. L'homme invente, perfectionne, travaille, produit et nourrit la femme. Celle-ci n'a même pas inventé son fuseau et sa quenouille ».
  • 1850 - France : la loi Falloux fait obligation pour les communes de plus de huit cents habitants d'ouvrir et d'entretenir une école publique de garçons comme de filles. La scolarité n'est cependant pas encore ni gratuite ni obligatoire.
  • 1851 - France : le premier projet de loi proposant le droit de vote des femmes aux élections municipales voit le jour : il est dû à Pierre Leroux.
  • 1860 - Royaume-Uni : les suffragettes britanniques commencent à mener un combat d'envergure pour obtenir le droit de vote.
  • 1861 - France : Julie Daubié est la première bachelière française.
  • 1862 - France : Elisa Lemonnier crée l'enseignement professionnel féminin, public et laïque.
  • 1864 - Belgique : ouverture par Isabelle Gatti de Gamond de son Cours d'Éducation pour les jeunes filles.
  • 1865 - Royaume-Uni : Droit de vote accordé aux femmes pour les élections locales.
  • 1865 - 1870 - Suisse : les universités suisses de Zurich, puis de Berne sont les premières à s'ouvrir progressivement aux femmes. Des jeunes filles viennent de toute l’Europe pour y étudier.
  • 1867 - France : Victor Duruy créé les cours secondaires publics destinés aux filles.
  • 1868 - États-Unis : le droit de vote est accordé aux femmes du Wyoming.
  • 1869 - Royaume Uni : Joséphine Butler publie Woman's work and woman's culture, à Londres.
  • 1870 - Inde : Rappel de l'interdiction d'infanticide des filles et obligation de déclarer chaque naissance.
  • 1873 - États-Unis : la première université qui ouvre toutes ses sections aux femmes, à Boston
  • 1874 - France
    • Le travail des femmes est interdit dans les mines et les carrières.
    • Le travail de nuit des femmes non majeures est interdit.
    • Joséphine Andrée, syndicaliste fonde le Syndicat féminin de la couture, premier syndicat féminin.
  • 1875 - France : la Constitution de la IIIe République confirme la privation de droits politiques pour les femmes.
  • 1876 - France :
    • Hubertine Auclert fonde Le Droit des femmes, groupe suffragiste qui devient Le Suffrage des femmes en 1883.
    • Lors du congrès de Marseille, Hubertine Auclert proclame : « Qui dit droit, dit responsabilité, la femme doit travailler, n'étant pas moins tenue de produire que l'homme, vu qu'elle consomme… qu'il y ait pour les deux sexes même facilité de production, et application rigoureuse de cette formule économique : à production égale, salaire égal. »
  • 1879 - France : la loi Bert rend obligatoire l'entretien d'une École normale de jeunes filles dans chaque département français.
  • 1880 - Accès des femmes aux universités
    • France : la Sorbonne s'ouvre aux jeunes filles. La loi Sée institue un enseignement secondaire féminin d'État.
    • Belgique : admission d’une première étudiante à l’Université Libre de Bruxelles (Liège : 1881, Gand : 1882, Louvain : 1920)
  • 1880 - Japon : profitant de l'ouverture du pays à l'Occident, les femmes japonaises manifestent afin d'obtenir des réformes. En réponse à ces manifestations une loi interdit désormais la présence des femmes sur la scène politique.
  • 1881 - France
    • L'enseignement primaire est désormais obligatoire, public et laïque pour tous les enfants : filles et garçons (loi Jules Ferry).
    • Hubertine Auclert lance le journal La Citoyenne.
    • Blanche Edwards est reçue au concours de l'externat en médecine. Des étudiants brûlent son effigie boulevard St Michel.
  • 1884
    • France :
      • La loi Naquet rétablit le divorce, pour faute seulement, pas par consentement mutuel.
      • Clémence Royer, femme de sciences, donne des cours à la Sorbonne.
    • Belgique : Isala Van Diest , première femme médecin belge, est autorisée par arrêté royalà ouvrir son propre cabinet médical
  • 1888 -International  : création du Conseil International des Femmes, (CIF ou ICW en anglais)
  • 1889 - France : Paul Robin crée à Paris le premier centre d'information et de vente de produits anticonceptionnels.
  • 1891 - France
    • Maria Martin crée le Journal des femmes.
    • Fondation du journal quotidien féministe La Fronde par Marguerite Durand.
  • 1891 - Inde : l'âge du mariage est porté à un minimum de 12 ans pour les filles.
  • 1892 - France
    • Le travail de nuit est interdit à toutes les femmes, quel que soit leur âge.
    • Le port du pantalon interdit pour les femmes depuis le Directoire, est désormais possible à condition qu’elles tiennent à la main une bicyclette ou un cheval (cette loi n'a jamais été abrogée, elle est donc toujours d'actualité !).
  • 1894 - Nouvelle-Zélande : le droit de vote est accordé aux Néo-Zélandaises.
  • 1897 - France : les femmes peuvent désormais témoigner dans les actes d'état-civil, et dans les actes notariés.
  • 1898 - France : la loi permet désormais aux femmes d'être électrices au Tribunal de commerce.
  • 1900 - France
    • Les femmes peuvent désormais plaider comme avocates.
    • Ouverture aux femmes de l'École des Beaux-Arts.
    • Journée de travail de 10 heures pour les femmes et les enfants contre 12 pour les hommes.
  • 1900 - Japon : la première université féminine est créée au Japon en 1900.
  • 1900 - Égypte : les filles accèdent à l'école secondaire.
  • 1900
    • Tunisie : inauguration de la première école de filles en Tunisie.
    • Belgique : premières libertés économiques des femmes établies légalement, droit à l’épargne personnelle de la femme mariée, droit de signer un contrat de travail et d’encaisser un salaire

XXe siècle : femmes dans le siècle

  • 1901 - France : première proposition de loi accordant le droit de vote aux femmes majeures, célibataires, veuves ou divorcées, mais pas aux femmes mariées (dont on ne pourrait être sûr qu'elle vote comme le voudrait leur mari).
  • 1902 - Australie : les Australiennes peuvent désormais voter.
  • 1903 - France : Marie Curie reçoit le prix Nobel de physique pour la découverte de la radioactivité. C'est le premier prix Nobel (créé en 1900) décerné à une femme.
  • 1904 - États-Unis : Carrie Chapman Catt fonde l'Alliance internationale pour le suffrage des femmes.
  • 1906 - Finlande : les Finlandaises obtiennent le droit de vote et d'éligibilité.
  • 1907 - France :
    • La loi permet aux femmes d'être électrices et éligibles aux tribunaux de prud'hommes.
    • Loi sur les biens réservés pour que les femmes (mariées) puissent disposer librement de leur salaire.
  • 1907 - Finlande : Doit de vote pour les Finlandaises.
  • 1909 - France :
    • Création du congé maternité (8 semaines), mais il n'est pas rémunéré.
    • Les salaires des instituteurs et des institutrices deviennent égaux : première application du principe énoncé par Hubertine Auclert : à travail égal, salaire égal.
    • Grande manifestation à Paris pour le droit de vote des femmes.
    • Création de l'Union française pour le suffrage des femmes.
    • Rappel de la circulaire de 1892. Le port du pantalon n'est plus un délit si la femme tient un guidon de bicyclette ou les rênes d'un cheval. La loi sur le port du pantalon par les femmes n'est pas encore abrogée ! Dans les faits, l'usage se répand dès les années 1920 pour devenir courant dans les années 1960.
  • 1910 - France :
    • Les institutrices obtiennent la rémunération de leur congé maternité.
    • Le rapport Buisson propose à la Chambre des Députés le droit de vote et d'éligibilité des femmes.
  • 1911 - France :
    • Au sein du syndicat CGT des employés, création d'une section féminine.
    • Les employées des PTT obtiennent la rémunération de leur congé maternité
    • Marie Curie reçoit le prix Nobel de chimie pour ses travaux sur le radium. Marie Curie est la première scientifique, hommes et femmes confondus, à obtenir deux prix Nobel.
  • 1911 - Commonwealth : Emily Murphy est la première femme juge.
  • 1912 - Chine : Pour réclamer le droit de vote, les femmes chinoises envahissent l'enceinte du nouveau Parlement… sans suites.
  • 1913 - Norvège : Droit de vote pour les Norvégiennes.
  • 1914 - Islande : Droit de vote pour les Islandaises.
  • 1917 -
    • URSS : Alexandra Kollontaï - membre du gouvernement bolchévique Russe - est la première femme à faire partie d'un gouvernement.
    • Canada: Droit de vote pour les femmes
  • 1918 - France : L'École Centrale est ouverte aux femmes.
  • 1919 - Pays-Bas - Luxembourg : Droit de vote pour les femmes
  • 1919 - France :
    • La Chambre des députés adopte une proposition de loi pour le vote des femmes, par 329 voix contre 95 : proposition refusée par le Sénat.
    • L'École supérieure de chimie de Paris et l'École supérieure d'électricité s'ouvrent aux jeunes filles.
  • 1920 - États-Unis : Droit de vote à l'échelon fédéral, pour les femmes.
  • 1920 - Tchécoslovaquie - Autriche : Droit de vote pour les femmes.
  • 1922 - France : Le Sénat refuse d'examiner la proposition d
  • 1920 - France :
    • Les femmes mariées peuvent désormais adhérer à un syndicat sans l'autorisation de leur mari.
    • La vente de contraceptifs est interdite par la loi.
  • e loi sur le vote des femmes, par 156 voix sur 134.
  • 1922 - Japon : Abrogation de la loi interdisant aux femmes toute activité politique.
  • 1924 - France : Le décret Bérard institue des horaires et des programmes d'études identiques dans les établissements secondaires de garçons et de filles, ce qui créé l'équivalence entre les baccalauréats masculin et féminin.
  • 1925 - France
  • 1923 - France : L'avortement est un délit passible de la cour d'Assises.
  •  :
    • Création de l'École polytechnique féminine.
    • La Chambre des Députés adopte par 389 voix contre 140 une proposition de loi instaurant le vote des femmes lors des élections municipales et cantonales.
    • Tour de France suffragiste de Marthe Bray
    • Des candidates communistes sont élues aux municipales. Mme Variot siège par exemple au conseil municipal de Malakoff. Ces élues sont finalement écartées par les tribunaux.
  • 1926 - France : création de la fête des mères.
  • 1927 - France
    • Les employés des deux sexes des PTT, de la Caisse des Dépôts et Consignations, et les professeurs du secondaire à niveau de diplôme égal ont désormais le même traitement.
    • Une Française mariée à un étranger conserve sa nationalité.
    • L’Assemblée vote une quatrième fois en faveur du droit de vote aux femmes par 396 voix contre 94. Le Sénat fait barrage…
  • 1928 - France : Le congé maternité de huit semaines, avec maintien du traitement, est étendu à toute la fonction publique.
  • 1929 - Inde : L'âge du mariage est porté à un minimum de 14 ans pour les filles.
  • 1930 - France : Les femmes peuvent être juges.
  • 1932 - France : La Chambre des députés vote par 446 voix contre 60 une résolution invitant le gouvernement à faire pression sur le Sénat afin de rendre possible l’adoption du texte sur le droit de vote aux femmes. sans suites…
  • 1934 - Turquie : Droit de vote pour les Turques.
  • 1935 - Philippines : Droit de vote pour les femmes philippines.
  • 1935 - France : La Chambre des Députés se prononce pour la cinquième fois pour le vote des femmes par 453 voix contre 124. À nouveau, le Sénat bloque…
  • 1935-1936 - France : Plusieurs communes organisent des scrutins parallèles mixtes aboutissant à faire élire des conseillères municipales supplémentaires ; à Louviers, dont le maire est Pierre Mendès France, six conseillères sont ainsi élues et siègent avec voix consultative.
  • 1936 - France :
    • Le 4 Juin, Blum nomme trois femmes dans son gouvernement. Il s'agit de Cécile Brunschwig, présidente de l'UFSF, Suzanne Lacore et Irène Joliot-Curie.
    • Le 30 juillet, la Chambre des Députés se prononce pour la sixième et dernière fois pour le vote des femmes par 495 voix contre 0. Le gouvernement s'abstient. Le Sénat n'inscrira jamais ce texte à son ordre du jour…
  • 1937 - France :
    • Les femmes sont autorisées à enseigner le latin, le grec et la philosophie.
    • Les femmes mariées peuvent obtenir un passeport sans l’autorisation de leur mari.
  • 1938 - France : L'article 213 du Code Civil de 1804 est réformé et supprime l'incapacité juridique des femmes. Elles ne doivent plus obéissance à leur époux.
  • 1939 - France : Création de brigades policières chargées de traquer les « faiseuses d'anges ». La répression contre l’avortement et la contraception s'accroît. L'une des premières militantes pro-IVG, Madeleine Pelletier, est arrêtée et menée à l'asile, où elle meurt six mois plus tard.
  • 1940 - France  : Vichy, Un décret-loi de Vichy rend très restrictif l'accès des femmes à l'emploi public.
  • 1941 - France :
    • France Libre. 23 juin. Le Général de Gaulle déclare : « Une fois l'ennemi chassé du territoire, tous les hommes et toutes les femmes de chez nous éliront l'Assemblée Nationale ».
    • Vichy. Les époux mariés depuis moins de 3 ans ne peuvent pas divorcer.
  • 1942 - France : Vichy. L'avortement, qui était un délit devient un crime contre la sûreté de l'État, il est puni de mort.
  • 1943 - France
    • France Libre. Lucie Aubrac est nommée membre de l'Assemblée consultative provisoire.
    • Vichy. Marie-Louise Giraud, une « avorteuse », est guillotinée.
  • 1944 - France :
    • 24 mars. France Libre. Vote de l’Assemblée réunie à Alger du droit de vote pour les femmes par 51 voix sur 67.
    • 21 avril. France Libre. Après un vote de l’Assemblée réunie à Alger, De Gaulle signe l’ordonnance donnant le droit de vote et l'éligibilité aux femmes ! Les militaires de carrière, hommes ou femmes, attendent 1945 pour obtenir le droit de vote.
    • En novembre, l'Assemblée consultative provisoire, pour l'ouverture de sa session à Paris, compte dix femmes.
  • 1945 - France :
    • La notion de « salaire féminin » est supprimée. « À travail égal, salaire égal » s'inscrit dans la législation française. Plusieurs lois rappellent ce principe en 1972, 1983 et 2005, notamment.
    • 29 avril : premier vote féminin, lors des élections municipales.
    • En octobre : premier vote féminin lors d'un scrutin national : 34 femmes élues membres de l'Assemblée nationale constituante.
    • Loi instaurant le congé maternité obligatoire et rémunéré de 8 semaines (2 semaines avant et 6 semaines après l’accouchement). Ce congé est rémunéré à hauteur de 50 % du salaire, 100 % pour les fonctionnaires.
  • 1945 - Nations unies : principe d'égalité sans discrimination de sexe dans la Charte des Nations unies de 26 juin 1945 : Art 55 alinéa 3 [1]
  • 1945 - Japon : Sous l'influence américaine, la loi japonaise admet désormais l'égalité entre hommes et femmes. Droit de vote accordé aux femmes japonaises. Mixité de l'éducation.
  • 1946 - France : le principe d'égalité des droits entre hommes et femmes est posé dans le préambule de la constitution.
  • 1947 - France : Germaine Poinso-Chapuis est la première femme nommée ministre.
  • 1948 - Belgique : droit de vote pour les femmes.
  • 1948 - ONU : La Déclaration Universelle des Droits de l'Homme reconnaît la pleine égalité entre hommes et femmes. Quelques pays ne ratifient pas la DUDH, en raison précisément de cet article, et beaucoup d'autres n'ont toujours pas harmonisé leur droit interne à la DUDH.
  • 1949 - France : Simone de Beauvoir plaide dans son livre Le Deuxième Sexe pour une autonomie de la femme. Son livre ouvre le champ d'une philosophie féministe.
  • 1949 - Chine : Mao interdit la pratique traditionnelle des « petits pieds » qui mutilait les pieds des femmes. Cette tradition datait du Xe siècle et était en nette perte de vitesse depuis le début du XXe siècle.
  • 1952 - International : Convention sur les droits politiques de la femme [1]
    • Convention N°103 de l’Organisation internationale du travail sur la maternité (congé maternité minimum de 12 semaines, pause allaitement…) mais tous les pays ne la signent pas, entre autres les États-Unis, l'Australie et la Suisse notamment.
  • 1954 - France : Publication de « Bonjour tristesse » de Françoise Sagan qui fait scandale en raison de son « immoralité ». Sagan réplique en signalant « Aujourd’hui, les jeunes filles écrivent ce qu’elles veulent ».
  • 1955 - France : L'avortement thérapeutique est autorisé.
  • 1955 - Inde : La loi interdit la polygamie. En l'an 2000, on estime que malgré l'interdiction en vigueur depuis 1955, 5 % des Indiens sont polygames.
  • 1956 - France : Création de « la maternité heureuse » qui devient le « Planning familial » en 1960.
  • 1956 - Tunisie : Adoption du Code du statut personnel qui abolit la polygamie et institue le divorce judiciaire notamment. La Tunisie fait figure de pays arabo-musulman le plus avancé dans le domaine de la condition féminine.
  • 1959 - France : Ouverture de l'École des Ponts et Chaussées aux femmes.
  • 1960 - France : Les mères célibataires peuvent avoir un livret de famille.
  • 1960 - Sri Lanka Sirimavo Bandaranaike devient premier ministre, c'est aussi la première fois qu'une femme est premier ministre dans le monde.
  • 1963 - France : La mixité des élèves est instituée, par décret, comme le régime normal des Collèges d'enseignement secondaire.
  • 1963 - États-Unis : La notion « à travail égal, salaire égal » entre dans la législation américaine.
  • 1965 - France : Une femme peut avoir un emploi sans avoir à obtenir l'autorisation de son mari et dispose librement de ses biens propres ; réforme des régimes matrimoniaux.
  • 1965 - Tunisie : Nouvelles réformes de la condition féminine en Tunisie : égalité des salaires, scolarisation obligatoire pour les filles et les garçons de 6 à 12 puis à 16 ans, interventions contre le port du voile. Ces réformes voulues par le président Bourguiba malgré de fortes résistances des milieux traditionnalistes sont expliquées par un discours : « Il faut rendre la femme tunisienne à sa société pour qu’elle puisse jouer convenablement son rôle d’épouse, de mère et de citoyenne ; elle doit rattraper des siècles de retard pour vivre en femme du XXe siècle. »
  • 1965 - Algérie : Manifestations importantes de femmes algériennes afin de réclamer des réformes, mais l'exemple tunisien ne fait pas école.
  • 1966 - France : La loi interdit de licencier une femme enceinte et pendant les 12 semaines suivant l'accouchement.
  • 1966 - Algérie : Le débat sur l'adoption d'un code de la famille tourne court. Le projet de réforme est abandonné.
  • 1967 - États-Unis : Women's Lib aux États-Unis, mouvement de libération des femmes américaines
  • 1967 - France : 28 décembre. la contraception est autorisée par la loi Neuwirth.
  • 1968 - Vatican : Le pape Paul VI condamne le recours aux méthodes de contraception dans son encyclique « Humanae vitae ».
  • 1969 - France : Le Mouvement des Femmes (futur MLF) voit le jour un an après les évènements de mai 1968. Première action d’éclat le 26 août 1970 avec 8 femmes (dont Monique Wittig) déposant au pied de l’Arc de Triomphe des fleurs pour la veuve du soldat inconnu.
  • 1970 - France :
    • La loi stipule que désormais « les deux époux assurent ensemble la direction morale et matérielle de la famille » : c'est la fin de la notion de « Chef de famille » et de l'autorité paternelle, remplacée par l'autorité parentale.
    • Ouverture de l'École polytechnique aux femmes.
    • Le congé maternité est indemnisé à 90% du salaire brut par la sécurité sociale (ou assurance maladie/CPAM) soit en gros, le salaire net.
  • 1970 - Royaume Uni : La notion « à travail égal, salaire égal » entre dans la législation britannique.
  • 1971 - France :
    • Publication dans « le Nouvel Observateur » du « Manifeste des 343 » regroupant les signatures de 343 femmes affirmant avoir subi un avortement et appelant les autorités à prendre en compte cette réalité : les femmes avortent, et souvent dans des conditions de sécurité lamentables. Le « manifeste des 343 » qui devient vite le « manifeste des 343 salopes » réclame l’avortement libre.
    • Dans l'enseignement supérieur, les filles rattrapent les garçons en nombre.
  • 1971 - Suisse : les Suissesses peuvent désormais voter au niveau fédéral
  • 1972 - France :
    • La loi réaffirme la reconnaissance du principe de l'égalité de rémunération entre les hommes et les femmes, pour des travaux de valeur égale.
    • Huit femmes sont reçues à Polytechnique ; le major de la promotion est Anne Chopinet.
    • Égalité des droits des enfants légitimes et naturels.
    • Possibilité pour les femmes mariées de contester la paternité du mari et de reconnaître un enfant sous son nom de naissance.
  • 1973 - France :
    • La mère peut, comme le père, transmettre sa nationalité à son enfant (légitime ou naturel).
    • L'éducation sexuelle fait son apparition dans les programmes scolaires.
  • 1973 - Algérie : Mécontentes de la teneur du Code de la famille à nouveau en débat, les femmes algériennes font capoter le projet de réforme qui prévoyait le maintien de la polygamie ou l'interdiction de se marier avec un étranger.
  • 1974 - France :
    • Création d’un Secrétariat d’État à la condition féminine.
    • L’assemblée de l’épiscopat français se prononce contre l’avortement.
    • La pilule est remboursée par la sécurité sociale. Les mineures peuvent l'obtenir gratuitement au centre de planification.
    • 20 décembre. Après de très houleux débats, vote par l’Assemblée de la loi Veil sur l'IVG par 277 voix contre 192.
  • 1975 - ONU : l'année 1975 est déclarée année internationale de la femme par l'ONU et la première conférence internationale qui leur est consacrée est organisée à Mexico. Déclaration de la décennie de la femme (76 - 85)
  • 1975 - France
    • 17 janvier : promulgation de la loi Veil autorisant l'interruption volontaire de grossesse.
    • La loi Habby, en créant le collège unique, réaffirme l'obligation de mixité dans l'enseignement primaire et secondaire, tant pour les élèves que pour les enseignements : « Tout enseignement et toute spécialité professionnelle… sous réserve des dispositions du Code du travail, sont accessibles aux élèves des deux sexes. »
    • La loi sanctionne désormais les discriminations fondées sur le sexe, en particulier en matière d'embauche, et garantit l'accès à l'emploi des femmes enceintes.
    • La loi soumet à un accord commun entre les époux le choix du domicile conjugal.
    • La loi supprime également la possibilité laissée au mari de contrôler les correspondances de son épouse.
    • Instauration du divorce par consentement mutuel.
    • Ouverture du refuge Flora Tristan pour femmes battues à Clichy.
  • 1976 - Inde : La loi établit l'égalité des salaires entre hommes et femmes pour un travail égal.
  • 1976 - ONU création du Fonds de développement des Nations unies pour la femme
  • 1977 - France : Création du « congé parental d'éducation » pour les femmes dans les entreprises de plus de 200 salariés.
  • 1977 - 8 mars / International : instauration de la journée internationale des femmes par les Nations unies.
  • 1979 - France : L'interdiction du travail de nuit est supprimée pour les femmes occupant des postes de responsabilité.
  • 1979 - Iran : La Révolution islamique iranienne impose le port du voile aux femmes. Ce symbole devient alors clairement politico-religieux et devient l'étendard de l'islamisme à travers le monde. À signaler que le port du voile islamique était en perte de vitesse dans le monde musulman depuis la fin de la Seconde Guerre Mondiale. Débat, aujourd'hui encore, sur l'obligation religieuse de ce code vestimentaire ou sur son caractère archaïque. La Révolution islamique apporte également le droit de vote aux femmes, dès 16 ans.
  • 1979 - Algérie : Les femmes algériennes sont interdites de sortie du territoire national si elles ne sont pas accompagnées d'un « tuteur » (père ou mari).
  • 1980 - International 2e Conférence mondiale de la décennie des Nations unies pour la femme : égalité, développement et paix (Copenhague)
  • 1980 - France : Le congé maternité est porté à 16 semaines minimum (6 semaines avant et 10 semaines après l’accouchement) avec versement complet du salaire. À partir du troisième enfant, le congé maternité minimum est de 24 semaines.
  • 1981 - Algérie
    • 8 mars. Manifestation des femmes algériennes contre l'interdiction de sortie du territoire valable depuis 1979. Elles obtiennent gain de cause et cette mesure disciminatoire est levée.
    • septembre. Le gouvernement soumet au parlement un Code de la Famille rédigé dans le plus grand secret. Texte et méthode sont rejetés par les femmes algériennes qui manifestent jusqu'au retrait du projet de loi en janvier 1982.
  • 1982 - France :
    • Les femmes d'artisans ou de commerçants peuvent choisir entre trois statuts : conjoint collaborateur, salarié ou associé.
    • Remboursement de l'interruption volontaire de grossesse par la Sécurité Sociale.
    • Un projet de loi prévoit d'instaurer un quota de 25 % de femmes pour les listes de candidatures. Elle est rejetée par le Conseil constitutionnel.
  • 1983 - France :
    • Loi Roudy sur l'égalité professionnelle hommes/femmes. Rappel de la notion « à travail égal, salaire égal ».
    • Suppression de la notion de « chef de famille » en droit fiscal.
    • Ratification par la France de la Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes.
  • 1984 - France :
    • Le congé parental est ouvert à chacun des parents salariés sans distinction de sexe.
    • La loi confie aux deux parents la gestion conjointe des biens de leurs enfants mineurs.
    • Désormais, les parents ont la possiblité d'ajouter au nom patronymique de l'enfant le nom de son autre parent (en général celui de la mère).
  • 1984 - Algérie : Adoption en force d'un Code de la Famille insatisfaisant pour les femmes algériennes : maintien de la polygamie, répudiation possible et mariage avec tuteur matrimonial obligatoire pour la femme majeure.
  • 1985 - International : 3ème Conférence mondiale sur les femmes de l'ONU (Nairobi)
  • 1988 - Tunisie : Pacte National qui réaffirme l'égalité entre hommes et femmes. Le président Ben Ali est le digne héritier du président Bourguiba sur la question de la condition féminine et les réformes égalitaires s'accélèrent.
  • 1989 - Tunisie : Ratification par la Tunisie de la Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes.
  • 1990 - France :
    • Le mouvement américain pro-life, c'est-à-dire anti avortement, essaime en France. Première attaque d’un commando anti-IVG à la maternité des Lilas (93).
    • L'utilisation du RU 486, technique médicamenteuse de l'IVG est autorisée en milieu hospitalier.
    • La loi reconnaît qu’il peut y avoir viol entre époux.
  • 1992 - France :
    • La loi Neiertz sanctionne le harcèlement sexuel sur le lieu de travail.
    • La loi du 22 juillet réprime les violences conjugales. Aggravation des peines pour les époux ou concubins coupables de violences familiales.
    • Au nom de l’égalité, dénonciation par la France de la convention n° 89 interdisant le travail de nuit des femmes.
  • 1992 - Europe : Une directive européenne fixe à 14 semaines la durée minimum du congé maternité pour les salariées de l’Union. La France (16 à 24) et le Danemark (jusqu’à 28) sont les plus avancés sur ce thème.
  • 1992 - Inde : La loi prévoit que 30 % (minimum) des sièges d'élus locaux ou régionaux soient réservés aux femmes.
  • 1993 - France
    • L'autorité parentale devient conjointe, quelle que soit la situation des parents (mariés, divorcés ou concubins).
    • Dépénalisation de l'auto-avortement.
    • Le tribunal de Bordeaux prononce des peines de prison ferme pour les membres d’un commando anti IVG.
  • 1993 - Tunisie : Réforme du Code de la Famille : Le devoir d'obéissance au mari disparaît tandis que les époux divorcés sont parfaitement égaux en droit. L'adultère n'est plus considéré pour une circonstance atténuante en cas de tentative d'assassinat.
  • 1995 - International : 4ème conférence mondiale de l'ONU à Beijing, en parallèle le forum des ONG sur les femmes à Hairou (près de Beijing) : 30.000 participantes
  • 1995 - Vatican : Le Pape Jean-Paul II renouvelle l’interdiction de l’avortement dans son encyclique « Evangelium Vitae », jetant notamment l’opprobre sur les États « tyrans » qui autorisent ces pratiques.
  • 1996 - Afghanistan : 27 septembre. Kaboul tombe aux mains des Talibans qui mettent en place un système bafouant les droits les plus élémentaires des femmes : voir condition féminine instaurée par les Talibans.
  • 1997 - France : Lionel Jospin déclare dans son discours de politique générale : « Il faut permettre aux Françaises de s'engager sans entrave dans la vie publique. Dans ce domaine, le progrès passe d'abord par l'évolution des mentalités et le changement des comportements. Une révision de la Constitution, afin d'y inscrire l'objectif de la parité entre les femmes et les hommes sera proposée ».
  • 1998 - France : La loi détermine « les conditions dans lesquelles est organisé l'égal accès des femmes et des hommes aux mandats électoraux et fonctions électives ». En décembre, le gouvernement rend public un projet de loi qui prévoit 50 % de candidates pour les scrutins de liste. Pour les élections législatives, les partis doivent également présenter 50 % de femmes, sous peine de sanctions pécuniaires.
  • 1999 - France : En janvier, le Sénat rejette le texte sur la parité en politique au nom de l'universalisme républicain.
  • 2000 - International : Marche mondiale des Femmes contre la pauvreté et la violence faite aux femmes
  • 2000 - France :
    • Le Conseil constitutionnel valide le texte sur la parité.
    • Loi sur la contraception d'urgence : pilule du lendemain en vente libre en pharmacie, gratuite pour les mineures.
    • 2001 - France : Le délai légal pour procéder à un avortement passe de 10 à 12 semaines.
    • 2001 - Afghanistan : Le régime Taliban qui bafouait les droits de la femme depuis près de cinq ans est renversé par les Américains. L'évènement ne met pas pour autant fin au port traditionnel de la Burqa.
    • 2003 - France
      • Fondation de l’association « Ni pute, ni soumise ». Ce mouvement mixte dénonce la situation des filles et des femmes dans certains quartiers difficiles.
      • Le 3 août, arrivée à Paris de la Marche des « Ni putes, ni soumises » après un Tour de France dans plus de 20 villes.
    • 2004 Janvier - Australie : Le Parlement australien se propose d'examiner une loi accordant un congé - maternité payé aux Australiennes salariées. Jusqu'à ce jour, il n'existait pas de congé - maternité en Australie.
    • 2004 Février - Maroc : Entrée en vigueur du nouveau Code de la famille ; il établit dans certains domaines une égalité de droits entre les conjoints, il limite la polygamie et la répudiation, et enfin il porte l'âge légal du mariage des femmes à 18 ans.
    • 2005 Mai - Koweït : droit de vote pour les femmes.
    • 2006 Mars - France : Vote à l'unanimité d'une loi qui porte l'âge légal du mariage des femmes à 18 ans (au lieu de 15 ans) afin de lutter contre les mariages forcés.

 Source WILKIPEDIA



olga bancic1 

 

Une femme qui a prouvé un courage indestructible. Communiste, cette Roumaine de confession juive, est entrée dans la mémoire nationnale comme l'une des héroïnes de la résistance contre l'ennemi nazi. Olga Golda Bancic a toujours combattu le système fasciste. Elle fut la seule femme du groupe Manouchian, engagée dans les FTP-MOI, et instigatrice à fomenter des actes de résistance dans  une lutte armée.

Cette mère aimante, qui rehausse avec force le rôle qu’ont joué de très nombreuses femmes et jeunes filles avec l’ensemble des résistants. Et l’on sait que, malgré les tortures ignobles de ses geôliers, elle n’a pas cédé ni concédé le moindre renseignement pouvant les servir dans leurs tristes besognes. On sait aussi que, durant le laps de temps qui s’est écoulé entre la date de sa condamnation et son exécution en Allemagne elle fut de nouveau lourdement harcelée et torturée, sans jamais céder. Une véritable héroïne, communiste, juive et résistante.

  • Née en Roumanie en mars 1912 dans la ville de Kichinev, elle travaille comme ouvrière dès l'âge de quatorze ans,. alternant travail clandestin et séjours en prison pour ses activités syndicales et revendicatives.
  • Fin été 1928, elle se marie et part à Bucarest, où elle adhère aux Jeunesses communistes.
  • Recherchée et traquée, elle part seule pour la France en 1938 pour étudier à la faculté des lettres.
  • À vingt-six ans elle participe avec Jacob Salomon, à l’envoi d’armes aux républicains espagnols.
  • Elle épouse Alexandre Jar, ancien des Brigades internationales et écrivain (1911-1988), et donne naissance en 1939 à une petite fille, Dolorès.

- 1940 : L'Allemagne nazie occupe une partie du terriroire français. Sans la moindre hésitation, Olga s’engage et fait partie des FTP-MOI (Francs-tireurs et partisans de la main-d’œuvre immigrée) dans la lutte contre les nazis. Le fascisme, elle l’a supporté en Roumanie où elle fut persécutée. Elle fut parmi les premières à entrer en résistance... Elle confie donc sa petite fille à une famille française.

* Elle est chargée de l’assemblage de bombes et divers engins explosifs, de leur transport à destination et également du convoiement d’armes destinées aux opérations, armes qu’elle récupère après chaque opération pour les mettre en lieu sûr.

- 16 novembre 1943 : Les brigades spéciales de la préfecture de police de Paris arrêtent 23 combattants des FTP-MOI : avec Marcel Rayman et Joseph Sevec, Olga fait partie des interpellés. C'est une victoire pour pour les nazis qui donnera l'occasion d'une propagande où la célèbre Affiche rouge, dite du groupe Manouchian, sera affichée à Paris et dans toute la France.

- 21 février 1944 : Tous sont condamnés à mort par une cour martiale allemande, constituée à Paris le 15 février 1944.

- 21 février 1944 : Les 22 hommes du groupe sont fusillés le même jour au mont Valérien, dans la banlieue parisienne.

- 03 mai 1944 : Olga Bancic est transférée en Allemagne et incarcérée à Karlsruhe, dans la prison de Stuttgart.

- 10 mai 1944 : Olga est décapitée, elle a trente-deux ans et c'est le jour de son anniversaire.

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Groupe Manouchian

Juste avant d’être exécutée, elle fait parvenir à la Croix-Rouge le 9 mai 1944, une lettre à sa fille accompagnant une brève note rédigée ainsi :

« Chère Madame, je vous prie de bien vouloir remettre cette lettre à ma petite fille Dolorès Jacob après la guerre. C’est le dernier désir d’une mère qui va vivre encore douze heures. Merci. »

Lettre à sa fille :

« Ma chère petite fille, mon cher petit amour,

« Ta mère écrit la dernière lettre, ma chère fille, demain à 6 heures, le 10 mai, je ne serai plus.

« Mon amour, ne pleure pas, ta mère ne pleure pas non plus. Je meurs avec la conscience tranquille et avec toute la conviction que demain tu auras une vie et un avenir plus heureux que ta mère. Tu n’auras plus à souffrir. Sois fière de ta mère, mon petit amour.

« J’ai toujours ton image devant moi.

« Je vais croire que tu verras ton père, j’ai l’espérance que lui aura un autre sort. Dis-lui que j’ai toujours pensé à lui comme à toi. Je vous aime de tout mon cœur.

« Tous les deux vous m’êtes chers. Ma chère enfant, ton père est pour toi une mère aussi. Il t’aime beaucoup.

« Tu ne sentiras pas le manque de ta mère.

« Mon cher enfant, je finis ma lettre avec l’espérance que tu seras heureuse pour toute ta vie, avec ton père, avec tout le monde. Je vous embrasse de tout mon cœur, beaucoup, beaucoup.

« Adieu mon amour.

« Ta mère. »

* (texte à l’orthographe corrigé)

Olga Bancic est devenue le symbole des femmes et jeunes filles étrangères engagées dans la Résistance en France.

  • En 1995, la Ville de Paris lui rend hommage : Une plaque commémorative est scellée sur un des murs du carré des fusillés du cimetière d’Ivry. Juste derrière se trouvent les tombes de ses camarades de combat, Missak Manouchian et Marcel Rayman.
  • Le 26 octobre 1999, sa mémoire est honorée par le Conseil supérieur de la mémoire, ainsi que celle de quatre autres figures célèbres : Jean Moulin, Félix Éboué, Pierre Brossolette et Jacques Trolley de Prévaux.

Jamais soumise devant l'ennemi nazi, Olga Bancic ne cessa de lutter. Elle affronta fièrement la mort pour éradiquer le régime fasciste et faire  triompher ses valeurs et convictions. Elle restera un emblème de la résistance à la barbarie. Aiguail.

Transcription de la dernière lettre d’Olga Bancic à sa fille. Extrait de la plaquette 
sur l’Affiche rouge d’Adam Rayski publiée 
par la Mairie de Paris/Comité d’histoiTre 
de la ville de Paris, septembre 2009.

Source Publication :  La Résistance

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Femmes remarquables... Diane Fossey

Diane Fossey est née à San Francisco en 1932 de Georges et Kitty Fossey. Ses parents divorcent à cause de l'alcoolisme de son père, elle a trois ans. Sa mère se remarie avec Richard Price pour qui Diane n'a aucune affinité, et elle devient assez solitaire.

Les années passant, elle s'inscrit pour un programme 'pré-véterinaire' à l'université de Californie, à Davis, puis au collège de San Jose où, en 1954, elle obtient son degré en ergothérapie. Elle rêve d'aller en Afrique étudier les animaux sauvages.

Louisville, au Kentucky, elle est nommée directeur du département de rééducation à l'hôpital pour enfants handicapés, à Kosair. Son talent de communication avec les enfants est remarquée...

Grande amie des animaux, elle lit beaucoup sur ce sujet et le livre " The year of the gorilla " de George Schaller (édité en 1961) lui fait une telle impression qu'en 1963 elle emprunte à la banque l'équivalent de trois ans de salaire pour partir en safari pendant sept semaines. En tant que touriste, elle s'envole pour Olduvai en Tanzanie, où elle est guidée par le paléontologue Louis Leakey. Celui-ci a découvert un fossile de girafe et tient à le montrer à Diane. Cette rencontre deviendra vraiment inoubliable quand Diane glisse et tombe dans le trou où repose le  squelette, elle se foule le pied.La malchance est vivace, elle tombe malade.. Après avoir pansé ses plaies et retrouvé sa dignité, elle part à la recherche des grands singes, encouragée par Louis Leakey. Elle atteint son but, encore boitant, dans cette région difficile. Lorsqu'elle distingue à travers la végétation "ces" premiers grands singes, qui deviendront l'œuvre de sa vie, elle oublie tous ces maux.

De retour au Kentucky elle résume son voyage pour le Louisville Courrier-Journal. Quelques années plus tard, lors d'une tournée de conférences, Louis Leakey arrive à Louisville. Il défend une théorie selon laquelle les femmes savent mieux travailler avec des singes grâce à leur empathie naturelle. Cette théorie est déjà prouvée à moitié par les études de sa première chercheuse scientifique, Jane Goodall. A Louisville il se rappelle de Diane Fossey et son enthousiasme pour les singes. Il lui propose de se porter garant pour une nouvelle étude extensive faite par elle.

Diane Fossey part au Congo en 1966. Son séjour est loin d'être romantique : de la boue, du brouillard et un manque d'air dû à la hauteur (dont elle souffre beaucoup étant asthmatique). En plus elle est très isolée, avec deux aides locaux qui parlent une langue incompréhensible pour elle. Mais son étude se passe bien : d'abord cachée dans la verdure, puis de plus en plus ouvertement, elle étudie les habitudes des gorilles. Après six mois elle peut s'approcher des familles jusqu'à dix mètres.
Entretemps une guerre civile a éclatée au Congo. Des soldats envahissent son campement et exigent qu'elle parte. Quand elle refuse elle est arrêtée, mais elle réussit à s'échapper. Comme elle ne veut pas arrêter ses recherches, elle décide d'essayer de nouveau du côté Ruandais des volcans. Grâce à son expérience, elle gagne assez vite la confiance des gorilles et, finalement, peut même se promener parmi eux et les toucher. Plus tard certains scientifiques lui reprocheront que cette attitude a changé le comportement des animaux.

En 1967, avec l'aide de sympathisants, elle fonde le Karisoke Research Center for Mountain Gorilla Research. A ce moment il y avait encore plus ou moins 250 de ces animaux et Diane en a étudié 51. Des étudiants viennent l'aider, ce qui lui permet de quitter temporairement le Centre pour obtenir son doctorat à Cambridge en 1974. Elle espère que ce degré officiel en zoologie lui permettra de collecter plus facilement des fonds pour ses recherches.

Quand elle retourne au Ruanda, beaucoup de gorilles ont disparus, tués par des braconniers. En 1978 elle trouve la carcasse mutilée de son gorille préféré, Digit. Du coup elle déclare la guerre aux braconniers et elle va faire ce qu'elle appelle du 'active conservation'.
Diane fonde le Digit Fund, basé à Englewood en Colorado, pour collecter de l'argent pour la protection des gorilles. Mais ce n'est pas tout : elle tire sur des gens qui s'approchent du Centre, elle kidnappe un enfant d'un supposé braconnier, ses étudiants doivent être armés, elle démolit des pièges, elle brule des cabanes, elle répand même la rumeur qu'elle fait de la magie noire et qu'elle peut envoûter les braconniers.
Après avoir habité sa montagne depuis plus que dix ans on commence à douter de ses facultés mentales et, en 1979, on lui demande de quitter le pays.

Les années suivantes elle est professeur à l'université Cornell à Ithaca, New York. Elle termine son manuscrit 'Gorilles dans le brouillard', publié en 1983 et filmé en 1988.
Toujours en 1983, croyant que le situation sera calmée, elle retourne au Ruanda, tout en ayant des problèmes sérieux de respiration (elle souffre d'emphysème et a besoin de respirateur).
Mais au Ruanda on ne l'a pas oubliée : le 26 décembre 1985 Diane Fossey est retrouvée assassinée dans son camp près du Centre.
Tout le monde est convaincu que les meurtriers se trouvent parmi les braconniers, mais le gouvernement Ruandais essaie d'arrêter son assistant, Wayne McGuire, un candidat au doctorat à l'université de Oklahoma. Celui-ci réussit à s'échapper aux Etats Unis et le(s) meurtrier(s) ne sera(ont) jamais jugé(s).

Diane Fossey est enterrée au cimetière des gorilles au Centre.

Après sa mort il est clair que Diane comme martyre est plus efficace que comme écologiste : le Ruanda vote une loi pour rendre le braconnage illégal et punissable de cinq ans de réclusion.
Le domaine des gorilles est protégé officiellement et attire des touristes (et donc de l'argent) dans cette région. Le Digit Fund collecte toujours de l'argent pour des recherches sur les gorilles de montagne.

 

 

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